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La dette (publique), ça ne se rembourse pas
par Patrice Baubeau
25.03.10
Le propre de la dette, c'est de se nourrir d'elle-même : le principe des intérêts composés entraîne une croissance exponentielle de son montant. Sans règle sociale limitant cet effet boule de neige, non seulement la dette devient impossible à rembourser, mais son existence menace la substance même du lien social. En sens inverse, toute société est irriguée par un réseau complexe de dettes réciproques sur lequel elle repose. Paradoxe, pour que ce réseau fonctionne, il faut simultanément que cette dette soit payée et qu'elle ne soit jamais remboursée.
Au VIe siècle avant notre ère, la société athénienne se débat dans ce même paradoxe : l'endettement des plus modestes croît. Or un citoyen qui ne peut plus payer ses dettes cède ses terres et perd son statut d'homme libre et de citoyen. Résultat, la polarisation sociale de la Cité s'accroît, entre riches créanciers propriétaires et pauvres débiteurs - ces derniers de plus en plus insolvables et donc de moins en moins citoyens. Au terme de cette dynamique, la Cité se dissout d'elle-même, la dette « avalant » en quelque sorte la citoyenneté, ne laissant que quelques maîtres d'un désert civique, tout comme, vingt siècles plus tard, Thomas More se désolera de voir les moutons dévorer les hommes, du moins ceux incapables de payer leurs dettes. La réforme engagée par Solon vient rompre ce cercle infernal : les dettes sont remises, les terres redistribuées, et leur propriété éclatée entre familles et tribus, afin d'en limiter la concentration. Cette remise à plat a ensuite permis l'édification de la démocratie athénienne, et c'est pourquoi Solon en est considéré comme le père - c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles Platon critique la démocratie. Ce principe traditionnel de remise de la dette se retrouve aussi dans l'année jubilaire des anciens Hébreux, c'est-à -dire tous les cinquante ans.
Les sociétés aristocratiques sont particulièrement sensibles à ce type de dynamique. Comme le montre bien Laurence Fontaine (L'économie morale, 2008), la remise des dettes apparaît, dans l'Europe du 16e - 18e siècle, comme le complément indispensable des crédits accordés par les créanciers. Mais ce nécessaire équilibre entre remboursement et annulation des dettes se trouve progressivement remis en cause au 18e siècle, sous la pression de deux évolutions. Du fait de leur rivalité financière, les États s'efforcent de poursuivre le paiement de leur dette envers et contre tout, plutôt que de se déclarer insolvables ou de manipuler la valeur de leur monnaie. Ensuite, une conception marchande de la dette, fondée sur l'exactitude du débiteur, se substitue à la conception civile laquelle, à partir notamment de normes religieuses, limitait l'effet boule de neige de la dette par plusieurs mécanismes (déduction des intérêts versés du capital dû ; remise de dettes à l'occasion du décès du créancier ; consolidation de plusieurs dettes anciennes dans une dette nouvelle inférieure).
La France règle cette difficulté par les banqueroutes à répétition de l'État monarchique, jusqu'à celle, fameuse, de 1720, puis avec la convocation des États généraux par une double spoliation. À la faillite royale puis révolutionnaire s'ajoute un gigantesque transfert de propriété appuyé sur le désordre monétaire (l'inflation des assignats) et la confiscation des biens nationaux (saisis auprès des institutions religieuses et des émigrés). Ainsi désendetté, le pays connaît une croissance presque continue au 19e siècle, mais accumule une dette nouvelle — les « rentes » — dont elle ne parvient à se défaire et qui constitue la première dette publique mondiale en volume en 1914. L'Angleterre choisit une autre voie : seul pays de la « révolution industrielle » pendant quelques décennies, elle trouve dans cette croissance économique exceptionnelle, et dans la misère urbaine qui l'accompagne, les ressources pour désendetter l'État et modifier les structures de la dette sociale. Au final, un seul autre État a su rembourser, comme l'Angleterre, sa dette publique écu pour écu : les États-Unis après l'Indépendance et le conflit de 1812, grâce à une immigration vigoureuse et à la conquête de vastes espaces rendus vierges par l'expropriation des populations amérindiennes.
