"La guerre de l'eau potable: en Iran et à Bahreïn, des usines de dessalement prises pour cible
Des installations de dessalement ont été attaquées en Iran et à Bahreïn. Dans une région désertique dépendante de cette technologie pour boire, ces frappes inquiètent les analystes et pourraient élargir l’impact de la guerre aux populations.
Dans le Golfe persique, l’eau potable ne vient presque jamais du sol. Elle est fabriquée à partir de l’eau de mer. Ce week-end, deux installations essentielles à ce processus ont été visées par des attaques, en Iran et sur l’île de Bahreïn. Un épisode qui inquiète les observateurs de la région.
Samedi 7 mars, le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé les États-Unis d’avoir frappé une usine de dessalement sur l’île iranienne de Qeshm. Selon lui, l’attaque aurait perturbé l’approvisionnement en eau d’environ trente villages. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré : "Les États-Unis ont créé ce précédent, pas l’Iran", qualifiant l’opération de "manœuvre dangereuse aux graves conséquences".
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a immédiatement démenti. Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du U.S. Central Command, a indiqué que les forces américaines n’étaient pas responsables de cette attaque.
Des installations vitales dans un environnement désertique
Le lendemain, Bahreïn a affirmé qu’un drone iranien avait endommagé une installation de dessalement sur son territoire. Le ministère de l’intérieur du royaume a évoqué des dégâts matériels causés par une attaque visant des infrastructures civiles. Les autorités de l’eau et de l’électricité ont cependant précisé qu’il n’y avait "aucun impact sur l’approvisionnement en eau ni sur la capacité du réseau".
Dans cette partie du monde, ces infrastructures sont cruciales. Les pays du Golfe disposent de peu de ressources en eau douce naturelles. Ils produisent donc leur eau potable grâce au dessalement, un procédé industriel qui retire le sel de l’eau de mer. Des dizaines de millions de personnes en dépendent chaque jour.
Cette dépendance rend ces installations particulièrement vulnérables en période de conflit. Sans elles, les grandes villes du Golfe — souvent construites en plein désert — ne pourraient pas fonctionner.
Une escalade jugée dangereuse par les analystes
Pour plusieurs spécialistes, cibler ces installations marque un changement inquiétant. Abdullah Baabood, universitaire omanais à l’université Waseda au Japon, estime que cette attaque franchit un seuil stratégique. "Cibler une usine de dessalement à Bahreïn franchit un seuil important et représente une escalade sérieuse", explique-t-il.
Il ajoute :
Dans le Golfe, les installations de dessalement ne sont pas simplement des infrastructures. Ce sont des lignes de vie essentielles qui fournissent de l’eau potable à des millions de personnes. Les frapper risque de transformer une confrontation militaire en menace directe pour la survie des civils.
Un conflit qui déborde déjà sur les infrastructures civiles
Les tensions régionales se sont fortement accrues depuis le début d’une campagne de bombardements américains et israéliens en Iran le 28 février. Téhéran affirme que ses frappes dans les pays du Golfe visent uniquement des bases militaires américaines. Pourtant, les centaines de missiles et drones tirés ces derniers jours ont également touché des infrastructures civiles, notamment des aéroports, des hôtels et des installations énergétiques."
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