...ce n'est plus de l'humour, ce n'est plus un caricaturiste, ce n'est plus un blasphémateur, uniquement parce que la loi l'a condamné ?tisiphoné a écrit : Dieudonné est passible de peine en regard de la loi, il n'est pas un caricaturiste ou un blasphémateur.
L'atteinte à la vie privée, insultes/mensonges, apologie de crimes et délites, et incitation à les commettre, négation de crimes contre l'humanité. Provocation à la haine raciale.Et en France, les abus de la liberté d’expression illégaux sont nombreux, relevant en général de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, regroupant presque toutes les atteintes à la liberté d’expression, définissant des contraventions ou des délits punis de sommes allant de 7 000 à 45 000 euros d’amende et parfois de peines de prison (cette loi a évidemment été modifiée de nombreuses fois depuis 1881). On peut essayer de classer ces délits en trois catégories : la catégorie la plus bégnine, relevant de l’atteinte à la vie privée ; la catégorie intermédiaire, relevant des insultes et des mensonges ; la catégorie la plus grave, relevant de l’apologie des crimes et des délits et de l’incitation à en commettre, ou bien de la négation de crimes contre l’humanité.
La négation des crimes contre l’humanité (article 24), incluant la traite négrière et l’esclavage depuis la loi Taubira en 2001. Ce point est paradoxal car la liste des crimes contre l’humanité est un peu arbitraire : ainsi, fait remarquer Eolas, « sont interdits de manière générale l’apologie des crimes contre l’humanité commis par les puissances de l’Axe (n’allez pas approuver la prostitution forcée des femmes coréennes par l’armée impériale japonaise, mais vous pouvez vous réjouir de la famine provoquée par Staline en Ukraine et ses 3 à 7 millions de mort), l’incitation à la haine raciale ainsi que la pornographie enfantine. »
https://deshautsetdebats.wordpress.com/ ... e-de-tout/Existe-t-il une excuse d’humour ?
Nous en arrivons à notre question. Existe-il dans la loi une excuse d’humour ? Un cas est célèbre, celui de Patrick Sébastien. En 1995, pour une émission de télévision, il se grime en Jean-Marie Le Pen et reprend Patrick Bruel dans une version modifiée, intitulée « Casser du Noir » avec les paroles que l’on imagine. Résultat : tollé médiatique et Sébastien fut condamné en cassation, alors que la Cour d’appel l’avait relaxé.
Bien sûr, personne ne pouvait soutenir sérieusement que cet animateur était raciste, alors que toute sa vie montrait le contraire. Mais la question n’est pas là.
Regardons l’argumentaire de la Cour de Cassation. Elle insiste sur le fait que l’aspect « second degré » du texte est important. Car en effet, pris au premier degré, « le texte de la chanson incriminée contient les éléments constitutifs du délit ». Dans ce cas « la seule question est de savoir si, comme les prévenus le soutiennent, ce texte doit être pris au « deuxième degré »».
Or, par quels moyens peut-on être assuré qu’un texte doit être pris au second degré ? Il faut que ce soit explicite, répond la Cour, « que ce sens différent du sens littéral [soit] le résultat, soit d’une action directe par un avertissement explicite donné par l’auteur au spectateur, soit d’une action indirecte résultant de la mise en scène ».
On notera cette seconde phrase : le second degré peut provenir « soit d’une action directe par un avertissement explicite donné par l’auteur au spectateur » (Attention, ceci est une blague), « soit d’une action indirecte résultant de la mise en scène ». Ainsi, si un humoriste de métier fait, lors d’un spectacle, une blague raciste, il ne sera probablement pas condamné puisque le fait même de se trouver dans un spectacle d’humour inclus une mise en scène de facto « second degré ». Stéphane Guillon en est l’exemple parfait. Il est intéressant de noter, d’ailleurs, l’argumentation de Jean-Michel Royere pour qui les blagues sur les handicapés sont acceptables dans un cabaret « parce que l’on est venu pour cela et on est en comité restreint», autrement dit parce que le second degré est très clair, « mais qui sont inacceptables sur une radio de grande écoute », sur laquelle 5 minutes avant on parlait de politique.
Mais alors, pourquoi la Cour de cassation condamna Patrick Sébastien ? Eh bien justement, elle lui reproche un aspect « second degré » discutable : « il ressort du contexte dans lequel la séquence litigieuse s’est déroulée que, contrairement à ce qui est soutenu par les prévenus, on ne se trouve pas dans un registre purement fantaisiste mais dans un cadre hybride où le débat politique est très présent; (…) qu’en fait, l’émission a tourné, de façon implicite, à un débat sur les opinions concernant les étrangers ; » (…) « que, sans doute, elle est parodique, mais rien n’est fait pour prendre une distance à son égard » (…) « que, contrairement à ce que soutiennent les prévenus, rien n’a été fait pour que le téléspectateur ait une interprétation « au second degré » de cette séquence ainsi que du texte incriminé; ».
Par ailleurs la Cour retient l’intention volontaire d’inciter à la haine raciale et à la discrimination, élément essentiel du délit car « il ne s’agit pas d’une émission en direct, mais d’une production préparée et préenregistrée, et énoncent qu’en diffusant une telle séquence, qui n’est pas le fruit d’improvisations mal contrôlées ». Sur ce point, son argumentation est à mon humble avis de non-juriste discutable.
Comme tu peux le constater, l'humour reste toujours de l'humour si celui qui le fait, fait rire avec. Ce n'est pas une question de "c'en est pas, c'est de la politique" ou "non car les lois lala"...l'humour, c'est de l'humour, voilà. Ensuite des lois existent et estiment si c'est du premier ou second degré, etc.
Cela n'en reste pas moins de l'humour douteux, surtout quand on en vient à persuader les spectateurs que...peut-être les chambres à gaz n'ont pas existé.
Mais bon, contrairement à toi Crapu, moi je reste optimiste et je pense que c'est simplement la méthode qu'il nous manque pour mieux argumenter. Les lois ne feront que nourrir ses idées. Un travail laborieux, certes, mais selon moi c'est possible, peut-être sur plusieurs générations, pas à l'échelle de l'individus. On voit bien que cela n'a pas marché pour Lepen, cela ne marche toujours pas pour Soral et Dieudo, c'est donc que les stratégies employées ne sont pas les bonnes, pourquoi persister ?
Il faut en trouver d'autres (si t'invites des gogols judéophiles qui insultent, forcement, les spectateurs se sentiront insultés aussi, mais bon, le gouvernement a décidé de ne pas la jouer en finesse, toujours en mode gros sabots...).