Depuis, toutes les dettes publiques importantes ont été remboursées soit par la croissance et l'inflation (la France des « trente glorieuse ») soit par la faillite de l'État (l'Allemagne de Weimar), soit par une combinaison des deux (l'Italie fasciste). Et l'on comprend bien pourquoi : du fait de sa dynamique d'auto accumulation, la dette tend à se concentrer dans les mains des plus riches et à ôter aux plus pauvres les moyens de la rembourser. Bien sûr, les riches payent aussi la dette, mais comme ils sont en même temps créanciers, ils reçoivent d'un côté ce qu'ils payent de l'autre - et même parfois un peu plus. Ainsi en France, d'après Bercy, le montant des intérêts versés par l'État sur sa dette atteindra 43 milliards d'euros en 2010, et le montant de l'impôt sur le revenu, payé surtout par les plus riches, représentera environ 55 milliards d'euros. Certes, environ 60 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents, mais en sens inverse, les épargnants français détiennent d'importants actifs publics étrangers, notamment européens.
La situation actuelle de la Grèce, du Portugal, de l'Italie, mais aussi de plus en plus de la France, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne correspond à ce dilemme : appauvrir les pauvres pour payer la dette détenue par les riches, aux dépens de la croissance et donc de la richesse de tous ; réduire les créances des riches, pour rétablir l'entente sociale et la prospérité de tous. En bref, rembourser les dettes publiques européennes, c'est s'assurer vingt, trente ou cinquante ans de dépression larvée et accepter l'aggravation de la crise sociale en raison de la condition faite aux plus pauvres de nos concitoyens.
Toujours est-il que comme le montre Michel Lutfalla, « l'euthanasie du rentier » évoqué par J. M. Keynes est devenue bien plus difficile dans ce contexte d'internationalisation de la dette et du fait de l'utilisation d'emprunts protégés contre l'inflation (les OATi et OAT€i en France). Face à cette perspective, il n'y a que trois moyens de réduire la dette : davantage d'inflation, c'est la solution proposée par le FMI ; un prélèvement sur le revenu ou le patrimoine des plus riches ; une consolidation des dettes publiques permettant leur allègement. Évidemment, toute combinaison de ces trois moyens est envisageable. Or aujourd'hui, seuls les États-Unis peuvent utiliser la troisième voie, puisque grâce à la domination du dollar ils sont les seuls à n'être endettés que dans leur monnaie : la dépréciation du dollar leur procure un gain, aux dépens de leurs créanciers ! Cet exemple doit inspirer les pays européens : hors une « révolution », seule une solution financière plus ou moins fédérale fondée sur l'euro évitera la poursuite de la dynamique récessive engagée depuis les années 1990 et dont on voit bien désormais qu'elle est sans fin.
Patrice Baubeau
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va-t-on effacer la dette grecque ??
- Stounk
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Prenez deux minutes pour lire cet article, il est intéressant sur ce que nous traversons aujourd'hui, même s'il date de 2010 et livre quelques exemples historiques intéressants :
- tisiphoné
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
oui il a écrit ça en 2010, en 2013, il écrivait autre chose
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html
nankurunaisa
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
soyons sérieux. pour éponger la dette, il faut faire l'impasse sur les services régaliens de l'état.
alors on enlève quoi ? la justice ? la médecine ? la police ? l'armée ?
on vire combien de fonctionnaires ? 1 millions, 2 millions ? 3 millions ? ça arrivera à peine aux 50 %. on a encore de la marge.
et les retraites ? on divise pas combien ? quand vous n'aurez plus que 675 euros et qu'on vous diras qu'il faut faire avec 20 % de moins tout en subissant une inflation galopante et un chômage de masse pour vos enfants.
et le chômage au fait ? on le limite à combien ? 1 an ? 6 mois ? 3 mois ?
et les investissements publics, on divise par combien ? vous êtes près à voir le secteur du TP s'effondrer ? attention hein, c'est bien plus que les emplois du secteur automobile, qui sont pourtant largement plus aidés que le reste. question d'image ...
oui on peut dégraisser, oui on peut réduire, mais tomber à 60 % ? ça veut dire geler le pays pendant 15 ans. chiche.
j'ajouterai que vous êtes tous très prompt à juger les grecques et décider pour eux ce qu'ils peuvent ou non supporter. tous parfaitement formater à payer des fortunes en taux d'intérêts à des capitaux privés dont la seule et unique raison d'être consiste à faire en sorte que vous payez encore plus d'intérêts.
