Je voulais pas écrire sur la grève des cheminots... Pas sur ce blog, entièrement dédié à la Culture et à ma mauvaise humeur. Seulement voilà, ils m'ont provoqué, les cons. Dans les journaux, à la télé, sur les forum de discussions, ils sont partout... Ils déversent leurs tombereaux de haine, d'injures et de saloperies sur de pauvres couillons qui tentent comme ils peuvent, avec leurs tout petits moyens de protéger leur emploi et leur salaire.
Je vais pas parler des raisons de la grève... On s'en fout. Personne peut comprendre, personne comprendra jamais. Le gus qui se révolte, il est toujours le seul à savoir pourquoi. C'est des sentiments confus, à l'intérieur de ses tripes. Les syndicats ont pas encore compris ce truc là... Quand ils appellent à faire la grève, ils ouvrent une porte... Et alors les exploités laissent enfin éclater leur colère.
Dans notre système « démocratique », les syndicats sont là pour mettre cette colère en musique, la rendre présentable, pour pas trop effrayer le bourgeois. « - T'inquiète pas pas qu'ils lui disent au Ministre, on gère la situation, si tu laisses un sac d'os pas trop vieux que tes chiens ont pas trop touché, on pourra leur donner à ronger, ça les calmera... ». Alors le Ministre, il organise une réunion, il promet des états généraux qui créeront des commissions qui établiront des rapports qui seront étudiées par des « conseils d'experts », qui les remettront à un « Collège de Sage » qui donneront leurs conclusions au prochain gouvernement qui dira que les travailleurs, décidément, ils sont pas raisonnables, ils comprennent rien aux exigences du Marché, qu'heureusement qu'ils sont là, eux les politiciens responsables, pour guider ce peuple ignorant et turbulent.
Parce que l'exploité, lui, tout ce qu'il veut, c'est dire qu' « y en a marre ! » Marre de quoi ? Il sait pas, pauvre bonhomme. Marre d'être pris pour un con, c'est sur... Mais ça, personne pourra jamais revenir là-dessus, bien au contraire... C'est important qu'il soit con l'exploité. Ça permet aux autres exploités dont on parle jamais de se sentir moins cons, d'avoir l'impression de faire parti du système, d'être important. Si le gréviste est un con, alors celui qui subit la grève est une victime, un otage, un malheureux qu'on empêche de s'épanouir dans son servage habituel. Alors ils faut mâter la grève et faire taire les cons...
Que les boutiquiers et les dames patronnesses se rassurent, y aura plus jamais de révolution en France. Y aura des révoltes, des jacqueries, des coups de gueule... Mais les puissants qui protègent vos biens saurons mettre les gueux au pas. Mais tout a un prix... On va devenir un pays d'imbéciles, des veaux menés par des chiens castrés jusqu'aux abattoirs du Grand Marché Mondialisé. Et tout le monde y passera, tous, jusqu'au dernier... Si je suis pas encore mort le jour où ils viendront me chercher, dans ma grotte, j'essaierai d'en mordre un ou deux, pour lui refiler ma rage. Mais peut-être qu'ils m'oublieront, qu'ils ne sauront plus que j'existe... J'ai décidé d'être inutile.
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