la fin de vie attendue de Vincent Lambert

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Jarod1
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par Jarod1 »

coincetabulle a écrit : un notaire ne serait sollicité que suite à ton décès. idem pour le mot dans le porte feuille que tu n'es jamais certain de voir arriver à la personne responsable.

la création d'un fichier national concernant les dernières volonté médicales serait la solution la plus approprié. puisqu'il semble que la parole d'un homme à sa femme et ses frères et sœurs ne soit pas suffisant face au désespoirs de ses parents ....

j'ose espérer que mes parents n'auront pas leur mot à dire si par hasard ils finissaient centenaire façon jeanne calmant et venaient à être en position de choisir pour moi et contre mon gré ce que doit être ma fin de vie.


quoi qu'il en soit, cette affaire m'a incité ainsi qu'à ma compagne à rédiger nos désirs de façon clair et précise. et ce, à chacun des membres de nos familles.

Il semblerait que cela existe chez certains de nos voisins.
"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par avrilou »

Jarod1 a écrit :
Il semblerait que cela existe chez certains de nos voisins.
Beaucoup de choses existent chez nos voisins mais on nous l'a assez répété à l'école: on copie pas sur son voisin!
::d
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LadyAnne
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par LadyAnne »

D'après les sondages, 92 % des Français se prononcent en faveur de l'euthanasie...mais ils sont moins de 3 % à avoir mis cette décision par écrit.
Je me demande ce qu'il faut en conclure. En ce qui me concerne, j'ai rédigé mon "testament de vie " en 1987, je l'ai confié à mes proches, et je le re-signe tous les 3 ans. Mes proches ont aussi consigne de me le faire re-signer si je me trouvais dans l'incapacité de le faire.
Modifié en dernier par LadyAnne le 28 janvier 2014 23:24, modifié 1 fois.
Que l'importance soit dans ton regard et non dans la chose regardée.
Plus un corps tombe moins vite, moins sa vitesse est plus grande.
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Stick
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par Stick »

Les parents n'ont de droits sur leurs enfants que lorsqu'ils en ont la charge.
A partir du moment où "le petit oiseau quitte le nid", il ne leur appartient plus.

Vincent Lambert s'était choisi une épouse, et il n'y a qu'elle désormais qui soit en droit moral (faute de mieux) de décider ce qui peut être bon pour lui.
Et quand les médecins qui s'occupent de lui sont du même avis que sa femme, je ne comprends pas comment un tribunal peut leur donner tort.

Laisser le partir, si vous l'aimez vraiment.
Pensez à lui, pas à vous !
« Qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on est toujours hémiplégique. »
Raymond Aron
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par avrilou »

Stick a écrit : Les parents n'ont de droits sur leurs enfants que lorsqu'ils en ont la charge.
A partir du moment où "le petit oiseau quitte le nid", il ne leur appartient plus.

Vincent Lambert s'était choisi une épouse, et il n'y a qu'elle désormais qui soit en droit moral (faute de mieux) de décider ce qui peut être bon pour lui.
Et quand les médecins qui s'occupent de lui sont du même avis que sa femme, je ne comprends pas comment un tribunal peut leur donner tort.

Laisser le partir, si vous l'aimez vraiment.
Pensez à lui, pas à vous !
Même interrogation pour moi, comment des parents sous un prétexte religieux peuvent-ils s'opposer à ce droit de mourir.
Pourquoi on tient compte de leurs avis, quels sont leurs arguments, quel poids ont-ils dans cette affaire?
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par sosthene »

Marisol touraine viens de déclarer que si la femme de vincent lambert se pourvoyait en cassation le chu de Reims se joindrait et appuierait son recourt.
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par tisiphoné »

avrilou a écrit : Même interrogation pour moi, comment des parents sous un prétexte religieux peuvent-ils s'opposer à ce droit de mourir.
Pourquoi on tient compte de leurs avis, quels sont leurs arguments, quel poids ont-ils dans cette affaire?
Avrilou, je te réponds là, parce que je vais pas tout mélanger, je pense qu'on devrait laisser partir ce garçon, mais jamais je ne contesterais la volonté de ses parents, même si ils sont dans l'erreur
comment cette femme qui lui a donné la vie pourrait vouloir sa mort.
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par coincetabulle »

tisiphoné a écrit : Même interrogation pour moi, comment des parents sous un prétexte religieux peuvent-ils s'opposer à ce droit de mourir.
Pourquoi on tient compte de leurs avis, quels sont leurs arguments, quel poids ont-ils dans cette affaire?
Avrilou, je te réponds là, parce que je vais pas tout mélanger, je pense qu'on devrait laisser partir ce garçon, mais jamais je ne contesterais la volonté de ses parents, même si ils sont dans l'erreur
comment cette femme qui lui a donné la vie pourrait vouloir sa mort.[/quote]

