Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Actualité hebdo, politique, économie, informations...
Patchouli38
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 13678
Enregistré le : 01 avril 2022 08:03
A Liké : 6 fois
A été liké : 26 fois

Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Patchouli38 »

"Quotas d’immigration, 13e mois pour tous, nouveau code du travail, coopération avec l’Algérie… Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Le patron de Renaissance, Gabriel Attal, a dévoilé ce jeudi ses propositions pour réformer la France, avec un objectif en tête : la présidentielle de 2027. Pour ce faire, l’ancien Premier ministre entend s’attaquer à tous les sujets, avec une grande priorité : la réforme du Code du travail.

En homme libre. C’est ainsi que se présente Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, ancien Premier ministre, et probable futur candidat à la présidentielle. C'est d'ailleurs comme cela qu'il a titré son livre paru aux éditions de l’Observatoire, la semaine dernière. S’il n’est toujours pas officiellement entré dans la course pour l'Elysée, l’ex-locataire de Matignon rôde encore son programme. Dans les colonnes du Figaro, il en a détaillé les premiers grands axes : réforme du Code du travail, choc des salaires, quotas d’immigration ou encore relation avec l'Algérie.

A l’occasion de la Fête du travail, Gabriel Attal martèle son ambition : faire travailler les Français qui y aspirent. «On travaille 110 heures de moins que les autres pays européens, ce n’est pas tenable», déclare-t-il. Pour cela, le patron de Renaissance entend tout réformer. «Nous devons repenser en profondeur notre Code du travail. Repartir de zéro pour en écrire un nouveau, simple, qui soit une sorte de Constitution du travail, avec un petit nombre de grands principes, en laissant le reste aux accords de branche et accords d’entreprise», détaille l’ex-Premier ministre.

«Travailler mieux pour gagner plus»

En creux, Gabriel Attal propose notamment de remettre sur la table sa réforme avortée de l’assurance chômage qui «incite beaucoup plus à travailler». À la clé, selon lui, la création de 100.000 emplois. Autres propositions : le passage à la semaine de quatre jours sans diminution du temps de travail, «là où c’est possible et concerté», ou encore la suppression du plafond de 220 heures supplémentaires annuelles autorisées. «Il n’y a pas de raison que ce seuil existe alors que tant de Français veulent améliorer leur rémunération», avance le député.

Autre grande priorité du patron de Renaissance : les salaires. Pour les augmenter, Gabriel Attal promet un «choc de 40 milliards d’euros» avec une logique de «droit au brut», où le net se rapproche massivement du brut. Cela permettra selon lui d’obtenir «quasiment un 13e mois pour tous», a-t-il avancé. Face au développement de l’IA qui menace des emplois, le député des Hauts-de-Seine propose de former 20 millions de salariés français en cinq ans. Gabriel Attal promet par ailleurs une refonte totale du financement de notre modèle social pour faire des économies.

Quotas d'immigration et relation avec l'Algérie

Dans le Figaro, Gabriel Attal assume sa préférence pour une immigration «de travail». Le probable futur candidat pour 2027 propose que tous les deux ans, les partenaires sociaux définissent les besoins du marché du travail en matière d’immigration. Et que ces besoins soient «votés sous forme de quotas par le Parlement». Il souhaite s’inspirer du modèle canadien «pour faire l’adéquation entre l’immigration et nos besoins économiques avec des critères à respecter, comme la maîtrise de la langue ou l’acceptation des valeurs de la République».

L'ancien Premier ministre prône également le retour d'une coopération avec l’Algérie. Il souhaite «repartir de zéro dans notre relation bilatérale», ce qui nécessite «de remettre en cause des accords anciens, probablement pour en bâtir de nouveaux». «Notre coopération est nécessaire, notamment en matière de renseignement. Ceux qui nient cela, surtout quand ils ont été dans la position de devoir lutter contre le terrorisme, me semblent tout à fait incohérents», détaille Gabriel Attal.

Livret garde d'enfants et formation de personnel

Parmi les autres mesures, Gabriel Attal souhaite confier la gestion du système de retraite aux partenaires sociaux, y compris le régime de base, mais aussi la création d’un livret garde d’enfants sur le modèle du Livret A, pour «aider les collectivités locales à financer de nouvelles places en crèche». Il propose également la formation de 200.000 professionnels de la petite enfance d’ici 2030. Le tout dans l'optique de libérer du temps, notamment pour les femmes «qui trinquent trop souvent».

Du temps, c'est ce que souhaite accorder l'ancien Premier ministre aux Français, surtout pour ceux qui souhaitent le consacrer au travail, avec une plus grande flexibilité. Le député veut permettre une meilleure conciliation entre la vie personnelle et professionnelle. «Je crois à une révolution du travail autour de trois principes : travailler tous, travailler mieux, pour mieux en vivre», conclut Gabriel Attal."

https://www.cnews.fr/france/2026-04-30/ ... ation-avec

Le projet de quota d'immigration de travail a été piqué au parti de G. Meloni.

https://www.visahq.com/fr/news/2026-01- ... r-2026-28/
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Vous avez posté un article de CNews. Est-ce que vous allez bien ?
Avatar du membre
Fonck1
Administrateur
Administrateur
Messages : 154637
Enregistré le : 02 mai 2006 16:22
A Liké : 21 fois
A été liké : 26 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Fonck1 »

jeandu53 a écrit : 04 mai 2026 12:56 Vous avez posté un article de CNews. Est-ce que vous allez bien ?
c'est pour vous cirer un peu la trombine pour que vous ne soyez pas trop perdu.
"Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons."
Henry de MONTHERLANT (1895-1972)

“Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.”
Romain Gary De Romain Gary
Patchouli38
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 13678
Enregistré le : 01 avril 2022 08:03
A Liké : 6 fois
A été liké : 26 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Patchouli38 »

jeandu53 a écrit : 04 mai 2026 12:56 Vous avez posté un article de CNews. Est-ce que vous allez bien ?
Jeandu,

Je lis les articles avant de les publier. Oui, il m'arrive de publier ceux de CNews, mais plutôt rarement.
Par contre, je ne regarde JAMAIS cette chaîne que je zappe automatiquement.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Et parfois, il ne faut pas croire tout ce qui est écrit.

L'article laisse à penser qu'Attal a dévoilé son programme pour 2027. Non : il a donné une interview au Figaro, dans laquelle il commente l'actualité et formule quelques propositions concernant le droit du travail et la protection sociale, mais ça s'arrête là.
Patchouli38
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 13678
Enregistré le : 01 avril 2022 08:03
A Liké : 6 fois
A été liké : 26 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Patchouli38 »

jeandu53 a écrit : 04 mai 2026 13:19 Et parfois, il ne faut pas croire tout ce qui est écrit.

L'article laisse à penser qu'Attal a dévoilé son programme pour 2027. Non : il a donné une interview au Figaro, dans laquelle il commente l'actualité et formule quelques propositions concernant le droit du travail et la protection sociale, mais ça s'arrête là.
Oui, bien sûr. Néanmoins le site internet CNews privilégie toujours les articles conformes à son idéologie (immigration et sécurité) tout en faisant la part belle au RN. Il arrive, de temps en temps, des articles différents de ce qu'il a l'habitude de publier.

Dans tous les cas, jeandu53, vous avez raison de corriger certains faits et cela démontre bien que CNews, aime à tordre parfois (et souvent) la vérité pour la modifier à sa sauce.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Ce sont les médias en général qui sont comme ça. Du genre à faire des raccourcis, à simplifier. Et comme ils se copient les uns et les autres, on retrouve parfois en 10 ou 20 exemplaires une même information pas forcément mensongère, mais très déformée.

Donc attention à ne pas prendre au pied de la lettre tout ce qu'ils peuvent dire.

Vous aviez fait pareil avec le supposé programme économique du RN :

viewtopic.php?t=59935

Je vous avais fait remarquer que Bardella avait donné une longue interview, dans laquelle il énonçait quelques principes, mais que ça s'arrêtait là, et que donc, contrairement à ce que pouvait faire croire le titre de l'article, il ne dévoilait aucun programme.

