Mesoke a écrit : 11 février 2026 13:28
jeandu53 a écrit : 11 février 2026 12:59
Moi, je pense qu'un peuple a la classe politique qu'il mérite. Il conviendrait donc que le bon peuple, face à sa classe politique, se remette lui-même en cause et soit au clair sur ce qu'il attend de sa classe politique.
C'est trop facile ça. Un peuple et une opinion publique ça se manipule. C'est pas pour rien si les partis politiques sont gérés par des marketeux plutôt que par des idéologues avec des idées claires et précises. Le problème c'est que du coup les partis essayent de dire ce qu'on veut entendre, avec tout ce que ça entraine comme contradictions et comme manque de pragmatisme. Donc on les prend pour des blaireaux.
C'est facile, mais ça correspond à la réalité.
Plusieurs choses :
- Déjà , concernant l'idée communément admise que "nos politiques s'en foutent plain les poches" : moi, je persiste à penser qu'on ne fait pas de la politique pour s'enrichir. Beaucoup de nos dirigeants pourraient gagner beaucoup plus dans le privé qu'en s'engageant en politique. Pour eux, s'engager en politique, ça veut dire : gagner moins, sacrifier la vie de famille, se faire insulter par ses concitoyens ! Que des emmerdes, et aucune reconnaissance, ou si peu. Il faut avoir la foi !
- Aujourd'hui, un gouvernement ne peut plus engager aucune grande réforme, aucune mesure d'économie, sans susciter manifestations, protestations, blocages, grèves, mouvements sociaux : de la part des fonctionnaires, mais aussi de nombreuses corporations du privé qui vivent grâce à la dépense publique et qui sont arc-boutées sur leurs privilèges catégoriels (médecins, pharmaciens, ambulanciers, agriculteurs...). Les Français sont ainsi faits que le seul moyen d'acheter la paix sociale est de renoncer aux économies, voire d'annoncer des dépenses supplémentaires.
- En vérité, nos gouvernements ne conditionnent pas l'opinion publique, ils sont à la remorque de celle-ci. Ils agissent à la marge, mais le plus souvent, ils sont obligés de naviguer à vue en fonction des mouvements sociaux et des fluctuations de l'opinion publique.
- Aujourd'hui, en France, on ne se fait pas élire en promettant des efforts, de la rigueur, on se fait élire en promettant de raser gratis.
- Sur l'environnement : l'histoire nous montre que, dès qu'un gouvernement veut mettre en place des mesures un peu contraignantes pour inciter les gens à changer leurs comportements, il suscite des manifestations et des contestations : manifestation des Bonnets rouges contre l'écotaxe, manifestations des Gilets jaunes contre l'augmentation de la taxe carbone, manifestations d'agriculteurs contre les normes environnementales, etc. Sur l'environnement et le changement climatique, notre classe politique est beaucoup plus lucide que l'opinion publique, mais elle doit composer avec celle-ci.
Alors bien sûr, dans ces conditions, on peut toujours reprocher à nos gouvernants de mauvais choix, un manque de courage, etc. Mais il va bien falloir que les Français sachent ce qu'ils veulent, car ils donnent un peu l'impression, dans leur globalité, de vouloir tout et son contraire : ils veulent moins d'impôts mais davantage de prestations, ils veulent moins de normes mais un État plus protecteur, ils dénoncent leur classe politique ("tous pourris") mais s'émeuvent qu'une personnalité politique de premier plan soit empêchée de concourir à la présidentielle, etc.