
"Depuis son premier versement en octobre 2024, Bruno Alessi fait un don régulier à Bercy pour tenter de réduire la dette nationale. Une action qui interroge, que le donneur justifie sur RMC."
Une générosité peu habituelle. Depuis octobre 2024, Bruno Alessi, ancien militaire réserviste, fait régulièrement des dons monétaires à l'État. Un geste assez rare que le donateur justifie pour combattre la dette à son échelle.
Depuis l'ouverture de cette pratique en 2006, Bruno Alessi n'a pas été le seul à mettre la main au porte-monnaie. En 2021, Michel Fache avait effectué un don de 40.000 euros, une somme qui correspond à l'endettement français par personne. Plus récemment, en octobre 2024, Stéphane Chamaillard a envoyé un chèque de 45 euros.
D'une action ponctuelle à un don mensuel régulier
Selon son récit ce mercredi sur les antennes de RMC, le geste de Bruno Alessi vient d'un constat: la dette publique pourrait être comblée si chacun y mettait du sien. Il décide alors de contacter Bercy. Au fil des échanges avec le ministère de l'Economie, Bruno reçoit un RIB. Il décide d'y verser un premier chèque en octobre 2024 d'un montant de 150 euros. Un geste annoncé au Journal Officiel. Depuis, le donateur verse mensuellement 50 euros.
Au total, plusieurs centaines d'euros ont déjà été donnés aux caisses de l'État, selon le souhait de Bruno. Une somme dont la destination est fléchée vers le remboursement de la dette.
Si ce geste questionne, celui-ci le justifie par une volonté d'être de ceux qui aident. "Je pense que je paye assez d'impôts. Je suis toujours mécontent, comme tout le monde, de recevoir ma facture chaque année. Nous sommes dans une situation critique. La dette n'est pas un phénomène nouveau [...] je me sentais vraiment impuissant, jusqu'à me demander comment aider en tant que citoyen. Pour résoudre le problème de dette, il suffit de la payer", explique-t-il.
Interrogé, Bruno Alessi se dit "dépassé" et dans l'impossibilité de savoir quel groupe politique serait, à date, en pouvoir de résoudre la dette nationale.
41 millions de foyers fiscaux donneurs?
Sur RMC, Jonathan, auditeur, voit la situation sous un autre angle. "Si on donne deux euros à l'État, celui-ci en dépense trois. Tant qu'ils ne sauront pas gérer l'argent je ne vois pas l'intérêt du don", tacle-t-il. Un autre lâche "moi aussi je fais un don mensuel à l'État, ça s'appelle 'le prélèvement à la source''.
Bruno Alessi se veut plus pragmatique et justifie ses dons pour "écoper" la dette. "Je contribue à mon échelle. Si chacun des 41 millions de foyers fiscaux contribuait à hauteur de 10 euros par mois, cela donnerait un demi-milliard d'euros récoltés par mois", se justifie-t-il.
Parmi les nombreuses réactions d'auditeurs ce mercredi matin, beaucoup ne comprennent pas cette intention "d'écoper" face à un "navire qui coule à cause de dépenses futiles".
"Aucun avantage fiscal attendu"
Dans les rues de Paris, l'idée de verser de l'argent à l'État sans y être obligé divise. Quand certains fustigent le concept en pointant du doigt les impôts payés, d'autres comprennent et ne sont pas fermés à l'idée.
Ce n'est pas aux citoyens de payer la dette, mais je me dis 'pourquoi pas' à hauteur de 45 euros", explique une passante au micro de RMC.
Qu'il soit ponctuel ou régulier, ce don restera dans tous les cas désintéressés. "Aucun avantage fiscal n'est attendu, il n'y a pas de réduction d'impôts prévue lors d'un don, à la différence des associations ou de fondations. C'est un acte patriotique pur", développe l'avocat fiscaliste Frederic Naïm. Pour rappel, la dette publique de l'État est estimée à 3.345,8 milliards d'euros."
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