Que s'est-il exactement passé dans ce cours où un professeur a accusé une étudiante en tchador d'être "le cheval de Troie du salafisme" ? Témoignage.
Une étudiante à l'IEP d'Aix, ancienne élève de la prépa SPE-IEP du lycée Thiers, qui prépare aux IEP les élèves méritants de Zep marseillaises (c'est de la discrimination positive comme je l'entends : les élèves passent un vrai concours et ne doivent qu'à leur travail - et un peu au nôtre - leur intégration à Sciences Po), était présente dans l'amphi où Jean-Charles Jauffret, enseignant d'histoire et haute figure de l'institut, s'est insurgé soudain contre une étudiante qui depuis le début de l'année vient tout habillée de noir, des pieds à la tête. Émotion, des étudiants apostrophent l'enseignant, certains quittent l'amphi, le directeur se répand en excuses.
Comme il s'est dit toutes sortes de demi-vérités sur cette scène, autant livrer au lecteur un témoignage dont je garantis la source et l'exactitude - les commentaires appartiennent à la rédactrice. Je ne m'en permettrai aucun - les lecteurs les feront.
"Laïcité !"
"Il est 9 h 55, mardi 30 septembre. Les étudiants rentrent lentement dans l'amphithéâtre Bruno-Étienne, au premier étage de l'Institut d'études politiques d'Aix en Provence. Ce matin, cours d'histoire. L'enseignant, Jean-Charles Jauffret, a le verbe haut, comme à son habitude. La leçon du jour porte sur les suites de 1789 - dans le cadre de notre programme, nous étudions l'histoire moderne de la France. Nous abordons aujourd'hui un sujet-clé, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, placée en préambule à la Constitution. Le cours se déroule a priori normalement. Cependant, le professeur se met à buter sur certains mots, à en accentuer avec trop d'insistance, à en commenter d'autres de coups sur le bureau. "Laïcité !" clame-t-il, "Liberté de culte !" Son regard se fixe sur une jeune fille portant un tchador, assise dans les rangs du fond, à l'étage inférieur de l'amphithéâtre (une attitude systématique, comme si elle était toujours sur le qui-vive, prête à partir).
Au détour d'une phrase, il devient clair que Jauffret vise directement l'étudiante en question. Il tonne contre le "prosélytisme". Les étudiants sont interloqués, ils restent spectateurs, la jeune fille quitte l'amphithéâtre en sanglotant ostensiblement accompagnée de trois de ses camarades, vraisemblablement proches.
Tout cela a duré un peu moins d'une dizaine de minutes. Le professeur entame alors un discours en forme de justification face aux élèves. Il y parle des valeurs de la République et de laïcité. Certains élèves l'interpellent, il répond. Quelques élèves dénoncent son mode opératoire et quittent l'amphithéâtre (certains par imitation, ils suivent simplement leurs amis, d'autres par conviction) déjà à moitié vide à l'origine : les stigmates des soirées aixoises et le caractère non obligatoire des cours ne font pas très bon ménage.
"Cheval de Troie du salafisme"
Le professeur annonce alors qu'il a discuté en privé auparavant avec l'étudiante concernée : cette dernière est, il en est persuadé, victime de manipulation, et le grand mot est lâché, elle est un "cheval de Troie du salafisme". S'ensuivent quelques applaudissements à l'étage supérieur, dont on ne sait s'ils sont ironiques ou de réels signes de soutien à l'enseignant. Le prof ignore quelques interjections (notamment "intégriste de la laïcité") provenant du bas de l'amphithéâtre et continue son discours. Il est presque 10 h 30. L'incident aura duré moins d'une demi-heure. Le cours reprend son train et on repart sur les questions inhérentes à la Constitution des années révolutionnaire.
L'événement est l'apogée d'une demi-semaine de tensions à la suite de la plainte d'élèves auprès de l'administration concernant l'élève en question, une série de rumeurs impliquant de possibles sanctions ou un éventuel renvoi, ainsi qu'une réunion de professeurs sur le sujet. Dans les jours qui suivront les événements, les médias détourneront le sujet et transformeront quelques minutes de confrontation entre l'étudiante voilée et le professeur en une sorte d'exécution publique. Par la suite, le directeur de l'IEP tente de calmer le jeu en invitant sur place, dans ce même amphithéâtre, dès le lendemain, les caméras régionales de France 3. S'ensuivent les déclarations solennelles et le tri des étudiants opéré par la chaîne, qui n'a visiblement pas gardé d'autres témoins que musulmans.
