Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Actualité hebdo, politique, économie, informations...
Avatar du membre
Mesoke
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 21168
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A Liké : 2 fois
A été liké : 62 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par Mesoke »

Déjà c'est faux, le nombre d'heures moyennes travaillées en France par l'ensemble des salariés est plutôt dans la moyenne européenne. Et on est censé parler de quoi là ? D'une quantité d'heures travaillées ou de travailler dur ? Au Japon le nombre d'heure travaillées est effarant à cause d'une débilité culturelle qui pousse les travailleurs à partir le plus tard possible pour se faire bien voir, sans paiement d'heure sup', mais sans travail supplémentaire non plus. Les travailleurs y passent des plombes à glander et à faire semblant de bosser. C'est peut--être pour ça que quand on regarde une carte de l'UE avec le temps de travail moyen par travailleur les pays où l'on travaille le moins en moyenne sont les plus riches, et ceux on l'on travaille le plus sont les plus pauvres, à l'est. Travailler plus d'heure ne signifie pas produire plus : au bout d'un moment passé au travail un humain standard en aura marre et sera improductif. Ce qu'il faut pour être efficace c'est optimiser le temps de travail, pas l'augmenter encore et toujours par pure idéologie.
UBUROI
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 22274
Enregistré le : 19 février 2017 21:40
A Liké : 54 fois
A été liké : 11 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par UBUROI »

Voilà un article qui éclairera les "accommodants", ceux qui savent tout sans avoir jamais rien vécu de ce qu'ils croient savoir!

La réalité des bac pro, de 8h à 18 h coincés dans une zone sans rien pour les accueillir quand leur journée d'apprentissage est coupée de 3 heures de pause forcée, loin de leur domicile, d'un terrain de sport, d'un centre de loisirs, tout ça avec un bleu sur le dos!
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html


« Ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière, comment fait-on ? » A Saint-Ouen-l’Aumône, le traumatisme perdure après la grave blessure d’un adolescent par un tir policier

Le 28 septembre, dans le Val-d’Oise, Eden, 14 ans, a eu la mâchoire fracturée et une grande partie des dents arrachées par un tir policier. Au sein de son lycée professionnel, élèves comme professeurs racontent la peur, la colère et l’impuissance.
Par Louise Couvelaire

Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 07h29
Temps deLecture 5 min.
Article réservé aux abonnés


Ryan, 14 ans, était assis avec Eden avant l’accident ; il montre des vidéos qu’il a prise sur son téléphone avant d’aller aider son camarade de classe pour le mettre à l’abri.
Eden ne peut pas parler. Sa mâchoire est « scellée » pour plusieurs semaines à la suite d’une série d’interventions chirurgicales. Le garçon de 14 ans ne peut pas raconter comment, lundi 28 septembre, un tir de lance-grenade lacrymogène Cougar a brisé la quasi-totalité de ses dents du haut, arraché une partie de celles du bas et causé une double fracture de sa mâchoire. Il ne peut rien dire de ce jour où, assis sur un muret à quelques mètres de l’entrée de son lycée, Château-d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), où se déroulait un mouvement de protestation, sa vie a basculé.

Lire aussi | EN DIRECT, mobilisation lycéenne : « Notre priorité, c’est évidemment le retour à l’ordre, au calme (...) et le retour en cours » pour les étudiants, déclare la porte-parole du gouvernement

Il était environ 10 h 30, il avait les yeux rivés sur son téléphone portable lorsque trois fonctionnaires de police se sont dirigés vers lui avant de le bousculer, puis de lui porter un coup de matraque et enfin, après qu’il eût riposté par un coup de pied, tiré un projectile en direction de son visage quasiment à bout portant. L’impact a projeté l’adolescent au sol et fracassé sa mâchoire.

Mardi 6 octobre, le parquet de Pontoise a annoncé dans un communiqué avoir mis en examen le fonctionnaire auteur du tir pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente ». Le policier a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercice professionnel, de contact avec le public et de détention et de port d’arme.

