Les invendus alimentaires cédés aux associations ?

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prunelle
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Re: Les invendus alimentaires cédés aux associations ?

Message par prunelle » 11 août 2014 18:02

......tiens en voila une bonne idée pour marquer mon prochain anniversaire.......a l'apéro servir ces petits insectes....... :mdr3:
.......sur qu'avec les amis la fête sera inoubliable......... :langue20 :langue20 :langue20 :langue20 :langue20
VOUS SOUHAITEZ UN MONDE DIFFERENT IL VOUS FAUT DANS CE CAS CHANGER! CAR
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Lion blanc
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Re: Les invendus alimentaires cédés aux associations ?

Message par Lion blanc » 11 août 2014 18:06

NSC a écrit : J'ai mange des sauterelles que j'adore avec une biere bien fraiche, j'ai aussi goute les termites et les Fourmis sans etre bon, ce n'est pas mauvais.
Normal, pour un batracien :mdr3:
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Lion a écrit :
Je me suis assis au bord du fleuve et j'ai vu passer le corps de mon ennemi.

Mister Polark
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Re: Les invendus alimentaires cédés aux associations ?

Message par Mister Polark » 13 août 2014 16:36

Faut-il obliger les supermarchés à donner leurs invendus ?
Des députés veulent obliger les supermarchés à donner leurs invendus alimentaires à des associations. L’exemple typique de la fausse bonne idée, voici pourquoi.
Par Kevan Saab.


Une soixantaine de députés viennent de déposer, sous la houlette de Jean-Pierre Decool (apparenté UMP), un projet de loi prévoyant d’astreindre les supermarchés de plus de 1,000 m2 à proposer leurs invendus à des associations caritatives. Évidemment, l’intention est bonne et les défenseurs de ce texte ont raison de rappeler les quantités importantes de nourriture gâchée chaque année ainsi que la détresse et la pauvreté d’une frange importante de la population française aujourd’hui incapable de subvenir seule à ses besoins alimentaires. Une situation – il faut bien le souligner – honteuse pour un pays développé comme la France.

Cependant, une fois encore le législateur français, opportuniste et peu versé dans les réalités du terrain, risque de provoquer une série d’effets secondaires désastreux en imposant un mécanisme autoritaire et coercitif là où jusqu’ici prévalaient les partenariats libres et mutuellement bénéficiaires entre supermarchés et associations. En effet, contrairement à ce que laisse entendre les défenseurs de cette réforme, les grandes surfaces sont aujourd’hui les plus gros donneurs de produits alimentaires de l’Hexagone. Par exemple, à la Fédération des banques alimentaires, organisme qui regroupe pas moins d’une centaine de banques alimentaires partout en France, 31,3% des dons reçus en 2013 provenaient de moyennes et grandes surfaces :
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Contrairement aux idées reçues les entreprises privées de l’agro-alimentaire et de la distribution représentent plus de 55% des dons annuels ! L’argent public, en provenance à 92% de l’Union Européenne, en finançant seulement 31%. Et enfin, les collectes annuelles – bien que très médiatisées – ramenant à peine 13% des dons. Des chiffres qui viennent une fois encore battre en brèche les idées reçues sur la radinerie des grands groupes ou la soi-disant « culture de générosité » des individus qu’évoque le député Jean-Pierre Decool. D’ailleurs si certaines enseignes locales indépendantes ne donnent pas encore, la plupart des grandes enseignes ont depuis longtemps mis en place des partenariats au niveau national.

Pourquoi y a-t-il encore du gâchis alimentaire dans les supermarchés peut-on justement se demander ? Tout d’abord le don, le transport et le stockage de denrées alimentaires nécessitent des compétences, du personnel et des moyens très variables en fonction des produits. Par exemple, il est relativement aisé de donner, transporter et stocker des boites de conserve alors que les produits frais tels que les fruits et légumes, la viande ou encore le poisson nécessitent un triage méticuleux, un transport et un stockage irréprochables en termes d’hygiène et de respect de la chaîne du froid. Donner des aliments c’est aussi prendre une responsabilité légale et on peut donc très bien comprendre pourquoi les distributeurs, et les associations d’ailleurs, préfèrent agir de manière prudente en ne proposant pas certains produits sensibles. Non seulement, les distributeurs n’ont pas légalement intérêt à les donner, mais en plus la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) leur recommande de les détruire.

Si les questions économiques semblent complètement échapper aux acteurs du débat, le triage des aliments représente un coût financier pour les enseignes et en particulier pour les plus petites d’entre elles, coûts parfois difficiles à accepter quand on connaît le déluge fiscal et réglementaire auquel elles font face ces dernières années. À titre d’exemple concret, le mini-reportage de France 2 (http://www.francetvinfo.fr/gaspillage-a ... 63861.html) illustre à merveille les limites évidentes d’une approche législative inutile à un problème déjà suffisamment complexe. Commençons par inciter les entreprises à donner en augmentant le plafond de l’abattement fiscal pour les dons, plafond actuellement fixé à un maximum rapidement atteignable de 5 euros de déduction d’impôts par tranche de 1000 euros de chiffre d’affaires (article 238 bis du Code Général des Impôts).