je me demande quel sera votre discours lorsqu'on vous annoncera que vous pouvez faire une crois sur les 40 ++ années de cotisations retraite pour cause de remboursement de la dette.
le cas de ce pays devrait interpeller les européens sur les dérives flagrante d'un système monétaire perverti. ce sont les banques, avec la complicité de Bruxelles, qui ont permis cette banqueroute de la Grèce. j'entends bien le discours qui consiste à rejeter la faute sur le seul peuple grecque. marché noir, travail au noir, fraude fiscale etc etc.
euuuh réveillez vous. en France c'est pareil. le travail au noir se développe toujours plus, la fraude fiscale annuelle est estimé à 80 milliards d'euros (autant dire au moins 50 % de plus). on a même fait une profession pour optimiser (comprendre trouver les failles) les déclarations fiscales. on marche sur la tête !
on a aucune leçon à donner aux grecques, aucune.
alors on enlève quoi ? la justice ? la médecine ? la police ? l'armée ?
on vire combien de fonctionnaires ? 1 millions, 2 millions ? 3 millions ? ça arrivera à peine aux 50 %. on a encore de la marge.
et les retraites ? on divise pas combien ? quand vous n'aurez plus que 675 euros et qu'on vous diras qu'il faut faire avec 20 % de moins tout en subissant une inflation galopante et un chômage de masse pour vos enfants.
et le chômage au fait ? on le limite à combien ? 1 an ? 6 mois ? 3 mois ?
et les investissements publics, on divise par combien ? vous êtes près à voir le secteur du TP s'effondrer ? attention hein, c'est bien plus que les emplois du secteur automobile, qui sont pourtant largement plus aidés que le reste. question d'image ...
oui on peut dégraisser, oui on peut réduire, mais tomber à 60 % ? ça veut dire geler le pays pendant 15 ans. chiche.
j'ajouterai que vous êtes tous très prompt à juger les grecques et décider pour eux ce qu'ils peuvent ou non supporter. tous parfaitement formater à payer des fortunes en taux d'intérêts à des capitaux privés dont la seule et unique raison d'être consiste à faire en sorte que vous payez encore plus d'intérêts.
je me demande quel sera votre discours lorsqu'on vous annoncera que vous pouvez faire une crois sur les 40 ++ années de cotisations retraite pour cause de remboursement de la dette.
le cas de ce pays devrait interpeller les européens sur les dérives flagrante d'un système monétaire perverti. ce sont les banques, avec la complicité de Bruxelles, qui ont permis cette banqueroute de la Grèce. j'entends bien le discours qui consiste à rejeter la faute sur le seul peuple grecque. marché noir, travail au noir, fraude fiscale etc etc.
euuuh réveillez vous. en France c'est pareil. le travail au noir se développe toujours plus, la fraude fiscale annuelle est estimé à 80 milliards d'euros (autant dire au moins 50 % de plus). on a même fait une profession pour optimiser (comprendre trouver les failles) les déclarations fiscales. on marche sur la tête !
on a aucune leçon à donner aux grecques, aucune.
le chômage n'augmente pas, il y a un manque d'emploi.
Muriel Penicaud ministre du travail. France-Inter le 30/07/2018.
"y a pas que les bonbons qui font tomber les dents" célèbre citation de la BAC nantaise.
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
commet peux tu imaginer une minute que j'aurais confiance en l'analyse un mec prof à sciences po? un mec fonctio qui n'a probablement jamais travaillé de sa vie dans la finance? non mais sans rire?Stounk a écrit : Prenez deux minutes pour lire cet article, il est intéressant sur ce que nous traversons aujourd'hui, même s'il date de 2010 et livre quelques exemples historiques intéressants :
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La dette (publique), ça ne se rembourse pas
par Patrice Baubeau
25.03.10
Le propre de la dette, c'est de se nourrir d'elle-même : le principe des intérêts composés entraîne une croissance exponentielle de son montant. Sans règle sociale limitant cet effet boule de neige, non seulement la dette devient impossible à rembourser, mais son existence menace la substance même du lien social. En sens inverse, toute société est irriguée par un réseau complexe de dettes réciproques sur lequel elle repose. Paradoxe, pour que ce réseau fonctionne, il faut simultanément que cette dette soit payée et qu'elle ne soit jamais remboursée.