On pourrait dire la même chose au sujet de la plainte supposée contre Alloncle : les médias simplifient à l'extrême en parlant de plainte contre Alloncle, et ils se copient tous entre eux, si bien que cette même information se retrouve à de nombreuses reprises sur Internet, alors que, dans la réalité, c'est une plainte contre X.
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Donc pour en revenir à Attal, voici son interview :
Gabriel Attal au Figaro : «Le droit du travail empêche trop souvent le droit au travail»

ENTRETIEN EXCLUSIF - Le secrétaire général de Renaissance, qui prépare sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, propose d’écrire «un nouveau Code du travail».

(...)

LE FIGARO.- Malgré votre proposition, le gouvernement n’a pas assoupli les règles qui encadrent le travail le 1er mai. Le ministre du Travail a souhaité s’appuyer sur « l’intelligence collective » pour que les inspecteurs du travail ne sanctionnent pas les commerces ouverts. Est-ce une défaite ?

GABRIEL ATTAL.- J’espère que l’intelligence collective triomphera sur le flou. Il serait totalement insupportable que les boulangers et fleuristes qui ont entendu le gouvernement leur permettre d’ouvrir soient finalement sanctionnés faute de véritable cadre légal. Cela sera possible l’année prochaine grâce à la loi annoncée par le premier ministre. Mais il reste la question de cette année. Il aurait été plus simple de passer une loi dès le mois dernier comme nous le proposions, cela aurait sécurisé tout le monde, permis d’inclure plus de commerces de bouche, comme les boucheries, qui ne bénéficient d’aucune dérogation, et d’offrir des garanties sur le volontariat, la rémunération doublée et le jour de repos en compensation. Il doit aussi y avoir des échanges dans d’autres secteurs, en ouvrant des discussions de branche. Derrière cette question, il y a un débat plus large sur le rapport au travail, et surtout le droit au travail, que je veux défendre. Le droit du travail empêche trop souvent le droit au travail.

Certains, y compris au gouvernement, vous accusent d’utiliser les artisans pour ouvrir une brèche plus large contre le Code du Travail…


Ça n’a jamais été mon intention. La liste des secteurs concernés aurait pu être clarifiée lors de la commission mixte paritaire (CMP, qui rassemble députés et sénateurs pour trouver un consensus, NDLR) si la loi était allée au bout. Si le flou demeure, c’est aussi parce que la CMP n’a pas été possible. Mais je ne veux pas polémiquer. Nous sommes très loin d’ouvrir une brèche dans le contrat social ou dans la protection des salariés quand on parle de volontariat, de salaire doublé et de repos compensatoire. Au contraire, partout sur le terrain, j’ai rencontré des salariés qui n’attendent que ça ! Il n’a jamais été question de supprimer de jour férié. Le sujet a été instrumentalisé par les mensonges à répétition de la CGT et de la France insoumise. Je le redis : je suis autant attaché à ce qu’il puisse y avoir des jours fériés, qu’à la liberté de travailler pour ceux qui le souhaitent.

Donc vous ne marchez pas dans les pas de François Bayrou et sa proposition de suppression de deux jours fériés ?

Je me suis opposé à cette mesure. Avant de demander plus à ceux qui travaillent, il faut d’abord s’assurer que tous les Français qui le peuvent travaillent effectivement. J’avais préparé une réforme de l’assurance chômage qui incite beaucoup plus à travailler. Elle est prête, il suffit de prendre un décret. Elle permettrait de créer 100.000 emplois.

Le gouvernement vous a reproché de mettre à mal le dialogue social. Vous lui donnez raison en chargeant la CGT, qui a été reçue par Sébastien Lecornu pour apaiser les choses ?


Il y a une approche terriblement politicienne de la CGT qui n’a cessé d’agiter des arguments fallacieux. J’observe surtout une incroyable déconnexion entre son discours et les attentes des salariés. Pourquoi madame Binet empêche-t-elle l’ouverture de négociations par branche ? Parce qu’elle sait très bien que les salariés sont favorables à ce droit au travail.

Assumez-vous le retour d’un bras de fer avec les syndicats, comme ce fut le cas après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée autour des ordonnances travail ?


Pas du tout. Je considère que le dialogue social est primordial. Ça a toujours été ma ligne, dans toutes les fonctions que j’ai occupées. Je n’ai par exemple jamais connu de grève d’ampleur à l’Éducation nationale malgré des réformes très importantes, ni à Matignon malgré la réforme de l’assurance-chômage. Pour autant on doit entendre l’aspiration des Français à travailler. Le dialogue social et le partage du pouvoir, ce n’est pas la cogestion, mais une clarification. Ce n’est pas chercher la signature unanime de tous les syndicats avant d’avoir le droit de réformer, mais que chacun ait des responsabilités claires au sein de notre modèle social. Je plaide par exemple pour que l’intégralité de notre système de retraite soit gérée par les partenaires sociaux, y compris le régime de base. Aujourd’hui ils ne gèrent que les régimes complémentaires. Ce serait un vrai partage efficace du pouvoir.

Le mois de mai se caractérise par ses nombreux ponts et jours fériés. On ne cesse d’entendre que les Français ne travaillent pas assez. Est-ce un constat que vous partagez ?


Je me bats pour le droit au travail et la liberté de travailler. C’est ma philosophie et je veux en faire un enjeu majeur de l’élection présidentielle. Nous devons repenser en profondeur notre Code du travail, qui compte 11.000 articles, un doublement en vingt ans. Repartir de zéro avec les partenaires sociaux, les partis politiques et le gouvernement autour de la table pour écrire un nouveau Code du travail, simple, qui soit une sorte de Constitution du travail, avec un petit nombre de grands principes, tout en laissant le reste aux accords de branche et accords d’entreprise. Les Français veulent plus de marges de manœuvre. En un mot : plus de liberté. Pour cela je fais une première proposition. La suppression du plafond de 220 heures supplémentaires annuelles autorisées. Il n’y a pas de raison que ce seuil existe alors que tant de Français veulent améliorer leur rémunération. Il faut laisser tranquilles les Français qui veulent travailler ! On travaille 110 heures de moins que les autres pays européens, ce n’est pas tenable. J’ajoute que les Français entrent plus tard que les autres sur le marché du travail et en sortent trop tôt. Pour corriger le tir, il faut plus d’apprentissage et la démassification de l’enseignement supérieur.

La démassification à l’université, c’est y introduire plus de sélection ?

Oui, entre autres. Il faut dire la vérité sur le taux d’insertion professionnelle de certaines filières et assumer d’augmenter le nombre de places dans certaines formations, qui mènent vers des métiers d’avenir comme l’industrie, la transition écologique ou l’IA. Il faut aussi raccourcir la durée moyenne des études pour arriver plus tôt sur le marché du travail.

Comment mettre au travail les 500.000 jeunes sans formation ni emploi ? Au moment où les aides à l’apprentissage sont justement rabotées.

Je ne suis pas contre des économies, j’ai moi-même demandé 3,2 milliards d’euros d’économies au ministère du Travail quand j’étais à Matignon. Mais certaines ont été actées sans finesse. Ça fragilise certains secteurs. Des CFA (centre de formation des apprentis) ont de grandes difficultés. Il faut être plus vigilant. C’est un investissement que de rattraper des jeunes qui ont quitté le système scolaire pour leur permettre de s’émanciper par le travail.

Jordan Bardella a proposé les 37 heures dans certaines branches. Avez-vous la même approche ?


Je veux que les Français gagnent davantage. Quand j’entends Jordan Bardella, je retrouve le « Jordan à peu près » que j’ai déjà affronté lors de nos débats. Il n’a pas mesuré que sa proposition empêcherait les Français de bénéficier de la majoration et de la défiscalisation des heures supplémentaires. Il propose de prendre 350 euros par an aux Français, en moyenne. Avec Bardella, c’est travailler plus pour gagner moins.

La France insoumise propose sept nouveaux jours fériés, le PS veut que le travail empiète moins sur la vie privée. Ces discours trouvent beaucoup d’écho depuis quelques années. Travailler plus, est-ce réellement dans l’air du temps ?

Le rapport au travail est l’une des questions les plus centrales, mais tous les politiques en parlent avec les mêmes vieilles lunes qu’il y a 20 ou 30 ans. Beaucoup à droite se cantonnent à tenter de ressusciter le « travailler plus pour gagner plus » pour ne pas avoir à porter de nouvelles propositions. Et à gauche, il n’y a qu’une seule obsession : travailler moins et taxer plus. La médaille de l’hypocrisie revient au RN, qui s’est toujours opposé à la France du travail. Il faut penser un nouveau rapport au travail qui tienne compte des bouleversements sociologiques et technologiques. Je crois donc à une révolution du travail autour de trois principes : travailler tous, travailler mieux, pour mieux en vivre. Je ne crois pas que les Français cherchent à moins travailler. Ils veulent travailler mieux. C’est légitime. Il faut redonner du sens et permettre une meilleure conciliation entre la vie personnelle et professionnelle. Des entreprises innovent déjà avec plus de flexibilité. Je sais à quel point le monde du travail a été profondément bouleversé par l’essor du télétravail ou l’IA. On doit accompagner ces nouvelles aspirations en permettant là où c’est possible et concerté la semaine en quatre jours sans diminution du temps de travail – ce qui diffère de la semaine de quatre jours. Et sur le « travailler mieux », je tire la sonnette d’alarme : on meurt deux fois plus au travail en France qu’ailleurs. Il faut donc se donner l’objectif de diviser par deux en dix ans le nombre d’accidents au travail.

Partagez-vous le discours de Laurent Wauquiez contre « l’assistanat » ou encore l’initiative récente du président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan (Horizons), de supprimer le RSA dont bénéficient des druides ?


Notre modèle social doit inciter davantage à l’activité. Le RSA ne doit pas être un revenu universel qui apporte un complément de revenu. J’ai moi-même généralisé la réforme du RSA, avec quinze heures d’activité exigée aux bénéficiaires quand j’étais premier ministre. J’ai ensuite préparé une réforme de l’assurance chômage que les gouvernements suivants tardent à actionner.

Il y a de plus en plus de Français qui s’émeuvent de la différence entre leur salaire brut et leur salaire net...

Quand 100 euros sont versés par l’employeur, il n’en reste que 54 dans la proche du salarié. C’est un problème central. C’était 30 euros de plus il y a deux générations. Il faut alléger les cotisations qui pèsent sur le travail. Je défends une logique de « droit au brut », où le net se rapproche massivement du brut. On travaille pour cela à un choc de 40 milliards d’euros sur les salaires, qui permettra de rattraper notre retard, pour un quasi 13e mois pour tous. On proposera une refonte totale du financement de notre modèle social et faire des économies de structure : tout ne peut pas reposer sur ceux qui travaillent !

L’irruption de l’intelligence artificielle inquiète de nombreux salariés. Comment répondre à leurs craintes ?


Comme pour toutes les révolutions technologiques, il y a des risques. On doit y répondre par plus d’éducation et plus de formation et d’innovation. La Finlande a engagé un plan pour former l’intégralité de sa population. Je propose de former 20 millions de salariés français à l’IA en cinq ans. Une étude américaine récente a montré que quelques heures de formation permettent vraiment de gagner en productivité.

Comment concilier travail et vie de famille ? C’est une attente très régulièrement soulevée alors que les Français sont incités à avoir plus d’enfants.

40% des enfants en bas âge n’ont pas de mode de garde. Et c’est trop souvent les femmes qui trinquent. Je propose de créer un livret garde d’enfants sur le modèle du Livret A. Le Livret A permet de financer le logement. Ce nouveau livret pourrait aider les collectivités locales à financer de nouvelles places en crèche. On orientera l’épargne des Français vers des investissements utiles pour la natalité et pour l’emploi. Ce n’est pas aux entreprises de payer. Ensuite, il faut former 200 000 professionnels de la petite enfance d’ici 2030, car on va être confronté à une vague de départs en retraite.

Ambitionnez-vous de faire appel à l’immigration dans les secteurs qui le réclament ?

