UE: Le FN parviendra-t'il à former un groupe parlementaire ?

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le parisien
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UE: Le FN parviendra-t'il à former un groupe parlementaire ?

Message par le parisien » 29 mai 2014 10:00

Le casse-tête des alliances du FN pour former un groupe au Parlement européen



Marine Le Pen a peut-être remporté une victoire dimanche 25 mai en arrivant en tête des élections européennes avec 24,85% des voix mais il reste encore au FN une mission très importante à remplir pour espérer peser un tant soit peu à Strasbourg: former un groupe parlementaire.

Pour ce faire, il faudra rassembler 25 eurodéputés élus dans sept pays différents. Avec les 24 sièges que le parti d'extrême droite a remporté dimanche, la première condition devrait être facilement remplie. Cependant, le FN n'aura pas d'autre choix que de se lancer dans un jeu d'alliances complexe pour attirer six autres partenaires européens. Mercredi 28 à Bruxelles, Marine Le Pen a présenté les premiers partis qui ont accepté de la rejoindre.

Le HuffPost vous récapitule ci-dessous les différentes options qui s'offrent à Marine Le Pen à un mois de la date limite pour finir de former un groupe au parlement qui lui donnerait accès à des financements de plus de deux millions d'euros, la possibilité de déposer des amendements ou encore de participer à l'élaboration de l'ordre du jour des séances.


Les partis que le FN a réussi à rassembler

Marine Le Pen avait déjà engagé des discussions avec ses partenaires européens classiques. Ceux-ci, présents lors de la conférence mercredi, rassemblent la Ligue du Nord en Italie qui a obtenu 5 sièges après avoir fait un score plus décevant qu'en 2009. Autre allié, le FPÖ. Ce parti autrichien, qui a une nouvelle fois fait scandale en début d'année quand sa tête de liste aux européennes a tenu des propos racistes, enverra 4 eurodéputés à Strasbourg.

La présidente du FN s'est aussi tourné vers le PVV (Pays-Bas), dirigé par Geert Wilders. Le Parti pour la liberté a obtenu 3 sièges et avait déjà communiqué ouvertement dès novembre 2013 sur sa volonté de s'allier au FN en vue des élections européennes. Un accord qui comprenait également un rassemblement avec le parti séparatiste flamand Vlaams Belang qui a fait élire un eurodéputé dimanche dernier.

Marine Le Pen et ses partenaires ne forment donc que cinq des sept nationalités requises pour le moment.


Les partis qui tordent le nez

Les deux dernières alliances restantes seront compliquées à former. Et ce, en partie à cause d'un concurrent de taille: le UKIP, le parti britannique anti-Europe arrivé, lui aussi, en tête du scrutin dimanche dernier.
Avec ses 23 sièges, ce dernier compte bien conserver le groupe qu'il a déjà au parlement européen et a refusé de se rapprocher de Marine Le Pen le mois dernier en avançant que "l'antisémitisme est inscrit dans l'ADN" du parti du [Front national]".

Un point de vue partagé par le Parti populaire danois qui a plusieurs fois pris ses distances avec le FN et qui souhaiterait faire rester ses 4 eurodéputés dans le groupe parlementaire Europe libertés démocratie du UKIP. Une option qu'envisage aussi le parti Ordre et Justice qui a obtenu 2 sièges en Lituanie.

Reste enfin les Démocrates suédois qui avaient rencontré la dirigeante du Front national en fin d'année mais qui n'ont pas officiellement pris position sur une alliance. Ils pourraient fournir deux sièges de plus et permettraient au FN de ne plus avoir qu'un seul partenaire à trouver.


Les partis dont le FN ne veut pas entendre parler

Même si le Front national a du mal a trouver un ultime allié, le parti sait déjà vers qui il ne se tournera pas. Invitée au micro de Jean-Jacques Bourdin mardi 27 mai, Marine Le Pen a en effet affirmé qu'elle se rendrait mercredi à Bruxelles "pour aller rencontrer un certain nombre de responsables politiques" qui seraient intéressés mais qu'une alliance avec quatre partis étaient d'ores et déjà exclue.