Au VIe siècle avant notre ère, la société athénienne se débat dans ce même paradoxe : l'endettement des plus modestes croît. Or un citoyen qui ne peut plus payer ses dettes cède ses terres et perd son statut d'homme libre et de citoyen. Résultat, la polarisation sociale de la Cité s'accroît, entre riches créanciers propriétaires et pauvres débiteurs - ces derniers de plus en plus insolvables et donc de moins en moins citoyens. Au terme de cette dynamique, la Cité se dissout d'elle-même, la dette « avalant » en quelque sorte la citoyenneté, ne laissant que quelques maîtres d'un désert civique, tout comme, vingt siècles plus tard, Thomas More se désolera de voir les moutons dévorer les hommes, du moins ceux incapables de payer leurs dettes. La réforme engagée par Solon vient rompre ce cercle infernal : les dettes sont remises, les terres redistribuées, et leur propriété éclatée entre familles et tribus, afin d'en limiter la concentration. Cette remise à plat a ensuite permis l'édification de la démocratie athénienne, et c'est pourquoi Solon en est considéré comme le père - c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles Platon critique la démocratie. Ce principe traditionnel de remise de la dette se retrouve aussi dans l'année jubilaire des anciens Hébreux, c'est-à -dire tous les cinquante ans.
Les sociétés aristocratiques sont particulièrement sensibles à ce type de dynamique. Comme le montre bien Laurence Fontaine (L'économie morale, 2008), la remise des dettes apparaît, dans l'Europe du 16e - 18e siècle, comme le complément indispensable des crédits accordés par les créanciers. Mais ce nécessaire équilibre entre remboursement et annulation des dettes se trouve progressivement remis en cause au 18e siècle, sous la pression de deux évolutions. Du fait de leur rivalité financière, les États s'efforcent de poursuivre le paiement de leur dette envers et contre tout, plutôt que de se déclarer insolvables ou de manipuler la valeur de leur monnaie. Ensuite, une conception marchande de la dette, fondée sur l'exactitude du débiteur, se substitue à la conception civile laquelle, à partir notamment de normes religieuses, limitait l'effet boule de neige de la dette par plusieurs mécanismes (déduction des intérêts versés du capital dû ; remise de dettes à l'occasion du décès du créancier ; consolidation de plusieurs dettes anciennes dans une dette nouvelle inférieure).
La France règle cette difficulté par les banqueroutes à répétition de l'État monarchique, jusqu'à celle, fameuse, de 1720, puis avec la convocation des États généraux par une double spoliation. À la faillite royale puis révolutionnaire s'ajoute un gigantesque transfert de propriété appuyé sur le désordre monétaire (l'inflation des assignats) et la confiscation des biens nationaux (saisis auprès des institutions religieuses et des émigrés). Ainsi désendetté, le pays connaît une croissance presque continue au 19e siècle, mais accumule une dette nouvelle — les « rentes » — dont elle ne parvient à se défaire et qui constitue la première dette publique mondiale en volume en 1914. L'Angleterre choisit une autre voie : seul pays de la « révolution industrielle » pendant quelques décennies, elle trouve dans cette croissance économique exceptionnelle, et dans la misère urbaine qui l'accompagne, les ressources pour désendetter l'État et modifier les structures de la dette sociale. Au final, un seul autre État a su rembourser, comme l'Angleterre, sa dette publique écu pour écu : les États-Unis après l'Indépendance et le conflit de 1812, grâce à une immigration vigoureuse et à la conquête de vastes espaces rendus vierges par l'expropriation des populations amérindiennes.
Depuis, toutes les dettes publiques importantes ont été remboursées soit par la croissance et l'inflation (la France des « trente glorieuse ») soit par la faillite de l'État (l'Allemagne de Weimar), soit par une combinaison des deux (l'Italie fasciste). Et l'on comprend bien pourquoi : du fait de sa dynamique d'auto accumulation, la dette tend à se concentrer dans les mains des plus riches et à ôter aux plus pauvres les moyens de la rembourser. Bien sûr, les riches payent aussi la dette, mais comme ils sont en même temps créanciers, ils reçoivent d'un côté ce qu'ils payent de l'autre - et même parfois un peu plus. Ainsi en France, d'après Bercy, le montant des intérêts versés par l'État sur sa dette atteindra 43 milliards d'euros en 2010, et le montant de l'impôt sur le revenu, payé surtout par les plus riches, représentera environ 55 milliards d'euros. Certes, environ 60 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents, mais en sens inverse, les épargnants français détiennent d'importants actifs publics étrangers, notamment européens.
La situation actuelle de la Grèce, du Portugal, de l'Italie, mais aussi de plus en plus de la France, du Royaume-Uni ou de l'Allemagne correspond à ce dilemme : appauvrir les pauvres pour payer la dette détenue par les riches, aux dépens de la croissance et donc de la richesse de tous ; réduire les créances des riches, pour rétablir l'entente sociale et la prospérité de tous. En bref, rembourser les dettes publiques européennes, c'est s'assurer vingt, trente ou cinquante ans de dépression larvée et accepter l'aggravation de la crise sociale en raison de la condition faite aux plus pauvres de nos concitoyens.
Toujours est-il que comme le montre Michel Lutfalla, « l'euthanasie du rentier » évoqué par J. M. Keynes est devenue bien plus difficile dans ce contexte d'internationalisation de la dette et du fait de l'utilisation d'emprunts protégés contre l'inflation (les OATi et OAT€i en France). Face à cette perspective, il n'y a que trois moyens de réduire la dette : davantage d'inflation, c'est la solution proposée par le FMI ; un prélèvement sur le revenu ou le patrimoine des plus riches ; une consolidation des dettes publiques permettant leur allègement. Évidemment, toute combinaison de ces trois moyens est envisageable. Or aujourd'hui, seuls les États-Unis peuvent utiliser la troisième voie, puisque grâce à la domination du dollar ils sont les seuls à n'être endettés que dans leur monnaie : la dépréciation du dollar leur procure un gain, aux dépens de leurs créanciers ! Cet exemple doit inspirer les pays européens : hors une « révolution », seule une solution financière plus ou moins fédérale fondée sur l'euro évitera la poursuite de la dynamique récessive engagée depuis les années 1990 et dont on voit bien désormais qu'elle est sans fin.
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tu ferais mieux de regarder don camillo sur la 8,tu apprendras ce que c'est que travailler,produire s'endetter et rembourser,parce que c'est comme ça que l’Europe s'est construite.
Le nationalisme c'est la guerre !
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Labrecche
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Il ne faut pas payer la dette publique à tous ces milliardaires qui la détiennent avec par exemple, ces requins aux dents longues qui possèdent une assurance vie finançant le budget de l'Etat, ou pire encore ces crésus qui ont des livrets A n'hésitent pas à se faire de l'argent sur le dos de la misère en finançant les logements sociaux.
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
CQFD a mon sentiment....ces gens qui n'ont jamais bossé surfent sur la vague mais n'ont au final aucun avis ni analyse légitime,parce qu'ils ne connaissent pas le métier de la finance,c'est juste des analystes qui prédisent,mais n'ont aucun fond de vérité.tisiphoné a écrit : oui il a écrit ça en 2010, en 2013, il écrivait autre chose
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
tu te rends compte de ce que tu dis,ou c’est juste pour lâcher une petite rancœur parce que tu n'as pas réussis?Labrecche a écrit : Il ne faut pas payer la dette publique à tous ces milliardaires qui la détiennent avec par exemple, ces requins aux dents longues qui possèdent une assurance vie finançant le budget de l'Etat, ou pire encore ces crésus qui ont des livrets A n'hésitent pas à se faire de l'argent sur le dos de la misère en finançant les logements sociaux.
parce que je te signale,en passant,que ces milliardaires qui ont prêté du fric,c'est toi moi nous. :roll: personne d'autre!
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Si c'est là tout ton argumentaire, parsemé de condescendance du style "tu apprendras ce que c'est que travailler", franchement... Zéro. Pour qui te prends-tu ? Tu as pété les plombs ?Fonck1 a écrit :
commet peux tu imaginer une minute que j'aurais confiance en l'analyse un mec prof à sciences po? un mec fonctio qui n'a probablement jamais travaillé de sa vie dans la finance? non mais sans rire?
tu ferais mieux de regarder don camillo sur la 8,tu apprendras ce que c'est que travailler,produire s'endetter et rembourser,parce que c'est comme ça que l’Europe s'est construite.
