C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

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Vultaire
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C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par Vultaire » 21 mai 2014 00:49

Poutine à Shanghai: relations bilatérales au beau fixe
Courrier International - Agnès GAUDU, Laurence HABAY

Vladimir Poutine entame le 20 mai une visite à Shanghai. Au menu : signature d'un nombre record de documents de coopération et manoeuvres militaires conjointes en mer de Chine orientale.

Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping à Shangai, le 20 mai 2014 (AFP PHOTO / POOL / Aly Song) Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping à Shangai, le 20 mai 2014 (AFP PHOTO / POOL / Aly Song) AFP
Le sommet russo-chinois n'a pas lieu à Pékin, mais à Shanghai. Cette mégapole de l'Est de la Chine ne se fait, elle, pas appeler deuxième capitale du pays, comme Saint-Pétersbourg en Russie, remarque le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta, mais elle est bien sûr la première des grandes villes chinoises en ce qui concerne son rythme de croissance économique et le niveau de vie de sa population.
Cette semaine, elle sera au centre de la vie politique du pays, car outre le sommet russo-chinois, doit s'y tenir le 4e Sommet de la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA). Enfin, c'est au large des côtes de Shanghai, en mer de Chine orientale, qu'ont été entamées le 20 mai des manoeuvres conjointes entre les flottes russe et chinoise.

Un contexte international "tendu"

Le journal moscovite rappelle le contexte international "tendu" dans lequel se déroulent ses événements : le conflit en Ukraine et les sanctions occidentales à l'encontre de la Russie, aussi bien que le "virage" politico-militaire de Washington en direction de l'Asie. Il souligne également que la Chine, généralement très prudente sur les questions territoriales concernant les autres pays, a soutenu la Russie sur l'essentiel, en dénonçant la politique des sanctions contre Moscou. Ce thème n'est pas officiellement à l'ordre du jour du sommet russo-chinois, mais il devrait être abordé entre Vladimir Poutine et Xi Jinping, estiment les experts russes.

Dans le contexte de la crise ukrainienne, mais aussi des conflits en mer de Chine du sud, "Europe et Etats-Unis craignent que la Chine et la Russie constituent une alliance pour résister ensemble à l'Occident", écrit Bu Yongguang, chercheur en relations internationales à Shanghai, dans le quotidien pékinois Beijing Qingnian Bao. Mais une telle "alliance imaginaire ne fait pas partie de la stratégie de la nouvelle génération de dirigeants chinois et n'est guère probable". La Chine "en restera à une politique étrangère favorable au maintien de l'ordre existant".

"Poutine a déclaré à la télévision que la Russie n'a pas l'intention de mettre en place une alliance militaire avec la Chine", relève un expert anonyme dans le Renmin Ribao, organe du Parti communiste chinois. "La Chine est un voisin et un allié naturels, mais nous n'avons pas besoin de forger une alliance, de former un bloc politique d'une conception obsolète." Et le spécialiste chinois de commenter : "La coopération stratégique entre les deux pays est une relation entre grands pays émergents sans alliance, sans opposition, sans confrontation avec les pays tiers".

Le quotidien économique russe RBCdaily, met cependant l'accent sur les manoeuvres militaires conjointes , dont la phase active aura lieu du 22 au 25 mai. "C'est le témoignage d'un très sérieux rapprochement militaire entre la Chine et la Russie", estime l'expert militaire russe
Vladimir Evseev. Des manoeuvres conjointes ont déjà eu lieu, mais jamais elles ne furent à ce point interconnectées".

Coopération économique

Plus que la politique, la coopération économique, qui reste relativement faible, est un sujet important de la rencontre, souligne le Beijing Qingnian Bao. Avec les sanctions occidentales du fait de la question ukrainienne, la Chine, en tant que premier consommateur d'énergie au monde, prend une place sans précédent.

Le Renmin Ribao détaille les domaines de coopération économique évoqués à Shanghai : "La coopération commerciale, financière et dans le domaine de l'energie, de la technologie et de l'aéronautique, doit permettre aux deux pays d'augmenter leur compétitivité respective." Une coopération poussée pour le développement de l'Extrême-Orient russe (la Sibérie) est également en discussion, avec la participation directe de l'industrie chinoise. Enfin, une coopération dans le ferroviaire devrait permettre d'améliorer les échanges.

