Maréchal, nous voilà qui résonne dans les rues de Carpentras un jour de commémoration de l’armistice, une annulation de la commémoration de l’abolition de l’esclavage à Vierzon, une intervention des Femen à Carcassonne… le week-end a été agité dans ces mairies d’extrême droite. Dimanche 10 mai, alors que la ville médiévale classée à l’Unesco et récemment conquise par le RN célébrait Jeanne d’Arc, des militantes du groupe d’action féministe se sont invitées à la cérémonie, comme en témoigne une vidéo postée par le groupe sur sa page Facebook.
Quatre militantes, la poitrine dénudée et marquée de slogans comme «Femen pas RN» ou «féministe pas fasciste» ont interrompu le maire RN Christophe Barthès alors qu’il entamait un discours durant cette cérémonie, avant d’être interpellées, comme on peut le voir sur la vidéo.
C’est que la cérémonie avait des airs de célébration pour le nouveau maire d’extrême droite, dont le début de mandat a été marqué par la publication d‘un arrêté anti-mendicité, la suppression d’une subvention à la Ligue des droits de l’Homme et la mise sous surveillance de lycéens jusqu’à infiltrer un groupe WhatsApp privé. La statue de Jeanne d’Arc était en effet au centre de ses promesses de campagne. Installée derrière la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne, elle avait été récemment replacée sur le parvis du même édifice religieux pour la rendre plus visible.
«Elle ne s’attaquait pas aux personnes les plus vulnérables»
La cérémonie organisée dimanche à l’occasion de la fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme instituée par une loi de 1920, avait pour but de permettre à cette «figure du courage, de la foi et de l’unité nationale» de retrouver «sa place au cœur de notre ville, de notre mémoire et de notre patrimoine», a affirmé la mairie sur ses réseaux sociaux après l’événement, sans mentionner l’interruption de la cérémonie.
Citée dans le quotidien local l’Indépendant (dans le viseur de Barthès qui a arrêté de lui acheter des espaces publicitaires en invoquant un manque de neutralité), l’une des Femen impliquées a expliqué avoir voulu s’inviter «à cette cérémonie car nous refusons cette appropriation par l’extrême droite de cette figure historique qu’est Jeanne d’Arc».
«Personnalité féministe, guerrière», cette dernière «a mis dehors les envahisseurs mais elle n’était pas hostile aux étrangers, elle n’était pas méprisante avec les sans-abri, elle ne s’attaquait pas aux personnes les plus vulnérables», a affirmé cette militante, ajoutant : «Elle était finalement tout l’inverse de Christophe Barthès.»
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C'est le prêtre qui doit être content.