« J’ai peur de tout le monde »
Eden ne peut pas parler. Les vidéos de la scène, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent en images ce qu’il ne peut pas mettre en mots ; ses parents ont porté plainte pour tentative d’homicide volontaire et violences volontaires avec arme ; ses camarades témoignent du « choc » causé par la violence « injuste », « disproportionnée », « indigne », « grave », « inacceptable », « folle » de la réponse policière ; des professeurs racontent leur incompréhension face au déploiement de policiers « harnachés en mode Playmobil avec casques et boucliers » et le quotidien percuté par cet événement de cet établissement d’enseignement professionnel consacré aux métiers de l’automobile et du transport ; des mères d’élèves disent leur crainte d’envoyer leurs enfants en classe. « J’ai peur des jeunes et des policiers, j’ai peur de tout le monde, j’ai arrêté de travailler depuis l’incident avec Eden pour accompagner mon fils, aller le chercher et surveiller ce qu’il se passe, explique Bouchara (elle n’a pas souhaité donner son nom, comme les autres personnes citées par leur prénom), maman de Lucas, 15 ans. Il n’est pas question de le laisser seul. »


Mercredi 7 octobre. Neuf jours après les faits. Après plusieurs jours de cours en distanciel, le lycée rouvre ses portes à une partie des élèves pour un temps d’échange de deux heures. Il est 13 heures, Ryan (les prénoms des mineurs interrogés ont été modifiés à leur demande), 14 ans, s’achète un sandwich à la supérette située au coin du lycée. Son copain, Safet, 16 ans, l’attend à l’extérieur. C’est la règle ici : « Nous n’acceptons que trois personnes à la fois », annonce une pancarte collée à la porte vitrée de l’entrée du magasin. « Seul celui qui a quelque chose à acheter a le droit de rentrer », précise la caissière en évoquant des problèmes de vols et de débordements « dès lors que les lycéens sont en groupe ».


Ici, dans le quartier d’Epluches, les quelque 600 élèves du Château ne sont pas les bienvenus. « Ils squattent les bas d’immeubles, jettent leurs déchets partout, saccagent les parties communes, grimpent sur les balcons, c’est insupportable », tempête une voisine, Virginie, fonctionnaire de 50 ans qui a obtenu après plusieurs années de bras de fer la mise en place d’une clôture autour de sa résidence.

Ici, au lycée Château-d’Epluches, un ensemble de bâtiments disparates répartis dans un parc de 7 hectares coincé entre une zone pavillonnaire et une zone industrielle, « il n’y a rien à faire ni nulle part où aller entre deux cours », raconte un lycéen. C’est le principal objet de la mobilisation des derniers jours (au-delà du manque de matériel pour les carrossiers, de l’absence de chauffage…) : les emplois du temps « mal faits », disent-ils, avec « des journées qui démarrent à 8 heures et se terminent à 18 heures », souligne un lycéen, « et des trous de trois heures au milieu de la journée », renchérit un autre.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La mobilisation lycéenne se poursuit partout en France : « battles d’aura », « Marseillaise », défilés et incidents

Impossible de rentrer chez eux, la plupart des élèves viennent de loin, de tous les départements d’Ile-de-France : Sarcelles, Persan ou encore Argenteuil dans le Val-d’Oise, La Courneuve et Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, Puteaux et Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine…

« Rapport compliqué aux institutions »
« Notre lycée accueille des jeunes issus de quartiers populaires, avec des parcours éducatifs chaotiques et douloureux, des situations familiales dures, des jeunes qui ont du mal à formuler leurs revendications, des jeunes qui ne sont en rien politisés – ils en sont très très loin –, des jeunes qui ont un rapport compliqué aux institutions en général et à l’institution école en particulier », décrit un professeur qui, comme les autres enseignants interrogés, souhaite garder l’anonymat. A longueur d’année, décrivent plusieurs d’entre eux, ils œuvrent pour rétablir la confiance, pour la maintenir lorsqu’elle est revenue… Un véritable exercice d’équilibriste pour mener ces adolescents souvent réfractaires au bout de leur cursus.


