Une juge d’instruction parisienne vient d’être saisie pour enquêter sur des faits de détournement de biens publics et abus de biens sociaux concernant la patronne de la télévision publique, mise en cause pour le montant d’une note de frais d’hôtellerie lors d’un séjour à Cannes en 2023.
Delphine Ernotte-Cunci devant la justice ? Selon les informations publiées par le site spécialisé La Lettre, ce mercredi 11 février, une juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris a ouvert une information judiciaire contre la PDG de France Télévisions, à la suite d’une enquête préliminaire du parquet. La dirigeante, en poste depuis le début de l’année 2021, est soupçonnée d’«abus de biens sociaux et recel» et de «soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public par le dépositaire ou l’un de ses subordonnés».
L’affaire porte sur un séjour ultra-coûteux de l’état-major de France Télévisions à l’hôtel Majestic de Cannes, du 16 au 27 mai 2023, au moment du festival de cinéma. D’après le syndicat CFE-CGC, qui a porté plainte en 2024, la facture s’élevait à plus de 110 000 euros et aurait été réglée par France Télévisions au profit de plusieurs de ses dirigeants, dont Delphine Ernotte-Cunci, et de deux fondateurs du média en ligne Brut, partenaire du groupe public lors du festival de Cannes. Une «somme extravagante», qui dépasserait «très largement le plafond spécifique autorisé de 350 euros», a dénoncé le syndicat.
Pratique du «barter»
Contacté par l’AFP, France Télévisions s’est dit «parfaitement serein», en assurant que «pas un euro d’argent public» n’a été «dépensé» pour ces hébergements. Depuis le début de l’affaire, l’entreprise publique a toujours affirmé avoir bénéficié des chambres grâce à la pratique du «barter», qui consiste à recevoir des services en échange d’espaces publicitaires invendus. Selon elle, il s’agit d’une «pratique courante, légale et utilisée par tous les médias».
Interrogé par l’AFP, le secrétaire général de la branche médias de la CFE-CGC, Jean-Jacques Cordival, a déclaré qu’il «était grand temps que la justice se penche sur ce dossier», se déclarant sceptique sur un «soi-disant échange chambres d’hôtel 4 étoiles contre pub». «Nous nous attendons à ce que Delphine Ernotte Cunci soit personnellement entendue», a ajouté l’avocat du syndicat, Me Pierre-Olivier Lambert.
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