Recluses
Venons-en au fait. Une telle tenue dans un pareil lieu est inacceptable ; qu'elle soit légale ne la rend pas plus tolérable. On nous bassine avec la laïcité, mais il serait aimable d'ajouter qu'elle se définit comme "indépendante des conceptions religieuses ou partisanes" ; que son respect conditionne le vivre-ensemble, celui-là même qui est ici mis en jeu. Il serait bon d'évoquer le droit des femmes, et le symbole d'asservissement véhiculé par un tchador (contrairement à la doxa commune, il n'y a pas UN mais DES voiles). Quitte à en parler, parlons alors de ces femmes musulmanes de par le monde recluses entre tchadors et burkas, et qui se battent parfois à mort pour en sortir ! Parlons du progrès du statut de la femme en France, ces dernières décennies, du droit de vote à l'avortement libre et gratuit, et de la manière dont ce statut d'égalité péniblement acquis est piétiné par de jeunes filles endoctrinées. Qu'on vienne m'expliquer de quel droit une minorité d'illuminé(e)s porte atteinte à la réputation de tout un groupe (les musulmans de France) tout en apportant de l'eau au moulin des extrémistes d'extrême droite. Chaque tchador qui passe, c'est cent voix de plus pour le FN. Chaque jour. À chaque heure.
Et ce n'est certainement pas le Coran qui apportera une réponse, il est muet sur le sujet, car tous ces apparats ne sont que pure invention (voir ce qu'en dit Tareq Oubrou, imam de la Grande Mosquée de Bordeaux, ou ce qu'en pense Abdennour Bidar dans une "Lettre ouverte au monde musulman" reprise dans Marianne), et osez dire que le port du tchador n'est pas folie et arriérisme, motivés par une soif malsaine de différenciation, alimentés par l'endoctrinement et le prosélytisme ! Continuons dans cette voie et demain les affaires se multiplieront, à Aix, à Paris, en France. Demain, au réveil, tout explosera et nous ne pourrons plus que pleurer sur les cendres (ou acclamer le Front national). Nous devons militer pour une application de la loi de 2004 aux établissements du supérieur. Pour que le supérieur soit le lieu de la transmission du savoir, pas de la démonstration de coutumes barbares."
IEP d'Aix-en-Provence : voiles et déboires
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Re: IEP d'Aix-en-Provence : voiles et déboires
l'enseignant s'y est très mal pris,mal il a raison !
quand aux pontes,ils ont des couilles grosses comme des oeufs de caille.
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Re: IEP d'Aix-en-Provence : voiles et déboires
Il y a de cela vingt ans certaines filles de confessions Musulmanes cherchaient par tous moyens de ne plus porter le Jihab pour "s'émanciper" du poids des traditions ou de la religion.
20 ans après certaines se "battent" pour faire reconnaitre le droit de ne pas le quitter......
Moralité:Avant que ce soit la "mode" je parlais d'intégration manquée et surtout de la responsabilité des Institutions de ne rien avoir fait dans ce domaine.....
Il ne faut pas se tromper......Du reste je me demande encore ce qu'on fait les "féministes" sur le sujet...Pas grand chose,la preuve...(Sauf dans les Fédérations Anarchistes,c'est le seul endroit ou j'ai vu des militantes actives sur ce sujet.)
Et comme depuis des années c'est "la chasse aux Musulmans" médiatiquement la plupart de ces filles ne sachant plus quoi faire finissent en majorité à se renfermer sur elle-même et s'enfoncer dans une sorte de Communautarisme...(Communautarisme qui n'est qu'un des résultats de ce qu'ont fait politiciens Français depuis tant d'années,ce sont eux qui l'ont fabriqué.)
20 ans après certaines se "battent" pour faire reconnaitre le droit de ne pas le quitter......
Moralité:Avant que ce soit la "mode" je parlais d'intégration manquée et surtout de la responsabilité des Institutions de ne rien avoir fait dans ce domaine.....
Il ne faut pas se tromper......Du reste je me demande encore ce qu'on fait les "féministes" sur le sujet...Pas grand chose,la preuve...(Sauf dans les Fédérations Anarchistes,c'est le seul endroit ou j'ai vu des militantes actives sur ce sujet.)
Et comme depuis des années c'est "la chasse aux Musulmans" médiatiquement la plupart de ces filles ne sachant plus quoi faire finissent en majorité à se renfermer sur elle-même et s'enfoncer dans une sorte de Communautarisme...(Communautarisme qui n'est qu'un des résultats de ce qu'ont fait politiciens Français depuis tant d'années,ce sont eux qui l'ont fabriqué.)
Aux mains de l'Etat,la force s'appelle Droit....Aux mains de l'individu,elle se nomme le crime....
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
...La mort avant le déshonneur!
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
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Re: IEP d'Aix-en-Provence : voiles et déboires
On peut estimer qu'être couvert de noir des pieds à la tête n'est pas une tenue décente pour suivre des cours à la Fac.
Mais si l'Université doit rester libre, cette étudiante islamiste doit accepter de se faire rentrer dedans par le Professeur, qui est également libre de s'exprimer.
Mais si l'Université doit rester libre, cette étudiante islamiste doit accepter de se faire rentrer dedans par le Professeur, qui est également libre de s'exprimer.
"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
Re: IEP d'Aix-en-Provence : voiles et déboires
Ces "extrémistes" ont toujours eu gain de cause dans le temps......donc ils n'ont pas d'inquiétudes a avoir ..simplement de la patience.
Et le futur combat sera ??
Et le futur combat sera ??