Les défenseurs du projet de loi citent en exemple l’expérience belge où les enseignes wallonnes sont désormais obligées de donner leurs invendus aux associations. Tout comme en France, les associations caritatives belges et les distributeurs n’ont pas attendu l’initiative de l’État pour s’entendre ; mais depuis le passage de la loi rendant obligatoire le don des invendus, bien des communes se sont vues forcées d’injecter des sommes importantes d’argent public pour mettre à niveau les capacités logistiques et d’entreposage des associations. Certes, ces investissements semblent bien plus efficaces que le saupoudrage d’aides sociales diverses et variées de nos États- providence et méritent donc d’être considérés. Cependant ils démontrent clairement qu’il ne s’agit pas juste de passer une loi simpliste pour résoudre d’un coup de baguette magique la question du gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces. De fait, certains dirigeants associatifs s’inquiètent déjà, et ce à juste titre, de savoir où les associations vont trouver les fonds nécessaires pour investir dans les hangars et camions frigorifiés nécessaires au stockage des denrées les plus fragiles.

Enfin, signalons aux défenseurs du projet de loi qu’il représente une atteinte flagrante aux droits de propriété, et qu’il est donc clairement anticonstitutionnel dans un véritable État de droit. De plus, il est navrant de constater que nos parlementaires n’ont encore une fois rien de mieux à proposer aux pauvres que de forcer les associations et les entreprises privées à leur distribuer de la nourriture bénévolement. Oui aux dons caritatifs libres, non à l’instrumentalisation politicienne du travail des ONGs ! Que les parlementaires s’affairent plutôt à éradiquer la pauvreté en créant les conditions nécessaires à la croissance et à l’enrichissement du plus grand nombre, au lieu d’essayer de refourguer aux plus démunis ce que les grandes surfaces n’osent pas proposer ni à leurs clients, ni à leurs employés et encore moins aux associations caritatives avec qui elles travaillent déjà.
http://www.contrepoints.org/2014/08/11/ ... s-invendus

Les dons alimentaires obligatoires, quelle idée lumineuse !

J’avais déjà évoqué la douloureuse question de l’abominable gaspillage dont se rendent coupables les Français qui ont la fâcheuse manie de ne pas systématiquement racler les fonds de plat. À cette occasion, j’avais découvert (un peu effaré, il est vrai) que la République s’était même dotée d’un ministre délégué chargé de ces brûlantes questions. Et dernièrement, j’apprends qu’elle va faire un bond supplémentaire dans sa lutte d’arrache-pied contre le gâchis alimentaire : un député, Jean-Pierre Decool, a décidé de s’attaquer au « problème » à bras-le-corps et s’est donc fendu d’un projet de loi.

Et là, tout se déroule très vite. Il faut en général moins d’un centième de seconde à un élu pour déceler l’embryon d’un « problème », l’analyser « en profondeur », et amener une « solution », bien évidemment législative, qui se résumera à quelques dizaines (ou plusieurs centaines, parfois) de milliers de mots qu’il appellera « Projet de Loi » et qui contiendra, de façon générale, une assez consternante proportion d’âneries écrites avec les pieds. Et je n’exagère même pas. Prenez, donc, le travail de Jean-Truc. La tornade de n’importe quoi velouté commence dès l’introduction à sa proposition de loi, puisqu’on trouve, en première phrase, cette assertion magnifique :
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On s’étonne que le député n’ait pas poussé son raisonnement un tantinet, parce que ce gaspillage croissant signifie donc que partout, d’année en année, l’Humanité a de moins en moins de mal à nourrir tout le monde. Ce qui, du reste, se vérifie par le nombre toujours plus faible de personnes n’ayant pas assez à manger. Bien sûr, ce nombre est élevé (842 millions, tout de même) mais malgré tous les efforts de nos députés pour l’augmenter par une application studieuse du socialisme toujours triomphant, ce nombre se rétrécit. Flûte et zut, vraiment ?