Des mères venues chercher leurs enfants, devant le lycée professionnel Château-d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Depuis le début de la mobilisation, les enseignants tentent de résoudre une équation délicate : les laisser s’exprimer tout en les aidant à mettre en mots, les accompagner sans donner l’impression de prendre les rênes… et désormais, les « protéger » des forces de l’ordre dont ils ne comprennent pas les méthodes. « Les policiers arrivent en tenues antiémeutes alors qu’il ne se passe rien de très méchant, ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière ? Comment fait-on, nous, après, pour recoller les morceaux avec des jeunes qui sont déjà extrêmement fragilisés ? Comment fait-on pour réparer une fois encore ce qui a déjà été maintes fois cassé ? », interroge l’enseignant.


Le lieu où Eden, 14 ans, a été blessé par grenade lacrymogène Cougar, devant le lycée professionnel Château-d’Epluches. A Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Ryan secoue la tête, porte la main à son oreille, et lance : « bouc ». Il répète : « bouc ». « Ce son, dit-il, je l’entends encore, tout le temps. » Ce son, « je ne sais pas bien comment vous le décrire autrement », c’est « celui du Cougar », la grenade tirée sur son copain Eden avec qui il est en classe. Ryan était assis à côté de lui, sur le petit muret, quelques instants avant l’arrivée des trois policiers. « Eden ne faisait rien, il ne participait à rien, il était assis là, tranquille », raconte-t-il. Il venait de se lever et de s’éloigner pour répondre à un appel de sa mère lorsqu’il a entendu des voix s’élever. Il s’est retourné, s’est mis à filmer la scène, « par réflexe ».

« On n’avait pas imaginé ça »
Et soudain, « tout est devenu flou ». Il se souvient avoir vu son copain à terre, avoir couru pour « le ramasser », l’avoir soutenu pour marcher jusqu’au lycée. Il se souvient d’un « silence blanc » que seuls les mots d’Eden, qu’il martelait en boucle et avec difficulté, ont rompu : « appelle ma mère appelle ma mère appelle ma mère ». « Je ne pensais pas que la police pouvait faire des trucs comme ça à un enfant de 14 ans », souffle-t-il. « Sur le moment, on n’a rien compris, on n’avait pas imaginé ça », abonde Safet, 16 ans. « On a tous un peu de la haine, comment on peut faire ça à un enfant ! », renchérit Ben, 14 ans, qui connaît Eden depuis la classe de 5e. « Ils étaient trois policiers, ils ne pouvaient pas le maîtriser ? C’est leur métier non ? », lance Louna, 14 ans elle aussi, élève en gestion administration transport et logistique.


Ryan, 14 ans, était assis avec Eden avant l’accident, il montre des vidéos qu’il a prise sur son téléphone, de la grenade lacrymogène Cougar qui a blessé Eden. A Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Après deux jours de cours en pointillé, le mardi et le mercredi suivant, le lycée a fermé ses portes le jeudi à la suite de perturbations. Jeudi 8 octobre, il devait accueillir les autres élèves pour un nouveau temps d’échange. Changement de programme. Les élèves ont été priés de rentrer chez eux, les portes de l’établissement se sont à nouveau fermées dans la matinée « pour des raisons de sécurité » compte tenu « de la situation dans des établissements voisins ».

