Et un de plus.
«Ils ont dû rendre la pareille à l’Iran» : ce que signifie l’entrée des Houthis dans la guerre entre Israël et Téhéran
Le groupe rebelle du Yémen, allié à Téhéran, a visé ce samedi des «sites militaires sensibles» sur le territoire israélien. Sa participation au conflit régional pourrait avoir «des conséquences majeures» et menace notamment le commerce maritime, selon des experts.
Un nouvel acteur dans une guerre aux multiples fronts : les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont attaqué ce samedi Israël, pour la première fois depuis le début de la guerre déclenchées par les frappes israélo-américaines contre la République islamique, fin février. Le groupe armé, qui contrôle de larges pans du Yémen et sa capitale Sanaa depuis 2014, affiche son soutien à Téhéran depuis un mois et avait menacé d’intervenir à plusieurs reprises. Il est finalement passé à l’acte ce samedi, affirmant avoir visé des «sites militaires sensibles» israéliens.
«
Cause palestinienne»
L’entrée en guerre des Houthis «marque une escalade grave» et risque d’avoir «des conséquences majeures» pour la stabilité régionale et le commerce mondial, résume pour l’AFP Farea Al-Muslimi, chercheur du programme de Chatham House pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Les Houthis ont probablement «tout fait pour rester en dehors de cette guerre, ils savent bien que cela ne leur amènera rien de bon. Mais ils ont dû, en fin de compte, rendre la pareille à l’Iran», qui les a soutenus depuis des années, avance Farea Al-Muslimi.
Plutôt que de s’en prendre aux intérêts américains dans les monarchies du Golfe, les Houthis ont choisi de s’attaquer en premier lieu à l’Etat hébreu, déjà visé à de multiples reprises au cours de la guerre dans la bande de Gaza en signe de solidarité avec les Palestiniens. Selon le cabinet américain de conseil en risques Basha Report, il s’agit d’un message «clair» adressé à l’intérieur du Yémen et aux alliés de l’extérieur : «La priorité, c’est toujours la cause palestinienne.» L’étape suivante, estime encore Basha Report, pourrait être une attaque contre le commerce maritime dans la région, qui permettrait de «faire pression mais sans franchir une ligne qui pourrait entraîner une réponse directe» des Etats-Unis.
Menace sur les puissances du Golfe
Depuis leurs positions montagneuses sur la mer Rouge, les Houthis ont la possibilité de perturber sérieusement le trafic maritime avec des drones et des missiles. Ils l’ont montré pendant la guerre à Gaza en ciblant des navires accusés d’être liés à Israël.
Les houthis peuvent notamment entraver la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des couloirs maritimes les plus empruntés au monde, devenu plus stratégique encore depuis le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.
Les Houthis laissent aussi planer la menace de frappes sur leurs voisins du Golfe. Comme le remarque Farea Al-Muslimi, «
ils sont encore plus près et mieux placés que l’Iran» pour frapper les infrastructures saoudiennes - ce qu’ils ont déjà fait par le passé - et les bases militaires occidentales dans le Golfe. Les conséquences pourraient être «dévastatrices» pour la région, selon le chercheur, avec un risque élevé de nouvelle «confrontation directe» entre les Houthis et l’Arabie saoudite, en guerre entre 2015 et 2022, date d’une trêve pour l’heure respectée.
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