Décryptage La détérioration des relations transatlantiques met en lumière les fragilités européennes dans de nombreux secteurs économiques stratégiques comme la défense, le spatial, les télécommunications, les services numériques, l’énergie ou encore les réseaux de paiement. ne fait que confirmer les craintes de ceux des Français qui ne se prosternent pas devant les nouveaux fous de dieu, ces Poutine et surtout ce Trump bis.
Le lien https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html
J'ai pensé qu'il serait intéressant de lancer le débat en ouvrant un sujet pour chacun des thèmes abordés par les journalistes Marc Angrand, Marie de Vergès, Pierre Manière, Olivier Pinaud et Alexandre Piquard.
Satellites, câbles sous-marins… Des télécoms sous influence
Ce retard spatial se retrouve aussi dans les constellations de télécoms. Starlink, le service d’Elon Musk, a prouvé son utilité lors de la guerre en Ukraine mais aussi lors d’événements climatiques, quand les réseaux terrestres traditionnels sont inaccessibles, endommagés ou détruits. Ce fut le cas quand Mayotte a été ravagée par le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, ou lorsque l’Aude a été dévastée par un violent incendie, du 5 au 9 août 2025. A chaque fois, Starlink a été d’une grande utilité aux services de secours et aux autorités pour venir en aide aux habitants.
Alors que les Etats-Unis mettent les bouchées doubles dans ce domaine – avec des acteurs comme Globalstar, AST SpaceMobile ou Amazon Leo, la prochaine constellation du géant de la distribution –, la France compte sur Eutelsat, dont les satellites OneWeb sont aujourd’hui opérationnels, en attendant l’arrivée d’Iris2, la constellation promise par la Commission européenne pour 2030. L’Europe entend retrouver sa souveraineté dans ce domaine, notamment depuis qu’Elon Musk a menacé de couper Starlink au début de l’invasion russe en Ukraine – il l’a d’ailleurs occasionnellement bridé.
Dans les infrastructures numériques, la préoccupation vient aussi des câbles sous-marins, ces artères de fibre optique reposant au fond des mers, indispensables au bon fonctionnement d’Internet. Les américains Meta, Google, Microsoft ou Amazon sont aujourd’hui centraux dans les liaisons entre les Etats-Unis et l’Europe. Or, sans elles, les Européens ne pourraient plus accéder à leurs services, auxquels particuliers et entreprises se sont largement convertis. Ce qui alimente des craintes liées à d’éventuelles coupures, volontaires ou accidentelles, de ces infrastructures.
En un peu plus de dix ans, les géants du Net ont damé le pion aux consortiums d’opérateurs télécoms, qui avaient auparavant la main sur ces infrastructures critiques. D’après le site spécialisé TeleGeography, 11 des 21 câbles sous-marins entre les Etats-Unis et l’Europe, qui coûtent chacun plusieurs centaines de millions d’euros, sont la propriété d’acteurs américains. Parmi eux, Google ne possède pas moins de quatre liaisons transatlantiques entièrement réservées à ses services, quand Meta détient des participations dans quatre câbles.
Mais la France peut se prévaloir de sérieux atouts dans ce secteur stratégique : l’Etat possède d’abord le seul fabricant européen de câbles sous-marins, Alcatel Submarine Networks. En plus de son usine à Calais (Pas-de-Calais), celui-ci dispose d’une flotte de sept navires, dont deux sont destinés aux réparations ou à la maintenance des câbles. Dans ce domaine, la France peut également compter sur les sept bateaux d’Orange Marine, la filiale spécialisée de l’opérateur télécoms.