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés Mobilisation lycéenne : « De notre temps, nous n’avons jamais eu peur de perdre un œil, une main, en bloquant notre lycée »

Ryan a eu le temps d’accrocher à la grille de l’établissement la pancarte qu’il avait fabriquée la veille : « Justice pour Eden ». Il l’a photographiée et envoyée à son copain qui lui a répondu par un émoji « cœur ». Eden ne peut pas parler.
On est bien loin du Lycée Stan, mes beaufs!
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
Avatar du membre
mic43121
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 37833
Enregistré le : 23 mars 2016 19:42
A Liké : 18 fois
A été liké : 15 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par mic43121 »

Mesoke a écrit : 07 octobre 2026 23:05 Déjà c'est faux, le nombre d'heures moyennes travaillées en France par l'ensemble des salariés est plutôt dans la moyenne européenne. Et on est censé parler de quoi là ? D'une quantité d'heures travaillées ou de travailler dur ? Au Japon le nombre d'heure travaillées est effarant à cause d'une débilité culturelle qui pousse les travailleurs à partir le plus tard possible pour se faire bien voir, sans paiement d'heure sup', mais sans travail supplémentaire non plus. Les travailleurs y passent des plombes à glander et à faire semblant de bosser. C'est peut--être pour ça que quand on regarde une carte de l'UE avec le temps de travail moyen par travailleur les pays où l'on travaille le moins en moyenne sont les plus riches, et ceux on l'on travaille le plus sont les plus pauvres, à l'est. Travailler plus d'heure ne signifie pas produire plus : au bout d'un moment passé au travail un humain standard en aura marre et sera improductif. Ce qu'il faut pour être efficace c'est optimiser le temps de travail, pas l'augmenter encore et toujours par pure idéologie.

UN type qu se sert de ses BRAS pour bosser ne va pas rester au boulot pour faire BIEN //
NON il rentre chez lui reposer ses bras ...IL y a travail ET TRAVAIL ...
Les scribes ne connaissent pas le travail qui demande de la force de la souplesse et de la résistance PHYSIQUE .
Ceux là ne vont pas a la salle de sport en sortant du boulot ...
:siffle:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
Avatar du membre
mic43121
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 37833
Enregistré le : 23 mars 2016 19:42
A Liké : 18 fois
A été liké : 15 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par mic43121 »

UBUROI a écrit : 09 octobre 2026 07:52 Voilà un article qui éclairera les "accommodants", ceux qui savent tout sans avoir jamais rien vécu de ce qu'ils croient savoir!

La réalité des bac pro, de 8h à 18 h coincés dans une zone sans rien pour les accueillir quand leur journée d'apprentissage est coupée de 3 heures de pause forcée, loin de leur domicile, d'un terrain de sport, d'un centre de loisirs, tout ça avec un bleu sur le dos!
https://www.lemonde.fr/societe/article/ ... _3224.html


« Ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière, comment fait-on ? » A Saint-Ouen-l’Aumône, le traumatisme perdure après la grave blessure d’un adolescent par un tir policier

Le 28 septembre, dans le Val-d’Oise, Eden, 14 ans, a eu la mâchoire fracturée et une grande partie des dents arrachées par un tir policier. Au sein de son lycée professionnel, élèves comme professeurs racontent la peur, la colère et l’impuissance.
Par Louise Couvelaire

Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 07h29
Temps deLecture 5 min.
Article réservé aux abonnés


Ryan, 14 ans, était assis avec Eden avant l’accident ; il montre des vidéos qu’il a prise sur son téléphone avant d’aller aider son camarade de classe pour le mettre à l’abri.
Eden ne peut pas parler. Sa mâchoire est « scellée » pour plusieurs semaines à la suite d’une série d’interventions chirurgicales. Le garçon de 14 ans ne peut pas raconter comment, lundi 28 septembre, un tir de lance-grenade lacrymogène Cougar a brisé la quasi-totalité de ses dents du haut, arraché une partie de celles du bas et causé une double fracture de sa mâchoire. Il ne peut rien dire de ce jour où, assis sur un muret à quelques mètres de l’entrée de son lycée, Château-d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), où se déroulait un mouvement de protestation, sa vie a basculé.

