En guerre contre Eric Dupond-Moretti, Anticor craint d’être privée de ses prérogatives anti-corruption.
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L’association Anticor est à l’origine de plusieurs procédures judiciaires impliquant des personnages clefs de l’exécutif. Sa présidente, Élise Van Beneden espère que ces plaintes n’entraveront pas le renouvellement de l’agrément qui permet à Anticor d’engager des procédures pénales dans les affaires de corruption. Entretien...
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Capital : Vous avez récemment déposé plainte pour prise illégale d’intérêts contre Eric Dupond-Moretti, alors que la signature de l’agrément repose en grande partie sur ses épaules. Risqué, non ?
Elise Van Beneden : Certes, mais c’est la mission qui nous est confiée par l’article 2-23 du Code de procédure pénale. Anticor ne se laisse influencer par rien, ni personne. Nous sommes dans notre rôle, droit dans nos bottes : de lourds soupçons de conflits d’intérêts pèsent sur le ministre, qui demande à l’Inspection générale de la justice une nouvelle enquête administrative sur le rôle des trois magistrats du Parquet national financier. Ceux-là même qui ont instruit l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy, alors qu’un premier rapport les avait pourtant mis hors de cause. Quand on pose deux fois la même question, c’est que la première réponse ne nous convient pas ou que l’on souhaite faire passer un message.
On sait qu’Eric Dupond-Moretti était furieux d’avoir découvert que les juges financiers avaient épluché ses relevés téléphoniques d’avocat. Peut-être qu'il souhaite voir dénoncés ces actes qu’il considère fautifs, pour justifier une réforme visant à supprimer le PNF. Peut-être qu'il souhaite venir en aide à son ami, Me Thierry Herzog, qui doit être jugé en novembre lors une procédure dans laquelle le PNF portera l’accusation. En tout état de cause, un ministre ne peut pas instrumentaliser sa fonction pour régler ses comptes : l’action publique ne doit pas être parasitée par des intérêts personnels. Bien entendu, Eric Dupond-Moretti est présumé innocent et c’est à la justice d’investiguer et de comprendre tous les tenants et aboutissants de l’affaire. Nous espérons toutefois que la Cour de justice de la République, instance habilitée à juger les ministres, décidera d’instruire, car devant cette juridiction, il n’est pas possible de se constituer partie civile.
https://www.capital.fr/economie-politiq ... re-1383288
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Macron n'aime pas la démocratie. Dans une démocratie il n'y a pas d'ordonnances.
Avec macron, c'est : ""J'ordonne... tu exécutes sans discussion et vite"".