Le 13 mars 1954 : Début de la bataille de Diên Biên Phu.
Ils le savent depuis le matin. Les villages ont été évacués. Les tranchées Viêt-minh se sont rapprochées dans la nuit. Ce soir, ça va tomber.
En face, Giap a massé 70 000 hommes autour d'un camp français de 10 800. Il a fait l'impossible : hisser à dos d'hommes, à travers 300 kilomètres de jungle, des centaines de pièces d'artillerie lourde sur les hauteurs dominant la plaine. Les Français ne le croyaient pas possible. Ils avaient tort.
À 17h00, les premières salves s'abattent sur Béatrice. Ce n'est pas un tir d'artillerie, c'est un déluge. Les abris n'ont pas été conçus pour ça. Ils s'effondrent. Le commandant Pégot et son PC disparaissent sous les obus en quelques minutes.
Les 450 légionnaires du III/13e DBLE se retrouvent sans chef, sans appui, à un contre dix. Ils tiendront jusqu'à 2 heures du matin avant d'être submergés.
Cette nuit-là , le lieutenant-colonel Gaucher est tué dans son abri. Le colonel Piroth, l'artilleur qui avait promis d'écraser les canons ennemis, comprend qu'il n'en a pas les moyens. Bientôt les collines fortifiées Béatrice et Gabrielle tombent sous le déluge du feu ennemi.
Piroth rejette alors complètement la faute sur lui. Le 15 mars 1954, il se rend au bunker de l'état-major et présente ses excuses à ses supérieurs puis retourne dans son abri. Là il dégoupille une grenade sur sa poitrine. De Castries gardera sa mort secrète pendant cinq jours. Il le fait enterrer dans son abri par le médecin-capitaine Le Damany et les aumôniers Heinrich et Trinquand puis fait murer la porte d'entrée.
La bataille ne fait que commencer. Le déluge de feu va durer 56 jours et 56 nuits sans interruption.
Jusqu'à la fin, des volontaires se feront parachuter sur le camp pour rejoindre des hommes qu'ils savaient condamnés. Parce qu'on ne laisse pas ses camarades mourir seuls.
Le 7 mai 1954, Diên Biên Phu tombe. Sur les 11 700 prisonniers français, moins de 3 300 rentreront vivants.
Soixante-douze ans après, certaines décisions restent incompréhensibles. Mais une chose ne l'est pas : ces hommes, eux, ont fait leur devoir jusqu'au bout.
Ils sont morts en soldats.
L'histoire......13 Mars 1954 ??
- scorpion3917
- Posteur DIVIN

- Messages : 10889
- Enregistré le : 02 février 2011 19:19
- A Liké : 7 fois
- A été liké : 4 fois
Re: L'histoire......13 Mars 1954 ??
C'était un vendrediLOFOTEN a écrit : 13 mars 2026 17:56 Le 13 mars 1954 : Début de la bataille de Diên Biên Phu.
Ils le savent depuis le matin. Les villages ont été évacués. Les tranchées Viêt-minh se sont rapprochées dans la nuit. Ce soir, ça va tomber.
En face, Giap a massé 70 000 hommes autour d'un camp français de 10 800. Il a fait l'impossible : hisser à dos d'hommes, à travers 300 kilomètres de jungle, des centaines de pièces d'artillerie lourde sur les hauteurs dominant la plaine. Les Français ne le croyaient pas possible. Ils avaient tort.
À 17h00, les premières salves s'abattent sur Béatrice. Ce n'est pas un tir d'artillerie, c'est un déluge. Les abris n'ont pas été conçus pour ça. Ils s'effondrent. Le commandant Pégot et son PC disparaissent sous les obus en quelques minutes.
Les 450 légionnaires du III/13e DBLE se retrouvent sans chef, sans appui, à un contre dix. Ils tiendront jusqu'à 2 heures du matin avant d'être submergés.
Cette nuit-là , le lieutenant-colonel Gaucher est tué dans son abri. Le colonel Piroth, l'artilleur qui avait promis d'écraser les canons ennemis, comprend qu'il n'en a pas les moyens. Bientôt les collines fortifiées Béatrice et Gabrielle tombent sous le déluge du feu ennemi.