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
non désolé,mais c'est le fond de mon sentiment,je ne suis pas prêt à croire à n'importe quel prédicateur parce que c'est ce que je veux entendre,c'est d'ailleurs souvent ce qui fait la différence entre moi et ceux qui passent leur temps à citer des articles qui ne prouvent rien,mais vont dans le sens de ce qu'ils argumentent,j'appelle pas ça des preuves désolé!Stounk a écrit :Si c'est là tout ton argumentaire, parsemé de condescendance du style "tu apprendras ce que c'est que travailler", franchement... Zéro. Pour qui te prends-tu ? Tu as pété les plombs ?Fonck1 a écrit :
commet peux tu imaginer une minute que j'aurais confiance en l'analyse un mec prof à sciences po? un mec fonctio qui n'a probablement jamais travaillé de sa vie dans la finance? non mais sans rire?
tu ferais mieux de regarder don camillo sur la 8,tu apprendras ce que c'est que travailler,produire s'endetter et rembourser,parce que c'est comme ça que l’Europe s'est construite.
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Ha là , c'est sûr que pour le coup, depuis l'article, tu as vachement argumenté...Fonck1 a écrit :non désolé,mais c'est le fond de mon sentiment,je ne suis pas prêt à croire à n'importe quel prédicateur parce que c'est ce que je veux entendre,c'est d'ailleurs souvent ce qui fait la différence entre moi et ceux qui passent leur temps à citer des articles qui ne prouvent rien,mais vont dans le sens de ce qu'ils argumentent,j'appelle pas ça des preuves désolé!Stounk a écrit :
Si c'est là tout ton argumentaire, parsemé de condescendance du style "tu apprendras ce que c'est que travailler", franchement... Zéro. Pour qui te prends-tu ? Tu as pété les plombs ?
Allez, bonne nuit.
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
oui j'essaye de me documenter à bonne école....les profs de sicence po,c'est un peu comme les profs d'informatique,sont souvent dépassés par leurs propres élèves !Stounk a écrit :Ha là , c'est sûr que pour le coup, depuis l'article, tu as vachement argumenté...Fonck1 a écrit :
non désolé,mais c'est le fond de mon sentiment,je ne suis pas prêt à croire à n'importe quel prédicateur parce que c'est ce que je veux entendre,c'est d'ailleurs souvent ce qui fait la différence entre moi et ceux qui passent leur temps à citer des articles qui ne prouvent rien,mais vont dans le sens de ce qu'ils argumentent,j'appelle pas ça des preuves désolé!
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Tu penses donc que j'ignore que le livret A et l'assurance-vie sont des solutions pour les plus petits épargnants, j'ai seulement caricaturé le discours théorique marxiste et le confronter à la réalité pour en montrer toute l'absurdité. Ils peuvent détourner la réalité comme ils veulent mais sur tous leurs montages, ils oublient qu'en bout de ligne il y a toujours le particulier contribuable ou consommateur ou salarié qui finit par régler les facturesFonck1 a écrit :tu te rends compte de ce que tu dis,ou c’est juste pour lâcher une petite rancœur parce que tu n'as pas réussis?Labrecche a écrit : Il ne faut pas payer la dette publique à tous ces milliardaires qui la détiennent avec par exemple, ces requins aux dents longues qui possèdent une assurance vie finançant le budget de l'Etat, ou pire encore ces crésus qui ont des livrets A n'hésitent pas à se faire de l'argent sur le dos de la misère en finançant les logements sociaux.
parce que je te signale,en passant,que ces milliardaires qui ont prêté du fric,c'est toi moi nous. :roll: personne d'autre!
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
les gens qui ont contribué à recouvrir la dette grec sont la BCE,qui est alimenté par nos états.Labrecche a écrit :Tu penses donc que j'ignore que le livret A et l'assurance-vie sont des solutions pour les plus petits épargnants, j'ai seulement caricaturé le discours théorique marxiste et le confronter à la réalité pour en montrer toute l'absurdité. Ils peuvent détourner la réalité comme ils veulent mais sur tous leurs montages, ils oublient qu'en bout de ligne il y a toujours le particulier contribuable ou consommateur ou salarié qui finit par régler les facturesFonck1 a écrit :
tu te rends compte de ce que tu dis,ou c’est juste pour lâcher une petite rancœur parce que tu n'as pas réussis?
parce que je te signale,en passant,que ces milliardaires qui ont prêté du fric,c'est toi moi nous. :roll: personne d'autre!
c'est pas des types qui ont décidé il y a 5 ans de parier sur le montant de ce qu'ils allaient se faire sur le dos des grecs !
d'ailleurs,les taux ont été revus à la baisse et les banques privés qui ont investies se sont assises sur 1 milliard d’intérêts.
quand on sait depuis quelques temps la hauteur des prêts en taux d’intérêts inutile de vous dire que ça fait beaucoup.
et oui,c'est toujours le particulier qui fini par payer la casse....
certes,je n'ai pas lu ton post jusqu'au bout....et je n'ai pas saisi l'ironie,mes excuses.après les marxistes aujourd'hui,yen a plus des masses....
