Chômage, une réforme dévastatrice

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da capo
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par da capo »

Jiimmy a écrit : 09 juin 2022 22:25
papibilou a écrit : 09 juin 2022 08:50
Je ne vois pas le bâton derrière le fait d'inciter les chômeurs à chercher ( et trouver ?!) du boulot. Comment expliquez vous qu'avez 3,5 millions de chômeurs il y ait des centaines de milliers d'offres d'emplois non pourvues ? J'ai un fils qui me disait que dans son département le GIEQ proposait un peu plus de 20 places avec formation et emploi en CDI a la sortie. Bilan 1/3 des postes n'ont pas trouvé preneurs.C'est vrai le boulot ce sont des contraintes ! Et quand je lisais dans un fil qu'un cadre ne trouvant pas du boulot avait accepté d'être chauffeur routier, chapeau. Car ce n'est jamais facile dans ce sens.
Je ne vois pas le problème dans l'idée d'optimiser les dépenses sociales. Le budget social c'est plus de 600 milliards ! Une paille! Environ 1/4 du PIB! Mais si vous avez des idées pour mieux gérer ce budget gouffre, donnez les vite.
C'est vrai que la plupart retrouvent un travail avant la fin des droits. Mais protéger un peu plus ces cas qui sont différents relèverait ici de la fumisterie ? Allons donc! Il suffit qu'une mesure soit favorable pour que ce soit qualifié de fumisterie.
Jimmy a écrit :
ceux qui refusent de se soumettre à des conditions indignes auxquelles vous-même ne vous soumettriez pas [....}ces patrons qui veulent tout avoir sans faire le moindre effort



Il y a des emplois peu rémunérés, avec des horaires pas possibles, des métiers physiquement pénibles, dangereux ou stressants etc, mais je ne connais pas d'emploi aux conditions indignes, car c'est tout simplement interdit par la loi.


Mais le détail qui t'échappe Jimmy, c'est qu'un employeur, quel qu'il soit, n'embauchera ou ne gardera un salarié que s'il lui rapporte plus qu'il ne lui coûte.
Cela fait-il de lui un salaud d'patron  ?
Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.
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Mickey
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Mickey »

Autre phénomène qui se repend comme la peste et dont les médias aux ordres se gardent bien d'aborder, c'est la réduction du temps de travail en guise de variable d'ajustement.
Et ça ne provient pas d'employeurs adhérent de la NUPES, friands de 32h, mais des ultralibéraux qui ont trouvé le moyen de baisser les salaires, sans toucher au taux horaire.
Rien que dans ma branche, je ne compte plus les larbins avec un CDI de 35h, qui souhaitent travailler plus et qui se trouvent bloqué par leur patron à une centaine d'heures par mois, se retrouvant ainsi avec une rémunération inférieur au smic.
En général les employés ne restent pas plus de deux mois dans ce genre de boîtes pourries qui ont pris un abonnement annuel chez pole emploi.
Il est à craindre hélas, que cette pratique se généralise à tous les secteurs et démotive encore plus les candidats au travail.
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Jiimmy
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Jiimmy »

da capo a écrit : 09 juin 2022 22:52









Mais le détail qui t'échappe Jimmy, c'est qu'un employeur, quel qu'il soit, n'embauchera ou ne gardera un salarié que s'il lui rapporte plus qu'il ne lui coûte.
Cela fait-il de lui un salaud d'patron  ?
Je ne comprends pas, c'est fait exprès ?

Ou c'est peut-être moi qui ai du mal à m'exprimer (je vais commencer à me poser la question).
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Patchouli38 »

Jiimmy a écrit : 09 juin 2022 23:33
da capo a écrit : 09 juin 2022 22:52









Mais le détail qui t'échappe Jimmy, c'est qu'un employeur, quel qu'il soit, n'embauchera ou ne gardera un salarié que s'il lui rapporte plus qu'il ne lui coûte.
Cela fait-il de lui un salaud d'patron  ?
Je ne comprends pas, c'est fait exprès ?

Ou c'est peut-être moi qui ai du mal à m'exprimer (je vais commencer à me poser la question).
Pour ma part, vous vous exprimez très bien. Certaines offres pourvues ont également pour problème la recherche du candidat idéal et mettent la barre un peu trop haute en terme d'exigences. De ce fait, le poste ne trouve pas preneur. Le patron est donc obligé de revoir ses ambitions à la baisse afin d'attirer d'éventuelles candidatures.

Il y a bien sûr des bas salaires, mais proposer un salaire en dessous du SMIC pour un horaire à 100% est tout simplement hors-là-loi.

Concernant les milliers d'offres qui pullulent, ce qui frappe actuellement, est que vous voyez des panneaux "on recrute" de partout, des affiches grand format, même le tram chez moi se met aux couleurs de "On recrute" (50 conducteurs et conductrices, 15 électrotechnicien·nes".
Le problème majeur de ces offres ne trouvant pas preneur est que cela finit par impacter nos vies à tous.
Je prends le même bus tous les jours, l'employeur recherche des conducteurs et il n'ont pas de candidatures. Résultat : des lignes de bus supprimées, des chauffeurs malades ou en congés non remplacés. Je viens de lire un article ou EasyJet va supprimer des lignes du fait d'un manque de personnel.

Que risque t-il de se passer ? Les employeurs se tourneront vers l'immigration afin de trouver le personnel qui leur manque.

Bien entendu, il y a des métiers pénibles, et il ne faut pas s'étonner si l'on trouve des personnes étrangères pour faire ce type de travail. Ils bossent dans le froid, le chaud, toujours debout, etc. comment voulez-vous que le patron supprime ce côté pénible quand le boulot se fait toujours à l'extérieur ? Je pense qu'aujourd'hui si les français (enfin certains) ne veulent pas ce type de travail, c'est simplement qu'ils veulent avoir leur week-end, bosser au chaud et à l'abri avec un bon salaire. Le copains d'une copine à ma famille a refusé un CDI parce qu'il fallait travailler le week-end. Pensez-vous que je vais pleurer sur son sort ? Je peux comprendre que l'on désire tous travailler dans des conditions idéales, mais à un moment donné il faut retourner dans la vie réelle : gagner sa vie, ou pleurer misère.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par jabar »

Patchouli38 a écrit : 10 juin 2022 07:59 Je pense qu'aujourd'hui si les français (enfin certains) ne veulent pas ce type de travail, c'est simplement qu'ils veulent avoir leur week-end, bosser au chaud et à l'abri avec un bon salaire. Le copains d'une copine à ma famille a refusé un CDI parce qu'il fallait travailler le week-end. Pensez-vous que je vais pleurer sur son sort ? Je peux comprendre que l'on désire tous travailler dans des conditions idéales, mais à un moment donné il faut retourner dans la vie réelle : gagner sa vie, ou pleurer misère.
Il y a quand même un facteur nouveau expliquant cette pénurie de main d'oeuvre non ? Je comprends bien qu'il existe des paresseux ne voulant rien fiche, mais ils ne sont pas en quantité significative.
Cette pénurie a pris de l'ampleur en 2021. Je n'imagine pas quelque chose dans l'air rendant les chômeurs subitement hostiles au travail. Quelles seraient les causes alors ? D'autant plus que ce phénomène existe aussi dans beaucoup d'autres pays. En Allemagne ou aux US par exemple.
Il y aurait plusieurs facteurs, une reprise économique importante (on a plus d'offres de travail en 2021 qu'en 2019), sand doute aussi une sorte d'éveil philosophique après le confinement à ce que l'on sacrifie au travail (quel mal y-a-t-il à souhaiter au moins son weekend ?). Je ne sais pas, je spécule, mais la paresse ne l'explique pas.
Très généralement, les chômeurs veulent travailler, pas seulement pour vivre, mais surtout par dignité, car cette condition est souvent mal vécue.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par vincent »