Aujourd’hui, le problème, c’est qu’on ne choisit pas notre immigration. Il faut que ça change et assumer une vraie préférence travail. Je propose que tous les deux ans, les partenaires sociaux définissent clairement les besoins du marché du travail en matière d’immigration. Et que ces besoins soient ensuite votés sous forme de quotas par le Parlement. On peut s’inspirer du système à points canadien pour faire l’adéquation entre l’immigration et nos besoins économiques avec un certain nombre de critères à respecter avant d’arriver en France, comme la maîtrise de la langue ou l’acceptation des valeurs de la République. J’assume de privilégier l’immigration de travail au regroupement familial. On doit faire des choix.

Êtes-vous un des « mabouls » critiqués par Emmanuel Macron puisque vous prônez la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 ? Au risque, selon lui, d’empêcher l’arrivée de médecins algériens en France.

Je ne crois pas puisque je n’ai jamais plaidé pour qu’on se fâche avec l’Algérie, mais pour repartir de zéro dans notre relation bilatérale. Ça nécessitera de remettre en cause des accords anciens, probablement pour en bâtir de nouveaux. Notre coopération est nécessaire, notamment en matière de renseignement. Ceux qui nient cela, surtout quand ils ont été dans la position de devoir lutter eux-mêmes contre le terrorisme, me semblent tout à fait incohérents.

L’UDR d’Éric Ciotti a proposé une commission d’enquête sur le coût de l’immigration. Est-ce une démarche que vous approuvez ?

Ce n’est pas le thème que nous avons choisi pour notre commission d’enquête, mais je considère qu’il n’y a pas de sujet tabou et qu’on doit évidemment tout regarder.

De plus en plus de chefs d’entreprise rencontrent le RN. Est-ce le signe d’un rejet du bilan de la décennie macroniste ?

Ce qui a rompu la confiance, c’est la dissolution qui a ensuite conduit le gouvernement à être tenu par les exigences du PS. Je ne reproche à personne de rencontrer des partis représentés au Parlement. Ce que j’espère c’est qu’ils mesurent le niveau de double discours qui existe aujourd’hui au Rassemblement national. Les mêmes qui vont faire la danse du ventre devant les chefs d’entreprise en leur expliquant qu’ils les entendent et qu’ils comprennent leurs problèmes sont les premiers qui ont voté contre la réforme du RSA, qui s’opposent à la réforme de l’assurance chômage, ou qui ont voté contre la réforme des retraites. Les mêmes qui ont voté 34 milliards d’euros de taxes et nouveaux impôts dans le budget. Leur comportement et leurs propositions sont à l’opposé des attentes du monde économique. Pour ma part, je proposerai une grande loi de paix fiscale et normative sur 5 ans. Pour redonner de la visibilité. On doit pouvoir garantir aux entreprises la pérennité du Dutreil, du crédit impôt recherche et une trajectoire de baisse des impôts de production qui me semble urgente.

Vous évoquez souvent l’assurance chômage mais vos députés n’étaient pas assez nombreux dans l’hémicycle le 16 avril pour voter le texte négocié par les partenaires sociaux, sous l’égide du gouvernement qui vous le reproche…


J’étais présent pour la voter. Cette réforme est cinq fois moins ambitieuse que la réforme initiale. Elle n’a donc pas mobilisé, mais ce genre de problèmes arrive et il ne faut pas chercher la polémique. Il y aura une deuxième lecture.
Il prône l'immigration de travail, et il a raison, mais il ne dit pas comment il va s'y prendre.

Il parle (à juste titre) de rapprocher le brut du net, il admet (à juste titre) que cela pose la question du financement de la protection sociale, mais il ne dit pas comment il va faire.

Sur le temps de travail, je ne suis pas sûr de bien le comprendre. Il dit (à juste titre) que, avant de demander plus à ceux qui travaillent, il faut d’abord s’assurer que tous les Français qui le peuvent travaillent effectivement. Mais ensuite, il propose un déplafonnement du temps de travail. Cela me paraît un peu contradictoire.

