Pratiques prédatrices de la grande distribution

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Patchouli38
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Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par Patchouli38 »

"Menace, intimidation, contrainte… Un rapport du Sénat dénonce les "pratiques prédatrices" de la grande distribution

Selon les sénateurs, les agriculteurs et les industriels sont les victimes impuissantes d'un rapport de force déséquilibré. Le rapport, publié jeudi, est révélé par franceinfo.

Guerre des prix, chantage, coûts déguisés… Un rapport du Sénat, publié jeudi 21 mai et que révèle franceinfo, dénonce les "pratiques prédatrices" de la grande distribution envers l'agriculture et les industriels. Ce rapport est issu d'une commission d'enquête qui a duré six mois et qui a été consacrée aux marges des industriels mais aussi et surtout, celles des enseignes comme Leclerc, Carrefour, Intermarché ou la Coopérative U. Ce rapport dresse un bilan sévère des relations entre la grande distribution et les industriels.

À lire aussi
On vous explique pourquoi le torchon brûle dans les négociations commerciales entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire

La commission "a constaté que les distributeurs employaient volontiers des méthodes de négociation assises sur la menace, l'intimidation et la contrainte" pour mener à bien leur "guerre des prix de plus en plus intense". Un véritable climat de peur qui a poussé certains industriels à demander des auditions à huis clos, par crainte de représailles. Ils évoquent la brutalité des négociations commerciales, qui servent chaque année à fixer le prix auquel les enseignes achètent les produits aux fournisseurs. Ils racontent également le chantage qu'ils subissent : "Tu acceptes mon prix, où je n'achète plus tes produits'".

Des commandes arrêtées du jour au lendemain
La rapporteure écologiste de la commission d'enquête, Antoinette Guhl, dit l'avoir vérifié elle-même. "Je l'ai vu auprès de nombreux industriels", car "je suis allée voir sur place pour avoir les informations et pour voir que les commandes ont été arrêtées du jour au lendemain parce que l'industriel" refusait de vendre aux prix que voulait lui imposer la grande distribution, témoigne-t-elle.

Les centrales d'achat "adressent à leurs fournisseurs, dès l'engagement des négociations commerciales, des menaces de diminution de commandes, voire de déréférencement, qui peuvent durer plusieurs mois et représenter entre 30% et 70% de l'assortiment d'un fournisseur", peut-on lire dans le rapport. La rapporteure a constaté, "en effectuant des contrôles sur pièces et sur place, que ces diminutions brutales de commandes peuvent représenter jusqu'à 60% des ventes d'un fournisseur auprès d'un distributeur et engendrer des pertes de produits parfois périssables qui s'élèvent à plusieurs millions d'euros", indique le rapport.

La loi française "habilement contournée"
La commission "condamne fermement ces pratiques qui instaurent un climat de peur intolérable et compromettent les équilibres des filières alimentaires françaises". C'est de toute façon difficile pour les industriels de résister à de telles pressions, car ils sont ultra-dépendants des centrales d'achat. Les industriels font entre 80 et 95% de leur chiffre d'affaires grâce à ces enseignes, selon le rapport.

Dans ce contexte, les sénateurs dénoncent aussi le non-respect des lois Egalim. Elles sont censées protéger les revenus des agriculteurs. Leur contournement est très fréquent voire systématique, selon la commission, notamment en passant par les centrales d'achat européennes.

"La centrale d'achat Leclerc nous a dit très clairement : 'nous ne respectons pas la loi française'."

Antoinette Guhl, rapporteure écologiste de la commission d'enquête
à franceinfo

"Ce n'est pas Michel-Édouard Leclerc qui le dit, c'est le président de sa centrale d'achat, poursuit Antoinette Guhl. 'J'achète à l'échelle européenne et donc c'est la loi européenne du pays où je suis que je respecte et non pas la loi française'". Or, "la France dit clairement que tous les produits qui sont vendus en France doivent respecter la loi française", mais même "lorsque tout est négocié en France, on voit bien que la loi française n'est pas respectée, ou en tout cas qu'elle est contournée très habilement. Il y a beaucoup de mécanismes de contournement de la loi", déplore la rapporteure écologiste de la commission d'enquête.