Jiimmy a écrit : 09 juin 2022 22:25
papibilou a écrit : 09 juin 2022 08:50
Je ne vois pas le bâton derrière le fait d'inciter les chômeurs à chercher ( et trouver ?!) du boulot. Comment expliquez vous qu'avez 3,5 millions de chômeurs il y ait des centaines de milliers d'offres d'emplois non pourvues ? J'ai un fils qui me disait que dans son département le GIEQ proposait un peu plus de 20 places avec formation et emploi en CDI a la sortie. Bilan 1/3 des postes n'ont pas trouvé preneurs.C'est vrai le boulot ce sont des contraintes ! Et quand je lisais dans un fil qu'un cadre ne trouvant pas du boulot avait accepté d'être chauffeur routier, chapeau. Car ce n'est jamais facile dans ce sens.
Je ne vois pas le problème dans l'idée d'optimiser les dépenses sociales. Le budget social c'est plus de 600 milliards ! Une paille! Environ 1/4 du PIB! Mais si vous avez des idées pour mieux gérer ce budget gouffre, donnez les vite.
C'est vrai que la plupart retrouvent un travail avant la fin des droits. Mais protéger un peu plus ces cas qui sont différents relèverait ici de la fumisterie ? Allons donc! Il suffit qu'une mesure soit favorable pour que ce soit qualifié de fumisterie.
Vous ne voyez pas le bâton dans le fait de rendre les situations des chômeurs encore + précaires afin de les inciter à consentir + facilement à des travails qu'ils refusent du fait soit de l'indignité des conditions proposées soit des contraintes trop importantes de ces travails sur leur quotidien (distance, horaires notamment) ?
quand ils auront faim , ils prendront toutce qui viendra
Les offres où les salaires sont en adéquation avec les tâches à remplir trouvent toujours preneurs.
vous ne savez pas que vos affirmationsreposent sur du vide
Fraiseur 5 Axes (H/F)
AGP développement

01100 Oyonnax
Vos principales missions pour ce poste seront de : Préparer, monter et usiner des pièces complexes. Régler les paramètres d’usinage. Contrôler votre…
Postedil y a 30+ jours·plus...

Celles qui restent non pourvues durant un long moment sont celles qui sont totalement hors sol en ce qui concerne la corrélation rémunération/mission.
bien sur ma poule ,d' aprés toi le patron propose un salaire insuffisant.....et préfère laisser sa bécanne a l' arrêt dont certaines peuvent couter qq centaines de milliers d' euros

papibilou
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par papibilou »

Jiimmy a écrit : 09 juin 2022 22:25
Vous ne voyez pas le bâton dans le fait de rendre les situations des chômeurs encore + précaires afin de les inciter à consentir + facilement à des travails qu'ils refusent du fait soit de l'indignité des conditions proposées soit des contraintes trop importantes de ces travails sur leur quotidien (distance, horaires notamment) ?

Déjà, il faut savoir qu'il y a + de gens sans emploi qu'il n'y a d'emplois vacants. De ce fait, l'on pourrait occuper tout de suite tous ces emplois non pourvus, il resterait quand même des millions de chômeurs. D'autre part, il est logique qu'il y ait des centaines de milliers d'offres. Les offres se régénèrent quotidiennement. Si demain celles-ci se trouvent toutes pourvues la même journée, vous repassez une semaine + tard il y en aura des dizaines de milliers qui seront apparues car chaque jour des nouvelles offres se créent. De ce fait, ce n'est absolument pas pertinent de mentionner le nombre total d'offres pour stipuler qu'il existerait un problème en ce qui concerne la motivation des chômeurs à les occuper.


Les offres où les salaires sont en adéquation avec les tâches à remplir trouvent toujours preneurs. Celles qui restent non pourvues durant un long moment sont celles qui sont totalement hors sol en ce qui concerne la corrélation rémunération/mission. De ce fait, au lieu de fustiger incessamment ceux qui refusent de se soumettre à des conditions indignes auxquelles vous-même ne vous soumettriez pas (bien que cela ne vous empêche pas de blâmer ceux qui vous imiteraient), vous feriez peut-être mieux de vous en prendre à ces patrons qui veulent tout avoir sans faire le moindre effort (c'est toujours à sens unique mais la société à changer, il incombe à certains patrons de rendre incitatif ce qu'ils proposent. Fini le temps où les gens se massaient sur la place centrale pour quémander un travail pour la journée).
Il me paraît difficile d' accepter que sur 3,5 millions de chômeurs il n'y en ait pas assez pour combler des emplois de chauffeurs routiers ou serveurs. Qu'est ce qui est indigne dans ces métiers ? Ce sont des métiers avec contraintes, mais quand on cherche du boulot on ne peut pas toujours faire la fine bouche. Et ne venez pas me raconter qu'il est normal qu'il y ait des centaines de milliers d'emplois non pourvus. La situation est, contrairement à ce que vous croyez, totalement nouvelle. Vous pouvez remonter dans le temps et vous aurez dj mal à trouver des époques ou les restaus ferment des salles par manque de personnel.
Je suis d'accord sur un point: les patrons doivent faire des efforts. C'est lent, mais ça commence :
- l'hôtellerie restauration vient d'augmenter les salaires de 16%. Et certains restaurants n'ouvrent que 4 jours par semaine.
- les routiers sont en discussion, etc ..
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Patchouli38 »

papibilou a écrit : 10 juin 2022 12:00
Jiimmy a écrit : 09 juin 2022 22:25
Vous ne voyez pas le bâton dans le fait de rendre les situations des chômeurs encore + précaires afin de les inciter à consentir + facilement à des travails qu'ils refusent du fait soit de l'indignité des conditions proposées soit des contraintes trop importantes de ces travails sur leur quotidien (distance, horaires notamment) ?

Déjà, il faut savoir qu'il y a + de gens sans emploi qu'il n'y a d'emplois vacants. De ce fait, l'on pourrait occuper tout de suite tous ces emplois non pourvus, il resterait quand même des millions de chômeurs. D'autre part, il est logique qu'il y ait des centaines de milliers d'offres. Les offres se régénèrent quotidiennement. Si demain celles-ci se trouvent toutes pourvues la même journée, vous repassez une semaine + tard il y en aura des dizaines de milliers qui seront apparues car chaque jour des nouvelles offres se créent. De ce fait, ce n'est absolument pas pertinent de mentionner le nombre total d'offres pour stipuler qu'il existerait un problème en ce qui concerne la motivation des chômeurs à les occuper.


