""Les Américains, en négociant avec le régime, nous tournent le dos" : les Iraniens découragés avant des pourparlers éloignés de leurs revendications
Une rencontre très attendue et à haut risque entre les États-Unis et l'Iran doit avoir lieu vendredi à Oman. Donald Trump maintient la menace d'une intervention militaire, mais les discussions devraient porter sur le nucléaire. Ce n'est pas ce qu'espéraient les Iraniens rencontrés à Téhéran et à la frontière avec l'Irak.
Sur la grand-place de Téhéran, une affiche de propagande contre les États-Unis. On y voit l'armada de Donald Trump sous le feu iranien, avec en légende : "Qui sème le vent récolte la tempête." Voici l'état d'esprit des autorités iraniennes, jeudi 5 février, à la veille de négociations avec une délégation de Washington, à Oman, les premières depuis la répression meurtrière de janvier. Ces pourparlers qui seront suivis avec attention au bazar de la capitale, là d'où sont parties les manifestations fin décembre.
Pour une commerçante qui veut garder l'anonymat, ces discussions sont une trahison de la part du président américain : "On a eu de l'espoir quand Trump a dit qu'il allait nous libérer du régime et, maintenant, il va à la table des négociations parler du nucléaire. J'espère que ça va être annulé et qu'il va revenir à sa promesse", déplore-t-elle.
"Le régime négocie pour gagner du temps"
Des témoignages toujours très difficiles à obtenir dans un Iran tétanisé par les milliers de morts de la répression. Un musicien qui a soutenu le mouvement aurait préféré lui aussi une intervention américaine, malgré les incertitudes : "Si le régime négocie, c'est pour gagner du temps, c'est pour ses intérêts. Les Américains, en discutant avec eux, nous tournent le dos", estime-t-il.
En Irak, à l'une des frontières de l'Iran, les commerçants iraniens viennent chaque jour chercher des marchandises meilleur marché. Ce n'est pas sur le nucléaire, disent-ils, qu'ils espéraient des discussions. "Ce n'est pas pour ça qu'il y a eu des manifestations. Nous, on vit au jour le jour et la vie reste toujours trop chère. Ces négociations vont bénéficier à notre gouvernement. C'est tout. Et ça sera pire après, pour tout le peuple", s'inquiète l'un d'eux."
https://www.franceinfo.fr/monde/iran/ma ... 86760.html
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Sœur Emmanuelle
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