"Avec qui nous ne [nous allierons] pas? Avec le Jobbik (en Hongrie), avec Ataka (en Bulgarie), et évidemment avec Aube Dorée (le parti néo-nazi grec). Ni évidemment avec Udo Voigt", qui est devenu à l'issue du scrutin de dimanche le premier élu néo-nazi allemand à faire son entrée au parlement européen. Ce qu'elle a répété mercredi.

Reste donc à Marine Le Pen de réussir à convaincre de nouveaux petits partis qui ont réussi une percée lors de ces élections comme le KNP Polonais, le Congrès de la nouvelle droite, ou espérer que le UKIP ne parviendra pas à garder son groupe parlementaire et pourrait ainsi récupérer un de ses alliés.


Pas de quoi entraver le travail de l'Europe

Au total, les forces europhobes ont récupéré près de 140 sièges sur les 751 du futur Parlement. Même si la désunion qui existe entre ses partis venait à se réduite avec un groupe parlementaire mené par Marine Le Pen, leur nombre ne leur permettrait pas pour autant d'entraver le fonction de l'Europe.

Cela "ne va pas changer la façon dont le Parlement travaille", mais il y aura des conséquences "sur les scènes politiques nationales et la façon dont les dirigeants nationaux agiront au sein de l'UE" estimait lundi Jan Techau, directeur du groupe de réflexion Carnegie Europe.

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bister
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Re: UE: Le FN parviendra-t'il à former un groupe parlementaire ?

Message par bister » 29 mai 2014 11:09

Marine Lepen n' a peu être pas le Commonwealth inscrit dans son ADN comme Nigel Farage.. non plus… et elle ne crêche pas au abords de la City renflouée par F. Hollande… non plus… Alors les points de convergences ne sied peu être pas aux englais.. ou England..

gland ou glais c'est pareil.. parce que, ce qu'ils appellent land chez eux ça ce traduit par glaise chez nous.. n'est'il pas ?

le parisien
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Re: UE: Le FN parviendra-t'il à former un groupe parlementaire ?

Message par le parisien » 23 juin 2014 10:15

Marine Le Pen veut un groupe au Parlement européen: pourquoi est-ce primordial pour le FN ?


On a coutume de dire que transformer l'essai est souvent le plus difficile. C'est vrai aussi en politique. L'adage se confirme pour Marine Le Pen qui, un mois après son triomphe aux élections européennes, a toutes les peines du monde à constituer un groupe au Parlement européen.

Pour y parvenir, elle doit rassembler, d'ici à mardi 24 juin, 25 députés qui viennent d'au moins sept pays différents. Remplir la première condition est assez simple dans la mesure où le Front national a obtenu à lui-seul plus de vingt sièges dans l'Hexagone. Mais convaincre six partenaires pose davantage de problème à la dirigeante du parti frontiste. Même si Jean-Marie Le Pen laisse entendre que le groupe est acté, les tractations ne sont pas terminées. Il faut dire que l'enjeu est de taille.

Pour le FN, réussir, c'est confirmer un réel succès électoral et franchir une nouvelle étape vers sa conquête du pouvoir. Mais échouer dans cette tentative donnera au contraire l'image d'un mouvement qui ne parvient pas totalement à se normaliser. Sa victoire du 25 mai ressemblera alors à un coup d'épée dans l'eau; son poids dans les instances bruxelloises serait à peine plus grand que lors de la précédente mandature, quand elle avait huit fois moins d'élus.

Des millions en plus et une résonance dans l'hémicycle

Un groupe au Parlement européen c'est avant tout l'assurance d'obtenir des moyens matériels et humains non négligeables. On parle ici d'un secrétariat avec bureaux et assistants dont le budget est pris en charge par les instances européennes. "Les groupes politiques disposent d'un secrétariat dans le cadre de l'organigramme du Secrétariat général, doté de facilités administratives et de crédits prévus au budget du Parlement", précise le règlement intérieur. Hors rémunération et avantages en nature dévolus à tous les eurodéputés, c'est une manne financière de 20 à 30 millions d'euros au cours de la mandature qui est en jeu. Le FN étant le parti le plus représenté dans cette potentielle alliance, c'est à lui que reviendrait la majorité de cet argent.

