Début 2025, le média identitaire Frontières diffusait une liste nominative d’avocats spécialisés en droit des étrangers qu’il désignait comme "coupables" de "l’invasion migratoire". S’en est suivi un harcèlement pour certains d’eux: insultes, menaces de mort, actes de vandalisme. Son directeur, Erik Tegnér, était jugé à Bobigny ce jeudi.
Le média d’extrême droite Frontières a-t-il sciemment cherché à exposer des avocats à des actes de représailles? C’est la délicate question que devait examiner le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 16 avril.
Le 30 janvier 2025, Frontières, fondé deux ans plus tôt sur Internet, publiait un hors-série magazine dans lequel il dressait une liste nominative de 60 avocats, désignés comme "coupables" de "l’invasion migratoire".
Diffusé en kiosques à 20.000 exemplaires, le magazine établissait "le podium" des "avocats les plus empressés à défendre les étrangers en situation irrégulière", "de véritables militants idéologiques" s’adonnant à "un business juteux", tonnait encore Frontières. Qui précisait, pour tous ces spécialistes en droit des étrangers, leur nom, prénom et lieux d’exercice professionnel – Toulouse, Marseille, Lyon, Paris…
"Salve de menaces de mort"
"Pendant des semaines, nous avons reçu une salve de menaces de mort", retrace à la barre Me Samy Djemaoun. Les jours suivants, Sophie (le prénom a été modifié), avocate à Toulouse, a retrouvé des croix gammées taguées à proximité de son cabinet. La plaque supportant son nom a été arrachée. Me Myriam Si Hassen, qui exerce à Dijon, n’osait plus se rendre à son cabinet sans son conjoint, "apeurée que quelqu’un puisse s’en prendre à moi", raconte-t-elle à la barre. Dix avocats ciblés se sont constitués partie civile à l’audience. La plupart usent des mêmes mots pour dire comment cette parution les a affectés: "détresse psychologique", "hypervigilance", "dégoût", "peur"…
https://www.bfmtv.com/police-justice/a- ... 60897.html
"À mort": le média d’extrême droite Frontières jugé pour avoir "jeté en pâture" des avocats
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Re: "À mort": le média d’extrême droite Frontières jugé pour avoir "jeté en pâture" des avocats
Décidément...
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes
16 avril 2026
Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Un étudiant de 33 ans en alternance dans un hôtel, un agent de maîtrise à la mairie de Flixecourt (Somme), un policier originaire de Bayonne, un jeune gendarme dans le Grand Est, un dirigeant d’une société de peinture en Corse ou un commerçant de fruits et légumes en Charentes-Maritime. Ils ne se connaissent pas, mènent une vie bien différente et, pourtant, tous ont, au mois de janvier dernier, comparé un homme noir à un singe en commentaire d’une vidéo publiée sur Facebook par le site d’extrême droite, Frontières.
Dans ce contenu, extrait d’une vidéo de 24 minutes datant de janvier 2025, on voit Jordan Florentin, directeur de publication de ce site proche d’Éric Zemmour, à la sortie d’un meeting organisé par le député de la France insoumise, Louis Boyard, au moment des élections municipales anticipées de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Celui dont le site Les Jours a révélé qu’il ne détenait pas de carte de presse multiplie les provocations. « Monsieur, c’est quoi l’extrême droite ? », presse-t-il dans la version longue de la vidéo. « Qui est groupusculaire ? Qui est antisémite ? Qui est contre les institutions ? C’est pas vous ? », fait-il mine d’interroger.
Il est suivi par un homme, Bouna M., militant antifasciste. Le montage réalisé par Frontières laisse à penser que les deux hommes ne cessent de s’apostropher. Jordan Florentin, empressé de se déclarer « agressé » et « empêché de faire son travail », tout en coupant ses interlocuteurs au bout de quelques mots, décide de partir.
Habitué des terrains stigmatisés par les médias d’extrême droite, le directeur de publication de Frontières s’était rendu au rassemblement contre le racisme à Saint-Denis, le 4 avril, organisé par le maire Bally Bagayoko. L’édile insoumis avait été la cible, quelques jours plus tôt, d’attaques racistes, en étant assimilé à « la famille des grands singes » par le psychologue Jean Doridot et de « mâle dominant » par le polémiste, Michel Onfray.
Dans un parallèle qui souligne la totale décomplexion du racisme en France, ce sont donc des dizaines de commentaires du même acabit qui ont été postés sur Facebook suite à la vidéo de Frontières. Cette fois-ci, la haine banale se colporte à visage découvert et sans pseudonyme par des individus que l’on pourrait croiser tous les jours.
https://www.politis.fr/articles/2026/04 ... -racistes/
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes
16 avril 2026
Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Un étudiant de 33 ans en alternance dans un hôtel, un agent de maîtrise à la mairie de Flixecourt (Somme), un policier originaire de Bayonne, un jeune gendarme dans le Grand Est, un dirigeant d’une société de peinture en Corse ou un commerçant de fruits et légumes en Charentes-Maritime. Ils ne se connaissent pas, mènent une vie bien différente et, pourtant, tous ont, au mois de janvier dernier, comparé un homme noir à un singe en commentaire d’une vidéo publiée sur Facebook par le site d’extrême droite, Frontières.
Dans ce contenu, extrait d’une vidéo de 24 minutes datant de janvier 2025, on voit Jordan Florentin, directeur de publication de ce site proche d’Éric Zemmour, à la sortie d’un meeting organisé par le député de la France insoumise, Louis Boyard, au moment des élections municipales anticipées de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Celui dont le site Les Jours a révélé qu’il ne détenait pas de carte de presse multiplie les provocations. « Monsieur, c’est quoi l’extrême droite ? », presse-t-il dans la version longue de la vidéo. « Qui est groupusculaire ? Qui est antisémite ? Qui est contre les institutions ? C’est pas vous ? », fait-il mine d’interroger.
Il est suivi par un homme, Bouna M., militant antifasciste. Le montage réalisé par Frontières laisse à penser que les deux hommes ne cessent de s’apostropher. Jordan Florentin, empressé de se déclarer « agressé » et « empêché de faire son travail », tout en coupant ses interlocuteurs au bout de quelques mots, décide de partir.
Habitué des terrains stigmatisés par les médias d’extrême droite, le directeur de publication de Frontières s’était rendu au rassemblement contre le racisme à Saint-Denis, le 4 avril, organisé par le maire Bally Bagayoko. L’édile insoumis avait été la cible, quelques jours plus tôt, d’attaques racistes, en étant assimilé à « la famille des grands singes » par le psychologue Jean Doridot et de « mâle dominant » par le polémiste, Michel Onfray.
Dans un parallèle qui souligne la totale décomplexion du racisme en France, ce sont donc des dizaines de commentaires du même acabit qui ont été postés sur Facebook suite à la vidéo de Frontières. Cette fois-ci, la haine banale se colporte à visage découvert et sans pseudonyme par des individus que l’on pourrait croiser tous les jours.
https://www.politis.fr/articles/2026/04 ... -racistes/
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Re: "À mort": le média d’extrême droite Frontières jugé pour avoir "jeté en pâture" des avocats
Qui transgresse la loi passe devant la justice. C'est normal.
"Qui cherche la vérité doit-être prêt à l'inattendu" Héraclite d'Ephèse.