Les attaques inacceptables de M. Mélenchon contre « Le Monde »
Depuis plusieurs mois, le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'en prend à la couverture éditoriale que Le Monde lui consacre. Il le fait de manière chaque fois plus outrancière. Un nouveau palier a été franchi, dimanche 4 mai : sur son blog, M. Mélenchon a décrété persona non grata les journalistes de notre quotidien comme ceux de Libération : « Aucun des journalistes de ces deux quotidiens ne sont bienvenus dans mes meetings et déplacements tant qu'ils travaillent pour ces quotidiens. »
Il a appelé aussi ses « amis » à « les surveiller de façon étroite et vigilante, à filmer leurs agissements, si possible, dès qu'ils les repèrent, qu'ils agissent à découvert ou qu'ils se cachent sous des faux noms ». En effet, l'ancien sénateur socialiste n'hésite pas à affirmer – au mépris de toute vérité – qu'un de nos journalistes a couvert une actualité du Parti de gauche en travestissant sa qualité de journaliste au Monde. Lors d'une précédente et récente livraison, M. Mélenchon avait traité l'ensemble de « la chaîne du travail » du Monde « de vrais lâches », régis par « un devoir d'obéissance », ajoutant dans un sous-entendu méprisable : « Vous savez où cela conduit ? »
Les propos de M. Mélenchon visant notre journal sont, cette fois encore, mensongers, insultants et diffamants. Cette basse manœuvre ne sert qu'un objectif : empêcher nos équipes de faire leur travail de journaliste. La direction du Monde condamne ces attaques avec la plus grande fermeté.
Natalie Nougayrède, directrice du Monde
Le Monde: la majorité de la rédaction en chef "démissionne", Mélenchon surfe sur la crise
Sept rédacteurs en chef ou rédacteurs en chef adjoints du Monde sur une dizaine ont démissionné en bloc de leurs fonctions, mardi 6 mai, pour protester contre "l'absence de confiance" envers la direction, en plein conflit sur la réorganisation de la rédaction, a-t-on appris auprès de l'un d'eux. Une crise strictement interne qui a pris néanmoins une dimension politique quand Jean-Luc Mélenchon a décidé de s'en mêler.
"Depuis plusieurs mois, nous avons envoyé de nombreux messages d'alerte pour signaler des dysfonctionnements majeurs, ainsi qu'une absence de confiance et de communication avec la direction de la rédaction nous empêchant de remplir nos rôles à la rédaction en chef", expliquent les démissionnaires dans un message interne adressé à Natalie Nougayrède, directrice du Monde, et à Louis Dreyfus, président du directoire du quotidien, obtenu par l'AFP.
Dans les faits, ces membres de l'encadrement du quotidien et du site internet démissionnent de leurs seules fonctions, pas du journal. Ne souhaitant pas fragiliser la rédaction, ils se tiennent même "disponibles pour traiter les affaires courantes jusqu'à la nomination d'une nouvelle équipe", précisent-ils.
"Nous avons tenté d'y apporter des solutions, sans succès. Nous faisons aujourd'hui le constat que nous ne sommes plus en mesure d'assurer les tâches qui nous ont été confiées, et c'est pourquoi nous démissionnons de nos postes respectifs", écrivent François Bougon, Vincent Fagot, Julien Laroche-Joubert, Damien Leloup, Cécile Prieur, Françoise Tovo et Nabil Wakim.
Mélenchon en profite pour rétropédaler
En plein conflit avec le journal du soir, qu'il accuse régulièrement de porter un jugement biaisé à son égard, le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'est invité à la surprise générale dans la crise interne du Monde.
Dans un communiqué diffusé ce mardi 6 mai, l'ancien candidat à l'élection présidentielle parle d'une "crise d'identité salutaire" à la tête du journal et en profite pour revenir discrètement sur les déclarations polémiques qu'il avait faites pendant le week-end.
Au détour d'un billet de blog, Jean-Luc Mélenchon s'en était encore violemment pris aux journalistes du Monde et de Libération auxquels il déclarait vouloir refuser l'accès à ses meetings. Il appelait même ses militants à les surveiller et à les filmer. Des propos outranciers qu'il a encore justifié ce mardi sur Public Sénat, estimant ne pas avoir supporté d'être dépeint dans le quotidien "dans les mêmes positions d'orateur" qu'Adolf Hitler.
Les attaques du chef de file du Front de Gauche avaient en tout cas entraîné une condamnation sans équivoque ce lundi de la part de la directrice du Monde Natalie Nougayrède.
Changement de pied ce mardi. Prétextant de la crise au journal, Jean-Luc Mélenchon s'en est pris à sa directrice pour retirer ses propos polémiques. "C'est le refus par Nathalie Nougayrède du dialogue que je lui proposais qui a ruiné la relation de mon parti avec Le Monde. Il est prouvé à présent que cette arrogance a également ruiné l'équipe de direction de ce journal", explique-t-il.
Par "mesure de bienveillance" à l'égard des journalistes, ce dernier accepte finalement leur "présence éventuelle" dans ses meetings et "renonce à faire filmer leurs agissements hostiles".
Ce type est un vautours, un charognard, le genre qui tire sur l'ambulance au bazooka