Au-delà de cet aspect financier qui pourrait faciliter la vie du FN dans les années à venir, il en va aussi de sa crédibilité politique. Avant le scrutin, Marine Le Pen s'était donné deux objectifs: arriver en tête en France et créer ce groupe parlementaire. Si elle a brillamment rempli le premier, elle court le risque de signer un premier échec marquant depuis sa prise de pouvoir en janvier 2011.

Reste enfin la visibilité de Marine Le Pen à Bruxelles et la capacité du Front national d'agir à l'échelle européenne. Quand on lui faisait remarquer pendant la dernière campagne que les trois élus FN (Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et elle-même) avaient été plus que discrets durant la précédente mandature, la présidente frontiste expliquait qu'elle ne pouvait pas faire de rapports ni proposer d'amendement car elle n'était pas membre d'un groupe. "Je suis une sous-députée", déplorait même l'ancienne candidate à la présidentielle.


Marine Le Pen: "Je suis une sous-députée" au... par BFMTV

Faire partie d'un groupe serait donc le moyen de faire entendre sa voix plus fréquemment dans l’hémicycle (avec des droits de réponse plus nombreux en séance plénière et un avis sur l'ordre du jour) à défaut de faire changer les choses, faute de majorité. S'il n'en avait pas, le FN resterait, comme avant, un parti en marge des institutions. "Elle ne serait qu'une non-inscrite, noyée dans la masse d'un groupe plus important que lors de la précédente mandature. Si tant est qu'elle en ait eu envie, elle n'aurait aucune capacité d'influence", explique Vivien Pertusot, chef de l'Ifri à Bruxelles.

Triomphalisme le 28 mai, mais depuis...

Le 28 mai pourtant, tout allait pour le mieux pour Marine Le Pen. Trois jours après sa victoire hexagonale, elle partait triomphante à Bruxelles en quête de partenaires. "Je n'ai aucune inquiétude sur l'existence future d'un tel groupe", expliquait Marine Le Pen, grand sourire au cours d'une conférence de presse organisée au Parlement européen. Autour d'elle, se tenaient Gert Wilders, patron du PVV néerlandais ainsi que des responsables du FPÖ autrichien, de la Ligue du nord italienne et du Vlaams Belang belge. Bref, "une base extrêmement solide de 38 députés" issus de cinq pays, pour reprendre les mots du FN.

Problème, ce socle a toutes les peines du monde à s'élargir. Et si un élu polonais du KNP (le révisionniste Janusz Korwin-Mikke) semble enclin à rejoindre ce groupe potentiel, il manque toujours un pays. Les regards se tournent vers le parti bulgare VMRO mais les récentes déclarations de Jean-Marie Le Pen sur Patrick Bruel ne sont pas de nature à attirer de nouveaux alliés. "Comme elle n'a pas besoin d'un gros contingent, on peut imaginer aussi qu'elle arrive à attirer des dissidents d'autres partis déjà alliés à des groupes", explique Vivien Pertusot.


Philippot relativise un possible échec

C'est exactement ce qu'a fait le meilleur ennemi de Marine Le Pen, le britannique Nigel Farage. Lui qui a toujours refusé de s'allier au FN qu'il juge antisémite fut mercredi 18 juin, le premier chef de file eurosceptique à annoncer la création d'un groupe. Grâce, qui plus est, à la dissidence d'une élue FN (que le parti voulait faire démissionner).

Au Front national, on fait mine de ne pas s'offusquer. "C'est surtout dur pour cette dame. Elle trahit son parti, ses électeurs et la France en allant dans les bras de M. Farage, le Britannique", a lancé Florian Philippot sur iTélé. Le vice-président du FN et nouvel eurodéputé démine aussi le terrain en cas d'échec de son parti. "C'est vrai (qu'avoir un groupe) permet d'avoir une caisse de résonance, des prérogatives supplémentaires. En même temps, si on n'y arrive pas, ce n'est pas dramatique non plus", relativise-t-il.

Voici l'explication qu'il avance: "Même si on avait un groupe nous n'aurions pas de majorité, à coup sûr, il faudra construire des majorités de circonstance groupe ou pas groupe", explique ce cadre du FN qui semble dire qu'avec ou sans groupe ce sera presque la même chose. Ce n'est pourtant pas ce que le parti affirmait pendant la campagne.
Tic, tac, tic, tac...

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