L’arrivée de petits trains sous forme d’équipements électriques et légers aptes à désenclaver certaines parties du territoire est une formidable nouvelle pour clore cette année morose.
Avec la disparition du boulanger, du médecin généraliste ou du bureau de poste, regroupés bien souvent dans une zone commerciale accessible uniquement en voiture, la fermeture des petites lignes de chemin de fer est un des facteurs qui expliquent ce sentiment d’abandon ressenti par nombre de Français en zone rurale. Sentiment qui peut se transformer en colère et même en révolte – on l’a vu lors du mouvement des gilets jaunes – contre ces élus politiques jugés trop éloignés des préoccupations quotidiennes des citoyens.
Ce sentiment d’abandon doit être pris très au sérieux car il est un carburant pour l’extrême droite qui, protégée de l’exercice du pouvoir, a beau jeu de l’exploiter à l’envi. L’arrivée de petits trains sous forme d’équipements électriques et légers aptes à désenclaver certaines parties du territoire est donc une formidable nouvelle pour clore cette année morose. Après des décennies de priorité donnée au tout-TGV, qui a capté tous les investissements et creusé encore le fossé entre Paris et les petites villes ou les villages, la SNCF et l’Etat - ou plutôt les régions qui en ont saisi l’enjeu - ont enfin compris à quel point il était important de mailler le territoire pour mieux régénérer des zones désertées faute de moyens de circuler.
Les petites lignes ont l’immense mérite de se substituer au car ou à la voiture et surtout de faciliter la vie de tout un tas de gens isolés : elles permettent de donner accès à l’emploi (comment trouver un travail quand on est loin de tout sans moyen de transport ?), à la santé, à l’enseignement, à la culture, aux autres tout simplement. Certes, on n’y est pas encore - ces petits trains légers ne seront pas opérationnels au mieux avant 2030 - mais la prise de conscience est là, c’est déjà énorme, et mieux que ça, des entreprises y travaillent, nous avons visité leur usine ou leur bureau d’études. L’avenir n’est donc pas totalement dénué d’espoir, et surtout de solutions.
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