Tout à fait et je me permets de rebondir sur cette analyse pour établir les constats et contre-constats suivants :Cépajuste a écrit : 14 mai 2026 12:20La gauche est prise entre deux fractions de l'électorat populaire qui ne se parlent plus. Mélenchon mobilise les fractions les plus dominées mais les moins politisées. Ruffin vise les fractions les plus organisables mais déjà hégémonisées par la droite. Aucun des deux ne peut, seul, reconstruire une conscience de classe unifiée. La stratégie de Mélenchon peut fonctionner électoralement, mais pas hégémoniquement. La stratégie de Ruffin peut fonctionner hégémoniquement, mais pas électoralement, du moins dans l'immédiat.Once a écrit : 14 mai 2026 11:47 Mélenchon a établi un constat lucide et froid : jamais la gauche ne retrouvera l'électorat populaire perdu par les socialistes au pouvoir. C'est un électorat définitivement perdu à ses yeux et qu'il méprise parce qu'il est généralement passé à l'extrême droite. Ruffin pense pouvoir le regagner : mais c'est comme vouloir faire rentrer le dentifrice dans le tube, c'est trop tard, ça ne marchera plus.
Mélenchon s'est donc retourné vers un autre électorat en colère, discriminé et resté jusqu'à présent assez abstentionniste : cette stratégie nouvelle fonctionnera t elle ou pas ? On n'en sait trop rien, à vrai dire. Car Mélenchon vise un électorat assez défaitiste et résigné jusqu'à présent, et qui ne croit plus en la politique et aux hommes politiques.
1) Le PS, les Verts, le PC et les insoumis aux Insoumis (Ruffin, Autain etc) n'ont qu'une seule possibilité pour représenter la gauche au second tour : se rallier à LFI. Auquel cas, à mon avis, ils auront une chance sur deux de parvenir en finale.
2) Ils ne le feront pas : le divorce est pratiquement consumé et ce serait pour eux une capitulation honteuse devant LFI . Si elle devait pourtant se réaliser, elle ne consisterait qu'en un équipage bancal et hétéroclite qui ne survivrait pas, même à une victoire électorale au second tour = oui, car impossibilité de former une majorité crédible pour les législatives qui s'en suivraient. Ils s'entretueraient au lieu de gouverner.
3) LFI, non seulement sans le PS, les Verts, le PC et les insoumis aux Insoumis mais aussi contre eux (ou plutôt : tous ces derniers contre LFI) = la messe est dite. Je ne pense pas que la "France nouvelle" suffira à elle seule de permettre à LFI d'arriver au second tour.
4) J'ai cru entendre quelques discrets appels du pied de Mélenchon aux Verts et au PC, genre : "si vous ne nous rejoignez pas, vous courez au suicide."
(Problème, Monsieur Mélenchon et reconnaissez-le : "vous aussi, sans ceux-là, vous courez au suicide".)
5) Les Verts et le PC finiront-ils par rejoindre Mélenchon pour accroître un peu les chances de la gauche LFI au second tour ? On n'en sait trop rien. Il y a pourtant pas mal de points qui les rapprochent du programme de LFI (ce qui n'est pas le cas avec le PS) Affaire à suivre...
6) Dans la guerre des égos et des plans politiques trop divergents, et si les divisions actuelles devaient se poursuivre et s'envenimer, à mon avis, la gauche LFI n'a pas une chance sur 3 d'arriver au second tour. Avec les Verts et le PC en renfort (+ "France nouvelle") : 1,5 sur 3. Mais pas plus tant le matraquage anti Mélenchon va être impitoyable.
7) Tout indique un vote de classe favorisant une finale Bardella vs Edouard Philippe. Par vote de classe, j'entends une grande majorité des classes moyennes (moyennes moyennes et/ou supérieures) qui ne verront aucune contre indication à ce que soit l'un ou l'autre qui soit élu. Ils n'auront rien à craindre - ou pas grand chose- de leurs décisions politiques pour leur portefeuille et leurs biens acquis. Ce qui ne sera pas le cas des classes moyennes dites 'inférieures" qui auront tout à redouter de l'un ou l'autre au pouvoir.