Lire aussi | EN DIRECT, mobilisation lycéenne : « Notre priorité, c’est évidemment le retour à l’ordre, au calme (...) et le retour en cours » pour les étudiants, déclare la porte-parole du gouvernement

Il était environ 10 h 30, il avait les yeux rivés sur son téléphone portable lorsque trois fonctionnaires de police se sont dirigés vers lui avant de le bousculer, puis de lui porter un coup de matraque et enfin, après qu’il eût riposté par un coup de pied, tiré un projectile en direction de son visage quasiment à bout portant. L’impact a projeté l’adolescent au sol et fracassé sa mâchoire.

Mardi 6 octobre, le parquet de Pontoise a annoncé dans un communiqué avoir mis en examen le fonctionnaire auteur du tir pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente ». Le policier a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercice professionnel, de contact avec le public et de détention et de port d’arme.

« J’ai peur de tout le monde »
Eden ne peut pas parler. Les vidéos de la scène, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent en images ce qu’il ne peut pas mettre en mots ; ses parents ont porté plainte pour tentative d’homicide volontaire et violences volontaires avec arme ; ses camarades témoignent du « choc » causé par la violence « injuste », « disproportionnée », « indigne », « grave », « inacceptable », « folle » de la réponse policière ; des professeurs racontent leur incompréhension face au déploiement de policiers « harnachés en mode Playmobil avec casques et boucliers » et le quotidien percuté par cet événement de cet établissement d’enseignement professionnel consacré aux métiers de l’automobile et du transport ; des mères d’élèves disent leur crainte d’envoyer leurs enfants en classe. « J’ai peur des jeunes et des policiers, j’ai peur de tout le monde, j’ai arrêté de travailler depuis l’incident avec Eden pour accompagner mon fils, aller le chercher et surveiller ce qu’il se passe, explique Bouchara (elle n’a pas souhaité donner son nom, comme les autres personnes citées par leur prénom), maman de Lucas, 15 ans. Il n’est pas question de le laisser seul. »


Mercredi 7 octobre. Neuf jours après les faits. Après plusieurs jours de cours en distanciel, le lycée rouvre ses portes à une partie des élèves pour un temps d’échange de deux heures. Il est 13 heures, Ryan (les prénoms des mineurs interrogés ont été modifiés à leur demande), 14 ans, s’achète un sandwich à la supérette située au coin du lycée. Son copain, Safet, 16 ans, l’attend à l’extérieur. C’est la règle ici : « Nous n’acceptons que trois personnes à la fois », annonce une pancarte collée à la porte vitrée de l’entrée du magasin. « Seul celui qui a quelque chose à acheter a le droit de rentrer », précise la caissière en évoquant des problèmes de vols et de débordements « dès lors que les lycéens sont en groupe ».


Ici, dans le quartier d’Epluches, les quelque 600 élèves du Château ne sont pas les bienvenus. « Ils squattent les bas d’immeubles, jettent leurs déchets partout, saccagent les parties communes, grimpent sur les balcons, c’est insupportable », tempête une voisine, Virginie, fonctionnaire de 50 ans qui a obtenu après plusieurs années de bras de fer la mise en place d’une clôture autour de sa résidence.

Ici, au lycée Château-d’Epluches, un ensemble de bâtiments disparates répartis dans un parc de 7 hectares coincé entre une zone pavillonnaire et une zone industrielle, « il n’y a rien à faire ni nulle part où aller entre deux cours », raconte un lycéen. C’est le principal objet de la mobilisation des derniers jours (au-delà du manque de matériel pour les carrossiers, de l’absence de chauffage…) : les emplois du temps « mal faits », disent-ils, avec « des journées qui démarrent à 8 heures et se terminent à 18 heures », souligne un lycéen, « et des trous de trois heures au milieu de la journée », renchérit un autre.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La mobilisation lycéenne se poursuit partout en France : « battles d’aura », « Marseillaise », défilés et incidents