Piroth rejette alors complètement la faute sur lui. Le 15 mars 1954, il se rend au bunker de l'état-major et présente ses excuses à ses supérieurs puis retourne dans son abri. Là il dégoupille une grenade sur sa poitrine. De Castries gardera sa mort secrète pendant cinq jours. Il le fait enterrer dans son abri par le médecin-capitaine Le Damany et les aumôniers Heinrich et Trinquand puis fait murer la porte d'entrée.
La bataille ne fait que commencer. Le déluge de feu va durer 56 jours et 56 nuits sans interruption.
Jusqu'à la fin, des volontaires se feront parachuter sur le camp pour rejoindre des hommes qu'ils savaient condamnés. Parce qu'on ne laisse pas ses camarades mourir seuls.
Le 7 mai 1954, Diên Biên Phu tombe. Sur les 11 700 prisonniers français, moins de 3 300 rentreront vivants.
Soixante-douze ans après, certaines décisions restent incompréhensibles. Mais une chose ne l'est pas : ces hommes, eux, ont fait leur devoir jusqu'au bout.
Ils sont morts en soldats.
La seule chose qui permet au mal de triompher est l inaction des hommes de bien.
Edmund Burke.
Edmund Burke.
- Corvo
- Rang Tisiphonesque

- Messages : 31836
- Enregistré le : 31 décembre 2018 07:01
- A Liké : 5 fois
- A été liké : 7 fois
Re: L'histoire......13 Mars 1954 ??
Non un samedi.scorpion3917 a écrit : 13 mars 2026 17:58C'était un vendrediLOFOTEN a écrit : 13 mars 2026 17:56 Le 13 mars 1954 : Début de la bataille de Diên Biên Phu.
Ils le savent depuis le matin. Les villages ont été évacués. Les tranchées Viêt-minh se sont rapprochées dans la nuit. Ce soir, ça va tomber.
En face, Giap a massé 70 000 hommes autour d'un camp français de 10 800. Il a fait l'impossible : hisser à dos d'hommes, à travers 300 kilomètres de jungle, des centaines de pièces d'artillerie lourde sur les hauteurs dominant la plaine. Les Français ne le croyaient pas possible. Ils avaient tort.
À 17h00, les premières salves s'abattent sur Béatrice. Ce n'est pas un tir d'artillerie, c'est un déluge. Les abris n'ont pas été conçus pour ça. Ils s'effondrent. Le commandant Pégot et son PC disparaissent sous les obus en quelques minutes.
Les 450 légionnaires du III/13e DBLE se retrouvent sans chef, sans appui, à un contre dix. Ils tiendront jusqu'à 2 heures du matin avant d'être submergés.
Cette nuit-là , le lieutenant-colonel Gaucher est tué dans son abri. Le colonel Piroth, l'artilleur qui avait promis d'écraser les canons ennemis, comprend qu'il n'en a pas les moyens. Bientôt les collines fortifiées Béatrice et Gabrielle tombent sous le déluge du feu ennemi.
Piroth rejette alors complètement la faute sur lui. Le 15 mars 1954, il se rend au bunker de l'état-major et présente ses excuses à ses supérieurs puis retourne dans son abri. Là il dégoupille une grenade sur sa poitrine. De Castries gardera sa mort secrète pendant cinq jours. Il le fait enterrer dans son abri par le médecin-capitaine Le Damany et les aumôniers Heinrich et Trinquand puis fait murer la porte d'entrée.
La bataille ne fait que commencer. Le déluge de feu va durer 56 jours et 56 nuits sans interruption.
Jusqu'à la fin, des volontaires se feront parachuter sur le camp pour rejoindre des hommes qu'ils savaient condamnés. Parce qu'on ne laisse pas ses camarades mourir seuls.
Le 7 mai 1954, Diên Biên Phu tombe. Sur les 11 700 prisonniers français, moins de 3 300 rentreront vivants.
Soixante-douze ans après, certaines décisions restent incompréhensibles. Mais une chose ne l'est pas : ces hommes, eux, ont fait leur devoir jusqu'au bout.
Ils sont morts en soldats.![]()