Je crois que l'on ne se comprend pas très bien.Mesoke a écrit : 31 juillet 2026 22:56
1 Non, pas du tout : on rembourse en empruntant de nouveau parce qu'on prévoit de le faire, que c'est ainsi que les budgets de l'état sont prévus. Ca fait 50 ans que les budgets français ne prévoient pas de rembourser de dette avec des vrais sous parce que ça ferait sortir ces sous de l'économie réelle, que ça diminuerait la croissance. C'est d'ailleurs ce qu'a fait l'Allemagne après le covid pour rétablir son équilibre dette / PIB, et sa croissance a été à peu près nulle sur la période.
2 Emprunter ne booste pas directement le PIB, c'est avoir un déficit public qui booste le PIB car ça permet de dépenser plus que ce qu'on gagne, donc d'injecter des sous dans l'économie. Emprunter permet juste de financer ce déficit public. Et c'est grâce au fait de vivre en déficit depuis 50 ans que notre PIB est le nôtre aujourd'hui. Il serait vachement plus faible si on n'avait pas fait cette magouille, comme le reste du monde occidental (à minima) l'a fait lui aussi.
Les gens n'achètent pas QUE des produits 100% importés, donc si on injecte des sous dans l'économie c'est une grosse arnaque que de dire que ça ne ferait qu'augmenter le déficit commercial.
3 Le roulement de dette est utilisé depuis un demi-siècle, continue de l'être et continuera dans le futur à moins qu'on parvienne par magie à effacer notre dette publique. Parce qu'on n'a strictement aucun moyen de rembourser 3500 milliards de dette quand le PIB n'est que de 3000 milliards
Tout d'abord concernant votre point que j'ai numéroté 3:
Les emprunts publics et le déficit budgétaire sont des outils légitimes et nécessaires en période de crise économique pour financer la relance par la demande, l'effet multiplicateur et le soutien de l'emploi. C'est clairement une théorie keynésienne. Et je n'ai jamais dit, ni qu'il ne fallait pas le faire, ni que les pays ne le faisaient pas. . Donc nous n'avons pas de divergence sur ce plan.
Concernant votre point 1: bien sûr que le budget prévoit d'emprunter et de rembourser. Mais la décision doit être prise en fonction de paramètres liés au coût des interêts de la dette à la situation économique, à l'endettement sinon il n'y a aucune raison pour que l'état n'emprunte la totalité de ses besoins. Or, même si on rembourse via de nouveaux emprunts, il faut bien rembourser, sinon la confiance sera insuffisante pour emprunter. Enfin, l'état serait bien incapable de rembourser avec des " vrais sous" puisqu'il lui en manque déjà pour effectuer ses missions. Mais ce point ne me semble pas capital.
Concernant votre point 2: le mécanisme est devenu complexe.
Emprunter est devenu une nécessité car l'état distribue trop.
Les 3 acteurs majeurs étant l'état, les particuliers et les entreprises, la distribution se fait vers les particuliers et les entreprises.
Or les particuliers qui bénéficient d'un surcroît de pouvoir d'achat en font quoi ? L'épargne qui ne sert pas beaucoup dans l'économie et qui résulte d'un manque de confiance dans l'avenir, et la consommation dans une économie mondialisée. Çà va donc effectivement augmenter légèrement le PIB, mais plus du tout dans les proportions que l'espérait Keynes. Ajoutons un effet temps puisque la consommation ne suit pas immédiatement l'augmentation du pouvoir d'achat.
Quant aux entreprises, elles ne vont pas beaucoup augmenter les salaires, mais plutôt leurs dividendes qui se dispersent dans le monde entier ou bien les placements financiers plutôt à l'étranger.
Au final nous n'avons qu'assez peu de divergences. Le constat est identique, le roulement de la dette se fait partout et ce n'est pas une mauvaise solution. Mais les déficits élèvés et les intérêts de la dette deviennent des handicaps insurmontables quand ils sont trop grands. Et c'est ce dernier point qui me semble capital plutôt que la mécanique elle même.

