Pour la Suisse
Pour faire simple, il ressort qu'en France, comparativement à la Suisse, nous n'avons pas une culture du compromis bien encrée dans un état à la démocratie directe, battît à partir d'une alliance de cantons quasi indépendants. Cette culture de la négociation (la vrai, celle qui aboutit à un compromis donnant donnant, et des reculs mutuels sur les exigences, et pas à une guerre jusqu’à la victoire finale d'un des deux camps comme en France), est au fondement du capitalisme Suisse. On en est loin, et ce serait assez de mauvaise fois de jeter la pierre sur le syndicalisme français. Tout simplement parce que notre "démocratie" n'implique pas de négociation, mais nous inculque la culture d'un gouvernement fort, ayant les pleins pouvoirs de mener sa politique grâce à une majorité le doigt sur la couture du pantalon. On ne pense jamais en France la Co-légitimité de gouvernance. Tu les vois toi les entreprises du MEDEF prendre des décisions avec des associations de travailleurs en faisant de vraies concessions? A noter que ce sont les HAUT SALAIRES en Suisse, qui permettent la tranquillité sociale et le caractère "coulant" de leurs syndicat...c'est du compromis. Et c'est là que l'on comprend que l'architecture démocratique de son pays implique une "couleur" particulière dans le monde des affaires, de la société civile, et du capitalisme.
Bref, notre capitalisme français gagnerait à une démocratisation de la société qui fabriquerait du consensus et du compromis.
https://www-cairn-info.docelec.u-bordea ... age-29.htm
"La paix du travail formulée en 1937 [3]
[3]
Le 19 juillet 1937, l’Association patronale suisse des… face tout à la fois à la crise économique, à la menace de la guerre et à la peur du socialisme a institué des modalités de régulation consensuelle et de coopération entre acteurs (employeurs/salariés) par branche professionnelle. En contrepartie de salaires élevés et d’un système de négociation stable, cette convention prévoit qu’en cas de désaccord, les parties négocient au lieu de recourir à la grève. Avec la neutralité, le fédéralisme ou la tradition humanitaire, la pacification sociale a constitué, et constitue toujours, l’un des piliers du Sonderfall suisse, en illustrant l’image de sécurité et de stabilité, au point que certains ont pu parler, en lieu et place d’un État social, d’une société marchande sociale dans laquelle l’État ne joue qu’un rôle de médiateur, et encore seulement si nécessaire (Cattacin, 2006). En privilégiant la coopération entre acteurs, non seulement les tensions fortes ont trouvé des modes de régulation collective, mais surtout s’est mise en place une double dynamique de reconnaissance. D’une part, l’intégration, même si relative, des questions de protection sociale dans le débat public, y compris en situation de faible croissance économique, d’autre part, une faible demande, là encore relative, de croissance et d’extension des champs de protection sociale en raison de revenus stables et comparativement élevés par rapport aux pays environnants."
"La « formule magique » et le principe de concordance, illustrations exemplaires de la logique du compromis en politique, peuvent eux aussi tenir lieu de ressources explicatives à la dynamique particulière qu’a connu le système de protection sociale suisse dans la deuxième moitié du XXe siècle. La première s’appuie sur le principe d’une représentation proportionnelle négociée qui donne lieu de facto à une coalition gouvernementale représentant la majeure partie de l’électorat suisse. L’entrée d’un socialiste à l’un des sept sièges du Conseil fédéral, attribuée par la majorité bourgeoise du Conseil national en 1943, traduit bien l’idée de compromis politique puisqu’il s’agissait d’un signal pour consolider la paix sociale en période troublée. L’entrée du deuxième représentant socialiste en 1959 fait, quant à elle, écho du ralliement socialiste au principe de la défense nationale et à une politique clairement social-démocrate lors du congrès de Winterthur. Le second, présent au niveau fédéral, mais aussi dans tous les exécutifs communaux et cantonaux, consacre la collégialité comme base de la décision politique. En tant que mode ordinaire de travail, il institue le compromis au rang de règle politique majeure ; tout gouvernement est d’abord un gouvernement de consensus puisqu’il lui appartient, en vertu de ce principe, de s’exprimer d’une seule voix. Lorsqu’une telle collégialité est rompue parce qu’un membre veut conserver sa liberté de parole et rompre l’obligation de réserve après une décision prise en commun, la sanction ne se fait pas attendre comme en témoigne la mise à l’écart de Christoph Blocher du Conseil fédéral [4]
[4]
Christoph Blocher, conseiller fédéral de l’Union des démocrates…."
10:5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord: Que la paix soit sur cette maison!
10:6 Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous.