Stounk a écrit : 30 avril 2020 11:30
Jiimmy a écrit : 30 avril 2020 10:58
Ce qui est certain, c'est qu'avec de telles mesures, nous n'exporterons plus rien et bon nombre de nos entreprises, dont l'exportation est essentielle à la survie, périront. D'autant plus qu'en matière de commerce, un état n'est pas libre de faire ce qu'il désire. Il y a des règles qui sont fixées par des instances internationales (quand bien même certains se permettent périodiquement de les violer en imposant leurs propres règles mais ce sont des pays comme les usa qui ont l'industrie leur permettant de le faire, ce qui n'est pas notre cas).
Le préjudice apparait bien plus conséquent que le bénéfice. Tout en sachant que les hommes politiques qui pourraient potentiellement prendre ses décisions seraient eux-même certainement impactés par les conséquences puisqu'ils doivent nécessairement être plus ou moins liés avec des patrons de grandes sociétés qui en pâtiraient (la collusion entre les politiques et les grands patrons n'est plus à prouver). Ils ne se tireront pas une balle dans le pied en pénalisant ceux qui les financent, les soutiennent et peuvent leur offrir des perspectives de carrière après leur vie politique (ou en complément de celle-ci).
Bien sûr que si nous pourrions continuer à exporter. Encore une fois, tout ceci fait l'objet de négociations et c'est à cela que sert l'OMC. Certaines entreprises pourraient en effet voir leurs exportations baisser, c'est vrai, mais aussi voir leurs charges chuter, vu que le chômage baisserait de manière importantes. Et encore une fois, il ne faut pas croire que nous serions les seuls à avoir tout à perdre. Les pays exportateurs asiatiques auraient bien plus à perdre que nous car ils exportent bien plus. Nous n'arriverions pas nus à ces négociations.
Mais en effet, ce ne sont pas les politiques actuellement au pouvoir qui prendront ce genre de décisions. Tout au plus feront-ils en sorte de relocaliser quelques industries pharmaceutiques après ce virus, histoire de calmer le peuple, pour la forme. Mais il faut voir aussi que ces patrons qui pourraient potentiellement avoir à perdre pourraient aussi y gagner en se lançant sur d'autres secteurs qui seraient émergents chez nous et soutenus par une politique protectionniste.
C'est une question de volonté politique. Aujourd'hui, on préfère importer massivement, dépendre du bon vouloir de pays situés à l'autre bout du monde, faire tourner à fond les navires ultra polluants pour acheminer toutes ces marchandises et accepter que nous aurons toujours en France des millions de chômeurs.
Le balancier de la mondialisation avait déjà commencé à basculer vers moins de mondialisation avant cette crise, du fait de la volonté américaine de sortir des accords commerciaux et de s'isoler commercialement.
Dans l'histoire des USA, ce n'est pas la première fois que les USA s'orientent vers l’isolationnisme.
Cette crise ne va certainement pas pousser Trump à faire marche arrière, bien au contraire, elle va lui donner des arguments supplémentaires pour justifier sa politique.
Mais que va faire l'Europe, la France ?
Que sera vraiment le monde d'après ?
Je pense qu'effectivement, il y aura au moins une tentative (qui ne sera peut-être pas couronnée de succès) de relocalisation des produits sanitaires et pharmaceutiques qui nous ont fait tant défaut.
Mais est-ce que ce sera tout ? ou bien un début d'autre chose ?
Difficile à dire aujourd'hui.
Néanmoins, il faut bien comprendre que l'économie a ses règles. Et les politiques, comme les français ne peuvent pas faire sans.
Même si il y a une volonté politique de relocaliser, si la France n'est pas suffisamment compétitive, si les français ne sont pas suffisamment travailleurs, si les compétences ont été perdues, si le capital ne suit pas, si les syndicats en profitent pour faire des grèves à répétition, cela ne fonctionnera pas.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville