Je croyais que les Mahorais étaient Français pas vous ?...
Municipales : à la Réunion, le RN cherche à exister en déroulant son refrain xénophobe contre les Mahorais
Le parti d’extrême droite, mal implanté dans l’île malgré de bons résultats aux scrutins nationaux, veut prospérer sur la hausse de la délinquance, pointant abusivement l’immigration «de Mayotte et des Comores».
Le scrutin municipal de mars va-t-il mettre fin au paradoxe auquel se heurte le RN à la Réunion ? Lors des présidentielles de 2022, Marine Le Pen est arrivée en tête dans l’île française de l’océan Indien, devant Emmanuel Macron, avec 59,5 % des voix au second tour. Les européennes ont confirmé, deux ans plus tard, cette envolée : la liste de Jordan Bardella a largement dépassé ses concurrents. Et lors des législatives de 2024, l’outre-mer a permis, pour la première fois, d’envoyer à l’Assemblée nationale deux députés RN, de la Réunion et de Mayotte. Pourtant, le parti d’extrême droite ne détient les rênes que d’une seule commune sur l’ensemble des territoires d’outre-mer : La Plaine-des-Palmistes, à La Réunion, où le maire sortant, Johnny Payet semble favori pour les municipales de mars.
Dans les vingt-trois autres communes de l’île, le RN peine même à proposer des candidats. «On part de zéro, si on arrive à dix candidatures en mars, ce serait une belle performance, admet Jean-Jacques Morel, délégué départemental du RN. Il faut donner du temps au temps ; en métropole, on a mis cinquante ans à s’implanter.» Christiane Rafidinarivo, chercheuse associée au Cevipof de Sciences Po, qui mène des enquêtes qualitatives sur le vote d’extrême droite à la Réunion depuis des années, a une autre explication. Selon la politologue, «le RN n’est pas intéressé par les municipales, il n’a qu’un but, la présidentielle». Le parti, «pourtant très riche», consacrerait en fait peu de moyens aux élections locales, se contenant de soutenir des candidats de droite «compatibles» avec son projet.
«
Très peu d’étrangers résident sur l’île»
C’est le cas à Saint-André, commune de l’est de la Réunion, où l’armateur de pêche Laurent Virapoullé fait campagne contre son propre frère, Jean-Marie – ce dernier étant soutenu par leur père, Jean-Paul Virapoullé, qui fut durant des décennies l’homme fort de la droite locale. Le candidat adoubé par l’extrême droite fait, sans surprise, sa priorité de la lutte contre l’immigration illégale et l’insécurité. Il évoque «une vague migratoire orchestrée par les Comores», 1 700 km au nord de la Réunion, et «un océan de souffrance qui se déverse».
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