la question n'est pas là.
des parents, dans la mesure ou l'enfant est adulte et émancipé n'ont plus leur mot à dire. il s'agit d'une personne adulte et qui plus est, marié. en droit français, les parents n'ont plus aucun poids légal.
alors question, comment se fait il qu'ils aient eu le dernier mot contre la famille du malade dans cette affaire ?
le chômage n'augmente pas, il y a un manque d'emploi.
Muriel Penicaud ministre du travail. France-Inter le 30/07/2018.
"y a pas que les bonbons qui font tomber les dents" célèbre citation de la BAC nantaise.
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par Jarod1 »

Le Tribunal n'a pas jugé au motif que la parole des uns (les parents) primait sur celle des autres (l'épouse), il a jugé en droit.
"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par avrilou »

coincetabulle a écrit : Avrilou, je te réponds là, parce que je vais pas tout mélanger, je pense qu'on devrait laisser partir ce garçon, mais jamais je ne contesterais la volonté de ses parents, même si ils sont dans l'erreur
comment cette femme qui lui a donné la vie pourrait vouloir sa mort.
la question n'est pas là.
des parents, dans la mesure ou l'enfant est adulte et émancipé n'ont plus leur mot à dire. il s'agit d'une personne adulte et qui plus est, marié. en droit français, les parents n'ont plus aucun poids légal.
alors question, comment se fait il qu'ils aient eu le dernier mot contre la famille du malade dans cette affaire ?[/quote]

Merci d'avoir répondu pour moi Coincetabulle, c'est tout à fait ça!
:super:
Et merci Jarod pour cette précision.
Tisi j'ai indiqué dans ma première intervention que certaines mères, au nom de leur religion, sont prêtes à prolonger la souffrance de leur enfant en attendant que Dieu le rappelle.
Du vécu: Une fille qui a perdu de cette manière l'homme de sa vie, le père de ses enfants...
Accident de voiture, vieux parents témoins de Jéhovah qui ont refusé la transfusion. Comme ils ont été prévenus les premiers, elle n'a pas pu intervenir et ils lui ont annoncé la nouvelle au phone dans le genre:
"C'est un grand jour, notre fils a rejoint le seigneur!"
Il devait avoir la trentaine et il aurait pu s'en sortir...
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par scorpion3917 »

avrilou a écrit : Même interrogation pour moi, comment des parents sous un prétexte religieux peuvent-ils s'opposer à ce droit de mourir.
Pourquoi on tient compte de leurs avis, quels sont leurs arguments, quel poids ont-ils dans cette affaire?
Les juges administratifs ne sont que des machines froides qui lisent le droit, c'est tout.
La seule chose qui permet au mal de triompher est l inaction des hommes de bien.
Edmund Burke.
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par Fonck1 »

scorpion3917 a écrit : Les juges administratifs ne sont que des machines froides qui lisent le droit, c'est tout.
pourquoi voudrais tu que ce soit des machines chaudes qui jugent selon leurs désidératas?
ya qu'une justice et elle n'est pas à deux vitesses,ni sous l'effet de l'émotion.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)

“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par scorpion3917 »

L'épouse de V. Lambert vient de saisir le Conseil d'Etat dans l'espoir que ce dernier invalide la décision du maintien en vie prononcée par le T A. Sera t-il aussi rapide à prendre une décision que dans l'affaire Dieudonné ?
La seule chose qui permet au mal de triompher est l inaction des hommes de bien.
Edmund Burke.
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Jarod1
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par Jarod1 »

scorpion3917 a écrit : L'épouse de V. Lambert vient de saisir le Conseil d'Etat dans l'espoir que ce dernier invalide la décision du maintien en vie prononcée par le T A. Sera t-il aussi rapide à prendre une décision que dans l'affaire Dieudonné ?
Sans doute pas, mais il sera sûrement assez rapide.
"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
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Re: la fin de vie attendue de Vincent Lambert

Message par le parisien »

Affaire Lambert : au Conseil d'Etat, débat autour d'une nouvelle expertise


L'avis de Rémi Keller, le rapporteur public du Conseil d'Etat, était très attendu, jeudi 13 février, dans la grande salle du contentieux du Palais-Royal. Saisie pour trancher en appel la situation de Vincent Lambert, un tétraplégique de 38 ans dans un état de conscience minimale sur le sort duquel sa famille se déchire, la haute juridiction administrative, réunie dans sa formation de jugement la plus solennelle, devait « répondre à des questions qui se sont posées pour la première fois ». « Il n'existe aucune jurisprudence susceptible de nous éclairer directement », a reconnu le rapporteur.