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Certains n'arrivent toujours pas à comprendre que les banques ne perdront rien !! l'envie de voir des banquiers pleurer sur leurs comptes vides les aveugle..
Toujours pas compris que ce sont les Etats qui se sont portés garants et les Etats c'est le citoyen lambda - enfin celui qui bosse ou a bossé .... donc bien nous !
le peuple Grec a dit non mais ce non c'est pour notre pomme ..les banquiers vont continuer à dormir tranquilles
c'est si difficile à comprendre ??? !!!
Toujours pas compris que ce sont les Etats qui se sont portés garants et les Etats c'est le citoyen lambda - enfin celui qui bosse ou a bossé .... donc bien nous !
le peuple Grec a dit non mais ce non c'est pour notre pomme ..les banquiers vont continuer à dormir tranquilles
c'est si difficile à comprendre ??? !!!

Modifié en dernier par Allora le 07 juillet 2015 00:48, modifié 3 fois.
http://i86.servimg.com/u/f86/16/39/51/81/dictat10.jpg
"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "
"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "
- Allora
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Re: va-t-on effacer la dette grecque ??
Voici un extrait d'un livre écrit par Edmond About, écrivain et journaliste du 19è siècle. C'est
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le titre du livre est : La Grèce Contemporaine, On est en 1854!!!
""La Grèce, est le seul exemple connu d'un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance...
Si la France et l'Angleterre se trouvait seulement une année dans cette situation, on verrait des catastrophes terribles.
Il a fallu que les puissances protectrices de la Grèce garantissent sa solvabilité pour qu'elle négociât un emprunt à l'extérieur!
Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement grec sans aucun fruit pour le pays et, une fois l'argent dépensé, il a fallu que les garants par pure bienveillance en servissent les intérêts, la Grèce ne pouvait point les payer
Aujourd'hui, la Grèce renonce à l'espérance de s'acquitter jamais.
Dans le cas où les 3 puissances protectrices continueraient indéfiniment à payer pour elle, la Grèce ne s'en trouvera pas beaucoup mieux, ses dépenses ne seraient pas encore couvertes par les ressources.
La Grèce est le seul pays civilisé où les impôts sont en nature!!! Depuis que l'Etat s'est chargé lui-même
de percevoir l'impôt, les frais de perception sont plus considérables et les revenus sont à peine augmentés, les contribuables font ce que faisaient les fermiers :" Ils ne paient pas"
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ils n'ont pas changé d'un iota * leur façon de faire..

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le titre du livre est : La Grèce Contemporaine, On est en 1854!!!
""La Grèce, est le seul exemple connu d'un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance...
Si la France et l'Angleterre se trouvait seulement une année dans cette situation, on verrait des catastrophes terribles.
Il a fallu que les puissances protectrices de la Grèce garantissent sa solvabilité pour qu'elle négociât un emprunt à l'extérieur!
Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement grec sans aucun fruit pour le pays et, une fois l'argent dépensé, il a fallu que les garants par pure bienveillance en servissent les intérêts, la Grèce ne pouvait point les payer
Aujourd'hui, la Grèce renonce à l'espérance de s'acquitter jamais.
Dans le cas où les 3 puissances protectrices continueraient indéfiniment à payer pour elle, la Grèce ne s'en trouvera pas beaucoup mieux, ses dépenses ne seraient pas encore couvertes par les ressources.
La Grèce est le seul pays civilisé où les impôts sont en nature!!! Depuis que l'Etat s'est chargé lui-même
de percevoir l'impôt, les frais de perception sont plus considérables et les revenus sont à peine augmentés, les contribuables font ce que faisaient les fermiers :" Ils ne paient pas"
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ils n'ont pas changé d'un iota * leur façon de faire..
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"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "
"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "