Comment Donald Trump et ses soutiens développent leurs réseaux en France et en Europe

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Patchouli38
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Comment Donald Trump et ses soutiens développent leurs réseaux en France et en Europe

Message par Patchouli38 »

"C'est plus qu'une tentative d'influence" : comment Donald Trump et ses soutiens développent leurs réseaux en France et en Europe

Depuis la victoire du candidat républicain à la présidentielle américaine, les liens se raffermissent entre les membres de son administration, les organisations de la sphère Make America Great Again et les extrêmes droites européennes.

Ils se sont réunis autour d'une statue de La Fayette à Paris pour rendre hommage à "un martyr". Devant des affiches "Je suis Charlie", quelque 250 personnes ont salué la mémoire de l'influenceur ultraconservateur américain Charlie Kirk, vendredi 19 septembre, à Paris. L'ambassade américaine était présente, neuf jours après l'assassinat de ce visage de la jeunesse trumpiste. L'extrême droite française également. Deux députés apparentés RN, Anne Sicard et Eddy Casterman, ont fait le déplacement.

L'hymne américain a résonné, tout comme le message du président de la Fondation Heritage Kevin Roberts, adressé depuis Washington et lu à la foule. Son cercle de réflexion, ultraconservateur et très influent, est à l'origine du "Projet 2025" – un plan de 900 pages qui dessinait les priorités de Donald Trump s'il était réélu. "Nous gagnerons", promet Kevin Roberts. La scène, en plein cœur de la capitale, illustre ces liens qui se tissent toujours plus entre la sphère trumpiste et ses alliés européens, un an après une nouvelle victoire du dirigeant populiste, le 6 novembre 2024.

Présent à l'hommage, Jacob Ross, chercheur à l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP), y voit une "connexion de plus en plus forte" entre le mouvement Maga (tiré du slogan "Make America Great Again") et ses alliés sur le Vieux Continent. Des liens loin d'être nouveaux, notamment avec la Hongrie de Viktor Orban, mais qui se "professionnalisent".

Des échanges avec la droite trumpiste

A l'échelle de la France, plusieurs responsables d'extrême droite étaient présents lors de l'investiture de Donald Trump : Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, Marion Maréchal, Sarah Knafo ou encore Eric Zemmour. "Une invitation liée aux groupes parlementaires européens", précise Louis Aliot, parti avec le député Alexandre Sabatou et l'eurodéputé Julien Sanchez. Le maire de Perpignan l'assure : "Il n'y a pas de téléphone rouge entre le RN et les républicains [à Washington]."

Sarah Knafo, elle, est plutôt ravie du rapprochement. L'eurodéputée du parti Reconquête "a toujours exprimé une appréciation lucide et positive de certaines réussites de l'administration Trump", rappelle un porte-parole de son groupe au Parlement européen. "J'étais aux Etats-Unis en fin d'année, elle était très présente, développe Jacob Ross. Elle a utilisé son temps là-bas pour construire des réseaux." Contactée à plusieurs reprises, l'élue n'a pas voulu donner davantage de détails.

"Une fois revenue, Sarah Knafo a utilisé beaucoup de techniques des populismes de droite américains, comme les attaques contre 'l'Etat profond'.

Des Hongrois ont fait de même."

Jacob Ross, chercheur à l'Institut allemand de politique étrangère
à franceinfo
Lors de l'investiture de Donald Trump, Sarah Knafo et Eric Zemmour ont rencontré Mike Gonzalez, chercheur de la Fondation Heritage. Tout comme Louis Aliot, Julien Sanchez et Alexandre Sabatou. L'influent think tank "avait déjà des relations avec Reconquête", affirme le vice-président du RN, notant aussi sa proximité avec Vox, parti d'extrême droite espagnol. Alexandre Sabatou évoque "de la diplomatie, des échanges de points de vue" avec Heritage, notamment sur le commerce ou l'immigration.

"La fondation est très conservatrice, moi je ne le suis pas particulièrement. On se retrouvait sur d'autres sujets, comme le combat contre le wokisme." Un terme régulièrement employé par la droite et l'extrême droite(Nouvelle fenêtre) de part et d'autre de l'Atlantique, en réaction à des mouvements de lutte contre les discriminations. Au sein de la droite américaine, "il y a un ciment qui est la croisade culturelle, une offensive réactionnaire très profonde et terrifiante contre les universités et les droits des minorités", note David Amiel, député macroniste devenu ministre de la Fonction publique. Lui aussi a rencontré Heritage au printemps.

