Détrompez--vous, je connais ma belle-fille mieux que vous. Elle aimait son travail, c'était son truc. Elle est tombée "dedans" par hasard et n'en serait plus ressorti si un problème au poignet n'avait pas réduit à néant ses ambitions. Vous avez du mal à imaginer que des personnes puissent aimer des métiers tels que serveurs, femme de ménage. J'ai un voisin qui nettoie les abords d'une université : il balaie, vide les cendriers, les poubelles extérieurs, ramasse les déchets avec une espèce de pince surmontée d'un long manche. Son regard s'anime quand il me parle de sa petite voiturette électrique, de son travail. Il aime ce qu'il fait, et quand on discute, le sujet tourne de suite vers son travail.Jiimmy a écrit : 11 juin 2022 15:29Elle est contente et malgré tout, comme quasiment tous les travailleurs, elle est encore + contente à l'heure de finir son travail ou au moment des congés. Bien + contente certainement qu'au moment de l'embauche et de la reprise du travail suite à la fin des congés. Je doute qu'elle soit contente d'exercer ses tâches (qui restent, par définition, des tâches), je pense qu'elle est + contente du statut (tout d'abord) et du pouvoir d'achat (ensuite) que cela confère. En somme, au vu de la façon dont l'on a été éduqué, elle est donc persuadée d'être utile, courageuse et d'être une citoyenne à part entière car faisant en quelque sorte son "devoir".Patchouli38 a écrit : 10 juin 2022 12:24 Et pourtant, elle est contente : elle a du boulot, ne dépend de personne et peut remplir son frigo.
Ce n'est pas tant les tâches à remplir dans lesquelles elle puise sont bonheur, mais plutôt dans le fait d'avoir sa place dans la société selon les schémas qu'on lui a fait intérioriser dès le + jeune âge.
J'ai été aide à domicile, vous savez ce métier qui consiste à nettoyer le logement des personnes âgées, préparer le repas, faire les courses. C'est sûr nettoyer les WC, faire la poussière n'est pas enrichissant mais on oublie souvent le côté humain de ce métier. J'apportai un peu de soleil à ces personnes, une présence, une écoute. Un jour l'une d'elle m'a dit "Heureusement que vous êtes là car je ne sais pas ce que j'aurai fait". J'adorais mon métier, le contact avec les gens, j'avais pour projet de faire une formation pour devenir auxiliaire de vie mais un accident de trajet suivi de séquelle ont eu pour conséquence mon licenciement pour inaptitude professionnelle.
Vous avez du mal à imaginer que des personnes puissent trouver leur bonheur dans le travail qu'ils effectuent, ces gens-là existent Jimmy, j'en ai rencontré.