Sur 100 euros dépensés en alimentation, plus de 40 vont à la grande distribution, 13 à l'industrie, 8 aux agriculteurs, précise le rapport. Pour se défendre, les enseignes de la grande distribution évoquent des marges très serrées de 1 à 2%. Des chiffres que confirme la commission d'enquête mais avec un éclairage qui vient nuancer les propos de la grande distribution. "J'entends" ce chiffre de "1 à 2%" de marges mais réalisé sur "des chiffres d'affaires qui représentent des dizaines de milliards d'euros", corrige Antoinette Guhl.

"Abus de pouvoir"

Mais surtout, les sénateurs dénoncent le fort développement d'une autre source de rentabilité pour la grande distribution, plus discrète : la vente aux industriels de services qualifiés d'inutiles et choquants, que là non plus les fournisseurs ne peuvent pas vraiment refuser et qu'ils payent à prix d'or. "Il y en a un qui nous a expliqué qu'il était obligé d'acheter des services à la grande distribution", notamment "des relations 'Top to top', c'est-à-dire un rendez-vous de dirigeants à dirigeants qui coûte plus de 350 000 euros. Je veux savoir quel est le dirigeant qu'on va aller voir pour payer 350 000 euros", s'interroge la rapporteure de la commission d'enquête. "Bien sûr que les industriels ne veulent pas de ce service. C'est un déguisement de coût supplémentaire. C'est une forme effectivement de péage pour pouvoir être distribué. Donc là on est clairement dans cet abus de pouvoir", appuie-t-elle.

"Le coût des services facturés, au niveau national et européen, ne cesse de croître et s'élève pour certains industriels à près de 40% de leurs chiffres d'affaires, sans que la qualité de ces services le justifie", déplore le rapport. Tout cela sans que les consommateurs y gagnent, puisque toujours selon les sénateurs, depuis 2021 les prix des produits en rayons augmentent plus que les tarifs payés aux fournisseurs.

Un affichage obligatoire des marges

Les sénateurs préconisent une série de mesures pour accroître les contrôles et l'exigence de transparence envers la grande distribution. Parmi ces recommandations, l'obligation de "rendre publique, chaque année, la comparaison entre l'évolution des prix de vente aux consommateurs et celle des tarifs négociés avec les fournisseurs". Mais aussi "accroître la transparence sur les marges de la grande distribution sur les produits bruts, instaurer un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes"."

https://www.franceinfo.fr/economie/comm ... 18138.html

Charles-Edouard Leclerc va moins la ramener, face caméra. Quand je pense qu'il réfléchit à se lancer dans la Présidentielle, on sait déjà pour qui il roulera en priorité...
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par jeandu53 »

C'est une loi économique bien connue : les frais de distribution représentent toujours une proportion importante du prix du produit vendu.

Mais ces frais de distribution servent à couvrir d'autres frais : la logistique, les locaux, les salariés...

Donc dire que 40% du prix d'un produit correspondent à des frais de distribution n'est pas incompatible avec le fait que les marges unitaires de la grande distribution sont de l'ordre de 1 ou 2%. Bien sûr, comme la grande distribution fait de gros volumes, cette marge unitaire lui permet de réaliser des bénéfices importants. Mais il n'en demeure pas moins que la marge unitaire est plutôt faible.

Alors bien sûr, il y a certaines méthodes commerciales à revoir : la grande distribution est parfois très agressive envers ses fournisseurs. Mais il est utopique de croire qu'on pourrait baisser les prix (pour le pouvoir d'achat) tout en préservant les fournisseurs (pour l'emploi), juste en rognant les marges de la grande distribution.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par Patchouli38 »

jeandu53 a écrit : 21 mai 2026 13:55 C'est une loi économique bien connue : les frais de distribution représentent toujours une proportion importante du prix du produit vendu.

Mais ces frais de distribution servent à couvrir d'autres frais : la logistique, les locaux, les salariés...

Donc dire que 40% du prix d'un produit correspondent à des frais de distribution n'est pas incompatible avec le fait que les marges unitaires de la grande distribution sont de l'ordre de 1 ou 2%. Bien sûr, comme la grande distribution fait de gros volumes, cette marge unitaire lui permet de réaliser des bénéfices importants. Mais il n'en demeure pas moins que la marge unitaire est plutôt faible.

