Trump ou comment trafiquer les élections de mi-mandat dans le dos de la Constitution

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UBUROI
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Trump ou comment trafiquer les élections de mi-mandat dans le dos de la Constitution

Message par UBUROI »

Ben non, TRump n'est pas un néofasciste, prêt à tout!
Midterms 2026 : comment Donald Trump prépare la contestation des résultats

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riq ... etats-unis
Analyse

À neuf mois des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump appelle les républicains à "prendre le contrôle" du processus électoral dans plusieurs États. Une proposition inconstitutionnelle, mais révélatrice d'une stratégie assumée : semer le doute, fragiliser les résultats et préparer des manœuvres post-électorales.

Publié le : 04/02/2026 - 19:01


Un pas de plus dans la remise en cause des règles du jeu démocratique. En appelant les républicains à "nationaliser" les élections américaines, le président Donald Trump a ravivé les craintes d'une nouvelle offensive contre l'intégrité du scrutin, alors que des élections de mi-mandat sont prévues en novembre aux États-Unis. Une sortie explosive, juridiquement infondée mais politiquement lourde de sens.

"Les républicains devraient dire : 'Nous voulons prendre le contrôle du vote, au moins dans une quinzaine d'endroits'", a déclaré le président américain lundi 2 février, lors d'un entretien avec le podcasteur conservateur et ancien directeur adjoint du FBI Dan Bongino. "Les républicains devraient nationaliser le vote", a-t-il insisté, dénonçant une nouvelle fois une prétendue influence du vote de non-citoyens américains – une affirmation largement démentie par plusieurs études.

Le lendemain, depuis le bureau Ovale, Donald Trump a enfoncé le clou. "L'État est un agent du gouvernement fédéral lors des élections. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement fédéral ne s'en charge pas lui-même", a-t-il lancé devant la presse, exhortant les élus républicains à durcir les règles électorales.

Ces déclarations se heurtent frontalement à la Constitution américaine : l'article I confie l'organisation des scrutins aux États et non au gouvernement fédéral, dans un système reposant sur des milliers d'autorités locales et bipartisanes.

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"Semer le doute" plutôt que contrôler les urnes
"Vouloir 'prendre le contrôle' des élections est totalement inconstitutionnel", tranche Ludivine Gilli, directrice de l'Observatoire Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès. "La Constitution ne donne aucun pouvoir au président en matière d'administration électorale. Pour agir légalement, il faudrait un amendement constitutionnel."

Même constat chez Steven Ekovich, professeur émérite à l'Université américaine de Paris. "Juridiquement, nationaliser les élections est quasiment impossible tant le système est décentralisé", explique-t-il. "Mais Trump n'a pas besoin de contrôler les urnes pour fragiliser le processus : il lui suffit de semer le doute sur les résultats."

Selon l'historien, l'objectif du président américain n'est pas de faire annuler une élection dans son ensemble – une hypothèse institutionnellement intenable –, mais de cibler des résultats précis. "Il cherche à contester des scrutins serrés, dans certaines circonscriptions, en s'attaquant notamment au vote par correspondance lorsqu'il fait basculer l'issue du vote", analyse Steven Ekovich.

Une stratégie déjà éprouvée en 2020 et qui pourrait, cette fois, s'appuyer sur des relais politiques plus dociles. "Cette annonce vise à préparer l'opinion à des manœuvres post-électorales, avec l'aide de responsables républicains prêts à bloquer ou retarder la validation des résultats", poursuit le spécialiste, citant notamment le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson.


Une obsession ancienne, un contexte nouveau
La sortie de Donald Trump s'inscrit dans une rhétorique bien rodée. Depuis plus de dix ans, il dénonce des processus électoraux qu'il juge corrompus. Dès février 2016, après sa défaite contre Ted Cruz dans l'Iowa, il accuse son rival de "fraude" et demande sur Twitter l'organisation "d'une nouvelle élection ou l'annulation des résultats de Cruz".

Cette posture perdure lors de la présidentielle : malgré sa victoire face à Hillary Clinton, il refuse de laisser le vote populaire à sa rivale, affirmant alors sans preuve qu'il aurait aussi gagné s'il n'y avait pas eu "des millions de personnes ayant voté illégalement".

Quatre ans plus tard, en 2020, il réitère l'opération contre Joe Biden en prenant pour cible le vote par correspondance, rendu indispensable par la pandémie de Covid-19. En remettant en cause la validité des bulletins postaux, il prépare l'opinion à la contestation brutale des résultats, ouvrant la voie à l'assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.

