Il manque pas d'Air Jordan !...Bon en même temps paraît que c'est aussi à ça...
En plein procès du RN, Jordan Bardella somme le Parlement Européen de payer son directeur de cabinet
Publié le 15/01/2026 à 13:06 , mis à jour à 14:08
Jordan Bardella attaque le Parlement européen pour refus d'embauche de son directeur de cabinet. Le Parlement craint un usage détourné des fonds européens. Bardella conteste cette décision.
C'est ce qu'on appelle avoir le sens du timing. Alors que le procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires d’eurodéputés du FN (devenu RN) s’est ouvert mardi 13 janvier, Jordan Bardella a choisi, dès le lendemain, de contre-attaquer.
Le président du parti d’extrême droite a déposé mercredi 14 janvier une requête contre le Parlement européen, partie civile dans cette même affaire.
En 2024 déjà , alors que le parti lepéniste était engagé dans un bras de fer judiciaire avec l’institution européenne, le Parlement avait refusé à Jordan Bardella l’embauche de François Paradol, son directeur de cabinet, comme assistant parlementaire local. Neuf autres eurodéputés RN élus en juillet 2024 s’étaient vus opposer la même décision. Ce mercredi 14 janvier, le chef du parti à la flamme a donc adressé une requête à l'institution pour contester ce refus de prise en charge, a-t-on appris jeudi matin lors de l’audition de Me Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen, au procès en appel des assistants parlementaires des eurodéputés RN.
Le Parlement européen "plus regardant à force"
Lors des premières auditions en appel, l'avocat de l'institution a interrogé Didier Klethi, directeur des finances du Parlement européen. "On a appris qu’une requête a été déposée mercredi soir par M. Bardella. Qu’est-ce que vous en savez ?", demande-t-il. Réponse de Didier Klethi : "C’était sur un refus de prise en charge de son chef de cabinet. Parce que oui on est plus regardant à force. Là , on nous disait : 'je vais être assistant parlementaire le matin et à mi-temps l’après-midi auprès du président du RN avec une localisation au siège du parti à Paris'. On ne l’accepte plus."
Et d'ajouter : "Bardella, on lui a dit qu'on ne rembourserait pas ce contrat à mi-temps de son chef de cabinet. C'est comme s'il nous présentait un billet d'avion sans lien avec son mandat politique. Il peut, ce qu'il a fait, contester ma décision qui a été validée par le secrétaire général."
Dans la lettre de refus adressée en novembre 2024 à Jordan Bardella, le Parlement européen justifiait sa position en évoquant le risque que "les ressources de l’Union européenne soient utilisées à d’autres fins que celles auxquelles elles sont destinées, notamment au profit d’un mouvement politique". Le règlement de l'institution européenne stipule qu'"un assistant parlementaire doit être à Bruxelles, à Strasbourg ou au Luxembourg et il doit choisir sur cette liste restreinte de sites et s’il ne l’est pas, il est en infraction. C’est la condition essentielle même du statut d’assistant et c’est un motif de demande de restitution des sommes", rappelle Didier Klethi.
"Rien de problématique", se défend Bardella
Une décision qui avait alors "décontenancé" Jordan Bardella, comme le rapportait à l'époque le Monde. Le président du RN s'était défendu auprès de nos confrères, assurant : "Il n’y a absolument rien de problématique. Mon assistant travaillait sous cette formule lors du mandat précédent, cela avait été validé par le Parlement européen. J’ai été contrôlé régulièrement. Il a produit des questions écrites, des revues de presse liées à l’actualité européenne, des échanges de courriels avec l’équipe d’assistants basés à Bruxelles, des notes liées aux sessions plénières."
Selon l'entourage de Jordan Bardella, sa demande de contrat ne concernerait par ailleurs pas un "deux tiers-temps", comme l'écrit l'institution, mais "un contrat de soixante heures par mois, soit 40 % de son temps de travail".
Jordan Bardella n’a pas été mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, bien qu’il ait occupé durant quatre mois, sur la période concernée, un poste d’assistant parlementaire du député européen Jean-François Jalkh.
Selon Libération de fausses preuves de son travail ont été fabriquées a posteriori, en 2018, après le lancement de l'enquête de la justice française.
Jordan Bardella a toujours démenti toute implication dans la fabrication de ces documents et affirme que sa signature a été imitée.
https://www.lindependant.fr/2026/01/15/ ... 163716.php