Les offres où les salaires sont en adéquation avec les tâches à remplir trouvent toujours preneurs. Celles qui restent non pourvues durant un long moment sont celles qui sont totalement hors sol en ce qui concerne la corrélation rémunération/mission. De ce fait, au lieu de fustiger incessamment ceux qui refusent de se soumettre à des conditions indignes auxquelles vous-même ne vous soumettriez pas (bien que cela ne vous empêche pas de blâmer ceux qui vous imiteraient), vous feriez peut-être mieux de vous en prendre à ces patrons qui veulent tout avoir sans faire le moindre effort (c'est toujours à sens unique mais la société à changer, il incombe à certains patrons de rendre incitatif ce qu'ils proposent. Fini le temps où les gens se massaient sur la place centrale pour quémander un travail pour la journée).
Il me paraît difficile d' accepter que sur 3,5 millions de chômeurs il n'y en ait pas assez pour combler des emplois de chauffeurs routiers ou serveurs. Qu'est ce qui est indigne dans ces métiers ? Ce sont des métiers avec contraintes, mais quand on cherche du boulot on ne peut pas toujours faire la fine bouche. Et ne venez pas me raconter qu'il est normal qu'il y ait des centaines de milliers d'emplois non pourvus. La situation est, contrairement à ce que vous croyez, totalement nouvelle. Vous pouvez remonter dans le temps et vous aurez dj mal à trouver des époques ou les restaus ferment des salles par manque de personnel.
Je suis d'accord sur un point: les patrons doivent faire des efforts. C'est lent, mais ça commence :
- l'hôtellerie restauration vient d'augmenter les salaires de 16%. Et certains restaurants n'ouvrent que 4 jours par semaine.
- les routiers sont en discussion, etc ..
Ma belle-fille a fait le métier de serveuse pendant quelques années, elle est tombée dedans par hasard car elle cherchait du boulot et elle avait choisi ce poste afin d'avoir un salaire et pouvoir remplir son frigo. C'était un métier qui lui plaisait énormément, elle travaillait dur, à courir de partout, servir les clients, subir leurs brimades. Malgré les conditions de travail assez difficile, elle adorait son métier et était même montée en grade. Seulement, elle a dû arrêter à cause d'un problème au poignet qui existe toujours. Elle s'est retrouvée au chômage, a rencontré des difficultés financières. Et pourtant, elle ne s'est jamais plaint, n'a jamais occupé les ronds-points (est anti gilets jaunes). Elle a toujours cherché à s'en sortir. Aujourd'hui elle travaille à l'imprimerie au centre des impôts. Non, elle n'est pas dans les bureaux mais s'occupe de la reprographie. Elle commence très tôt et rentre fatiguée. Et pourtant, elle est contente : elle a du boulot, ne dépend de personne et peut remplir son frigo.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par jabar »

https://www.mediapart.fr/journal/econom ... e-probleme


Pénurie de saisonniers : la réforme de l’assurance-chômage accroît le problème

La pénurie de personnel est massive, à la veille de la saison estivale. Salaires, conditions de travail et accès au logement rebutent les salariés. Un autre facteur entre dans l’équation : la réforme de l’assurance-chômage pénalise et dissuade l’emploi saisonnier.

« Vivement la réforme de l’assurance-chômage ! » Dans un tweet, publié fin septembre 2021, le président délégué du Medef s’enthousiasmait, quelques jours avant l’entrée en vigueur de la réforme. Elle allait tout régler : le chômage, la précarité et le manque de main-d’œuvre.

Moins d’un an plus tard, ce n’est pas franchement l’euphorie, côté recrutements. C’est même tout le contraire. À la veille d’une saison estivale présentée comme « historique » en termes de fréquentation, la pénurie de personnel bat des records et frappe durement les secteurs dépendant du tourisme.

Hôtels, bars, restaurants, campings… partout en France, les employeurs se désolent de ne pas trouver de saisonnières et de saisonniers. Entre 200 000 et 300 000 emplois seraient non pourvus. La qualité de l’accueil et du service risquent d’en pâtir.

Ce qui devait être la solution miracle, la réforme de l’assurance-chômage, fait finalement partie du problème. « C’est même l’une des raisons principales de la pénurie ! », fulmine Alex Nicola, président de la Fédération française des employeurs du tourisme et des vacances (FFTV), une organisation patronale représentant des structures de l’économie sociale et solidaire.

Selon lui, les nouvelles règles ont fait fuir le personnel saisonnier, qui a beaucoup trop à perdre. Ces salarié·es alternant périodes de travail et d’inactivité sont le cœur de cible de la redéfinition des règles.

Depuis octobre 2021, la réforme de l’assurance-chômage sanctionne en effet les activités professionnelles discontinues. Chaque période non travaillée est désormais prise en compte dans le calcul des allocations. C’est un grand chambardement : pendant quarante ans, les indemnités ont été définies uniquement à partir d’une moyenne des salaires touchés les jours travaillés.

Mathématiquement, le nouveau mode de calcul fait baisser le montant de l’indemnisation chômage. Juste avant l’entrée en vigueur de la réforme, l’Unédic avait évalué que ce volet de la réforme toucherait plus d’un million de personnes la première année, avec une baisse moyenne de leurs allocations de 17 %. Et jusqu’à 40 % de moins pour plusieurs centaines de milliers de personnes.

Découragé par la sévérité des nouvelles règles

« Cette réforme est complètement dissuasive », commente Goulwen, 24 ans, qui vient de « tirer un trait » sur sa vie de saisonnier en Loire-Atlantique. Il bénéficie encore d’anciens droits au chômage et n’a pas « subi les effets directs » de la réforme. Rebuté par la sévérité des nouvelles règles, il est en quête d’un travail pérenne, sans conviction, ni grand enthousiasme. « C’est le grand flou, soupire-t-il. Je cherche un emploi de base, payé au Smic et qui ne demande pas particulièrement de compétences. »

Depuis qu’il est en âge de travailler, Goulwen fait des saisons. Il a fait l’expérience d’à peu près tous les métiers de la restauration : « Service, plonge, barman, ménage, commis, cuisinier... » Une bonne saison lui permettait de gagner 1 800 à 2 000 euros par mois, « black compris », et lui ouvrait quelques mois de droits au chômage « à hauteur d’un Smic ». Outre la période estivale, le jeune homme trouvait des boulots, « sans rythme fixe », à d’autres périodes de l’année.

L’été, il se donnait sans compter. « Je faisais parfois du 60 heures semaine. Pour faire des heures sup’, gagner de l’argent. Mais aussi parce que j’aimais beaucoup ce travail. Mais à cause de la réforme, c’est fini... »

Alex Nicola, de la FFTV, s’agace devant « l’aberration » des nouvelles règles et insiste : « Par sa nature même, l’activité saisonnière ne couvre pas l’ensemble des jours du calendrier. » Il réclame la création d’un « statut particulier » pour les saisonniers, à l’image des intermittents du spectacle. « Les allocations-chômage sont indispensables entre deux emplois. Il va falloir le comprendre, si on veut que la France reste la première destination touristique mondiale ! »

Le représentant patronal a agité le chiffon rouge dès la fin d’année 2021. Dans un communiqué, la FFTV alertait sans ambages : « Remettre en question le fonctionnement de l’activité saisonnière, c’est envoyer le secteur à sa perte. » Six mois plus tard, rien ne vient lui donner tort.

Emmanuel Macron, lui, a âprement défendu sa réforme en citant, justement, l’exemple du personnel saisonnier, pris dans un système « hypocrite », selon lui.

« Nous nous sommes habitués à un système qui n’était plus juste, où il suffisait d’aller travailler quatre mois dans les stations de sports d’hiver pour avoir le chômage tout le reste de l’année », avait déclaré, début décembre 2021, le président sur France Bleu.

Une affirmation un brin spectaculaire... et totalement erronée. Sous l’ancienne convention d’assurance-chômage, travailler quatre mois n’a jamais permis d’ouvrir huit mois de droits au chômage. Un jour travaillé équivalait à un jour indemnisé. Pas un de plus et certainement pas le double. À moins de bénéficier de droits plus anciens, acquis avant la saison grâce au travail.

« Ils ont fait fort !, s’exclame Goulwen. Ils ont réussi à faire croire qu’on se contentait de travailler un peu, pour se reposer ensuite toute l’année. Mais moi, jamais de ma vie je n’ai attendu que mes droits au chômage s’épuisent pour retravailler ! Je reprenais toujours avant, par habitude et par envie. »

Depuis 2019, l’argumentaire de l’exécutif sur la réforme s’accommode d’approximations et de déclarations fantaisistes. Le gouvernement et le président n’ont cessé de clamer que certains chômeurs gagnaient plus grâce à Pôle emploi qu’en travaillant. Une arnaque intellectuelle, démontrée par Mediapart à plusieurs reprises.

Une allocation amputée de 200 euros

Outre les règles d’indemnisation, la réforme durcit les conditions d’accès au chômage. Désormais, il faut avoir travaillé six mois, au lieu de quatre, pour prétendre à une allocation. Là encore, les personnels saisonniers sont percutés de plein fouet. Un contrat saisonnier dure en moyenne deux mois, selon une étude de la Dares, l’institut statistique du ministère du travail, publiée en 2019.

Parvenir à six mois travaillés est plus fastidieux. Voire totalement décourageant si l’on couple cette mesure aux allocations réduites par l’inactivité. « Leur connerie de réforme fait vraiment réfléchir. Notre façon de vivre et de travailler ne tient plus », souligne Grégory, 43 ans et saisonnier depuis vingt ans.

L’hiver, il travaille dans un magasin de sport en montagne. L’été, cap sur l’Atlantique pour diverses activités « outdoor » ou dans les campings. Accrobranche, trampoline, canoë, location de planches de surf... Grégory enchaîne les disciplines et en apprend d’autres, pour se diversifier. Il s’est formé à la surveillance de baignade puis a passé un diplôme de maître-nageur sauveteur.

Ses droits au chômage ont été recalculés. Il a perdu 200 euros mensuels. « J’ai un peu moins gagné l’hiver dernier et je subis, en plus, les nouvelles règles », soupire le quadragénaire. Il s’apprête à redémarrer sa saison, qui sera peut-être la dernière.

Grégory reconsidère sérieusement son avenir. « Je me dis que continuer sera impossible. J’ai un prêt sur le dos et je ne pourrai plus me permettre de faire des breaks. Quand on est saisonnier, on fait du six jours sur sept, voire sept sur sept. Les temps de pause entre deux saisons sont indispensables. Aujourd’hui, le choix est simple : soit tu es dans la merde financièrement, soit tu t’épuises physiquement. » Il ajoute, dans un souffle : « En fait, on nous pousse au CDI... Cela va à l’encontre de notre statut, indispensable au tourisme et au PIB français ! »

Autour de lui, Grégory voit les effets de la pénurie de personnel. « Dans mon camping, une partie des mobile homes n’ont pas été loués pendant les week-ends prolongés de mai. Le patron n’avait pas assez de monde pour l’entretien. Le ménage, ce sont des mini-contrats, hyper précaires. » Le saisonnier précise d’ailleurs que lui-même signe « des contrats précaires, non considérés comme tels », car exempts de prime de précarité, à la différence d’un CDD classique.

Ces contrats, Antoine les connaît par cœur. Il en a amassé des tonnes, depuis cinq ans. Saisonnier agricole dans le Beaujolais, le trentenaire multiplie les missions, tout au long de l’année, dans les exploitations. « Après les vendanges, on revient vider les cuves. Puis on repart en hiver pour la taille, le palissage, le désherbage... En ce moment, on travaille le sol. »

Antoine vit ses derniers jours de saisonnier. Il est sur le point de signer un CDI, dans une exploitation. La réforme de l’assurance-chômage a nourri sa réflexion. Il quitte une vie « qui a ses attraits » mais devenue impossible à assumer financièrement. Il raconte les bulletins de paie à 700 euros, parfois 1 000 voire 1 300 « les très bons mois ». Les journées à rallonge, le travail physique. Et le chômage, quand on a des droits. « Moi j’ai fini par arriver au RSA... »

« Ce CDI va me permettre de faire une pause », assure Antoine, le plus sérieusement du monde. « La vie de saisonnier, on se raconte que ça va tenir, qu’on va aller de liane en liane. Ce mode de vie ne permet pas d’absorber l’aléa. Avec la réforme, c’est encore moins le cas. Avoir des droits au chômage solvabilise cette vie, mais s’il faut les diviser par deux, ça ne tient plus. »

Le logement, nerf de la guerre

Sur la pénurie de main-d’œuvre, Antoine relativise : « Je connais aussi plein d’endroits où les gens se battent pour aller bosser ! C’est simple, c’est là que les gens sont bien traités. »

Salaires et conditions de travail décentes pèsent fortement dans la balance, désormais. Le rapport de force a changé, les patrons ont senti le vent tourner dès l’été 2021. Plus question, pour nombre de salarié·es, d’accepter de travailler à n’importe quel prix.

« Le nerf de la guerre, pour les saisonniers, c’est aussi le logement », ajoute Antoine. Ayant perdu son appartement, le trentenaire a investi dans un camion. Il a pu éviter « les nuits sous la tente, en camping », avant d’attaquer d’éreintantes journées.

« Quand vous lâchez la moitié de votre salaire dans un logement, ça devient moins intéressant », abonde Grégory, qui fait sa saison à Lacanau. Lui a la chance d’y avoir un appartement.

La problématique est loin d’être nouvelle. Depuis des années, les personnels saisonniers cherchent en priorité des patrons proposant une solution de logement, à moindres frais. Sur la page Facebook « Saisonniers du Cap d’Agde » dans l’Hérault, le sujet alimente régulièrement les commentaires.

Cette page est administrée par Jean-Marc Giordano, patron depuis trente-huit ans du restaurant La Marine, dans la plus grosse station balnéaire de France. « Ici, c’est 3 000 habitants l’hiver, 260 000 l’été ! », décrit-il, dans un impayable accent sétois.

Il se prépare à une saison exceptionnelle. « Cette année, ça va envoyer !, rigole-t-il. 2022, c’est la folie ! Les week-ends prolongés, on a fait mieux que 2019, qui était déjà un bon cru. »

Jean-Marc Giordano n’a eu aucun problème de recrutement. Ses équipes sont au complet. Son secret ? « Je paye bien. Entre 1 800 et 2 500 euros. Et je loge, sans contrepartie. J’ai des appartements au-dessus du restaurant. Avant je faisais payer l’eau et l’électricité. Plus maintenant. »

Pour ce patron, « les salariés doivent venir avec envie, et pas avec la boule au ventre. Je veux que tout le monde soit bien ». Il entend, comme tout le monde, la petite musique qui accompagne cette pénurie de personnel. Les sans-emplois sont accusés de fainéantise. D’être les seuls responsables du manque de main-d’œuvre. « C’est faux ! Les gens veulent bosser !, s’écrie Jean-Marc Giordano. Ils veulent bien se défoncer à la tâche mais pas pour un Smic hôtelier. »

Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, les salaires ont été revalorisés de 16 % en moyenne après un accord, signé en début d’année. Les discussions se poursuivent désormais sur d’épineux sujets : les coupures, les jours de repos consécutifs ou encore la garantie d’obtenir un week-end de repos par mois.

Bientôt de nouvelles règles, encore plus sévères ?

Depuis la pandémie, tous les signaux d’alerte s’allument, les uns après les autres, dans les secteurs du tourisme. Toutes et tous négligés, privés de chômage partiel et de travail, fatigués d’être précaires et mal payés, les professionnel·les changent de voie, ou menacent de le faire. Mediapart le documente depuis l’été 2020 (lire ici ou là).

La réponse de l’exécutif, qui a bataillé pour imposer sa réforme, a été d’autant plus violente. Et la suite ne semble pas très réjouissante. « On va revoir les règles [de l’assurance-chômage] », a prévenu le patron des députés Modem, Patrick Mignola, sur LCP.

Il s’agirait de diminuer la durée des allocations, pour les personnes en recherche d’emploi dans les secteurs « en tension ». De quoi pousser encore un peu plus les précaires vers des emplois précaires qui, eux-mêmes, les jetteront dans les griffes de la réforme de l’assurance-chômage. Ou les convaincra de se reconvertir dans des boulots stables, vidant toujours un peu plus les effectifs des saisonnières et saisonniers.

Tout cela semble à des années-lumière du système vertueux, vanté par Emmanuel Macron selon qui la réforme de l’assurance-chômage était un retour à « des choses qui sont de bon sens ».

Cette réforme entend lutter contre les emplois précaires, en s’attaquant aux travailleuses et travailleurs précaires. Mais quand ces employé·es quittent le navire... c’est panique à bord.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par vincent »

jabar a écrit : 10 juin 2022 21:16 https://www.mediapart.fr/journal/econom ... e-probleme


Pénurie de saisonniers : la réforme de l’assurance-chômage accroît le problème
donc si je comprend bien , si c 'est la réforme qui pénalise les saisonniers , et qu' ils préfèrent être au chômage , ily a qq chose quej' ai du mal a comprendre

Un autre facteur entre dans l’équation : la réforçme de l’assurance-chômage pénalise et dissuade l’emploi saisonnier.
faudrait essayer de calquer le modéle du RU pour voir ....
et est ce que la sécheresse n' aurait pas un lien avec la nouvelle structure de cette loi ?


c'est bizzare ,mais quand on dit que le chômage a baissé , et qu' il a encore nombre de demande d' emplois non satisfaites , certains afirment que le chômage n' a jamais été aussi élevé ,d'autres disent qu' il n ' y a pas beaucoup de postes non pourvus , que ces offres ne font que tourner :mdr3: :mdr3: :mdr3:

selon lui, les nouvelles règles ont fait fuir le personnel saisonnier, qui a beaucoup trop à perdre.
donc ,ils auraient intéret a ne pas bosser.....donc ils gagnent plus en ne bossant pas . Sur le court terme ,dans l' immédiat c 'est fort possible.......sur lelong terme j'en doute
l' indemnité baisse......et ils préfèrent ne pas bosser :siffle: :ghee: :ghee:

fallaitaugmenter la baisse

Découragé par la sévérité des nouvelles règles

donc il netravaille pas ,ou alors ailleurs.....
donc il bosse un peu.....fait recharger la batterie le tempsde faire qq Km....plus confortable sans doute par rapport aux personnes qui bossent toute l' année .

papibilou
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par papibilou »

jabar a écrit : 10 juin 2022 21:16 https://www.mediapart.fr/journal/econom ... e-probleme


Pénurie de saisonniers : la réforme de l’assurance-chômage accroît le problème

La pénurie de personnel est massive, à la veille de la saison estivale. Salaires, conditions de travail et accès au logement rebutent les salariés. Un autre facteur entre dans l’équation : la réforme de l’assurance-chômage pénalise et dissuade l’emploi saisonnier.

« Vivement la réforme de l’assurance-chômage ! » Dans un tweet, publié fin septembre 2021, le président délégué du Medef s’enthousiasmait, quelques jours avant l’entrée en vigueur de la réforme. Elle allait tout régler : le chômage, la précarité et le manque de main-d’œuvre.

Moins d’un an plus tard, ce n’est pas franchement l’euphorie, côté recrutements. C’est même tout le contraire. À la veille d’une saison estivale présentée comme « historique » en termes de fréquentation, la pénurie de personnel bat des records et frappe durement les secteurs dépendant du tourisme.

Hôtels, bars, restaurants, campings… partout en France, les employeurs se désolent de ne pas trouver de saisonnières et de saisonniers. Entre 200 000 et 300 000 emplois seraient non pourvus. La qualité de l’accueil et du service risquent d’en pâtir.

Ce qui devait être la solution miracle, la réforme de l’assurance-chômage, fait finalement partie du problème. « C’est même l’une des raisons principales de la pénurie ! », fulmine Alex Nicola, président de la Fédération française des employeurs du tourisme et des vacances (FFTV), une organisation patronale représentant des structures de l’économie sociale et solidaire.

Selon lui, les nouvelles règles ont fait fuir le personnel saisonnier, qui a beaucoup trop à perdre. Ces salarié·es alternant périodes de travail et d’inactivité sont le cœur de cible de la redéfinition des règles.

Depuis octobre 2021, la réforme de l’assurance-chômage sanctionne en effet les activités professionnelles discontinues. Chaque période non travaillée est désormais prise en compte dans le calcul des allocations. C’est un grand chambardement : pendant quarante ans, les indemnités ont été définies uniquement à partir d’une moyenne des salaires touchés les jours travaillés.

Mathématiquement, le nouveau mode de calcul fait baisser le montant de l’indemnisation chômage. Juste avant l’entrée en vigueur de la réforme, l’Unédic avait évalué que ce volet de la réforme toucherait plus d’un million de personnes la première année, avec une baisse moyenne de leurs allocations de 17 %. Et jusqu’à 40 % de moins pour plusieurs centaines de milliers de personnes.

Découragé par la sévérité des nouvelles règles

« Cette réforme est complètement dissuasive », commente Goulwen, 24 ans, qui vient de « tirer un trait » sur sa vie de saisonnier en Loire-Atlantique. Il bénéficie encore d’anciens droits au chômage et n’a pas « subi les effets directs » de la réforme. Rebuté par la sévérité des nouvelles règles, il est en quête d’un travail pérenne, sans conviction, ni grand enthousiasme. « C’est le grand flou, soupire-t-il. Je cherche un emploi de base, payé au Smic et qui ne demande pas particulièrement de compétences. »

Depuis qu’il est en âge de travailler, Goulwen fait des saisons. Il a fait l’expérience d’à peu près tous les métiers de la restauration : « Service, plonge, barman, ménage, commis, cuisinier... » Une bonne saison lui permettait de gagner 1 800 à 2 000 euros par mois, « black compris », et lui ouvrait quelques mois de droits au chômage « à hauteur d’un Smic ». Outre la période estivale, le jeune homme trouvait des boulots, « sans rythme fixe », à d’autres périodes de l’année.

L’été, il se donnait sans compter. « Je faisais parfois du 60 heures semaine. Pour faire des heures sup’, gagner de l’argent. Mais aussi parce que j’aimais beaucoup ce travail. Mais à cause de la réforme, c’est fini... »

Alex Nicola, de la FFTV, s’agace devant « l’aberration » des nouvelles règles et insiste : « Par sa nature même, l’activité saisonnière ne couvre pas l’ensemble des jours du calendrier. » Il réclame la création d’un « statut particulier » pour les saisonniers, à l’image des intermittents du spectacle. « Les allocations-chômage sont indispensables entre deux emplois. Il va falloir le comprendre, si on veut que la France reste la première destination touristique mondiale ! »

Le représentant patronal a agité le chiffon rouge dès la fin d’année 2021. Dans un communiqué, la FFTV alertait sans ambages : « Remettre en question le fonctionnement de l’activité saisonnière, c’est envoyer le secteur à sa perte. » Six mois plus tard, rien ne vient lui donner tort.

Emmanuel Macron, lui, a âprement défendu sa réforme en citant, justement, l’exemple du personnel saisonnier, pris dans un système « hypocrite », selon lui.

« Nous nous sommes habitués à un système qui n’était plus juste, où il suffisait d’aller travailler quatre mois dans les stations de sports d’hiver pour avoir le chômage tout le reste de l’année », avait déclaré, début décembre 2021, le président sur France Bleu.

Une affirmation un brin spectaculaire... et totalement erronée. Sous l’ancienne convention d’assurance-chômage, travailler quatre mois n’a jamais permis d’ouvrir huit mois de droits au chômage. Un jour travaillé équivalait à un jour indemnisé. Pas un de plus et certainement pas le double. À moins de bénéficier de droits plus anciens, acquis avant la saison grâce au travail.

« Ils ont fait fort !, s’exclame Goulwen. Ils ont réussi à faire croire qu’on se contentait de travailler un peu, pour se reposer ensuite toute l’année. Mais moi, jamais de ma vie je n’ai attendu que mes droits au chômage s’épuisent pour retravailler ! Je reprenais toujours avant, par habitude et par envie. »

Depuis 2019, l’argumentaire de l’exécutif sur la réforme s’accommode d’approximations et de déclarations fantaisistes. Le gouvernement et le président n’ont cessé de clamer que certains chômeurs gagnaient plus grâce à Pôle emploi qu’en travaillant. Une arnaque intellectuelle, démontrée par Mediapart à plusieurs reprises.

Une allocation amputée de 200 euros

Outre les règles d’indemnisation, la réforme durcit les conditions d’accès au chômage. Désormais, il faut avoir travaillé six mois, au lieu de quatre, pour prétendre à une allocation. Là encore, les personnels saisonniers sont percutés de plein fouet. Un contrat saisonnier dure en moyenne deux mois, selon une étude de la Dares, l’institut statistique du ministère du travail, publiée en 2019.

Parvenir à six mois travaillés est plus fastidieux. Voire totalement décourageant si l’on couple cette mesure aux allocations réduites par l’inactivité. « Leur connerie de réforme fait vraiment réfléchir. Notre façon de vivre et de travailler ne tient plus », souligne Grégory, 43 ans et saisonnier depuis vingt ans.

L’hiver, il travaille dans un magasin de sport en montagne. L’été, cap sur l’Atlantique pour diverses activités « outdoor » ou dans les campings. Accrobranche, trampoline, canoë, location de planches de surf... Grégory enchaîne les disciplines et en apprend d’autres, pour se diversifier. Il s’est formé à la surveillance de baignade puis a passé un diplôme de maître-nageur sauveteur.

Ses droits au chômage ont été recalculés. Il a perdu 200 euros mensuels. « J’ai un peu moins gagné l’hiver dernier et je subis, en plus, les nouvelles règles », soupire le quadragénaire. Il s’apprête à redémarrer sa saison, qui sera peut-être la dernière.

Grégory reconsidère sérieusement son avenir. « Je me dis que continuer sera impossible. J’ai un prêt sur le dos et je ne pourrai plus me permettre de faire des breaks. Quand on est saisonnier, on fait du six jours sur sept, voire sept sur sept. Les temps de pause entre deux saisons sont indispensables. Aujourd’hui, le choix est simple : soit tu es dans la merde financièrement, soit tu t’épuises physiquement. » Il ajoute, dans un souffle : « En fait, on nous pousse au CDI... Cela va à l’encontre de notre statut, indispensable au tourisme et au PIB français ! »

Autour de lui, Grégory voit les effets de la pénurie de personnel. « Dans mon camping, une partie des mobile homes n’ont pas été loués pendant les week-ends prolongés de mai. Le patron n’avait pas assez de monde pour l’entretien. Le ménage, ce sont des mini-contrats, hyper précaires. » Le saisonnier précise d’ailleurs que lui-même signe « des contrats précaires, non considérés comme tels », car exempts de prime de précarité, à la différence d’un CDD classique.

Ces contrats, Antoine les connaît par cœur. Il en a amassé des tonnes, depuis cinq ans. Saisonnier agricole dans le Beaujolais, le trentenaire multiplie les missions, tout au long de l’année, dans les exploitations. « Après les vendanges, on revient vider les cuves. Puis on repart en hiver pour la taille, le palissage, le désherbage... En ce moment, on travaille le sol. »

Antoine vit ses derniers jours de saisonnier. Il est sur le point de signer un CDI, dans une exploitation. La réforme de l’assurance-chômage a nourri sa réflexion. Il quitte une vie « qui a ses attraits » mais devenue impossible à assumer financièrement. Il raconte les bulletins de paie à 700 euros, parfois 1 000 voire 1 300 « les très bons mois ». Les journées à rallonge, le travail physique. Et le chômage, quand on a des droits. « Moi j’ai fini par arriver au RSA... »

« Ce CDI va me permettre de faire une pause », assure Antoine, le plus sérieusement du monde. « La vie de saisonnier, on se raconte que ça va tenir, qu’on va aller de liane en liane. Ce mode de vie ne permet pas d’absorber l’aléa. Avec la réforme, c’est encore moins le cas. Avoir des droits au chômage solvabilise cette vie, mais s’il faut les diviser par deux, ça ne tient plus. »

Le logement, nerf de la guerre

Sur la pénurie de main-d’œuvre, Antoine relativise : « Je connais aussi plein d’endroits où les gens se battent pour aller bosser ! C’est simple, c’est là que les gens sont bien traités. »

Salaires et conditions de travail décentes pèsent fortement dans la balance, désormais. Le rapport de force a changé, les patrons ont senti le vent tourner dès l’été 2021. Plus question, pour nombre de salarié·es, d’accepter de travailler à n’importe quel prix.

« Le nerf de la guerre, pour les saisonniers, c’est aussi le logement », ajoute Antoine. Ayant perdu son appartement, le trentenaire a investi dans un camion. Il a pu éviter « les nuits sous la tente, en camping », avant d’attaquer d’éreintantes journées.

« Quand vous lâchez la moitié de votre salaire dans un logement, ça devient moins intéressant », abonde Grégory, qui fait sa saison à Lacanau. Lui a la chance d’y avoir un appartement.

La problématique est loin d’être nouvelle. Depuis des années, les personnels saisonniers cherchent en priorité des patrons proposant une solution de logement, à moindres frais. Sur la page Facebook « Saisonniers du Cap d’Agde » dans l’Hérault, le sujet alimente régulièrement les commentaires.

Cette page est administrée par Jean-Marc Giordano, patron depuis trente-huit ans du restaurant La Marine, dans la plus grosse station balnéaire de France. « Ici, c’est 3 000 habitants l’hiver, 260 000 l’été ! », décrit-il, dans un impayable accent sétois.

Il se prépare à une saison exceptionnelle. « Cette année, ça va envoyer !, rigole-t-il. 2022, c’est la folie ! Les week-ends prolongés, on a fait mieux que 2019, qui était déjà un bon cru. »

Jean-Marc Giordano n’a eu aucun problème de recrutement. Ses équipes sont au complet. Son secret ? « Je paye bien. Entre 1 800 et 2 500 euros. Et je loge, sans contrepartie. J’ai des appartements au-dessus du restaurant. Avant je faisais payer l’eau et l’électricité. Plus maintenant. »

Pour ce patron, « les salariés doivent venir avec envie, et pas avec la boule au ventre. Je veux que tout le monde soit bien ». Il entend, comme tout le monde, la petite musique qui accompagne cette pénurie de personnel. Les sans-emplois sont accusés de fainéantise. D’être les seuls responsables du manque de main-d’œuvre. « C’est faux ! Les gens veulent bosser !, s’écrie Jean-Marc Giordano. Ils veulent bien se défoncer à la tâche mais pas pour un Smic hôtelier. »

Dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, les salaires ont été revalorisés de 16 % en moyenne après un accord, signé en début d’année. Les discussions se poursuivent désormais sur d’épineux sujets : les coupures, les jours de repos consécutifs ou encore la garantie d’obtenir un week-end de repos par mois.

Bientôt de nouvelles règles, encore plus sévères ?

Depuis la pandémie, tous les signaux d’alerte s’allument, les uns après les autres, dans les secteurs du tourisme. Toutes et tous négligés, privés de chômage partiel et de travail, fatigués d’être précaires et mal payés, les professionnel·les changent de voie, ou menacent de le faire. Mediapart le documente depuis l’été 2020 (lire ici ou là).

La réponse de l’exécutif, qui a bataillé pour imposer sa réforme, a été d’autant plus violente. Et la suite ne semble pas très réjouissante. « On va revoir les règles [de l’assurance-chômage] », a prévenu le patron des députés Modem, Patrick Mignola, sur LCP.

Il s’agirait de diminuer la durée des allocations, pour les personnes en recherche d’emploi dans les secteurs « en tension ». De quoi pousser encore un peu plus les précaires vers des emplois précaires qui, eux-mêmes, les jetteront dans les griffes de la réforme de l’assurance-chômage. Ou les convaincra de se reconvertir dans des boulots stables, vidant toujours un peu plus les effectifs des saisonnières et saisonniers.

Tout cela semble à des années-lumière du système vertueux, vanté par Emmanuel Macron selon qui la réforme de l’assurance-chômage était un retour à « des choses qui sont de bon sens ».

Cette réforme entend lutter contre les emplois précaires, en s’attaquant aux travailleuses et travailleurs précaires. Mais quand ces employé·es quittent le navire... c’est panique à bord.
Il y a du vrai et du faux dans ce texte. C'est vrai que l'on a souhaité limiter les contrats à courts durées et les entreprises qui y ont recours sont désormais pénalisées par cette nouvelle réforme (d'où l'opposition du Medef). Donc si l'on veut avoir recours à quelqu'un pour une durée limitée, il va falloir le payer mieux ou ... avoir recours à une société d'intérim (en ce cas le salarié est salarié de la société d'intérim type Adecco ) ou l'embaucher pour plus longtemps. Un des objectifs est donc de combattre la tendance type britannique à faire de contrats ultra courts (parfois une heure au Royaume Uni). Les entreprises qui avaient systématiquement recours à ces contrats courts doivent s'adapter.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Jiimmy »

Patchouli38 a écrit : 10 juin 2022 07:59
Concernant les milliers d'offres qui pullulent, ce qui frappe actuellement, est que vous voyez des panneaux "on recrute" de partout, des affiches grand format, même le tram chez moi se met aux couleurs de "On recrute" (50 conducteurs et conductrices, 15 électrotechnicien·nes".
Le problème majeur de ces offres ne trouvant pas preneur est que cela finit par impacter nos vies à tous.
Je prends le même bus tous les jours, l'employeur recherche des conducteurs et il n'ont pas de candidatures. Résultat : des lignes de bus supprimées, des chauffeurs malades ou en congés non remplacés. Je viens de lire un article ou EasyJet va supprimer des lignes du fait d'un manque de personnel.

Que risque t-il de se passer ? Les employeurs se tourneront vers l'immigration afin de trouver le personnel qui leur manque.

Bien entendu, il y a des métiers pénibles, et il ne faut pas s'étonner si l'on trouve des personnes étrangères pour faire ce type de travail. Ils bossent dans le froid, le chaud, toujours debout, etc. comment voulez-vous que le patron supprime ce côté pénible quand le boulot se fait toujours à l'extérieur ? Je pense qu'aujourd'hui si les français (enfin certains) ne veulent pas ce type de travail, c'est simplement qu'ils veulent avoir leur week-end, bosser au chaud et à l'abri avec un bon salaire. Le copains d'une copine à ma famille a refusé un CDI parce qu'il fallait travailler le week-end. Pensez-vous que je vais pleurer sur son sort ? Je peux comprendre que l'on désire tous travailler dans des conditions idéales, mais à un moment donné il faut retourner dans la vie réelle : gagner sa vie, ou pleurer misère.
Pour l'exemple avec les lignes de bus, dans ma ville (Bordeaux) ils recherchent désespérément des mécaniciens bus et tram, sauf que ces métiers sont extrêmement difficiles d'accès. Il y a très peu de formations pour devenir mécanicien tram, quant aux formations de mécanique en pl, il y a bien moins de candidats "autonomes" que d'offres d'emploi. De ce fait, le problème n'est pas la motivation des gens mais se trouve en amont, dans le fait de former suffisamment de gens sur ces métiers et surtout de bien les former, car il y a un véritable problème en France avec les formations en mécanique pl et vl.
En somme, les jeunes n'apprennent rien en cours, tout se fait dans les entreprises des alternants mais comme la plupart du temps celles-ci utilisent les jeunes comme de la main d'oeuvre bon marché, ils les cantonnent à des tâches répétitives où ils n'apprennent pas grand chose. Une fois leur formation terminée, ils se retrouvent avec des compétences qui ne leur permettent pas d'être autonomes et ne sont soit pas recrutés soit recrutés au smic en corrélation avec leurs aptitudes (et vu la pénibilité du métier, ils refusent bien entendu de travailler à ces tarifs-là. Imaginez-vous changer des pneus toute la journée ou faire des vidanges en hiver ou en plein été pour 1300 euros).

Les entreprises sont donc en partie responsables de cette pénurie de main-d'oeuvre qualifiée qui les frappe en retour, de même que "la formation Française" qui est boiteuse, ainsi que l'école et la société de manière générale qui présentent les voies de la formation pro comme des voies de garage pour les ratés. De ce fait les jeunes ne rêvent pas de se former à ces métiers. Seuls ceux qui sont en échec scolaire et/ou qui ne savent pas trop quoi faire s'y engagent sans réelle motivation. On a fait intérioriser aux jeunes la réussite comme étant "unicolore", à savoir un poste avec responsabilités suite à de longues études et hautement valorisé socialement et financièrement. Du coup on se retrouve avec des facs surchargéEs rempliEs de gens qui ne savent pas vraiment où ils vont et qui font des études juste pour pouvoir dire qu'ils ont eu un gros diplôme (cela me fait penser à un "camarade" à qui je demandais ce qu'il veut faire et qui me répondait qu'il veut un master et après il verra). Les diplômes baissent donc en valeur, on se retrouve avec un tas de jeunes avec de hauts diplômes qui sont inaptes à travailler et les voies de la formation professionnelle qui sont celles qui sont les + essentielles sont délaissées (au sens où peu de gens s'y engagent volontairement par "amour" du métier pour lequel ils sont formés).





Quant au reste, je ne dis pas qu'il incombe aux patrons de faire en sorte que les missions proposées ne soient pas pénibles (on ne peut pas supprimer le gel, la boue, la chaleur etc.... même si certaines équipements ou arrangements pourraient fortement améliorer le quotidien des travailleurs sans que les patrons ne consentent à investir pour les faire), je dis qu'il faut que la rémunération soit à la hauteur de cette pénibilité. Or, + un travail est pénible - il est rémunéré (et là je pense spontanément aux agents de ménage, j'ai un immense respect pour ceux qui font cela au vu de la honte que constituent leurs salaires en comparaison de la pénibilité qu'ils éprouvent dans leur travail).
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Jiimmy »

papibilou a écrit : 10 juin 2022 12:00

Il me paraît difficile d' accepter que sur 3,5 millions de chômeurs il n'y en ait pas assez pour combler des emplois de chauffeurs routiers ou serveurs. Qu'est ce qui est indigne dans ces métiers ? Ce sont des métiers avec contraintes, mais quand on cherche du boulot on ne peut pas toujours faire la fine bouche. Et ne venez pas me raconter qu'il est normal qu'il y ait des centaines de milliers d'emplois non pourvus. La situation est, contrairement à ce que vous croyez, totalement nouvelle. Vous pouvez remonter dans le temps et vous aurez dj mal à trouver des époques ou les restaus ferment des salles par manque de personnel.
Je suis d'accord sur un point: les patrons doivent faire des efforts. C'est lent, mais ça commence :
- l'hôtellerie restauration vient d'augmenter les salaires de 16%. Et certains restaurants n'ouvrent que 4 jours par semaine.
- les routiers sont en discussion, etc ..
Ce n'est pas qu'il n'y en pas assez. Comme je ne cesse de le répéter c'est que les rémunérations sont déconnectées de la pénibilité inhérente à ces métiers (chauffeur routier ou serveur). Ceux qui proposent des salaires en adéquation avec cette pénibilité trouvent toujours preneurs. Seuls ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre ont du mal à trouver des candidats.

Je sais que ce n'est pas facile car nous ne sommes pas habitués à cela au vu de la propagande massive qui a cours sur ce sujet et qui tente de faire intérioriser l'idée selon laquelle le chômage serait dû à la paresse des gens, mais il faut essayer de changer le regard en regardant de l'autre côté de la barrière. Vous interrogez-vous parfois sur les exigences des patrons qui veulent tout en donnant le - possible en retour ? Avez-vous déjà fustigé des patrons pour les salaires qu'ils osent proposer par rapport aux postes pour lesquels ils recherchent ?