"Ce discours n'a donc rien de nouveau, rappelle Ludivine Gilli. Ce qui a changé, en revanche, c'est le pouvoir dont il dispose aujourd'hui." Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump bénéficie d'un Congrès à majorité républicaine peu enclin à jouer son rôle de contre-pouvoir. "Il y a un refus quasi total de limiter les abus de pouvoir auxquels se livre Donald Trump", déplore la spécialiste.

L'enjeu est de taille. En novembre, l'ensemble de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat seront renouvelés. Or, historiquement, les élections de mi-mandat sont défavorables au parti du président en exercice.

Le contexte actuel aggrave aussi la situation pour l'administration en place, entre contestation liée aux interventions meurtrières des agents de l'immigration à Minneapolis et inflation qui pèse sur le budget des ménages. Conscient du danger, Donald Trump a lui-même prévenu son camp : une perte de majorité offrirait aux démocrates un levier pour relancer une procédure de destitution.

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Décrets et perquisitions
Depuis plusieurs mois, la rhétorique s'accompagne d'actes concrets. En mars, Donald Trump a signé un décret imposant une pièce d'identité pour voter à l'échelle nationale (actuellement, 14 États ne l'exigent pas) et visant à exclure les bulletins par correspondance arrivés après le jour du scrutin, même s'ils sont oblitérés avant cette date. Plusieurs juges fédéraux ont suspendu son application.

Au Congrès, la bataille se poursuit sur le terrain législatif. Adopté en avril par la Chambre des représentants, le projet de loi Save America Act n'a, à ce stade, toujours pas franchi l'étape du Sénat. Ce texte exigerait une preuve de citoyenneté (dépassant le simple permis de conduire) lors de l'inscription sur les listes, restreindrait le vote par correspondance et exposerait les agents électoraux à des sanctions pénales en cas de manquement.

Sur le terrain, une perquisition a été menée la semaine dernière par le FBI dans un centre électoral du comté de Fulton, en Géorgie, au cœur des accusations infondées de fraude de 2020. Des centaines de cartons contenant des bulletins de vote de l'époque ainsi que les listes électorales ont été saisis.

"C'est illégal et profondément problématique, insiste Ludivine Gilli. Il y a un conflit d'intérêts gigantesque : il s'agit des bulletins d'une élection que Donald Trump a perdue et dont il continue de nier les résultats."

Après cette opération sans précédent, lors de laquelle la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard est intervenue en se rendant sur les lieux, il a été révélé par le New York Times que le président américain avait personnellement appelé les agents pour les remercier de leur travail.


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"Intimidation des électeurs"
Dans la foulée, Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, a suggéré mardi dans son podcast "War Room" que des agents de l'ICE pourraient être déployés autour des bureaux de vote lors des élections de mi-mandat. Une perspective interdite par la loi fédérale, qui proscrit toute intimidation d'électeurs, d'après le Brennan Center for Justice. "Vous pouvez pleurnicher, crier et piquer une crise autant que vous voulez, mais nous ne laisserons plus jamais une élection être volée", a martelé Steve Bannon.

"On est dans une logique de piper les dés", alerte Ludivine Gilli. "La fraude invoquée est quasi inexistante, mais elle sert de prétexte pour justifier des mesures qui visent à restreindre l'accès au vote de certains électeurs – notamment les opposants –, ou qui seraient illégales."

Pour les experts, Donald Trump teste les limites. "Suggérer, presque avec désinvolture, qu'un président puisse s'emparer du contrôle des élections, c'est une forme d'intimidation des électeurs et un glissement vers une prise de pouvoir autoritaire", estime Ludivine Gilli. "Nationaliser le vote dans les États qui ne voteraient pas 'comme il faut', ça s'appelle un coup d'État."

Pour Steven Ekovich, le président américain prouve une fois de plus qu'"il y a un élan autocratique dans un système démocratique". "Les États-Unis ne sont pas un État autoritaire à l'heure actuelle. Les contre-pouvoirs existent encore. La question est de savoir s'ils tiendront."
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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Re: Trump ou comment trafiquer les élections de mi-mandat dans le dos de la Constitution

Message par Fonck1 »

mais où trouve t-il donc toute cette énergie? :lol:
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Re: Trump ou comment trafiquer les élections de mi-mandat dans le dos de la Constitution

Message par Patchouli38 »

Cela n'est pas étonnant de la part d'un tyran qui veut rester maître des USA. Il sait qu'il risque de perdre les élections de mi-mandat alors tout est bon pour garder le pouvoir, quitte à tricher.

Je suis persuadée que les démocrates ne se laisseront pas faire et réfléchissent déjà à une stratégie pour contrecarrer les desseins de D. Trump.
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