Construire des relais en Europe

Alexandre Sabatou a brièvement recroisé Kevin Roberts lors de sa première visite en France, fin mai. "Il était très important pour lui de mieux comprendre la droite conservatrice en France", souligne James Carafano, conseiller auprès du président de la fondation.

"Vous avez une montée d'une droite en France qui remet en cause le système actuel. Vous avez une droite importante et diversifiée. Il était vraiment important que les dirigeants de la fondation viennent la rencontrer."

James Carafano, conseiller de Kevin Roberts à la Fondation Heritage
à franceinfo
Les rencontres ont été organisées avec l'aide du couple Pesey, d'après Nicolas Conquer, porte-parole de Republicans Overseas France. Alexandre Pesey est un proche du milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin tandis que son épouse Kate dirige la Bourse Tocqueville, qui envoie des jeunes au cœur des sphères ultraconservatrices américaines. Kevin Roberts rencontre alors Eric Zemmour, Sarah Knafo, Marion Maréchal, Eric Ciotti... Sans oublier d'autres proches de Pierre-Edouard Stérin : François Durvye, par ailleurs conseiller économique du RN, et Arnaud Rérolle, à la tête du projet Périclès, qui vise à promouvoir des valeurs conservatrices en France, jusqu'à la victoire aux élections de candidats de droite et d'extrême droite.

Quels sont les objectifs de Kevin Roberts, avec cette première venue en France ? James Carafano assure "ne pas faire de politique" et préfère parler d'un soutien mutuel entre conservateurs. "Il y a une vraie volonté de s'appuyer sur des relais : l'Italie, la Hongrie... On parle beaucoup de l'Amérique d'abord, mais ce n'est pas l'Amérique seule", développe Nicolas Conquer, lui-même ancien candidat LR-RN aux législatives.

"La Fondation Heritage voit le blocage en France, la page du macronisme qui se tourne. Ils sont curieux."

Nicolas Conquer, porte-parole de "Republicans Overseas France"
à franceinfo
Jacob Ross constate cet intérêt pour la France, mais aussi pour l'Allemagne. "Les Américains sont conscients qu'il s'agit des pays les plus importants au sein de l'UE. Tourner les deux pays dans leur sens serait une victoire idéologique et politique notable."

La diplomatie américaine à l'action

En Allemagne, le soutien de l'administration Trump à l'extrême droite a très vite été affiché. "Seule l'AfD peut sauver l'Allemagne", clamait Elon Musk en décembre, à deux mois d'élections législatives outre-Rhin. L'homme le plus riche du monde, soutien puis conseiller du président américain, a également offert 1h15 d'entretien à Alice Weidel, cheffe de file du parti d'extrême droite allemand.

Celle-ci a même pu rencontrer le vice-président américain, J.D. Vance, à Munich le 14 février – contrairement au chancelier Olaf Scholz. "La liberté d'expression, je le crains, est en recul" en Europe, a fustigé ce jour-là le numéro 2 de l'exécutif américain. J.D. Vance s'est ensuite tourné vers le Royaume-Uni, où des militants anti-choix ont été poursuivis pour avoir prié près de cliniques pratiquant des IVG. Le discours, très critique, a été suivi d'actes : une branche du Département d'Etat américain – le Bureau de la démocratie, des droits humains et du travail (DRL) – a rencontré plusieurs de ces activistes britanniques au printemps. "J'ai raconté ce que j'avais vécu. Ils étaient très attentifs", raconte Isabel Vaughan-Spruce, parmi les invités.

"Ils m’écoutaient. J’ai ressenti un soutien de leur part."

Isabel Vaughan-Spruce, codirectrice de la "Marche pour la vie" au Royaume-Uni
à franceinfo

Les mots "chaleureux" de ces responsables, face à Isabel Vaughan-Spruce, n'étaient plus les mêmes à Reporters sans frontières, deux mois plus tard à Paris. Selon les informations de franceinfo, la rencontre a été organisée par l'ambassade américaine. Les membres du Département d'Etat y ont évoqué l'accès de Marine Le Pen aux médias et le risque de "réduire au silence" l'élue d'extrême droite. La même délégation a rencontré des membres du RN, d'après Reuters(Nouvelle fenêtre) et Le Monde(Nouvelle fenêtre), offrant son soutien au parti. Une information démentie par le cabinet de Marine Le Pen.