Selon Nevassimaïa Gazeta, le conseiller du président russe Iouri Ouchakov a déclaré que 43 documents, une "quantité record", avaient été préparés à la signature pour des accords intergouvernementaux et entre entreprises. Cependant certains dossiers sont délicats, a -t-il précisé, citant un très gros projet gazier en négociation depuis 10 ans. La Chine est de loin le premier partenaire économique de la Russie en termes de commerce extérieur.
Cyber-espionnage: la Chine dénonce "l'hypocrisie" des États-Unis et les menace de représailles
La Tribune - [s.a.]

Les États-Unis ont inculpé lundi cinq militaires chinois, accusés d'avoir volé des secrets commerciaux à des entreprises américaines. La Chine a dénoncé ces accusations "absurdes", qui mettent "en danger la coopération" entre les deux pays.
Au lendemain de l'inculpation aux États-Unis de cinq membres de l'armée chinoise dans une affaire de cyber-espionnage, la Chine a convoqué mardi l'ambassadeur américain à Pékin et menacé Washington de représailles.

Un grand jury de Pennsylvanie a inculpé cinq officiers chinois accusés d'avoir, entre 2006 et 2014, volé des secrets commerciaux d'entreprises américaines spécialisées dans l'énergie nucléaire ou solaire, et dans la métallurgie. C'est la première fois que la justice américaine accuse publiquement la Chine de cyber-espionnage.

Pékin a immédiatement réagi à l'inculpation des officiers en dénonçant des accusations "absurdes" , qui s'appuient sur des "faits fabriqués" et mettent "en danger la coopération et la confiance mutuelle entre la Chine et les Etats-Unis".

La Chine dénonce "deux poids, deux mesures"

Le ministère chinois de la Défense a également commenté l'affaire dans un communiqué sur son site internet:
"De WikiLeaks à l'affaire Snowden, l'hypocrisie des États-Unis et son recours à deux poids deux mesures en matière de sécurité informatique ont depuis longtemps été clairement mis en évidence. […] Le prétendu "réseau (chinois) d'espionnage commercial" est purement et simplement une invention des Etats-Unis, qui s'inscrit dans une stratégie de tromperie du public avec des motifs non avoués."

"Si les Etats-Unis continuent dans cette voie, la Chine prendra des mesures pour répliquer avec détermination", a par ailleurs déclaré un porte-parole de l'Office national d'information sur internet, l'autorité de régulation, cité par Chine nouvelle et Le Quotidien du peuple.

En 2013, 49% des intrusions malveillantes motivées par l'espionnage provenaient de Chine et d'autres pays d'Asie orientale, selon une étude de l'opérateur américain Verizon Communications.
Ca ne s'annonce pas très bien pour les Etats-Unis, mauvais timing sans doute; pour tenter de faire les "hypocrites" sur la surveillance étrangère, ce n'était pas le bon moment. Je ne comprends pas vraiment qu'elles étaient leurs intentions en condamnant ces cyber-espions alors qu'ils savent très bien que leurs relations avec la Chine ne tiennent qu'à un fil. Oui, la justice fait indépendamment son travail; mais c'est tout de même une première, un message fort qui n'est pas sans conséquences diplomatiques directes et dont les conséquences ont dû être réfléchies au-delà des tribunaux.

Et pendant ce temps, les liens sino-russes se portent à merveille dans tous les domaines. Ils semblent encore limiter leurs relations, et j'espère que la Chine gardera cette ligne de modération dans ce contexte si particulier (où le monde avec les crises syriennes ou ukrainiennes semble de nouveau découpé en blocs).

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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par bigboul » 21 mai 2014 01:25

Que dire de plus. Cette excellente analyse de la situation géopolitique mondiale en mouvement peut faire grincer quelques dents, mais notre avenir ne passera pas forcément par les USA. Et si de ces deux géants naissait un autre système que le capitalisme, basé sur plus de partage et d'équité. L'internationalisme est en mouvement. Suivons ça de (très) près.
Le mensonge n'est pas une simple tromperie, il est l'expression d'un système de vie découlant d'une éducation basée sur l'exercice du pouvoir des puissants sur le monde.La vérité, elle, est révolutionnaire. :super:

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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par NSC » 21 mai 2014 08:36

bigboul a écrit : Que dire de plus. Cette excellente analyse de la situation géopolitique mondiale en mouvement peut faire grincer quelques dents, mais notre avenir ne passera pas forcément par les USA. Et si de ces deux géants naissait un autre système que le capitalisme, basé sur plus de partage et d'équité. L'internationalisme est en mouvement. Suivons ça de (très) près.
Les Russes et les Chinois sonr capitaliste et sur le modele occidentale aucun autre modele ne sortira de ces deux pays.

