Un mois après la mort de Quentin, 23 ans, tué lors d'une agression à Lyon, l'enquête relance le débat sur les violences politiques entre militants radicaux. Des affrontements en hausse de 42% en 2025 par rapport à l'année précédente. Selon les informations d'Europe 1, 70% des rixes ont été diligentées par des militants d'ultra-gauche.
https://www.europe1.fr/police-justice/i ... pe-1-un-maPrès d'un mois après la mort de Quentin, jeune homme de 23 ans lynché dans les rues de Lyon par des militants d'extrême-gauche, l'enquête se poursuit. Ce drame a remis sous les projecteurs la multiplication des affrontements entre groupuscules radicaux.
Selon les informations d'Europe 1, ces rixes ont augmenté de 42% en 2025 par rapport à 2024. Sur les 74 affrontements recensés par le renseignement territorial l'an dernier, 52 ont été provoqués par des militants d'ultra-gauche, soit près de 70% des cas.
La menace antifa sous-estimée
La tendance semble se confirmer depuis le début de l'année 2026. Depuis le mois de janvier, les autorités ont comptabilisé sept nouvelles rixes. Six d'entre elles correspondent à des agressions menées par des militants d'ultra-gauche contre des membres de droite extrême.
Ces affrontements se déroulent le plus souvent dans des milieux universitaires fortement politisés comme à Nantes, Rennes ou encore Strasbourg, où ces violences sont survenues en marge de conférences ou lors d'opérations de tractage.
Pour Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, la menace liée à la mouvance antifasciste serait aujourd'hui sous-estimée : "On a trop mis le radar et le focus sur les groupes d'ultra-droite, d'ailleurs on le voit à travers les dissolutions. Mais en réalité, on observe davantage de violences de l'ultra-gauche. Il y a un manque de sévérité et de fermeté à leur égard, trop de complaisance incitant à la violence. Il y a donc un rééquilibrage à faire", estime-t-il.
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Des dissolutions majoritairement à droite
Selon le représentant syndical, ces violences s'inscrivent dans une logique idéologique qui légitime l'action directe : "Il existe dans la société une forme de légitimation de la violence venant de l'antifascisme. Certains militants considèrent la police comme illégitime et estiment que leur propre violence est justifiée pour combattre des idées qu'ils rejettent", explique Frédéric Lauze.
Pourtant, l'action des pouvoirs publics s'est historiquement concentrée davantage sur les mouvements d'ultra-droite. Depuis 2017, sur les 25 groupuscules politiques radicaux dissous par les autorités, 20 appartenaient à cette mouvance, contre seulement cinq classés à l'extrême gauche.
Frédéric Lauze avance plusieurs explications : "Traditionnellement, l'ultra-droite a focalisé l'attention, notamment depuis la Seconde Guerre mondiale avec la montée du fascisme. Ce sont aussi des groupes souvent plus verticaux, hiérarchisés et organisés, ce qui les rend plus visibles. À l'inverse, les groupuscules d'ultra-gauche sont plus diffus et plus difficiles à identifier". Le responsable syndical insiste toutefois sur la ligne suivie par les forces de l'ordre : "La police combat toutes les formes de violence, tout ce qui menace la démocratie et trouble l'ordre public".