Alors bien sûr, il y a certaines méthodes commerciales à revoir : la grande distribution est parfois très agressive envers ses fournisseurs. Mais il est utopique de croire qu'on pourrait baisser les prix (pour le pouvoir d'achat) tout en préservant les fournisseurs (pour l'emploi), juste en rognant les marges de la grande distribution.
Il est logique que la grande distribution obtient une marge afin de payer ses propres frais, mais certaines d'entre elle se font des largesses en augmentant cette marge au détriment des producteurs.

Il y a de cela 4 ans, je faisais des courses au Leclerc d'Aix-les-Bains avec ma fille et mon mari. Au rayon boucherie, je vois une demi-caissette de porc français à moins de 4 euros... A votre avis, n'avez-vous pas l'impression que le producteur s'est fait truandé sur le prix ?
Je ne généralise pas bien sûr, mais quand on entend la grande distribution se vantant d'avoir les prix le plus bas possible, ce n'est sûrement pas en réduisant leurs marges...
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par jeandu53 »

Dans l'article, il est dit (et constaté par le rapport d'enquête) que les marges sont de 1 à 2%. Sur des gros volumes, certes, mais 1 à 2% quand même. Donc il ne faut pas fantasmer sur les marges de la grande distribution.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par oups »

Patchouli38 a écrit : 21 mai 2026 14:00
jeandu53 a écrit : 21 mai 2026 13:55 C'est une loi économique bien connue : les frais de distribution représentent toujours une proportion importante du prix du produit vendu.

Mais ces frais de distribution servent à couvrir d'autres frais : la logistique, les locaux, les salariés...

Donc dire que 40% du prix d'un produit correspondent à des frais de distribution n'est pas incompatible avec le fait que les marges unitaires de la grande distribution sont de l'ordre de 1 ou 2%. Bien sûr, comme la grande distribution fait de gros volumes, cette marge unitaire lui permet de réaliser des bénéfices importants. Mais il n'en demeure pas moins que la marge unitaire est plutôt faible.

Alors bien sûr, il y a certaines méthodes commerciales à revoir : la grande distribution est parfois très agressive envers ses fournisseurs. Mais il est utopique de croire qu'on pourrait baisser les prix (pour le pouvoir d'achat) tout en préservant les fournisseurs (pour l'emploi), juste en rognant les marges de la grande distribution.
Il est logique que la grande distribution obtient une marge afin de payer ses propres frais, mais certaines d'entre elle se font des largesses en augmentant cette marge au détriment des producteurs.

Il y a de cela 4 ans, je faisais des courses au Leclerc d'Aix-les-Bains avec ma fille et mon mari. Au rayon boucherie, je vois une demi-caissette de porc français à moins de 4 euros... A votre avis, n'avez-vous pas l'impression que le producteur s'est fait truandé sur le prix ?
Je ne généralise pas bien sûr, mais quand on entend la grande distribution se vantant d'avoir les prix le plus bas possible, ce n'est sûrement pas en réduisant leurs marges...
Concernant le cochon Aixois , a mon avis le producteur l’à juste sous vendu ,bien incapable qu’il est de le vendre ailleurs et à meilleur prix :-/
Sinon j’espère que vous n’avez pas cédé à la tentation et avez acheté votre viande ( et le reste aussi) aux petits commerçants locaux, ils sont nombreux :hello:
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par sofasurfer »

Cela fait quelques années que je n'ai plus de contact avec le secteur de la GD, je me souviens néanmoins de pratiques d'achat perverses.

La première consiste à devenir le principal voire l'unique fournisseur du fabricant ou de l'importateur en commandant plus que la capacité de stock pour forcer le fabricant a produire plus que d'habitude si bien que ce dernier devient dépendant du distributeur. La fabricant croit alors faire une bonne affaire car il vend à un prix qui lui permet de faire des marges confortables. Ensuite le distributeur peut faire pression en menaçant de retirer le référencement, le fabricant est pris à la gorge car s'il perd le client il est mort.

la deuxième consiste à récupérer le process d'un fabricant qui propose moins cher que la concurrence( en débauchant un salarié par exemple) , puis de reprendre ce process en marque de distributeur, de faire du dumping de malade pour tuer ce fabricant et ainsi s'assurer le meilleur prix sur le marché.