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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par bigboul » 26 mai 2014 07:01

La création d'un super géant continental Chine-Russie va changer la donne mondiale. L'affaiblissement de l'occident ouvre une voie à la Russie pour prendre l'avantage économique et militaire, via cette nouvelle alliance, sur les Etats Unis et accessoirement l'Europe. L'abandon du Dollar pour leurs échanges risque d'entraîner une nouvelle crise des monnaies à laquelle l'Euro n'échappera pas.
Le bloc est-européen-asiatique qui est en train de se consolider et dépassera la puissance de l'Occident

La tentative états-unienne d’isoler économiquement la Russie pour l’empêcher de secourir la population ukrainienne a eu l’effet contraire de celui escompté : elle pousse Moscou dans les bras de Pékin. De sorte, qu’à long terme, le bloc est-européen-asiatique qui est en train de se consolider dépassera la puissance des occidentaux.

Pendant que l’OTAN convoque demain à Bruxelles ses 28 ministres de la Défense pour potentialiser ses forces dans une fonction anti-russe, en intensifiant aussi l’entraînement de militaires et paramilitaires de Kiev (y compris les bandes armées qui ont tenté d’assassiner le secrétaire du Parti communiste ukrainien), et que l’Union européenne prend de nouvelles sanctions contre la Russie, la réponse vient non pas de Moscou, mais de la lointaine Pékin.

Le président Poutine commence aujourd’hui sa visite officielle en Chine, durant laquelle sera signée une trentaine d’accords bilatéraux, dont le premier effet sera celui de rendre vain le plan de Washington visant à « isoler la Russie de Poutine en coupant ses liens économiques et politiques avec le monde extérieur ».

La portée des accords est stratégique. Un contrat d’une valeur de 270 milliards de dollars entre la compagnie publique russe Rosneft et la China’s National Petroleum Company prévoit que la Russie fournira à la Chine dans les 25 prochaines années plus de 700 millions de tonnes de pétrole. Un autre contrat prévoit que la compagnie publique russe Gazprom fournira à la Chine, d’ici 2018, 38 milliards de m3 de gaz par an, c’est-à-dire environ un quart de celui qu’elle fournit aujourd’hui à l’Europe. Se servant aussi d’investissements chinois prévus pour 20 milliards de dollars, Moscou projette de potentialiser l’oléoduc entre la Sibérie orientale et le Pacifique, en le flanquant d’un gazoduc de 4 000 km pour approvisionner la Chine. Pékin est intéressé pour effectuer des investissements en Crimée aussi, en particulier pour la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié, pour la modernisation de l’agriculture et la construction d’un terminal céréalier. En même temps Moscou et Pékin sont en train de penser à abandonner le dollar comme monnaie pour les échanges dans la région asiatique. Et la Russie est en train de projeter son propre système de paiements, sur le modèle du chinois Union Pay, dont les cartes de crédit peuvent être utilisées dans plus de 140 pays, se plaçant au second rang mondial après les Visa.

La coopération russo-chinoise ne se limite pas au domaine économique. Les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine, d’après des sources diplomatiques, feront une « déclaration substantielle » sur la situation internationale. La convergence d’intérêts stratégiques sera exemplifiée par la manœuvre conjointe que les marines des deux pays effectueront en mer de Chine méridionale, justement après que s’est déroulée aux Philippines une grosse manœuvre aéronavale étasunienne. Et un accord militaire est pratiquement conclu : dans le cadre de cet accord, Moscou fournira à Pékin des chasseurs multi-rôles Soukhoï Su-35, des sous-marins de classe Lada et les systèmes de défense missilistique les plus avancés, S-400.
La Conférence sur les mesures d’interaction et de renforcement de la confiance en Asie (Cica) a été fondée à l’initiative du Kazakhstan, en 2006, et dispose de son secrétariat permanent à Almaty. La présidence tournante sera remise par la Turquie à la Chine à l’ouverture du prochain sommet de Shanghai, les 21 et 22 mai 2014.

