Mort de Quentin Deranque : Yaël Braun-Pivet ne veut plus voir Raphaël Arnault à l’Assemblée
Interrogée sur TF1, mercredi 18 février, la présidente de la chambre basse a déclaré souhaiter que le député insoumis, cofondateur de la Jeune Garde, ne siège plus dans l’hémicycle.
Elle «ne sait pas ce que l’enquête donnera» et reconnaît qu’il «n’est accusé de rien», mais cela ne l’empêche pas de demander l’exclusion de Raphaël Arnault de l’Assemblée. Ce mercredi 18 février sur TF1, Yaël Braun-Pivet a indiqué qu’elle souhaitait que le député insoumis, cofondateur de la Jeune Garde, ne siège plus sur les bancs de la chambre basse qu’elle préside. «Le problème est que juridiquement, je ne peux pas démettre un député de ses fonctions, seul le Conseil constitutionnel peut le faire», a-t-elle indiqué. Sauf que le Conseil constitutionnel ne prononce la déchéance du mandat d’un membre de l’Assemblée qu’à l’issue de sa condamnation pénale le privant de son droit d’éligibilité, une fois que celle-ci est définitive. Le Conseil le fait alors à la requête du bureau de l’Assemblée ou du garde des Sceaux.
L’assistant parlementaire d’Arnault, Jacques-Elie Favrot, a été interpellé, sans que l’on sache encore s’il a joué un rôle dans le meurtre de Quentin Deranque. Mais pour Braun-Pivet, «on entend la façon dont [Arnault] fait de la politique, on entend les idées qu’il porte», ce qui devrait suffire à la déchéance de son mandat. «Il existe autour de lui toute une mouvance susceptible d’être liée, de près ou de loin, à des actes violents», a-t-elle encore avancé, dans des termes tout aussi flous.
«
Plus jamais un député LFI au sein de l’Assemblée»
Au nom du gouvernement – et au mépris de la séparation des pouvoirs – la porte-parole Maud Bregeon a demandé à Mathilde Panot d’exclure son député, même «temporairement», du groupe parlementaire insoumis. Elle est aussi allée jusqu’à appeler à ce qu’il n’y ait «plus jamais un député LFI au sein de l’Assemblée» et estimé que les Français ont «toutes et tous une responsabilité» quand ils votent pour la formation de gauche radicale. Et pourquoi pas interdire tout simplement LFI ?
Mais il n’y a pas que le gouvernement qui souhaite que l’interpellation de l’assistant parlementaire d’Arnault ait des répercussions sur le député LFI. François Hollande aussi.
L’ancien président estime ainsi, sur BFMTV, que «s’il est établi qu’un ou plusieurs de ses collaborateurs sont mis en cause, il devrait en tirer toutes les conséquences». Est-ce à dire que le député de Corrèze, élu avec l’étiquette NFP, voudrait le voir démissionner ou simplement exclu du groupe LFI ? «C’est l’affaire de ses dirigeants», dit tout d’abord Hollande avant de poursuivre : «Je crois suffisamment grave, sur le plan institutionnel, quand un député a un collaborateur qui est partie prenante – nous verrons à quel niveau – du lynchage, qu’il en tire les conséquences sur le plan personnel. Son parti politique peut aussi l’y inciter, mais il y a une responsabilité personnelle.»
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