L'édition n'est pas un média de masse.Once a écrit : 17 avril 2026 17:22Vous n'avez strictement rien compris à l'étendue du problème.papibilou a écrit : 17 avril 2026 12:33
Bonjour Patchouli38,
Il y a toujours eu des tentatives de certains milliardaires pour s'approprier les moyens de com et les éditions. De toutes façons un éditeur n'est pas un mécène, il fait ce boulot pour gagner de l'argent et Bolloré comme les autres.
Or imaginer que Bolloré va donner la préférence à des livres politiques de droite serait absurde car suicidaire pour Fayard. Donc faisons confiance au marché: si un bouquin est bon il se vendra, s'il est mauvais il restera sur les étagères , et je suis convaincu que Bolloré regarde les bénéfices avant de regarder ce qui est écrit.
Bolloré se moque de la littérature et des intellectuels : il est même prêt à investir à perte dans le secteur de l'édition sachant qu'il n'y a plus grand monde qui prend le temps de lire des livres.
Ce qu'il veut c'est étendre son empire idéologique sur le plus grand nombre possible de médias de masse : ce qui est grave c'est que le pouvoir en place devrait interdire ce genre de monopole en raison d'une loi votée à la libération et qui dit que chaque patron de presse ne doit vivre que des ses revenus de presse.
Il faut bien prendre en compte certains changements qui se sont déjà produits : j'étais un habitué du JDD . J'aimais bien cet hebdomadaire. Depuis qu'il est passé sous la coupe de Bolloré, ce torchon est devenu un porte parole de l'extrême droite la plus répugnante. C'est C News une fois par semaine sur papier journal.
L'ancienne équipe du JDD a fait grève durant 40 jours pour protester contre cette main mise de Bolloré : c'était un fait unique dans le monde de la presse quotidienne. 40 jours !
Quant à Grasset et au départ de son directeur, il faut bien prendre en compte que ce n'est pas une histoire de droite ou de gauche : c'est une histoire de vraie littérature, libre, complexe véhiculée par de grands auteurs inclassables sur le strict plan politique.
Bolloré, ce qu'il veut c'est qu'on ne voit plus que les derniers bouquins de Zemmour ou de Bardella dans les relais de gares. À portée de mains pour les gogos.
Le projet est simple : leur faire croire que leur premier problème c'est l'immigration ( ce qui est faux, tous les sondages le prouvent), que leur second problème c'est l'islam ( ce qui est aussi faux) , que leur troisième problème c'est l'insécurité liée aux deux premiers ( ce qui est également faux dans l'ordre de leurs priorités).
Mais il y a un autre projet probablement plus pervers : leur raconter H 24 que la France est en déclin comme le fait Philippe de Villiers à chacune de ses interventions moisies.
Que se cache t il derrière ce recours récurrents à des constats de soi disant " déclinisme" du pays ?
Et bien, la recherche d'un pouvoir fort et autoritaire qui serait supposé résoudre tous les problèmes : bref, un Trump ou un Poutine seraient les bienvenus à la tête du pays .
À moins que ce ne soit un maréchal Pétain ? En tout cas, si les choses devaient se poursuivre ainsi, ce pays est en bonne voie pour un pouvoir fasciste alliant le grand capitalisme à une idéologie d'extrême droite.
Il y a de nombreuses maisons d'éditions concurrentes de Fayard.
S'il perd tous ses auteurs il pourra fermer la porte.
Ce sont les autres maisons qui les récupèreront, avec plaisir. Les auteurs connus peuvent choisir. Pour des journalistes c'est plus compliqué.
Si vous n'aimez plus de JDD je suppose que vous ne l'achetez plus, mais on ne confond pas un journal avec un livre.
Pour le reste j'ai, mille excuses, la certitude que vous allez beaucoup trop loin avec Pétain, le fascisme etc.. tout ceci me paraissant parfaitement outrancier.
Là on parle d'un PDG de 66 ans et de 26 ans d'ancienneté, ce qui est très rare pour un PDG. En fait ce qui choque est que ce soit Bolloré qui ait décidé.