Évidemment, on ne pouvait pas arrêter en si bon chemin la course-poursuite avec les bêtises navrantes à la mode dans le domaine de la lutte contre le gaspillage. C’est pourquoi, quelques mots plus loin, on découvre, effaré, que, je cite : Panique à bord : les Français jettent donc, tous les jours, 19 grammes (7000 grammes/365 jours) de produits non consommés. C’est, véritablement, affolant, puisque cela doit représenter une partie de trognon de pomme ou le fond d’un yaourt. C’est scandaleux. Ce terrible constat une fois posé d’une main ferme, le député s’en va, guilleret, présenter les tenants et aboutissants de sa loi. On va donc assommer, une nouvelle fois, le législateur, l’administration, les entreprises et au final, les Français, pour 19 grammes de nourriture non consommée jetée tous les jours. Pas de doute, il était temps.
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Et pour lutter contre ces torrents de bouffe, Decool propose donc d’en venir aux mains à la coercition systématique. La force de l’habitude chez les députés est si puissante qu’à chaque problème, l’usage de cette coercition semble indispensable. En substance, la proposition revient donc à « obliger les grandes surfaces de plus de 1000 m² à céder leurs invendus alimentaires encore consommables à des associations caritatives », et vogue la galère. Pas de doute : rien de tel qu’une bonne loi qui organise la charité obligatoire pour résoudre les problèmes de gabegie alimentaire, et qui n’entraînera, à l’évidence, aucun effet de bord fâcheux, comme le souligne un récent article de Kevan Saab dans Contrepoints. (CF : Article précédent)

Par exemple, il n’y aura pas de découragement des grandes surfaces concernées, qui représentent pourtant déjà plus de 55% des dons aux associations caritatives. Il n’y aura pas, de la part des entreprises, la moindre volonté d’échapper aux inévitables poursuites dont elles feront l’objet si, par malheur, des denrées périssables qui auraient dû être détruites se retrouvent dans les dons obligatoires, ingérées par des estomacs fragiles, conduisant à des hospitalisations. Il n’y aura pas non plus d’enquiquinements fiscaux pour ces entreprises qui auraient eu le malheur (ou le bonheur, selon le point de vue) de faire des dons bien au-delà de ce que le fisc autorise ou, inversement, ces entreprises ne se limiteront pas naturellement aux plafonds imposés par Bercy, parce qu’en France, dès qu’il s’agit de charité, tout se déroule toujours comme prévu. Et il n’y aura pas non plus d’accroissement trop important des dons pour que les associations soient en mesure de les gérer. Ces associations sauront comment faire, auront l’infrastructure nécessaire, et ne feront pas de gâchis à leur tour. Tout se passera bien.
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Enfin, tout se passera bien à condition tout de même que la conjoncture internationale ne s’en mêle pas en plus. Enquiquinements imprévus pour le député Decool, pendant qu’il poussait sa jolie loi, la France a décidé de s’embringuer dans des rétorsions économiques contre la Russie qui fait rien qu’à embêter le monde avec son gaz et ses importations massives de denrées alimentaires. Pour punir le vilain Poutine, voilà donc la frontière russo-européenne fermée pour les fruits, les légumes et les fromages. Or, de façon malheureusement assez mécanique, si nos producteurs ne peuvent plus trouver de débouchées vers la Russie, ils vont se retrouver avec des excédents assez croquignolets d’autant que les Russes représentent 8% des exportations agricoles et agroalimentaires françaises (soit 1 milliard d’euros par an).

Dans le meilleur des cas, ces excédents se retrouvent sur le marché, faisant nettement s’effondrer les prix ce qui, pour les producteurs de fruits et légumes, revient à se suicider tant les marges sont déjà faibles. Et dans le pire des cas, la proposition de loi de notre ami Decool passe comme une lettre à la poste et voilà nos associations caritatives et autres ONG véritablement noyées dans des fruits et des légumes qu’elles ne pourront pas écouler assez vite, pendant que les dons ainsi pratiqués feront de toute façon fondre les prix et ruineront autant les producteurs que les grandes surfaces. Voilà qui est habile.
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Magie raffinée du don obligatoire, alchimie subtile de l’interventionnisme d’état, féérie délicate du socialisme à l’emporte pièce : en deux articles de loi et une forte dose de déculpabilisation facile, on s’achemine doucement vers un fiasco mémorable, un gâchis grandiose et une démotivation générale. On se demande même si, finalement, ces effets catastrophiques ne sont pas chafouinesquement désirés in petto par le malin député de l’opposition… Mais non, je fabule.

Le député Decool a bien travaillé. Il est content de lui. Rassemblant même au-delà de sa famille politique (l’UMP), il a proposé une jolie loi, pleine de bons sentiments, de moraline épaisse et sucrée, qui ne résoudra pas le problème, accroîtra les difficultés des entreprises concernées et engendrera inévitablement de nouvelles tracasseries administratives, probablement assorties, un jour, d’amendes carabinées. Ce projet, inepte dans son fondement et inadapté aux aléas de l’actualité, illustre fort bien l’hubris permanent dans lequel la classe politique barbote joyeusement, qui veut tout régenter, tout réguler, tout normer, tout prévoir et tout baliser et n’aboutit au final qu’à tout déformer, corrompre et avilir.

Pas de doute : l’enfer est pavé de bonnes intentions, et les ouvriers-carreleurs sont tous parlementaires.
http://www.contrepoints.org/2014/08/13/ ... -lumineuse

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