C'est ça "l'indignité" selon moi, à savoir une forte déconnexion entre rémunération et pénibilité. Vous dites que ce n'était pas pareil avant, mais je l'ai dit, c'est parce que les temps changent, que les mentalités évoluent, que les gens considèrent autrement leur vie désormais et ne voient plus forcément leur émancipation qu'à travers l'emploi salarié. Il fut un temps où les gens travaillaient tous les jours quasiment toute la journée et petit à petit le travail a pris une place de - en - importante dans la vie des gens (avec les progrès techniques notamment). On a eu les congés de + en + nombreux, puis les horaires de - en - volumineux. C'est le sens de l'histoire, dans les pays développés les gens passeront sans doute de - en - de temps au travail sans pour autant que les sociétés dans lesquelles ils vivent ne s'appauvrissent.

La crise du covid a permis d'accentuer cette prise de conscience qui pousse peut-être de + en + de monde à désirer une vie en dehors du travail. De ce fait, les emplois mal payés au regard des conditions, intéresseront sans doute de - en - les gens et même ceux qui sont bien rémunérés mais qui souffrent de conditions compliquées (horaires, déplacements) intéresseront sans doute - aussi.
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Patchouli38 »

vivarais a écrit : 09 juin 2022 05:27
Jiimmy a écrit : 08 juin 2022 23:37

Eh bien grand bien leur en fasse, je ne vois pas en quoi leurs supposés pleurs futurs vous impactent. N'oublions pas un paramètre important, cet argent ils ne le volent à personne. Que ce soit sur leurs salaires, sur le moindre achat qu'ils font (y compris une baguette de pain), ils donnent de l'argent à l'état. Le fait d'en récupérer une partie par le biais du chômage n'est nullement choquant.

Peut-être que si l'on se concentrait sur les moyens de créer une société + apaisée, avec des conditions de travails bien meilleures (peut-être que si certaines personnes ne sont pas restées dans votre entreprise c'est parce qu'elles n'ont pas supporté votre caractère et votre comportement par exemple. Il ne faut pas négliger cet aspect. Beaucoup de gens sont en dépression ou redoutent d'aller au travail le matin au vu de l'ambiance), alors les gens auront sans doute + envie de gagner leur vie en ayant une présence accrue dans un emploi salarié plutôt que de survivre au chômage (car à vous écouter "tous", on a l'impression que c'est le paradis que de vivre avec des allocs ou un rsa et que l'on est incessamment en train de voyager).
comment créer une société apaisée avec de croyants intégriste , une immigration de millions durant le quinquennat de macron alors qu'il y a 6 millions de chomeurs et 10 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté
1 migrant (à la condition qu'il soit venu pour travailler) = un emploi potentiellement en moins pour un chomeur
et je vous fais grace des détachés de l'UE au nombre de 500 milles à minima
les britanniques avec le brexit on muselé l'immigration et mis fin aux travailleurs detachés et autres venant de l'UE si bien que les salaires ont augmenté et cela a été le retour au plein emploi
on voit que la solution existe et c'est celle que les profiteurs du système refusent pour la france
mais on l'a vu pour la présidentielle ceux qui la veulent ont augmenté à 42 % lors de la présidentielle
la crise économique avec l'inflation galopante ve faire que bientot ce sera plus de 50 % des français qui la voudront
l'augmentation de la dette avec la solution du quoi qu'il en coute il va bien falloir la payer
Il est vrai que le taux de chômage a baissé en GB, pourtant il y a un "mais" :
"Mais le modèle a ses limites. Le taux de chômage affiché par le Royaume-Uni cache un certain nombre de tendances nettement moins encourageantes. « La flexibilité a un prix », insiste Peter Auer, le chef de l'unité recherches et analyses sur l'emploi au BIT à Genève. « L'insécurité très élevée, dit-il, pèse sur la qualité du travail. » Reste aussi à résoudre le problème de l'intégration de ceux que la croissance a laissés au bord du chemin. Beaucoup de chômeurs ont été encouragés, à la fin des années 90, à rejoindre la cohorte des invalides ou des malades chroniques, sortant ainsi des statistiques du chômage. Pas moins de 700000 personnes que Londres tente aujourd'hui, sans grand succès, de remettre au travail.

Ensuite, la Grande-Bretagne a perdu 800000 emplois industriels depuis 1997 et son économie repose désormais pour les deux tiers sur les services. Dans ce domaine, la polarisation est très forte : il s'agit soit d'emplois très qualifiés, soit d'emplois sans qualification dans les supermarchés ou les centres d'appels. Des emplois précaires, souvent à temps partiel, et dont certains ont vocation... à être délocalisés."
https://www.lesechos.fr/2003/11/quasi-p ... gne-677425

Ce que l'on peut appeler, un plein-emploi en trompe-l'oeil.

Ce qui est bien avec vous, c'est que vous vous prenez même pas la peine de vous renseigner à minima, non, vous préférez vous complaire dans les idées reçues, Donc, j'ai déniché ceci pour vous :
RSA, soins, aide au logement : à quoi ont droit les immigrés en France ?
Les Décodeurs ont fait le tour des prestations sociales alors que les intox à ce sujet reviennent dans le débat.
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/ar ... 55770.html
Ouh là là ! C'est vrai qu'avec 207 euros par mois, ils pourront se payer une maison avec piscine, s'acheter des vêtements couteux,...
Ils ont également droit à l'AME, celle-ci sert surtout à détecter toutes maladies graves et/ou contagieuses sur le sol français.
Si pour vous, l'immigration est une plaie, pour les entreprises qui ne trouvent pas de candidats elle sera une bénédiction. Je pense à ce boulanger qui, ne trouvant pas d'apprenti, a embauché un jeune migrant. Il ne le regrette pas car le jeune homme, travailleur et consciencieux lui apporte pleine satisfaction.

Le quoi qu'il en coûte a permis de sauver des millions d'entreprise de la faillitte lors de la pandémie et conserver des emplois. Nous étions en situations d'urgence. votre égérie n'avait même pas de solution pour sauver l'économie, mais cela n'est pas surprenant quand on est nulle en économie...

Et vous, vous auriez fait quoi pour sauver l'économie pendant la pandémie ?
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Jiimmy
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Re: Chômage, une réforme dévastatrice

Message par Jiimmy »

Patchouli38 a écrit : 10 juin 2022 12:24 Et pourtant, elle est contente : elle a du boulot, ne dépend de personne et peut remplir son frigo.
Elle est contente et malgré tout, comme quasiment tous les travailleurs, elle est encore + contente à l'heure de finir son travail ou au moment des congés. Bien + contente certainement qu'au moment de l'embauche et de la reprise du travail suite à la fin des congés. Je doute qu'elle soit contente d'exercer ses tâches (qui restent, par définition, des tâches), je pense qu'elle est + contente du statut (tout d'abord) et du pouvoir d'achat (ensuite) que cela confère. En somme, au vu de la façon dont l'on a été éduqué, elle est donc persuadée d'être utile, courageuse et d'être une citoyenne à part entière car faisant en quelque sorte son "devoir".

Ce n'est pas tant les tâches à remplir dans lesquelles elle puise sont bonheur, mais plutôt dans le fait d'avoir sa place dans la société selon les schémas qu'on lui a fait intérioriser dès le + jeune âge (et surtout elle saura quoi répondre sans gêne à chaque fois qu'on lui posera la fameuse question : "tu fais quoi dans la vie" : "je bosse" donc aucune honte à avoir, je suis légitime dans cette société).
Vergissmeinnicht
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