Lion blanc a écrit : Victor a écrit :
Pourquoi des pays européens, voisins, comparables à la France, ont réussi à mettre en oeuvre la retraite à 67 ans et que nous n'y arrivons pas ?
C'est qu'il y a une réticence de la population, qui souhaite partir le plus tôt possible à la retraite, et qui se moque de l'équilibre des comptes publics. Après eux le déluge. Ils se moquent complètement de laisser des dettes à leurs successeurs. Ce n'est pas leur problème. A un moment donné, on se demande si un pays ne doit pas passer par une situation dramatique de banqueroute des comptes publics avec une baisse drastique des retraites et des salaires de fonctionnaires, avec l'arrivée du FMI qui impose un plan très dur de redressement (voir la Grèce) pour que les gens comprennent.
Et encore, quand on voit la Grèce, on se dit que cela ne suffit pas, vu que les Grecs ont voté pour le parti le plus démago qui leur promettait la fin des efforts. Donc malheureusement, je suis pessimiste, je pense que les français ne comprennent pas et que cela va mal, très mal se finir.
Attention aux clichés, en fait dans les pays ou la retraite est à 67 ans, très peu y arrivent, et ce sera comme ça en France..
En fin de compte, cela fait des années, que dis-je, des décennies que les déficits de la sécu (retraite et autres branches) et les déficits de l'état sont annoncés tous les 6 mois à la télé ou ailleurs et il ne se passe pas grand chose (à part la dette qui a explosé,bien sur) donc ces annonces sont devenues des non-événements. On les entend, mais cela fait ni chaud, ni froid et on passe à autre chose.
Jusqu'au jour où le niveau de la dette amène un gouvernement en place à prendre des mesures et là , c'est évidemment l'incompréhension parmi le peuple. Les français ont été en quelque sorte mal "éduqué" vis à vis des déficits. Si dès les premiers déficits les gouvernements en place avaient pris des mesures (hausse TVA, hausse des cotisations, baisse des prestations, recul de l'âge de départ en retraite, etc.), nous ne serions pas là où nous en sommes. L'annonce de déficits n'auraient pas été un non-événement car ce déficit se serait traduit d'une manière ou d'une autre par des mesures impopulaires. Les français auraient été bien plus méfiants vis à vis de tous les distributions sociales, ils se seraient posés la question du qui paye, sachant que toutes ces distributions se traduiraient immanquablement par une ponction dans leur porte-monnaie.
Les gouvernements par lâcheté politique ont préféré laisser filer les déficits et voilà où nous en sommes:
1- une dette énorme
2 - un peuple qui ne comprends pas pourquoi il doit faire des efforts.
Conclusion: On n'est pas loin d'une situation ingérable.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville