Pour lutter contre les déserts médicaux, les effectifs des promotions des facultés de médecine ont très fortement augmenté ces dernières années. À tel point que l’Ordre des médecins pose la question d’un sureffectif médical d’ici une quinzaine d’années.
« D’ici à 2040, le nombre de médecins aura augmenté de 40 %. C’est considérable », avance le Dr Mourgues, vice-président de l’Ordre national des médecins. L’an dernier, déjà, l’Ordre avait créé la polémique en mettant en garde contre la formation d’un trop grand nombre de médecins. Il insiste de nouveau.
De son côté, les doyens des écoles de médecine s’inquiètent déjà des capacités d’encadrement des promotions actuelles. Il y aura plus de 10 000 nouveaux internes à la rentrée. « Il y a un vrai sujet des capacités de formation », prévient Isabelle Laffont, la présidente des doyens.
Au moment où plus de 6 millions de Français sont sans médecin traitant, l’hypothèse de sureffectifs médicaux peut sembler inaudible. Elle mérite tout de même examen.
La population va vieillir, elle ne va pas augmenter
De combien de médecins aura-t-on besoin demain ? Le chiffre dépend de l’évolution des besoins de santé, de l’évolution du rôle du médecin - certaines tâches étant déléguées -, de l’impact des nouvelles technologies. Et du temps de travail des médecins eux-mêmes, qui a indéniablement diminué.
« Nous nous demandons si la diminution du temps de travail n’est pas déjà derrière nous », avance le Dr Mourgues. Une enquête récente à laquelle ont répondu 15 000 médecins, indiquait un temps de travail moyen de 8,3 demi-journées par semaine. Des projections, forcément imprécises, envisagent un gain de temps médical d’un tiers grâce à l’intelligence artificielle. Et si la population va vieillir, elle ne va pas augmenter. À moins d’une politique migratoire volontaire, que l’on ne voit pas vraiment émerger. « Au-delà de 85 ans, les besoins ne sont pas tellement de plus de médicalisation, mais d’accompagnement de la dépendance », estime le Dr Mourgues.
Déserts médicaux : salarier les médecins, une bonne idée selon vous ?
L’Ordre des médecins comme les responsables des facultés de médecine insistent sur la nécessité de diversifier l’origine géographique des étudiants en médecine. Les territoires ruraux sont actuellement sous-représentés. Et les stages trop centrés sur les CHU.
Des initiatives sont prises, comme les lycées option santé expérimentés dans plusieurs régions. Ou la première année d’études pouvant être suivie dans des départements sans fac. « Mais ce n’est pas possible partout. Cela doit s’accompagner d’enseignements en présentiel », insistait Isabelle Laffont, lors d’une récente conférence de presse.
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