Pour souligner la convergence d’intérêts entre Moscou et Pékin, Poutine intervient à la Conférence sur les mesures d’interaction et de renforcement de la confiance en Asie (Cica) qui, présidée par Xi Jinping, se tient à Shanghai les 21 et 22 mai prochains, avec la participation notamment du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, du président afghan Hamid Karzai et de l’iranien Hassan Rouhani. Une claque aux États-Unis qui, après avoir dépensé dans les guerres en Irak et Afghanistan 6 000 milliards de dollars, voient maintenant la Chine de plus en plus présente économiquement dans ces pays. En Irak, elle achète environ la moitié du brut produit et effectue de gros investissements dans l’industrie pétrolifère ; en Afghanistan, elle investit surtout dans le secteur minier, après que des géologues du Pentagone ont découvert de riches gisements de lithium, cobalt, or et autres métaux. Et, ouvrant à l’Iran des débouchés à l’est, Russie et Chine rendent de fait vain l’embargo effectué par les USA et l’UE.

Les choses ne vont pas mieux pour Washington sur le front occidental. La possibilité, exposée par l’administration Obama, de réduire de plus de 25 % en une décennie les fournitures de gaz russe à l’Europe pour les remplacer par du gaz naturel liquéfié fourni par les États-Unis, est en train de se révéler être du bluff. Ce que confirme le fait que, malgré les sanctions annoncées par Berlin, des sociétés allemandes continuent à investir dans l’industrie énergétique russe : la Rma Pipeline Equipment, productrice de valves d’oléoducs et gazoducs, est en train d’ouvrir son plus gros site dans la région de la Volga. Et Gazprom a déjà signé tous les contrats, dont un de 2 milliards d’euros avec la firme italienne Saipem (Eni), pour la réalisation du gazoduc South Stream qui, contournant l’Ukraine, apportera le gaz russe à travers la mer Noire jusqu’en Bulgarie et, de là, dans l’UE. Même si les États-Unis arrivaient à bloquer le South Stream, la Russie pourrait dérouter le gaz jusqu’à la Chine.

Le « East Stream » est désormais ouvert.
Manlio Dinucci
Réussite américaine : Alliance contre-nature Russie-Chine, la nouvelle grande puissance est née !

Ce 19 mai le président russe annonçait successivement que les relations russo-chinoises sont au zénith, une coordination des diplomaties des exercices militaires communs entre les flottes russes et chinoises et bientôt, un concurrent russo-chinois d’Airbus et Boeing va émerger.

L'alliance russo-chinoise n'est plus un phantasme ou une hypothèse. C'est une réalité qui défie désormais l'Occident. Pourtant, la Russie appartient bien à notre Civilisation Européenne, elle aurait dû être à nos côtés.

Comment en est-on arrivé là ?

Comment a-t-on fait de Vladimir Poutine, à l’origine un pro-occidental*, l’un des fossoyeurs du Communisme avec Boris Eltsine , l’Homme qui aura ancré la Russie à la Chine ?

C’est incontestablement un tour de force, qu’a réussi l’Occident ! Quand l’URSS s’effondre en 1991, l’Occident voit potentiellement doubler sur la planète l’espace de sa Civilisation ! La frontière de la Civilisation Européenne, est en passe d’être transférée de Berlin où elle était en 1989 à… Vladivostok !

Moins de 30 ans plus tard, 23 ans exactement, ce rêve s’est effondré !

Vladimir Poutine vient d’annoncer la couleur, c’est avec la Chine que la Russie va s’allier, pour le meilleur et pour le pire.

Le Président Russe originaire de Saint-Pétersbourg , la ville la plus occidentalisée de la Russie, une cité bâtie par Pierre le Grand, pour faire de la Russie un pays d'Europe agrafe désormais la Russie à la Chine.

Un avenir chinois.

Le président russe vient de prononcer un discours sans ambiguïté sur l’avenir de la Russie. J’en retranscris le lien ici.
http://french.xinhuanet.com/chine/2014- ... 343888.htm
Explication de ce texte.

Dans ce discours on retiendra les points suivants :

« La Chine est notre ami fiable. ».

Le président russe ne dit pas « un ami », il dit « notre ami ». Ce qui signifie clairement que la Chine a une place privilégiée d’allié de la Russie, au détriment, on s’en doute, des pays occidentaux, qui auraient pu être ses alliés, mais qui ne le sont pas, faute d’être... « fiables ».

La fiabilité des alliés, c'est très important à Moscou. C'est parce que l'URSS n'avait pas d'allié fiable qu'elle signa jadis le Pacte Germano-Soviétique et le paya en manquant de peu d'être rayée de la carte en 1941.

L'instabilité aussi fait peur aux Russes. C'est l'instabilité d'une Europe en proie à la Révolution qui amena Napoléon jusqu'à Moscou en 1812.

La Diplomatie Russe détestent ceux qui ne sont pas fiables et ceux qui sont instables. La Diplomatie Russe n'aime pas les pays qui s'arrogent le droit d'attaquer n'importe qui sous n'importe quel prétexte. Suivez mon regard.

La Russie trouve en Pékin stabilité et prévisibilité. Elle en a le plus grand besoin. La Fédération n’est pas un hyper-puissance, elle a ses fragilités, économiques, démographiques, elle a besoin de constance, cette constance elle la trouve… à Pékin !

Certes la Russie a bien sûr d’autres amis : l’Arménie, le Kazakhstan etc… mais ces pays font partie de l’ « Étranger Proche ». Ces pays de l’ex-URSS appuient leur stabilité sur la Russie, ils ne stabilisent pas la Russie au plan international, la Chine, si.

« M. Poutine a souligné qu'au stade actuel, les deux pays devraient donner la priorité à l'amélioration de la coopération dans les domaines de l'économie, de la science et des technologies de pointe. »

En matière scientifique, la Chine désormais capable d’envoyer des hommes dans l’espace et des sondes automatiques sur la Lune rattrape les États-Unis. Les États-Unis voulant ostraciser la Russie, il est tout à fait logique que celle-ci se retourne vers la Chine. C’est un pari sur l’avenir : avoir un partenaire fiable, pouvoir s’appuyer sur lui en matière d’échanges technologiques.

La Chine pillant les brevets industriels de l’Occident via les transferts de technologie, la Russie au final contourne la blocus occidental par la Chine, comme les Portugais d'antan contournèrent le blocus ottoman sur les épices en faisant le tour de l’Afrique !

« Russie et la Chine sont en train de travailler sur les moyens d'élargir les règlements en devises locales dans le but de protéger le commerce bilatéral des fluctuations des principales devises étrangères. »

Là, on est dans le lourd. Là, on ne plaisante plus. Ça n’est ni plus ni moins que la suprématie du dollar qui est remise en cause.

Aujourd’hui, presque tous les échanges entre pays à devises différentes se font en dollars. Cela donne aux USA émetteurs dudit dollar une suprématie puisque c’est leur monnaie, son taux de change qui régule les échanges internationaux.

Ce privilège a déjà été contesté par l’Iran. C’est peut être une des raisons, pour lesquels les USA en veulent tant à Téhéran !

Là, la contestation change de dimension !

« Au sujet de 2015, lorsque la Russie et la Chine célébreront conjointement le 70e anniversaire de la victoire sur les Nazis, M. Poutine a déclaré que les deux pays sont unis dans leur opposition au révisionnisme sur la Seconde Guerre mondiale. »

Le souvenir de la Seconde Guerre Mondiale est presqu’une religion en Russie. La Russie trouve en la Chine un partenaire qui partage sa presque-religion. La Chine aussi a beaucoup souffert de la Seconde Guerre Mondiale. La Chine aussi fait partie des vainqueurs.

« La Russie et la Chine, a noté M. Poutine, soutiennent également activement la création d'un nouveau cadre de sécurité et de développement durable dans la région Asie-Pacifique »

Fidèle à lui-même, le président russe va au bout des choses. Il enfonce le clou. Cette alliance naissante se traduira par un cadre politique régulant la sécurité en Asie qui pérennise le rôle de la Russie.

Et au delà de l'analyse.

Il y a un peu plus de dix ans de cela, à Ekaterinbourg, dans l'Oural à 1400 km de Moscou, des amis me montraient, devant le Consulat des États-Unis l'endroit où des Russes « de la rue » avaient déposé, spontanément, après le 11 septembre 2001... des fleurs.

Après la disparition de l'URSS, les Russes montraient leur attachement aux pays Occidentaux ! Le Peuple Russe nous adressait un message : nous sommes Européens, comme vous. Nous aimons la Démocratie. Nous voulons vivre dans la même Civilisation que vous.

Comment les Russes ont-ils été accueillis par l'Occident ?

2004 : Intégration des Pays Baltes dans l'OTAN mettant Saint-Pétersbourg, la deuxième ville russe à moins de 300 kilomètres des canons de l'Alliance Atlantique. Sympa comme accueil.

2008 : La Géorgie appuyée politiquement par l'OTAN, attaque l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, en violation du traité de Dagomys, signé en 1991 par les présidents russe et géorgien de l'époque , Edouard Chevardnadze et Boris Eltsine. Cette attaque provoque une réaction légitime au regard du Droit International de la Russie qui sera suivie, en Occident par une campagne anti-russe sans précédent. Etait-on alors obligé d'ignorer l'existence d'accords signés et d'appuyer l'initiative imbécile de saakachvili ?

