papibilou a écrit : 29 décembre 2024 19:46
Soit vous considérez que Tsahal a attaqué un hôpital qui était vraiment un hôpital, soit c'était un repère de terroristes et de combattants du Hamas.
Pourquoi pas les deux, et un hôpital et un repère ? Cela me semble plus logique : le Hamas utilise les civils et les infrastructures civiles comme bouclier et/ou abri. C'est condamnable, mais cela ne devrait pas être un pass pour tuer en masse des civils et détruire des infrastructures vitales...
Non que le nombre de civils ne soit pas totalement excessif, mais la faute en incombe-t-elle à Israël ou au Hamas ?
LÃ aussi, aux deux... Et encore une fois, cela ne justifie ni l'action de l'un, ni celle de l'autre. Qu'on condamne l'un ne devrait pas automatiquement signifier qu'on soutient l'autre...
Mais, comme j'ai dit plus haut que je suis convaincu que les intentions d'Israël vont au-delà de la "simple éradication" du Hamas, je poste un lien vers cet entretien avec Amos Goldberg, historien à l'Université hébreu de Jérusalem, spécialiste de l'holocaust, paru en juillet dernier (déjà ) :
https://www.revue-ballast.fr/amos-goldb ... nt-reunis/
Quelques extraits :
Il m’a fallu un certain temps pour digérer ce qui se passait et pour être capable d’exprimer ce que je voyais se dérouler sous mes yeux. Mais une fois que l’on voit ce qui est en cours, on ne peut plus rester silencieux. Même si c’est pénible et douloureux pour moi, mes lecteurs ou la société israélienne, le débat doit commencer quelque part.
Il existe plusieurs définitions de la notion de génocide, mais une seule est acceptée au niveau mondial, celle de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, qui a été adoptée par les Nations unies en décembre 1948. Il s’agit d’une définition juridique, mais qui reste vague et ouverte à l’interprétation, ce qui explique qu’elle ait été et soit encore critiquée. La convention décrit le génocide comme un crime commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie un groupe national, ethnique, racial ou religieux. L’intention d’anéantir est cruciale, mais il n’est pas nécessaire que l’anéantissement soit total ; il peut être « en tout ou en partie ».
(...)
En tant qu’historien, si l’on considère la situation dans son ensemble, tous les éléments d’un génocide sont réunis. L’intention est claire : le président, le Premier ministre, le ministre de la Défense et de nombreux officiers militaires de haut rang l’ont exprimée très ouvertement. Nous avons vu d’innombrables incitations à réduire Gaza en ruines, des affirmations selon lesquelles il n’y a pas d’innocents là -bas, etc. Des appels populaires à la destruction de Gaza sont lancés par toutes les couches de la société et par les dirigeants politiques.
(...)
Le résultat est à la hauteur des attentes : des dizaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes innocents tués ou blessés, la destruction quasi-totale des infrastructures, une famine intentionnelle et le blocage de l’aide humanitaire, des charniers dont nous ne connaissons pas encore toute l’étendue, des déplacements massifs de population, etc. Des témoignages fiables font également état d’exécutions sommaires, sans parler des nombreux bombardements de civils dans des zones dites « sûres ». La bande de Gaza telle que nous la connaissions n’existe plus. Le résultat correspond donc parfaitement aux intentions.
(...)
Pour qu’un massacre soit considéré comme un génocide, il n’est pas nécessaire qu’il s’agisse d’une annihilation totale. Comme nous l’avons déjà mentionné, la définition stipule explicitement que la destruction totale ou partielle d’un groupe peut être considérée comme un génocide. C’est ce qui s’est passé à Srebrenica, comme vous l’avez mentionné, ou dans le cas des Rohingyas au Myanmar. J’avoue qu’au début, j’étais réticent à l’idée de parler de génocide, et je cherchais toute indication pour me convaincre du contraire. Personne ne veut se considérer comme faisant partie d’une société génocidaire. Mais il y avait une intention explicite, un schéma systématique et un résultat génocidaire : j’en suis donc venu à la conclusion que c’est exactement ce à quoi ressemble un génocide. Et une fois que vous êtes arrivé à cette conclusion, vous ne pouvez pas rester silencieux.