Il y a plusieurs méthodes assez dégelasses de ce genre...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par Patchouli38 »

sofasurfer a écrit : 21 mai 2026 15:12 Cela fait quelques années que je n'ai plus de contact avec le secteur de la GD, je me souviens néanmoins de pratiques d'achat perverses.

La première consiste à devenir le principal voire l'unique fournisseur du fabricant ou de l'importateur en commandant plus que la capacité de stock pour forcer le fabricant a produire plus que d'habitude si bien que ce dernier devient dépendant du distributeur. La fabricant croit alors faire une bonne affaire car il vend à un prix qui lui permet de faire des marges confortables. Ensuite le distributeur peut faire pression en menaçant de retirer le référencement, le fabricant est pris à la gorge car s'il perd le client il est mort.

la deuxième consiste à récupérer le process d'un fabricant qui propose moins cher que la concurrence( en débauchant un salarié par exemple) , puis de reprendre ce process en marque de distributeur, de faire du dumping de malade pour tuer ce fabricant et ainsi s'assurer le meilleur prix sur le marché.

Il y a plusieurs méthodes assez dégelasses de ce genre...
Bonjour sofasurfer,

Dans mon coin, il n'y a pas de primeur, mis à part un petit marché le samedi matin avec deux concurrents mais avec des prix à faire peur. Un exemple : la barquette de fraises = 7 euros... Il n'y a a pas de petits producteurs locaux pour les fruits et légumes. Et c'est dommage.
Je compte abandonner la grande distribution (sauf pour certains produits tels que l'hygiène, la lessive, etc.) pour acheter chez les petits commerçants.
L'avantage est que l'on n'est moins tenté et que l'on se tient à sa liste de courses, même si on ajoute un ou deux articles non prévus.
En bref, revenir aux habitudes d'autrefois, en quelque sorte.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par jeandu53 »

sofasurfer a écrit : 21 mai 2026 15:12 Cela fait quelques années que je n'ai plus de contact avec le secteur de la GD, je me souviens néanmoins de pratiques d'achat perverses.

La première consiste à devenir le principal voire l'unique fournisseur du fabricant ou de l'importateur en commandant plus que la capacité de stock pour forcer le fabricant a produire plus que d'habitude si bien que ce dernier devient dépendant du distributeur. La fabricant croit alors faire une bonne affaire car il vend à un prix qui lui permet de faire des marges confortables. Ensuite le distributeur peut faire pression en menaçant de retirer le référencement, le fabricant est pris à la gorge car s'il perd le client il est mort.

la deuxième consiste à récupérer le process d'un fabricant qui propose moins cher que la concurrence( en débauchant un salarié par exemple) , puis de reprendre ce process en marque de distributeur, de faire du dumping de malade pour tuer ce fabricant et ainsi s'assurer le meilleur prix sur le marché.

Il y a plusieurs méthodes assez dégelasses de ce genre...
D'accord, mais comment réglementer tout ça ? On ne va pas envoyer un contrôleur de l’État pour surveiller chaque négociation commerciale...
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par oups »

sofasurfer a écrit : 21 mai 2026 15:12 Cela fait quelques années que je n'ai plus de contact avec le secteur de la GD, je me souviens néanmoins de pratiques d'achat perverses.

La première consiste à devenir le principal voire l'unique fournisseur du fabricant ou de l'importateur en commandant plus que la capacité de stock pour forcer le fabricant a produire plus que d'habitude si bien que ce dernier devient dépendant du distributeur. La fabricant croit alors faire une bonne affaire car il vend à un prix qui lui permet de faire des marges confortables. Ensuite le distributeur peut faire pression en menaçant de retirer le référencement, le fabricant est pris à la gorge car s'il perd le client il est mort.

la deuxième consiste à récupérer le process d'un fabricant qui propose moins cher que la concurrence( en débauchant un salarié par exemple) , puis de reprendre ce process en marque de distributeur, de faire du dumping de malade pour tuer ce fabricant et ainsi s'assurer le meilleur prix sur le marché.

Il y a plusieurs méthodes assez dégelasses de ce genre...
Et oui c’est du commerce , y'a les malins pas trop bienveillants et aussi les moins malins mais (ptete ) plus bienveillants , on connaît le résultat du match .
Je doute que les règles du jeux changent un jour , presque tous privilégions in fine les premiers aux seconds .En fait nous aussi ( du moins l’iimmense majorité ) sommes plus intéressés par le prix de ce qui nous est vendu que par le prix auquel il a été acheté à celui qui le produit . Chacun sa merde quoi :gene2:
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par papibilou »

Juste une remarque sur la part revenant à la distribution, affichée à 40%, qui n'est en rien sa marge bénéficiaire. La distribution a une marge globalement très faible mais elle se rattrape sur la quantité vendue.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par jeandu53 »

papibilou a écrit : 21 mai 2026 19:12 Juste une remarque sur la part revenant à la distribution, affichée à 40%, qui n'est en rien sa marge bénéficiaire. La distribution a une marge globalement très faible mais elle se rattrape sur la quantité vendue.
Oui, c'est ce que j'ai fait remarquer plus haut. La marge bénéficiaire est de 1 ou 2%, pas plus. Donc en pratique, il est illusoire de faire baisser les prix en rognant les marges de la grande distribution.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par sofasurfer »

oups a écrit : 21 mai 2026 15:34
sofasurfer a écrit : 21 mai 2026 15:12 Cela fait quelques années que je n'ai plus de contact avec le secteur de la GD, je me souviens néanmoins de pratiques d'achat perverses.

La première consiste à devenir le principal voire l'unique fournisseur du fabricant ou de l'importateur en commandant plus que la capacité de stock pour forcer le fabricant a produire plus que d'habitude si bien que ce dernier devient dépendant du distributeur. La fabricant croit alors faire une bonne affaire car il vend à un prix qui lui permet de faire des marges confortables. Ensuite le distributeur peut faire pression en menaçant de retirer le référencement, le fabricant est pris à la gorge car s'il perd le client il est mort.

la deuxième consiste à récupérer le process d'un fabricant qui propose moins cher que la concurrence( en débauchant un salarié par exemple) , puis de reprendre ce process en marque de distributeur, de faire du dumping de malade pour tuer ce fabricant et ainsi s'assurer le meilleur prix sur le marché.

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Et oui c’est du commerce , y'a les malins pas trop bienveillants et aussi les moins malins mais (ptete ) plus bienveillants , on connaît le résultat du match .
Je doute que les règles du jeux changent un jour , presque tous privilégions in fine les premiers aux seconds .En fait nous aussi ( du moins l’iimmense majorité ) sommes plus intéressés par le prix de ce qui nous est vendu que par le prix auquel il a été acheté à celui qui le produit . Chacun sa merde quoi :gene2:
la différence c'est que les enseignes de GD sont en situation d'oligopole et avec une puissance financière démesurée par rapport au producteur local.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par Mesoke »

jeandu53 a écrit : 21 mai 2026 19:23
papibilou a écrit : 21 mai 2026 19:12 Juste une remarque sur la part revenant à la distribution, affichée à 40%, qui n'est en rien sa marge bénéficiaire. La distribution a une marge globalement très faible mais elle se rattrape sur la quantité vendue.
Oui, c'est ce que j'ai fait remarquer plus haut. La marge bénéficiaire est de 1 ou 2%, pas plus. Donc en pratique, il est illusoire de faire baisser les prix en rognant les marges de la grande distribution.
Le truc c'est que c'est 1 ou 2% en moyenne sur le magasin, mais ils font des produits d'appel à peu près pas margés et d'autres sur lesquels ils margent à mort. Par exemple li semble que sur les oeufs bio leur marge se compte en dizaines de % au détriment du paiement des agriculteurs parce que les clients de ces produits acceptent de payer plus cher pour des produits garantissant un certain bienêtre animal.
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par vivarais »

Patchouli38 a écrit : 21 mai 2026 13:11 "Menace, intimidation, contrainte… Un rapport du Sénat dénonce les "pratiques prédatrices" de la grande distribution

Selon les sénateurs, les agriculteurs et les industriels sont les victimes impuissantes d'un rapport de force déséquilibré. Le rapport, publié jeudi, est révélé par franceinfo.

