Dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens, le président français appelle à relancer l’idée d’un endettement commun européen et appelle les pays de l’UE à mieux collaborer sur la défense, l’IA et la transition énergétique pour lutter contre la concurrence chinoise et les menaces américaines.
Les Européens bientôt dépassés par les géants chinois et américains ? Cela pourrait arriver, «for sure», prévient Emmanuel Macron dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens. Selon le chef de l’Etat, les «menaces» commerciales et «intimidations» des Etats-Unis ne sont pas «finies» et qu’ils «seront balayés» s’ils n’instaurent pas une «préférence européenne» dans des secteurs stratégiques face à la concurrence américaine et chinoise.
Dans le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, le président français met en garde contre «une forme de lâche soulagement» des dirigeants des pays de l’Union européenne «au sortir du pic de la crise» avec Donald Trump. «Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique…» dit-il.
Selon lui, «quand il y a une agression caractérisée», «nous ne devons pas courber l’échine ou essayer de trouver un arrangement». «On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n’est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l’Europe à accroître sa dépendance», estime-t-il.
Alors que se profilent cette semaine des rencontres de dirigeants européens sur la compétitivité et l’industrie, il plaide pour «la simplification» et «l’approfondissement du marché intérieur» de l’UE, et la «diversification» des partenariats commerciaux.
Surtout, il appelle à «protéger notre industrie» sans «être protectionniste», avec une «préférence européenne» sur «certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, sinon les Européens en seront balayés». Tout comme l’intelligence artificielle et la transition écologique. Une proposition qu’il porte de longue date et sur laquelle la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires.
Endettement commun
Enfin, il relance l’idée d’un endettement commun européen, défendu par la France depuis des années mais toujours repoussé par d’autres pays, dont l’Allemagne, qui n’a fait de rares exceptions, notamment pour lutter contre le Covid-19. Il évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à «quelque 1 200 milliards d’euros par an» en additionnant les nécessités dans «les technologies vertes et numériques» et «la défense et la sécurité». «C’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir», martèle le président français dans cet entretien publié aussi par le Financial Times ou El PaÃs.
Concernant la défense, il estime que le projet de futur avion de combat européen (Scaf) est «un bon projet» et que «les choses doivent avancer», en dépit des tensions entre industriels français et allemands. Il a assuré qu’il en rediscuterait avec le chancelier allemand, Friedrich Merz. L’avion de combat européen est un projet clé de la coopération militaire franco-allemande. Lancé en 2017, il vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.
Désigné comme maître d’œuvre, l’avionneur français Dassault réclame plus d’autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l’Allemagne et l’Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. A tel point que certains milieux industriels allemands plaident pour un changement d’alliance et que les médias allemands spéculent sur la possibilité que Berlin rejoigne le projet concurrent GCAP avec le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. «Ce que je vis là , sur le Scaf, je l’ai vécu sur Ariane-6. J’entendais, toutes les semaines, les Allemands ne vont pas mettre l’argent, c’est fini, catastrophe. On l’a fait», a relativisé mardi Emmanuel Macron.
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Les menaces commerciales et «intimidations» de Trump ne sont pas «finies», prévient Macron
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Re: Les menaces commerciales et «intimidations» de Trump ne sont pas «finies», prévient Macron
On peut reprocher beaucoup de choses à Macron, mais on doit lui accorder au moins le mérite de la constance et de la clairvoyance sur la question européenne : il a toujours milité pour une Europe puissante et autonome, c'est-à -dire capable de mener à bien d'importants projets communs (endettement commun, défense commune, avion de combat européen, préférence européenne...) pour être plus autonome et moins dépendante face aux USA ou à la Chine ou à la Russie.
Son seul problème, c'est que ses belles idées (intellectuellement très séduisantes) sont vouées à l'échec, car elles ne sont pas partagées par les autres dirigeants européens.
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Re: Les menaces commerciales et «intimidations» de Trump ne sont pas «finies», prévient Macron
Mais aussi par les autres peuples européens.jeandu53 a écrit : 10 février 2026 10:31 On peut reprocher beaucoup de choses à Macron, mais on doit lui accorder au moins le mérite de la constance et de la clairvoyance sur la question européenne : il a toujours milité pour une Europe puissante et autonome, c'est-à -dire capable de mener à bien d'importants projets communs (endettement commun, défense commune, avion de combat européen, préférence européenne...) pour être plus autonome et moins dépendante face aux USA ou à la Chine ou à la Russie.
Son seul problème, c'est que ses belles idées (intellectuellement très séduisantes) sont vouées à l'échec, car elles ne sont pas partagées par les autres dirigeants européens.
Quand la France insistait pour que l'Europe redevienne une puissance militaire, les européens faisaient souvent le reproche aux français de rêver à leur ancienne grandeur militaire du temps de Napoléon Ier.
Et oui, incroyable mais vrai.
Les européens nous prenaient pour des nostalgiques de la grande armée napoléonienne quand on leur parlait de défense européenne.
Les choses commencent à bouger, lentement, trop lentement alors que l'agression russe contre l'Ukraine date de février 2022 ..
Par exemple les danois, malgré les menaces, les moqueries et le mépris américaine ont toujours un mal fou à considérer que leur sécurité et leur défense devra (doit !) se construire autour d'une défense américaine. Les danois n'ont pas remis en cause leur achat de F-35 américains !
Mais l'Allemagne a véritablement changé sa doctrine de défense. Elle dépense désormais beaucoup plus dans la défense et les matériels militaires.
C'est l'Allemagne qui va réorienter l'Europe, pas la France, pas Macron car la France, pays sur endetté, en perte de vitesse, qui perd tous les jours un peu plus d'industrie n'est plus leader en Europe et est pris de haut pas ses voisins européens.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Les menaces commerciales et «intimidations» de Trump ne sont pas «finies», prévient Macron
Ni Van Der Leyen qui estime que Macron marche sur ses plates-bandes.jeandu53 a écrit : 10 février 2026 10:31 On peut reprocher beaucoup de choses à Macron, mais on doit lui accorder au moins le mérite de la constance et de la clairvoyance sur la question européenne : il a toujours milité pour une Europe puissante et autonome, c'est-à -dire capable de mener à bien d'importants projets communs (endettement commun, défense commune, avion de combat européen, préférence européenne...) pour être plus autonome et moins dépendante face aux USA ou à la Chine ou à la Russie.
Son seul problème, c'est que ses belles idées (intellectuellement très séduisantes) sont vouées à l'échec, car elles ne sont pas partagées par les autres dirigeants européens.