Allait-il préconiser aux dix-sept juges de confirmer la décision prise le 16 janvier par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui avait, conformément au souhait des parents de Vincent Lambert, suspendu le processus de fin de vie lancé par l'équipe médicale du CHU de Reims ? Ou allait-il au contraire recommander aux juges d'invalider cette suspension et par là même décider de la fin de vie d'un homme ?


LA TROISIÈME OPTION

C'est finalement une troisième option que Rémi Keller a choisi de défendre en recommandant que trois nouveaux médecins se penchent sur l'état de conscience de Vincent Lambert et rendent une appréciation sur l'existence, ou non, de perspectives d'évolution. Il demande qu'ils rendent leurs conclusions dans un délai de six semaines maximum.

« Il est inhabituel de proposer une mesure d'instruction dans le cadre d'un référé », a-t-il admis, expliquant qu'il demandait cette « nouvelle expertise collégiale» en raison de « l'impact important de la décision » dans une « affaire hors du commun ». « L'appel à des experts publics sera salué, notamment par ceux qui ont reproché aux juges de prendre la place des médecins », a-t-il également fait valoir. Le Conseil d'Etat doit rendre sa décision vendredi 14 février à 16 heures.

Cette recommandation du rapporteur public n'a satisfait aucun des deux camps. Me Bruno Odent, l'avocat de Rachel Lambert, l'épouse de Vincent, qui avait donné son accord à la décision médicale, a rappelé au Conseil d'Etat que, selon lui, son rôle devait « se borne[r] au contrôle de la légalité de la décision du médecin ». Par ailleurs, « seule l'équipe qui suit Vincent Lambert depuis cinq ans est à même de dire s'il s'agit ou non d'obstination déraisonnable », a-t-il ajouté, demandant au juge de ne pas prolonger la souffrance de la famille.

Un argument également mis en avant par Me Foussard, l'avocat du CHU de Reims. « Le collège d'experts ne pourra pas faire le cheminement » qu'a mené l'équipe qui suit le patient depuis des années, a-t-il souligné, estimant que « le temps est un processus essentiel ». Mais c'est Me Madeleine Munier-Apaire, avocate du neveu de Vincent Lambert, François, qui a eu les mots les plus forts pour inviter le Conseil d'Etat à se « prononcer tout de suite » et à ne pas retenir la suggestion du rapporteur public.

« S'en remettre à un collège d'experts, c'est dénaturer le référé-liberté, a-t-elle lancé. Vous avez les moyens de statuer aujourd'hui ». « Quelle serait la légitimité de médecins qui l'auraient vu deux, trois ou quatre fois ? », a-t-elle demandé. Si les experts ne partagent pas tous les trois le même avis, « que fera le juge ? », a-t-elle poursuivi, craignant que dans ce cas, on fasse « du calcul et non du droit ».


« UN ENJEU TELLEMENT ÉNORME ET TÉTANISANT »

« Vous n'avez pas besoin d'une telle expertise », a pour sa part asséné Me Claire Le Bret-Desaché, l'avocate des parents de Vincent Lambert. Pour elle, « le doute doit profiter à la vie ». « Si vous ne protégez pas le droit à la vie, qui le fera ? », a-t-elle demandé, évoquant « une mort provoquée par des souffrances atroces » dans l'hypothèse où le Conseil d'Etat choisirait de valider le processus de fin de vie mis en place par le CHU de Reims.

« Il faut des certitudes et un consensus avant d'arrêter un traitement », a souligné Me François Molinié, le représentant de l'Union nationale des associations et familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés (UNAFTC). « Que se passera-t-il demain si dans une situation comme celle de Vincent Lambert vous admettez qu'on puisse cesser alimentation et hydratation ? » a-t-il demandé, mettant en avant la situation des 1700 personnes en état pauci-relationnel en France. « Il n'y a pas de consensus médical sur la possibilité d'une évolution ou pas », a-t-il affirmé.

Interrogé à la sortie de l'audience sur la recommandation du rapporteur public, François Lambert, le neveu du patient, a estimé : « L'enjeu est tellement énorme et tétanisant que j'ai l'impression que cela paralyse un peu tout le monde. »

In fine, vendredi ou à l'issue d'une nouvelle expertise, le conseil d'Etat devra trancher.
http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html




1500 personnes dans un état proche de celui de Vincent Lambert

Ils seraient autour de 1500 patients en France dans un état végétatif chronique ou un état pauci-relationnel (ou dit de conscience minimale). Il n'existe pas de chiffres officiels, il s'agit là d'une estimation du ministère de la santé, partagée par les professionnels.