Guerre des prix, chantage, coûts déguisés… Un rapport du Sénat, publié jeudi 21 mai et que révèle franceinfo, dénonce les "pratiques prédatrices" de la grande distribution envers l'agriculture et les industriels. Ce rapport est issu d'une commission d'enquête qui a duré six mois et qui a été consacrée aux marges des industriels mais aussi et surtout, celles des enseignes comme Leclerc, Carrefour, Intermarché ou la Coopérative U. Ce rapport dresse un bilan sévère des relations entre la grande distribution et les industriels.

À lire aussi
On vous explique pourquoi le torchon brûle dans les négociations commerciales entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire

La commission "a constaté que les distributeurs employaient volontiers des méthodes de négociation assises sur la menace, l'intimidation et la contrainte" pour mener à bien leur "guerre des prix de plus en plus intense". Un véritable climat de peur qui a poussé certains industriels à demander des auditions à huis clos, par crainte de représailles. Ils évoquent la brutalité des négociations commerciales, qui servent chaque année à fixer le prix auquel les enseignes achètent les produits aux fournisseurs. Ils racontent également le chantage qu'ils subissent : "Tu acceptes mon prix, où je n'achète plus tes produits'".

Des commandes arrêtées du jour au lendemain
La rapporteure écologiste de la commission d'enquête, Antoinette Guhl, dit l'avoir vérifié elle-même. "Je l'ai vu auprès de nombreux industriels", car "je suis allée voir sur place pour avoir les informations et pour voir que les commandes ont été arrêtées du jour au lendemain parce que l'industriel" refusait de vendre aux prix que voulait lui imposer la grande distribution, témoigne-t-elle.

Les centrales d'achat "adressent à leurs fournisseurs, dès l'engagement des négociations commerciales, des menaces de diminution de commandes, voire de déréférencement, qui peuvent durer plusieurs mois et représenter entre 30% et 70% de l'assortiment d'un fournisseur", peut-on lire dans le rapport. La rapporteure a constaté, "en effectuant des contrôles sur pièces et sur place, que ces diminutions brutales de commandes peuvent représenter jusqu'à 60% des ventes d'un fournisseur auprès d'un distributeur et engendrer des pertes de produits parfois périssables qui s'élèvent à plusieurs millions d'euros", indique le rapport.

La loi française "habilement contournée"
La commission "condamne fermement ces pratiques qui instaurent un climat de peur intolérable et compromettent les équilibres des filières alimentaires françaises". C'est de toute façon difficile pour les industriels de résister à de telles pressions, car ils sont ultra-dépendants des centrales d'achat. Les industriels font entre 80 et 95% de leur chiffre d'affaires grâce à ces enseignes, selon le rapport.

Dans ce contexte, les sénateurs dénoncent aussi le non-respect des lois Egalim. Elles sont censées protéger les revenus des agriculteurs. Leur contournement est très fréquent voire systématique, selon la commission, notamment en passant par les centrales d'achat européennes.

"La centrale d'achat Leclerc nous a dit très clairement : 'nous ne respectons pas la loi française'."

Antoinette Guhl, rapporteure écologiste de la commission d'enquête
à franceinfo

"Ce n'est pas Michel-Édouard Leclerc qui le dit, c'est le président de sa centrale d'achat, poursuit Antoinette Guhl. 'J'achète à l'échelle européenne et donc c'est la loi européenne du pays où je suis que je respecte et non pas la loi française'". Or, "la France dit clairement que tous les produits qui sont vendus en France doivent respecter la loi française", mais même "lorsque tout est négocié en France, on voit bien que la loi française n'est pas respectée, ou en tout cas qu'elle est contournée très habilement. Il y a beaucoup de mécanismes de contournement de la loi", déplore la rapporteure écologiste de la commission d'enquête.

