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Etats-Unis Indignation à Minneapolis, l’ICE tire sur deux personnes à Portland, débats sur l’enquête… La suite de la fusillade mortelle de l’ICE
Les tensions s’exacerbent après que Renee Nicole Good a été abattue mercredi 7 janvier dans le Minnesota, par un agent de la police fédérale américaine anti immigration.
Deux jours après le drame, la mort de Renee Nicole Good, abattue par un agent de la police fédérale de l’immigration à Minneapolis (Minnesota), agite toujours les Etats-Unis. La fusillade a donné lieu à de virulentes oppositions entre autorités locales et fédérales quant au déroulé des faits. Face à ce drame, à Minneapolis et dans les grandes villes des Etats-Unis, les tensions s’exacerbent, ravivant les débats autour de la violence de la lutte contre l’immigration clandestine menée d’une main de fer par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
Deux blessés à Seattle lors d’un contrôle
Au lendemain des tirs mortels, des milliers de personnes sont descendues dans la rue jeudi 8 janvier à Minneapolis et dans d’autres grandes villes des Etats-Unis.
A Portland, bastion démocrate de l’Oregon dans le nord-ouest du pays, deux personnes ont été blessées par des tirs policiers. L’évènement s’est déroulé lors d’un contrôle de police sur une voiture, selon le ministère de la Sécurité intérieure, qui affirme que l’un des deux passagers était «un Vénézuélien sans papier lié à la branche prostitution du gang transnational Tren de Aragua et récemment impliqué dans des tirs à Portland».
Selon le discours officiel du ministère sur X, les deux occupants du véhicule ont tenté de «rouler sur les policiers», qui ont répliqué.
Un récit très proche de celui fourni à Minneapolis, bien que les deux incidents soient distincts. L’état des victimes - un homme et une femme -, reste «inconnu», selon la police de Portland et la sénatrice locale Kayse Jama a demandé aux policiers de l’ICE de «foutre le camp». Plusieurs personnes ont par ailleurs été arrêtées à Minneapolis jeudi, après des heurts entre protestataires et policiers devant un bâtiment fédéral.
Manifestations dans plusieurs Etats
Depuis la fusillade, une vague de manifestations a secoué le pays, de New York à Portland.
«ICE, dehors !», «Agents meurtriers, hors de nos rues !» et autres slogans vindicatifs ont animé les rues des Etats-Unis depuis mercredi. Des graffitis et autres dégâts ont été signalés mercredi par la police de Sacramento (Californie), sur un bâtiment de l’ICE. «Les émeutiers ont arraché les clôtures fédérales, vandalisé trois véhicules gouvernementaux en leur lançant des pierres et en brisant des vitres avec des barres de fer, arraché la caméra de sécurité et tagué des bâtiments fédéraux», ont déclaré les autorités de la ville dans un communiqué. Aucun incident, arrestation ou altercation avec la police n’a été signalé.
Jeudi 8 janvier, plusieurs personnes ont été arrêtées à Minneapolis après que des heurts entre protestataires et policiers ont éclaté devant un bâtiment fédéral. Mais au moins un millier de personnes ont également défilé dans le calme sur les lieux du tir, où un mémorial a été improvisé sur la neige décorée de bougies et des bouquets de fleurs, à la nuit tombée. Abdinasir Abdullahi, 38 ans, citoyen américain depuis une quinzaine d’années, d’origine éthiopienne, raconte lors de la manifestation le climat de peur dans lequel il vit, provoqué par ces descentes de la police de l’immigration. Effrayé, l’homme affirme qu’il ne se déplace plus sans son passeport, «Ils ne me croient pas si je dis que je suis Américain. Ils ne veulent pas vous croire», regrette-t-il. Une centaine d’agents fédéraux supplémentaires doivent être déployés par l’administration Trump dans la ville. Un renfort qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, leur retour dans leurs villes respectives étant prévu dimanche selon le New York Times.
Débats sur l’enquête
La méfiance mutuelle entre les autorités locales et fédérales autour du véritable déroulé des faits, a fait dérailler les plans d’une enquête criminelle conjointe du FBI et de l’Etat. Le débat a conduit à la mesure très inhabituelle du département de la Justice d’empêcher les enquêteurs de l’Etat du Minnesota de participer à l’enquête.
Une décision que l’administration Trump a justifié en jugeant les autorités du Minnesota indignes de confiance pour protéger le secret de l’enquête et assurer la sécurité des agents de l’ICE. «Il serait contraire aux précédents qu’un fonctionnaire local soit impliqué dans la poursuite de l’affaire», a jugé le vice-président des Etats-Unis, J.-D. Vance, qui considère que celle-ci relève de la compétence fédérale. En réponse, les autorités locales ont exprimé leurs inquiétudes quant à la capacité des autorités fédérales à mener une enquête impartiale,
«Nous voulons nous assurer que cette enquête est équitable, approfondie et complète [et qu’elle soit] menée dans un souci de justice, et non dans le but de dissimuler des faits. C’est là notre principale préoccupation», a assuré Jacob Frey, maire de Minneapolis, invitant l’ICE à «foutre le camp» de l’Etat.
La décision a privé les forces de l’ordre du Minnesota d’un accès aux preuves susceptibles de déterminer si l’agent de l’ICE responsable de la fusillade mortelle devrait être inculpé. De quoi faire réagir Mary Moriarty, la procureure du comté Hennepin : «
Suite à la révocation par le FBI de son accord de coopération avec le Bureau d’enquête criminelle du Minnesota, notre bureau a immédiatement entrepris d’explorer toutes les options afin de garantir la poursuite de l’enquête au niveau de l’Etat.»
Le tireur de l’ICE identifié
L’agent de police qui a ouvert le feu et abattu Renee Nicole Good à Minneapolis a été identifié comme étant Jonathan Ross, rapporte abc news. L’homme, décrit par une porte-parole comme un vétéran de l’agence de l’Immigration et des Douanes depuis 10 ans, avait été traîné sur une centaine de mètres par un conducteur dans le Minnesota en juin dernier, alors qu’il y menait une opération anti-immigration, selon des entretiens et des données judiciaires.
Kristi Noem, secrétaire de la Sécurité intérieure, s’est alors empressée de justifier l’ouverture de feu de l’agent par le traumatisme de l’altercation vécue l’année précédente, explique le New York Times. Selon elle, Jonathan Ross aurait «craint pour sa vie».
Agé de 43 ans, Jonathan Ross est un chrétien pro Trump et ancien combattant selon sa famille. Basé à Minneapolis à temps plein, il est membre de l’équipe d’intervention spéciale ICE ERO, une unité tactique spécialement entraînée, ont indiqué des sources policières au New York Post.
«Journée de l’unité» en hommage à la victime
Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a déclaré ce vendredi «Journée de l’unité», en mémoire de la victime. «Bien que nous ne puissions ramener Renee Nicole Good à la vie, nous pouvons honorer sa mémoire en nous unissant pour défendre la dignité, la démocratie, la compassion et nos valeurs communes», a-t-il déclaré. Une minute de silence a été observée à 11 heures, dans le Minnesota et le reste du pays.
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