Victor a écrit :
Que proposes-tu, concrètement, pour améliorer l'apprentissage des savoirs fondamentaux en primaire ?
J'ai déjà répondu à cette question à maintes reprises pour ma part, disons, si on veut être vraiment ambitieux :
1) La priorité : arrêter immédiatement toute subvention à l'école privée et réserver tous les moyens disponibles au public. Les parents qui ne s'en satisfont pas n'ont qu'à payer de leur poche. De quoi, déjà, augmenter le budget de manière très substantielle.
2) Assurer un meilleur brassage social dans les établissements en révisant la carte scolaire et en rendant les dérogations impossibles. Conséquence de la mesure 1, de nombreux parents d'élèves aisés reviendront ventre à terre dans le public, ce qui favorisera déjà la mixité dans de nombreux endroits. Le but serait d'éviter par exemple, ce qui est le cas très souvent en région parisienne et sûrement dans plein d'autres endroits, que deux collèges parfois distants de 500 mètres à peine accueillent pour l'un 75% de classes sociales supérieures, et pour l'autre l'exact inverse...
3) Avec ces deux mesures courageuses, on aura déjà fait la moitié du chemin. Ensuite, il faut appliquer la même politique aux profs, en remettant en cause les nominations à l'ancienneté, et obligeant les gens à bouger régulièrement et à enseigner dans tous types d'établissements. Si le boulot a été bien fait en amont, les différences entre les établissements auront de toutes façon eu tendance à s'estomper.
4) Au niveau pédagogique, ce qui à mon sens fonctionne le mieux est de nommer dans chaque école primaire (dans un premier temps, on peut commencer par les établissements concentrant le plus de difficultés) un instit supplémentaire, pour aider ses collègues à prendre en charge les "cas" les plus compliqués, et faire travailler les mômes en demi-classe -notamment dans les classes de CP et CE1, où les enfants ont souvent besoin d'une attention plus soutenue qu'il est impossible de fournir à chaque élève d'une classe de 30. Réduire les effectifs à 24-25 maxi, ce qui sera possible avec les moyens dégagés précédemment. Assurer une vraie formation continue des enseignants, en les formant à différentes formes de pédagogie (Montessori, par exemple, pour la maternelle, a son intérêt). Revoir certaines priorités dans les programmes (l'anglais au CP, aucun intérêt), repenser à l'enseignement de la grammaire et de l'orthographe (les pistes sont nombreuses)....
Voilà qui serait à la hauteur du débat, certes ça exigerait des efforts et des sacrifices de chacun, mais je suis convaincu que les résultats seraient immédiats.