Sur 100 euros dépensés en alimentation, plus de 40 vont à la grande distribution, 13 à l'industrie, 8 aux agriculteurs, précise le rapport. Pour se défendre, les enseignes de la grande distribution évoquent des marges très serrées de 1 à 2%. Des chiffres que confirme la commission d'enquête mais avec un éclairage qui vient nuancer les propos de la grande distribution. "J'entends" ce chiffre de "1 à 2%" de marges mais réalisé sur "des chiffres d'affaires qui représentent des dizaines de milliards d'euros", corrige Antoinette Guhl.

"Abus de pouvoir"

Mais surtout, les sénateurs dénoncent le fort développement d'une autre source de rentabilité pour la grande distribution, plus discrète : la vente aux industriels de services qualifiés d'inutiles et choquants, que là non plus les fournisseurs ne peuvent pas vraiment refuser et qu'ils payent à prix d'or. "Il y en a un qui nous a expliqué qu'il était obligé d'acheter des services à la grande distribution", notamment "des relations 'Top to top', c'est-à-dire un rendez-vous de dirigeants à dirigeants qui coûte plus de 350 000 euros. Je veux savoir quel est le dirigeant qu'on va aller voir pour payer 350 000 euros", s'interroge la rapporteure de la commission d'enquête. "Bien sûr que les industriels ne veulent pas de ce service. C'est un déguisement de coût supplémentaire. C'est une forme effectivement de péage pour pouvoir être distribué. Donc là on est clairement dans cet abus de pouvoir", appuie-t-elle.

"Le coût des services facturés, au niveau national et européen, ne cesse de croître et s'élève pour certains industriels à près de 40% de leurs chiffres d'affaires, sans que la qualité de ces services le justifie", déplore le rapport. Tout cela sans que les consommateurs y gagnent, puisque toujours selon les sénateurs, depuis 2021 les prix des produits en rayons augmentent plus que les tarifs payés aux fournisseurs.

Un affichage obligatoire des marges

Les sénateurs préconisent une série de mesures pour accroître les contrôles et l'exigence de transparence envers la grande distribution. Parmi ces recommandations, l'obligation de "rendre publique, chaque année, la comparaison entre l'évolution des prix de vente aux consommateurs et celle des tarifs négociés avec les fournisseurs". Mais aussi "accroître la transparence sur les marges de la grande distribution sur les produits bruts, instaurer un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, en priorité les fruits et légumes"."

https://www.franceinfo.fr/economie/comm ... 18138.html

Charles-Edouard Leclerc va moins la ramener, face caméra. Quand je pense qu'il réfléchit à se lancer dans la Présidentielle, on sait déjà pour qui il roulera en priorité...
Vous venez de le découvrir ; qu'aussi bien en France qu'au niveau de l'UE nous sommes spoliés par la haute finance
Ceux qui nous gouvernent étant membres du groupe Bilderberg :mdr3: :mdr3: :mdr3:
Il a fallu qu'un média le dise pour le découvrir et que vous aurez vite oublié la prochaine fois en allant voter pour eux
J'ai déjà mis le liens où vous pourrez découvrir qui sont les ministres du gouvernement actuel qui en font partie et ceux d'avant qui en faisaient partie
Occasion de voir qui parmi les futurs candidats à la présidentielle en font partie
papibilou
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Re: Pratiques prédatrices de la grande distribution

Message par papibilou »

Mesoke a écrit : 22 mai 2026 08:37
jeandu53 a écrit : 21 mai 2026 19:23

Oui, c'est ce que j'ai fait remarquer plus haut. La marge bénéficiaire est de 1 ou 2%, pas plus. Donc en pratique, il est illusoire de faire baisser les prix en rognant les marges de la grande distribution.
Le truc c'est que c'est 1 ou 2% en moyenne sur le magasin, mais ils font des produits d'appel à peu près pas margés et d'autres sur lesquels ils margent à mort. Par exemple li semble que sur les oeufs bio leur marge se compte en dizaines de % au détriment du paiement des agriculteurs parce que les clients de ces produits acceptent de payer plus cher pour des produits garantissant un certain bienêtre animal.
C'est exact. Mais ne nous leurrons pas la concurrence est telle en France que aucune chaîne ne peut se permettre de trop marger sauf cas particuliers, tels que les oeufs bio.
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