papibilou a écrit : 20 janvier 2026 15:30
Cépajuste a écrit : 20 janvier 2026 12:15
Personne ne dit que la dévaluation est un remède miracle. C’est un outil d’ajustement que tous les pays à monnaie flexible utilisent pour absorber les chocs et corriger les écarts de compétitivité. L’inflation des années 70 venait du pétrole, pas du franc. Les taux d’intérêt ne dépendent pas uniquement de la monnaie. Et les pays hors euro ne paient pas des taux exorbitants, la France avant l'euro non plus. Le vrai sujet n’est pas "dévaluation = bonne ou mauvaise santé", mais : avec l’euro, la France a perdu un instrument d’ajustement que tous les autres pays comparables continuent d’utiliser.
Disons simplement que la France bénéficie d'une monnaie qui lui permet d'emprunter, chaque année, bien plus bas que si on avait gardé le franc mais qu'elle ne peut dévaluer, ce qu'elle ne pourrait faire à répétition. Au final, l'euro a du bon (j'aime bien voyager et payer avec la même monnaie) car il est solide face au dollar, mais on ne peut le manipuler. Je constate quand même que ceux qui manipulent leur monnaie sont en mauvaise posture économique.
Jacques Sapir: "Revenir au franc équivaudrait à une dévaluation d'environ 20 % par rapport au niveau de l'euro aujourd'hui. Pour les consommateurs, le retour au franc n'aurait pas que des effets positifs. De nombreux produits importés coûteraient plus cher et, si l'Etat ne baissait pas la fiscalité, l'inflation repartirait et le pouvoir d'achat serait rogné."
Avant l’euro, les taux français étaient déjà en baisse rapide. Aujourd’hui, des pays hors euro empruntent aussi bas que nous : Danemark, Suède, Suisse... Les taux dépendent surtout de la crédibilité budgétaire et de la banque centrale, pas de la monnaie en soi.
Les dévaluations ne sont pas un signe de mauvaise santé, mais un mécanisme normal d’ajustement dans une économie ouverte. La flexibilité du taux de change est la norme mondiale. L’euro est l’exception. Ce n’est pas la flexibilité monétaire qui crée les crises. Ce sont les déséquilibres internes (dette, bulle immobilière, déficit courant).
Les pays qui utilisent leur taux de change comme outil d’ajustement sont parmi les plus performants au monde (Japon, Suisse, Corée...)
Sapir dit qu’une dévaluation de 20 % renchérirait les importations, oui, mais c’est une citation incomplète. Une dévaluation a toujours deux effets : Effets négatifs : importations plus chères, inflation importée (modérée si la dévaluation est unique). Effets positifs : exportations plus compétitives, marges industrielles restaurées, relocalisations plus attractives, baisse du chômage industriel, amélioration de la balance commerciale.
L’euro n’est pas un bouc émissaire. Il est simplement une monnaie trop forte pour la France et trop faible pour l’Allemagne, comme le montrent les modèles du FMI.