Un lobbying de plus en plus marqué

Ces liens se resserrent aussi au sein du Parlement européen. En analysant les rencontres entre eurodéputés et lobbies depuis 2024, Transparency International a repéré une cinquantaine de réunions "dans la sphère conservatrice américaine". "On voit une bascule", pointe Raphaël Kergueno, chargé de plaidoyer senior. Les données de l'ONG, consultées par franceinfo, montrent notamment six rendez-vous avec la Fondation Heritage depuis janvier, contre un seul déclaré les cinq années précédentes.

"Cette présence, elle est là. On ne la voyait pas auparavant."

Raphaël Kergueno, de Transparency International
à franceinfo
Republicans for National Renewal (RNR), autre entité américaine défendant nationalisme et populisme, a eu sept rendez-vous en quatre mois avec des élus européens à Strasbourg et Bruxelles, contre trois entre 2019 et 2024. Elle n'apparaît pas dans le registre de transparence de l'UE, à l'instar de la Fondation Heritage. Or, "toute organisation ou personne qui exerce des activités de représentation d'intérêts devrait s'inscrire", précise le service de presse du Parlement.

A la tête de RNR, Mark Ivanyo assure qu'il n'a pas cette obligation, ne faisant pas selon lui de lobbying. "Nous aidons à créer des liens. Nous sommes fiers d'avoir mis en relation de nombreux partis patriotes européens avec des élus, avec des alliés de Trump", expose-t-il. En France, l'Américain confie avoir eu des échanges avec le RN et Reconquête. Il assume de vouloir voir ses alliés européens "arriver au pouvoir" et son organisation compte plusieurs membres en Europe.

"Nous espérons pouvoir travailler ensemble, car c’est la seule manière de vaincre la gauche mondialiste. Certaines ONG ont promu le gauchisme, la droite doit pouvoir faire de même."

Mark Ivanyo, directeur exécutif de Republicans for National Renewal
à franceinfo
Ces réunions inquiètent-elles ? "Cela fait partie intégrante d'une démocratie parlementaire", défend l'eurodéputé social-démocrate allemand Tobias Cremer, qui a rencontré Heritage à Washington. "J'ai été diplomate avant. J'ai toujours été convaincu de l'importance de parler à nos homologues, en particulier ceux avec lesquels nous sommes le plus en désaccord." Néanmoins, son constat serait "différent" si la sphère Maga ne rencontrait que des eurodéputés "d'un parti bien spécifique". Heritage a rencontré le S&D et le Parti populaire européen (PPE), mais elle est surtout en lien avec l'extrême droite de l'hémicycle. RNR a exclusivement échangé avec des élus de cette couleur politique.

"Les réunions sont parfaitement légales, mais quand on voit des liens avec des organisations fondamentalement opposées à l'UE, on peut voir le danger arriver."

Raphaël Kergueno, de Transparency International
à franceinfo
Pour Raphaël Kergueno, "c'est plus qu'une tentative d'influence, c'est presque essayer de changer de régime". Le projet "La Grande Réinitialisation"(Nouvelle fenêtre), porté par des think tanks ultraconservateurs polonais et hongrois, a été présenté à la Fondation Heritage en mars, à Washington. Son objectif ? "Moins d'Europe et remettre la souveraineté des Etats-membres au cœur. Que l'Union européenne soit à leurs services", défend l'un de ses auteurs, Rodrigo Ballester. Autrement dit, "limiter les compétences de l'UE", notamment de la Commission européenne.3

https://www.franceinfo.fr/monde/usa/pre ... 53794.html

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Re: Comment Donald Trump et ses soutiens développent leurs réseaux en France et en Europe

Message par Fonck1 »

c'est là où l'on voit la bêtise de Trump, il n'a toujours pas compris que la France a déjà l'expérience de l'ingérence étrangère et de la dictature qu’elle a déjà vécu, on sait comme et par où elle arrive.
Le nationalisme c'est la guerre !
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Mesoke
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Re: Comment Donald Trump et ses soutiens développent leurs réseaux en France et en Europe

Message par Mesoke »

Toujours cette extrême droite internationale qui se met en place.

On a rêvé d'une internationale fraternelle des peuples pour plus de vie en harmonie et moins de conflits, au lieu de ça on se tape une internationale du racisme et de l'ultralibéralisme au profit d'une caste dominante.
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