La Russie avait le choix entre : entrer en guerre pour honorer ses accords ou se ridiculiser sur la scène internationale en ruinant la crédibilité qu'elle commençait à retrouver. Pourquoi avoir autant contrer la Russie dont le choix, au final, n'avait rien d'absurde ?

Février 2014 : En Ukraine, le parlement, toujours appuyé par les Occidentaux interdit la langue russe, pratiquée par presque 20% de la population et apprise comme première langue par tous les Ukrainiens de plus de 30 ans qui ont grandis en Union Soviétique.

J'aurais pu citer d'autres exemples, comme la participation des néo-nazis au gouvernement ukrainien. J'ai retenu ceux que je trouve les plus parlant.

Et aujourd'hui ?

Aujourd'hui, les mêmes Russes qui hier déposaient des fleurs devant le Consulat des Etats-Unis ont cessé de comprendre l'Occident et pour la plupart, lui sont désormais hostiles.

Les Russes restent des Européens des Chrétiens. Mais l'Europe de l'Ouest et son excroissance nord-américaine les a rejeté ! Ils en ont tiré les conséquences.

Et Vladimir Poutine en s'alliant avec la Chine fait désormais un mariage de raison, le seul possible.

Seulement quand je repense à ces fleurs, je me dis : quel gâchis.

* Que Poutine soit colonel du KGB ne change rien au fait qu'il fut, à l'époque de la Chute de l'URSS, un pro-occidental. Tous les soviétiques à des postes de responsabilité appartenaient, pour cause... à des instances soviétiques ! Armée Rouge, KGB, PCUS !
Le mensonge n'est pas une simple tromperie, il est l'expression d'un système de vie découlant d'une éducation basée sur l'exercice du pouvoir des puissants sur le monde.La vérité, elle, est révolutionnaire. :super:

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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par Fonck1 » 26 mai 2014 07:21

NSC a écrit : Les Russes et les Chinois sonr capitaliste et sur le modele occidentale aucun autre modele ne sortira de ces deux pays.
je reviens de chine,effectivement,leur système a un peu changé,mais je peux te dire que t'es toujours dans un pays centralisé,communiste et dictatorial en chine.
je pense qu'il en est de même en russie,il n'y a qu'a voir le simulacre d'élections auquel on assiste,ainsi que les contournements de la soi disante démocratie

le modèle occidental lui,c'est la démocratie étatique.
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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par Crapulax » 26 mai 2014 07:35

Poutine cherche a créer un nouveau Rideau de Fer et ça on le voit au fil du temps.Bien sur en incluant pas les Pays Européens "pauvres" comme dans l'ancien bloc de l'Est.Il s'axe sur l'ancien Empire Russe,l'Ukraine en est un exemple.
En continuant à s'assurer l'appui d'une Chine qui domine l'économie de marché Poutine s'assure un "filet de sécurité".
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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par Fonck1 » 26 mai 2014 07:47

Crapulax a écrit : Poutine cherche a créer un nouveau Rideau de Fer et ça on le voit au fil du temps.Bien sur en incluant pas les Pays Européens "pauvres" comme dans l'ancien bloc de l'Est.Il s'axe sur l'ancien Empire Russe,l'Ukraine en est un exemple.
En continuant à s'assurer l'appui d'une Chine qui domine l'économie de marché Poutine s'assure un "filet de sécurité".
la différence,c'est qu'ils n'ont plus confiance en la Russie,qui n'a fait que se servir d'eux depuis l nuit des temps.
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Re: C'est l'histoire d'un russe, d'un chinois et d'un américain.

Message par NSC » 26 mai 2014 10:19

Crapulax a écrit : Poutine cherche a créer un nouveau Rideau de Fer et ça on le voit au fil du temps.Bien sur en incluant pas les Pays Européens "pauvres" comme dans l'ancien bloc de l'Est.Il s'axe sur l'ancien Empire Russe,l'Ukraine en est un exemple.
En continuant à s'assurer l'appui d'une Chine qui domine l'économie de marché Poutine s'assure un "filet de sécurité".
C'est surtout les occidentaux qui cherhcent a isoelr Poutine depuis de nombreuses annees. le doigt dans ;e cul qu'il leur a mit au sujet de la Syrie n'a fait que donner le pretexte aux occidentaux pour l'Ukraine.

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