La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

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Corvo
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La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

Message par Corvo »

Comme quoi...

Appartement-témoin des extrême-droites européennes, l’expérience du gouvernement Meloni est mise en avant par beaucoup de sympathisants RN ou Reconquête! en France comme preuve de crédibilité. Les nouvelles économiques semblent corroborer ce jugement aux yeux des milieux d’affaires hexagonaux : redressement des comptes publics, baisse du chômage, balance commerciale excédentaire, hausse du PIB par habitant… Finalement, l’élection d’une majorité d’extrême-droite ne serait pas forcément un drame.
Publié le 24 mars 2026

Ces jugements reposent sur une première erreur : en dépit de ses racines fascistes, la droite extrême ou radicale de Meloni n’est pas l’extrême-droite de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. A Rome, on n’envisage pas – en tout cas pour le moment – de violer la constitution pour renverser la hiérarchie des normes et déroger aux conventions internationales et européennes1. Et d’ailleurs, les représentants de Fratelli d’Italia et du Rassemblement national ne siègent pas dans le même groupe au Parlement européen : les élus RN siègent au sein des « Patriotes pour l’Europe » aux côtés des élus du Fidesz du pro-Russe Viktor Orban, tandis que les élus mélonistes siègent au sein des « Conservateurs et réformistes européens » (ECR) aux côtés des élus du PiS polonais.

Ces jugements reposent surtout sur une mauvaise information sur la réalité économique italienne. Après la pandémie de COVID 19 qui l’avait particulièrement affectée, l’Italie a juste retrouvé, dans les années 2022-2025, le régime de croisière qui était le sien dans les années 2010 : endettement record, croissance moribonde, léger excédent primaire et déclin démographique… Loin de rejoindre le jugement très approximatif des milieux d’affaires français, le patronat industriel italien par la voix de la Confindustria s’inquiète d’ailleurs à juste titre de la « croissance anémiée » de la Péninsule.

Le principal talent de Giorgia Meloni est de n’avoir rien fait, ou plus exactement d’avoir fait le contraire de ce qu’elle préconisait lorsqu’elle était en campagne : non seulement elle ne jure plus qu’elle va faire rendre gorge aux « usuriers de Bruxelles », mais elle exploite au maximum les milliards que l’Union européenne a décidé d’investir dans l’économie italienne. Analyse.

Une croissance médiocre en dépit d’un soutien record de l’UE
Première légende : l’Italie a renoué avec la croissance.
Tandis que le PIB de l’UE à 27 a augmenté de près de 21% en quinze ans, celui de l’Italie n’a cru que de 6,4%, soit trois à quatre fois moins. C’est pourquoi on a souvent évoqué la « langueur » de l’économie italienne. Y a-t-il eu une inflexion sensible depuis octobre 2022, date de l’élection de Giorgia Meloni ? La réponse est non : l’Italie a juste retrouvé la trajectoire qui était la sienne avant la pandémie.

Quand Meloni arrive au pouvoir, la croissance italienne est de 4,8% : c’est mieux que le reste de l’UE (+3,5%) mais c’est une pente de reprise après le trou d’air de la pandémie. L’Italie en sort plus vigoureusement que d’autres, mais cette dynamique de rebond s’essouffle rapidement. L’année suivante, en 2023, la croissance italienne atterrit à 1% (contre 0,5% au niveau européen), puis à 0,7% (contre 1% au niveau européen) en 2024. L’Istat annonce encore 0,7% en 2025 (l’OCDE plutôt 0,5%), et la Banque d’Italie prévoit un petit 0.6% en 2026. Soit des résultats médiocres, en ligne avec ceux que l’on observait dans les années 2010.

Ces chiffres sont d’autant plus décevants que, contrairement aux années 2010, Rome a reçu une manne européenne considérable, ce qui aurait pu et dû doper sa croissance. Pour rappel, elle a pris le plus gros ticket des 27 au fonds de relance et de résilience (FRR) mis en place en sortie de Covid dans le cadre du plan NextGenerationEU : 194,4 Mds€ (dont 72 Mds€ en subventions non remboursables), soit plus du quart des sommes allouées à ce programme alors que l’économie italienne ne pèse que 12% du PIB de l’UE. L’Italie a en outre obtenu 13 Mds€ du programme REACT-EU. Au total, l’UE a accordé à l’Italie 207,4 Mds€ pour doter son Plan national de relance et de résilience (PNRR), l’équivalent de 8 à 9 points du PIB italien ! C’est ainsi un véritable Plan Marshall que Mario Draghi a légué à celle qui lui a succédé.

En réalité, la faiblesse de la croissance italienne résulte d’abord de la faiblesse persistante de la productivité. D’après l’OFCE, la productivité horaire du travail progressait en moyenne de 0,3% par an en Italie entre 2014 et 2019 (contre 0,7% en moyenne dans la zone euro), ce qui était déjà très faible. Mais entre 2019 et 2025, elle a même reculé de -0,2% par an en moyenne (contre +0,4% en zone euro). Dans le secteur manufacturier, la pente est encore plus sévère : -0,6% par an en moyenne contre +0,5% en zone euro. Et si l’on resserre la focale sur les toutes dernières années, on ne peut pas dire que la situation se soit améliorée sous le mandat de Meloni, au contraire.

https://www.lagrandeconversation.com/po ... A8s%202024.
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Re: La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

Message par UBUROI »

Fiat lux, comme on dit à Turin.
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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Re: La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

Message par papibilou »

Ni miracle ni catastrophisme. Une gestion somme toute modérée.
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Corvo
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Re: La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

Message par Corvo »

En Italie, le gouvernement Meloni fait marche arrière et plie face aux exigences du patronat

Face à la fronde de Confindustria, Giorgia Meloni fait marche arrière. Après avoir menacé de réduire les aides fiscales du plan Transizione 5.0, son gouvernement a finalement cédé et même augmenté les ressources financières promises aux entreprises italiennes.

Giorgia Meloni a cédé. Le gouvernement italien d'union des droites, qui s'est toujours présenté comme « le meilleur ami des entreprises », ne pouvait se permettre un conflit avec le patronat.

Confindustria, le Medef italien, l'accusait d'avoir « trahi » le secteur industriel en rognant les aides fiscales dans le cadre du plan de modernisation de l'économie transalpine Transizione 5.0. Les crédits initialement promis ne seront pas seulement rétablis mais augmentés. Ça n'aura été finalement qu'un mauvais poisson d'avril.

Quatrième revirement en quatre mois
Mercredi, la réunion convoquée au ministère de l'Industrie a donné entière satisfaction au patronat. Il s'y était rendu avec la farouche intention de faire ravaler au gouvernement son annonce de baisse des crédits alloués aux entreprises se dotant d'équipements innovants et générant des économies d'énergie.

La victoire du patronat est totale. Les crédits d'impôt initialement prévus sont maintenus pour les 7.500 dossiers déposés avant la date butoir du 27 novembre dernier. L'Etat va même plus loin en injectant 200 millions d'euros supplémentaires, portant le fonds total à un montant record de 1,5 milliard d'euros.

« Nous apprécions le fait que, dans le contexte géopolitique actuel aussi difficile, soit reconnu le rôle des entreprises et qu'elles soient soutenues, s'est félicité Emanuele Orsini, le président de Confindustria. Le gouvernement ne pouvait pas faire autrement et c'était la bonne voie à suivre, car je crois qu'il est important de préserver la confiance des entrepreneurs. Ils pourront ainsi continuer à faire confiance aux institutions ».

Une déclaration apaisante alors que les patrons italiens ont fustigé ces derniers jours les « graves atteintes à la crédibilité de la parole du gouvernement ». Le gouvernement italien vient d'opérer son quatrième revirement depuis novembre 2025 sur le plan Transizione 5.0, alternant annonces de coupes budgétaires et garanties du versement des ressources financières promises aux entreprises.

« L'UE doit intervenir »
« Nous avons réalisé le plus grand effort possible en travaillant en parfaite harmonie avec tous les ministères pour respecter tous les engagements », a déclaré Adolfo Urso, le ministre de l'Industrie. « Il aura fallu faire quelques sacrifices mais cela redonne un peu de confiance aux entreprises qui affrontent les problèmes de la crise énergétique et de la poussée inflationniste », a pour sa part réagi Tommaso Foti, le ministre des Affaires européennes.

Les revendications patronales restent nombreuses. Le président de Confindustria a relancé son appel à intervenir au plus vite pour réduire la facture énergétique et sur la nécessité de lancer des obligations européennes : « Si ce conflit au Moyen-Orient se poursuit, nous ne pouvons pas penser que l'Italie s'en sortira seule ; aucun pays ne le peut. J'espère qu'il y aura une prise de conscience. L'UE doit intervenir, il faut travailler rapidement sur les eurobonds, nous ne pouvons pas nous permettre de détruire l'industrie européenne. Des mesures extraordinaires sont nécessaires, comme lors du Covid. »

Selon les prévisions du centre d'études de Confindustria, si le conflit en Iran dure encore trois semaines, la hausse du PIB italien sera d'environ 0,5 % en 2026 ; s'il dure quatre mois, elle sera pratiquement nulle ; et s'il devait se prolonger jusqu'à la fin de l'année, le risque d'une récession pourrait commencer à se profiler.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/en ... at-2224576
vivarais
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Re: La politique économique de Meloni : il n’y a pas de « miracle italien »

Message par vivarais »

Ce que l'on remarque ; c'est qu'avant les gouvernements ne tenaient pas plus des 6 mois
Alors que celui de Mélloni lui tient la route
Rien que cela tient du miracle
Tout comme en Belgique où ils étaient restés des années sans pouvoir nommer un gouvernement
https://www.bing.com/search?q=belgique+ ... 7e&pc=ACTS
Aujourd'hui avec un premier ministre d'extrême droite celui ci tient
Est ce aussi du au miracle ??
En france où les gouvernements ne tiennent plus ; est ce à cause d'une absence de miracle
Si beaucoup ont tenus quelques mois c'est grâce au 49-3 à répétition
On le voit ils sont incapable de gérer la crise du pétrole , alors que nos voisins européens y arrivent alors qu'en france ils sont incapables de maitriser les profiteurs de guerre qui créent artificiellement des pénuries comme aussi en 2022 avec la début de la guerre en Ukraine
Il n'y avait plus d'huile , de moutarde etc alors qu'il suffisait aux frontaliers de passer les frontières pour trouver les produits disparus en france en abondance
Le frontaliers catalans et basques sont heureux car il leur suffit de passer la frontière pour faire le plein à 50 centimes € de moins
Et cela ne tient pas du miracle
Il faut avoir regarder la réalité des choses et les admettre
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