En résumé : je ne suis pas en désaccord avec ce qu'il dit, mais son propos reste assez générique, assez banal, ce n'est pas ce que j'appelle un programme.
Avatar du membre
Victor
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 47410
Enregistré le : 29 août 2014 19:21
A Liké : 7 fois
A été liké : 16 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Victor »

Et sur les institutions ?
Compte tenu de ce que nous vivons depuis la réélection de EM et sa dissolution, il me semble que des propositions sur ce sujet devraient faire partie des programmes.
Par exemple X. Bertrand propose un septennat non renouvelable.
Un septennat non renouvelable nous aurait été évité la dissolution car en mai 2024 nous aurions eu une présidentielle.
mais pourquoi pas un quinquennat non renouvelable ?
Et des législatives à la proportionnelles ou autre mode de scrutin.
Dans tous les cas de figure les programmes doivent aborder ces sujets.
Que dit un sociologue quand son épouse lui demande de changer une ampoule ?
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
Patchouli38
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 13678
Enregistré le : 01 avril 2022 08:03
A Liké : 6 fois
A été liké : 26 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Patchouli38 »

Victor a écrit : 04 mai 2026 15:04 Et sur les institutions ?
Compte tenu de ce que nous vivons depuis la réélection de EM et sa dissolution, il me semble que des propositions sur ce sujet devraient faire partie des programmes.
Par exemple X. Bertrand propose un septennat non renouvelable.
Un septennat non renouvelable nous aurait été évité la dissolution car en mai 2024 nous aurions eu une présidentielle.
mais pourquoi pas un quinquennat non renouvelable ?
Et des législatives à la proportionnelles ou autre mode de scrutin.
Dans tous les cas de figure les programmes doivent aborder ces sujets.
Un septennat non renouvelable. Je suis dubitative sur cette proposition. En effet, certaines lois, une fois appliquée, mettent du temps à produire leur effet. Et il est difficile de juger de sa pertinence au bout de 7 ans. Et bien souvent, un opposant politique se fait un plaisir de détricoter ce que l'ancien président a construit, simplement par idéologie. De ce fait, il nous serait difficile de juger de l'efficacité de telle ou telle loi.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
Avatar du membre
Victor
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 47410
Enregistré le : 29 août 2014 19:21
A Liké : 7 fois
A été liké : 16 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Victor »

Patchouli38 a écrit : 04 mai 2026 15:09
Victor a écrit : 04 mai 2026 15:04 Et sur les institutions ?
Compte tenu de ce que nous vivons depuis la réélection de EM et sa dissolution, il me semble que des propositions sur ce sujet devraient faire partie des programmes.
Par exemple X. Bertrand propose un septennat non renouvelable.
Un septennat non renouvelable nous aurait été évité la dissolution car en mai 2024 nous aurions eu une présidentielle.
mais pourquoi pas un quinquennat non renouvelable ?
Et des législatives à la proportionnelles ou autre mode de scrutin.
Dans tous les cas de figure les programmes doivent aborder ces sujets.
Un septennat non renouvelable. Je suis dubitative sur cette proposition. En effet, certaines lois, une fois appliquée, mettent du temps à produire leur effet. Et il est difficile de juger de sa pertinence au bout de 7 ans. Et bien souvent, un opposant politique se fait un plaisir de détricoter ce que l'ancien président a construit, simplement par idéologie. De ce fait, il nous serait difficile de juger de l'efficacité de telle ou telle loi.
La réélection (réélection sans période de cohabitation préalable) de Macron a été une sorte d'exception dans l'histoire récente de la cinquième république.
Cette réélection nous a amené ce second mandat avec une crise politique sans équivalent sous la cinquième.
Il me semble donc important que les candidats abordent ces questions dans leur programme.
Que dit un sociologue quand son épouse lui demande de changer une ampoule ?
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Victor a écrit : 04 mai 2026 15:04 Et sur les institutions ?
Rien.

Mais comme je l'ai dit, il n'a dévoilé aucun programme.

