Après avoir bien compris que l’indexation des salaires sur l’inflation se heurtait à un « non » de votre part, nous entamons la discussion d’une nouvelle série d’amendements consacrée cette fois à l’augmentation du SMIC. Le salaire minimum a connu une augmentation de plus de 30 % en Espagne et au Royaume-Uni, et de plus de 25 % en Allemagne. On m’avait opposé en commission qu’il ne fallait pas comparer des pays aux situations économiques différentes ; il n’empêche que cette solution, souvent associée à une taxe sur les surprofits, n’a nulle part entraîné d’augmentation du chômage. En France, rien de cela. Vous passez votre temps à vous vanter, dans les médias, des revalorisations du SMIC, alors même qu’elles ne correspondent pas à une volonté de votre part puisque la loi les rend obligatoires. Mais au moins pouvons-nous dire que nous nous accordons sur l’importance d’augmenter le SMIC.
Ces revalorisations ne permettant pas de compenser les effets de l’inflation, les gens continuent de galérer avec des salaires insuffisants. Nous voulons réaffirmer ici que le travail doit payer. C’est pourquoi nous vous proposons dans le présent amendement d’augmenter le SMIC jusqu’à 1 500 euros net, ce qui correspond à une hausse minime, vous nous l’accorderez. Cela bénéficierait aux travailleurs de la sous-traitance, aux intérimaires, qui exercent des métiers difficiles et pénibles.
Nous sommes conscients que cette mesure ne doit pas déstabiliser la compétitivité des TPE et des PME françaises et qu’elle devra être compensée pour celles-ci par le biais notamment d’une fiscalisation différenciée par rapport aux grands groupes. En effet, dans le monde de la finance, du grand capital, des GAFAM – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – et autres, les ressources existent. Ces organisations très prospères doivent participer au rééquilibrage des richesses. Il s’agit d’un débat de fond qui, bien sûr, ne peut s’arrêter à ce seul texte ; toutefois, nous pouvons l’entamer ici et maintenant.
Tous les salariés seraient gagnants : non seulement ceux qui perçoivent le SMIC – cela va de soi – mais également celles et ceux dont le salaire est indexé sur celui-ci. Les employeurs aussi pourraient y trouver leur compte : comment, en effet, les salariés peuvent-ils être motivés s’ils ne parviennent pas à vivre dignement de leur salaire, à se loger, à se nourrir, à se chauffer ou à se soigner ?
Nous vous proposons donc une mesure d’égalité, que vous pourriez adopter dès aujourd’hui et qui s’inscrit dans un ensemble d’autres dispositions : non seulement augmenter le SMIC mais également bloquer les prix, ce qui éviterait la spirale inflationniste que vous craignez tant ; instaurer, cela a été dit mais nous le répétons, une caisse de péréquation afin de permettre aux TPE et aux PME, qui sont souvent victimes des grands groupes, de bénéficier de la solidarité ; augmenter aussi les aides au logement.
Il faut comprendre qu'il ne s'agissait pas d'une mesure énoncée sans rien pour accompagner les entreprises potentiellement mises en difficulté par cette augmentation. Malheureusement comme les LR et LREM ne soutiennent pas les salariés et ne sont pas prets à prendre des mesures qui pèseraient sur les patrons (et comme le FN vote par sectarisme contre LFI), cette mesure n'est pas passée.