Impossible de rentrer chez eux, la plupart des élèves viennent de loin, de tous les départements d’Ile-de-France : Sarcelles, Persan ou encore Argenteuil dans le Val-d’Oise, La Courneuve et Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, Puteaux et Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine…

« Rapport compliqué aux institutions »
« Notre lycée accueille des jeunes issus de quartiers populaires, avec des parcours éducatifs chaotiques et douloureux, des situations familiales dures, des jeunes qui ont du mal à formuler leurs revendications, des jeunes qui ne sont en rien politisés – ils en sont très très loin –, des jeunes qui ont un rapport compliqué aux institutions en général et à l’institution école en particulier », décrit un professeur qui, comme les autres enseignants interrogés, souhaite garder l’anonymat. A longueur d’année, décrivent plusieurs d’entre eux, ils œuvrent pour rétablir la confiance, pour la maintenir lorsqu’elle est revenue… Un véritable exercice d’équilibriste pour mener ces adolescents souvent réfractaires au bout de leur cursus.


Des mères venues chercher leurs enfants, devant le lycée professionnel Château-d’Epluches, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Depuis le début de la mobilisation, les enseignants tentent de résoudre une équation délicate : les laisser s’exprimer tout en les aidant à mettre en mots, les accompagner sans donner l’impression de prendre les rênes… et désormais, les « protéger » des forces de l’ordre dont ils ne comprennent pas les méthodes. « Les policiers arrivent en tenues antiémeutes alors qu’il ne se passe rien de très méchant, ils mutilent un élève, repartent, et nous, derrière ? Comment fait-on, nous, après, pour recoller les morceaux avec des jeunes qui sont déjà extrêmement fragilisés ? Comment fait-on pour réparer une fois encore ce qui a déjà été maintes fois cassé ? », interroge l’enseignant.


Le lieu où Eden, 14 ans, a été blessé par grenade lacrymogène Cougar, devant le lycée professionnel Château-d’Epluches. A Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Ryan secoue la tête, porte la main à son oreille, et lance : « bouc ». Il répète : « bouc ». « Ce son, dit-il, je l’entends encore, tout le temps. » Ce son, « je ne sais pas bien comment vous le décrire autrement », c’est « celui du Cougar », la grenade tirée sur son copain Eden avec qui il est en classe. Ryan était assis à côté de lui, sur le petit muret, quelques instants avant l’arrivée des trois policiers. « Eden ne faisait rien, il ne participait à rien, il était assis là, tranquille », raconte-t-il. Il venait de se lever et de s’éloigner pour répondre à un appel de sa mère lorsqu’il a entendu des voix s’élever. Il s’est retourné, s’est mis à filmer la scène, « par réflexe ».

« On n’avait pas imaginé ça »
Et soudain, « tout est devenu flou ». Il se souvient avoir vu son copain à terre, avoir couru pour « le ramasser », l’avoir soutenu pour marcher jusqu’au lycée. Il se souvient d’un « silence blanc » que seuls les mots d’Eden, qu’il martelait en boucle et avec difficulté, ont rompu : « appelle ma mère appelle ma mère appelle ma mère ». « Je ne pensais pas que la police pouvait faire des trucs comme ça à un enfant de 14 ans », souffle-t-il. « Sur le moment, on n’a rien compris, on n’avait pas imaginé ça », abonde Safet, 16 ans. « On a tous un peu de la haine, comment on peut faire ça à un enfant ! », renchérit Ben, 14 ans, qui connaît Eden depuis la classe de 5e. « Ils étaient trois policiers, ils ne pouvaient pas le maîtriser ? C’est leur métier non ? », lance Louna, 14 ans elle aussi, élève en gestion administration transport et logistique.