Donc il faut attendre.
Patchouli38
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 13678
Enregistré le : 01 avril 2022 08:03
A Liké : 6 fois
A été liké : 26 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Patchouli38 »

Victor a écrit : 04 mai 2026 15:21
Patchouli38 a écrit : 04 mai 2026 15:09

Un septennat non renouvelable. Je suis dubitative sur cette proposition. En effet, certaines lois, une fois appliquée, mettent du temps à produire leur effet. Et il est difficile de juger de sa pertinence au bout de 7 ans. Et bien souvent, un opposant politique se fait un plaisir de détricoter ce que l'ancien président a construit, simplement par idéologie. De ce fait, il nous serait difficile de juger de l'efficacité de telle ou telle loi.
La réélection (réélection sans période de cohabitation préalable) de Macron a été une sorte d'exception dans l'histoire récente de la cinquième république.
Cette réélection nous a amené ce second mandat avec une crise politique sans équivalent sous la cinquième.
Il me semble donc important que les candidats abordent ces questions dans leur programme.
Bien entendu, la dissolution a été une grosse erreur et E. Macron a été très mal conseillé sur ce sujet. Mais qui pouvait prévoir une opposition divisée en trois blocs distincts, oppositions plus préoccupées par ses intérêts personnels que l'avenir de la France et des français ?
Finalement, le problème n'est pas forcément une question de durée de mandat d'un Président de la République, mais également de la posture des oppositions, incapables de compromis sauf lorsqu'il y a besoin de démonter un adversaire.

En effet, un Président pourra avoir un septennat renouvelable ou non, mais s'il en en face de lui des opposants prêts à bloquer toute avancée par pure posture politicienne, on obtiendra toujours le même problème. Il faudrait déjà que les oppositions arrêtent leur culture du "moi, moi d'abord" et alors, elles pourront ensuite travailler de manière constructif. Cela se passe sans problème dans d'autres pays, sauf dans le nôtre.
Tant que la culture du compromis ne sera pas ancrée dans les esprits, la France restera bloquée sur bon nombre de sujets importants.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 6749
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A Liké : 3 fois
A été liké : 37 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par jeandu53 »

Patchouli38 a écrit : 04 mai 2026 15:46 Bien entendu, la dissolution a été une grosse erreur et E. Macron a été très mal conseillé sur ce sujet. Mais qui pouvait prévoir une opposition divisée en trois blocs distincts, oppositions plus préoccupées par ses intérêts personnels que l'avenir de la France et des français ?
Tous les observateurs avaient prédit cela.
Once
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 11459
Enregistré le : 02 novembre 2020 08:46
A Liké : 2 fois
A été liké : 31 fois

Re: Gabriel Attal dévoile ses mesures pour 2027

Message par Once »

Patchouli38 a écrit : 04 mai 2026 12:55 En homme libre. C’est ainsi que se présente Gabriel Attal,
Ouais, et bien il n'ira pas loin comme cela. Un candidat à l'élection présidentielle a besoin de réseaux, de carnets d'adresses, de soutien fermes et inconditionnels. Il a besoin aussi d'un parti politique qui compte sur l'échiquier et qui est propre à pouvoir en rassembler d'autres sous forme de coalitions.

Mais ce n'est pas tout : Attal n'est pas seul en piste et il y a un trop plein de candidatures "individuelles" sans véritables colonnes vertébrales.

Image



Hier soir, JLM a présenté sa candidature officielle : rien de tout ce qui précède. Là, on a un seul candidat soutenu par un parti avec un programme bien ficelé depuis longtemps."Nous, c'est carré", comme il a dit.



Il ne s'agit pas de discuter du fond ici, mais, sur la forme, ça a au moins le mérite d'être clair. Comme en face, au RN.

Et c'est de cela dont les Français ont besoin, je crois : de choses claires et nettes. Ras-le- bol des petites ambitions personnelles et des guerres d'ego de la droite, de la gauche et du centre tous "mainstream".

La gauche et la droite radicales sont prêtes. Les autres non. Et ça en devient non seulement pitoyable mais préoccupant aussi pour tous ceux et celles qui veulent fuir les extrêmes.
Répondre

Retourner vers « DISCUSSIONS POLITIQUE - ACTUALITÉ - DÉBATS »