Des patients que l'affaire Vincent Lambert et le douloureux débat autour de son éventuelle fin de vie ont mis en lumière. Après avoir été victimes d'un traumatisme crânien ou d'un accident vasculaire cérébral par exemple, ils ont une conscience très limitée, voire inexistante. Le diagnostic définitif a été posé après leur sortie du coma artificiel dans lequel ils avaient été plongés.


Il y a 1072 lits spécialement consacrés à ces patients dans les hôpitaux. Le reste de ces personnes est accueilli dans d'autres structures, mais aussi parfois à domicile, sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit d'un vrai choix des familles, ou d'une contrainte, par manque de place.

Jusqu'aux années 2000, ces patients se retrouvaient dans des maisons pour personnes âgées ou des unités de moyen séjour à l'hôpital, sans accompagnement adapté, ou occupaient des lits de réanimation pendant des années, ce qui posait problème.

Face à ce défaut d'organisation, une réflexion a été engagée. Un temps, il a été envisagé de créer de grandes « usines », mais l'option retenue a finalement été celle de la proximité avec les familles, et la création dans toute la France de petites unités (de six à dix lits) d'accueil au long cours de ses patients.


POUR CHAQUE PERSONNE, UN PROJET DE SOINS ET DE VIE

Aujourd'hui, il en existe 131. Leur taux d'occupation est de 100%. 93% d'entre elles sont accolées à des services de soins de suite et de réadaptation dans les hôpitaux, les autres sont installées dans des maisons d'accueil, par exemple liées à des établissements hospitaliers pour personnes âgées et dépendantes.

« Une réflexion sur l'évolution de ces unités est posée », explique la Direction générale de l'offre de soins, qui précise : « Ces unités ont par nature un caractère mixte qui doit répondre à la fois aux besoins de soins et de surveillance, ce qui justifie l'hospitalisation, mais également à la nécessité de privilégier la qualité de vie des personnes. Cette question est aux confins de l'activité sanitaire et médico-sociale et depuis la circulaire de 2002, certaines régions ont développé des structures ad hoc dans des établissements médico-sociaux. »

Cette circulaire, qui a créé ces unités, indique que celles-ci doivent mettre en place pour chaque personne un projet de soins, mais aussi un projet de vie. Cela signifie-t-il un projet pouvant aller jusqu'à l'accompagnement de la fin de vie d'un patient ? Il y a divergence sur ce point, certains pouvant le considérer dans des cas particuliers, même s'il est difficile et déstabilisant pour les équipes soignantes d'oser se poser cette question.


L'HYPOTHÈSE DU « LAISSER PARTIR » RAREMENT ÉVOQUÉE

Ces patients ont une espérance de vie d'une dizaine d'années en moyenne. Certains décèdent après un ou deux ans, d'autres vivent au contraire plusieurs décennies, comme l'ancien footballeur Jean-Pierre Adams, en état végétatif depuis trente-deux ans, qui est pris en charge à son domicile. Quelques rares fois, après de nombreuses années, il peut arriver que les médecins ou les proches s'interrogent sur ce qu'aurait voulu le patient, et évoquent l'hypothèse de le « laisser partir ».

Le plus courant est cependant que les familles ne se posent pas cette question. « Elles attendent toujours un miracle », raconte Régis Aubry, chef du service de soins palliatifs du CHU de Besançon, et président de l'Observatoire national de la fin de vie.

« L'organisation familiale restante s'est structurée autour de la personne [en état végétatif chronique ou pauci-relationnel] qui en est souvent devenue l'élément central. Il existe plus de demande en faveur de prouesses techniques et médicales qui permettrait de la retrouver telle qu'elle était avant l'accident », selon la contribution à la mission de réflexion sur la fin de vie lancée par François Hollande, rédigée par l'Espace éthique de l'AP-HP et le centre de ressources francilien du traumatisme crânien en décembre 2012.

Le cas de Vincent Lambert est donc très rare, mais pas unique. Ce qui l'est cependant, c'est la tournure qu'ont pris les choses pour ce patient, car habituellement, quand la question de l'arrêt des traitements est posée, proches et médecins réussissent à s'accorder dans un sens ou dans l'autre (c'est le médecin qui prend la décision finale). Parfois, ils se font aider par des médiateurs, comme le centre éthique clinique de l'hôpital Cochin à Paris. Mais jamais jusque-là, face à un désaccord familial, il n'avait été demandé à la justice de trancher.
http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html
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