Ryan, 14 ans, était assis avec Eden avant l’accident, il montre des vidéos qu’il a prise sur son téléphone, de la grenade lacrymogène Cougar qui a blessé Eden. A Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le 7 octobre 2026. ADRIENNE SURPRENANT/MYOP POUR « LE MONDE »
Après deux jours de cours en pointillé, le mardi et le mercredi suivant, le lycée a fermé ses portes le jeudi à la suite de perturbations. Jeudi 8 octobre, il devait accueillir les autres élèves pour un nouveau temps d’échange. Changement de programme. Les élèves ont été priés de rentrer chez eux, les portes de l’établissement se sont à nouveau fermées dans la matinée « pour des raisons de sécurité » compte tenu « de la situation dans des établissements voisins ».

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés Mobilisation lycéenne : « De notre temps, nous n’avons jamais eu peur de perdre un œil, une main, en bloquant notre lycée »

Ryan a eu le temps d’accrocher à la grille de l’établissement la pancarte qu’il avait fabriquée la veille : « Justice pour Eden ». Il l’a photographiée et envoyée à son copain qui lui a répondu par un émoji « cœur ». Eden ne peut pas parler.
On est bien loin du Lycée Stan, mes beaufs!

La faute, c'est soit qu'on embauche n'importe qui dans cette police ..?
Soit que le Flic n'ai pas mis la sureté sur son lance patate ..
Soit ce flic est un connard qui ne contrôle pas sa colère ...
Mais je ne suis pas sur que le TRI de ces effectifs ne laisse pas a désirer ... :XD:
Pour les beaufs tu sais à qui il faut s'adresser... :XD:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
Avatar du membre
Mesoke
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 21168
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A Liké : 2 fois
A été liké : 62 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par Mesoke »

Il y a aussi le problème de policiers qui ne sont pas formés à l'anti-émeute, qui bossent normalement dans d'autres secteurs, et qui sont appelés en renfort. Ils n'ont pas les compétences pour ce genre de boulot, mais ont les armes ...
Avatar du membre
Mesoke
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 21168
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A Liké : 2 fois
A été liké : 62 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par Mesoke »

mic43121 a écrit : 09 octobre 2026 08:04 UN type qu se sert de ses BRAS pour bosser ne va pas rester au boulot pour faire BIEN //
NON il rentre chez lui reposer ses bras ...IL y a travail ET TRAVAIL ...
Les scribes ne connaissent pas le travail qui demande de la force de la souplesse et de la résistance PHYSIQUE .
Ceux là ne vont pas a la salle de sport en sortant du boulot ...
:siffle:
Et à l'inverse un travailleur qui se sert de ses bras ne connait pas l'épuisement mental ou social. Chacun ses besoins en récupération. Mais besoins en récupération il y a quand on bosse.
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 8150
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 12 fois
A été liké : 74 fois

Re: Jimmy Gresser, au sujet des lycéens : "Parce qu'une journée de 8 h à 18 h serait devenue insupportable" ?

Message par jeandu53 »

Victor a écrit : 07 octobre 2026 22:55
Mesoke a écrit : 07 octobre 2026 18:18 Quel rapport avec ton faux dilemme comme quoi les français devraient bosser dur alors qu'au lieu de ça ils préfèrent tous glandouiller ?

Donc oui il faut que les gens travaillent si on veut un pays prospère. Ca tombe bien, globalement c'est le cas.
Ben non ce n'est pas le cas.
Le nombre d'heures travaillées en France est inférieure à celui de nos voisins européens et c'est cela qui explique notre décrochage économique.
Votre propos est très réducteur.

Le nombre d'heures travaillées par travailleur est dans la moyenne européenne.

Le nombre d'heures travaillées par Français est lui très faible.

Autrement dit : ceux qui sont au travail travaillent autant que leurs homologues étrangers, sauf qu'ils sont peu nombreux en proportion du reste de la population française. Donc la solution ne consiste pas à demander aux travailleurs de travailler plus, mais bien à mettre ou remettre au travail ceux qui ne le sont pas ou plus.
Répondre

Retourner vers « DISCUSSIONS POLITIQUE - ACTUALITÉ - DÉBATS »