« Notre Salut »...
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« Notre Salut »...
Le portrait inouï d’un collaborateur ordinaire
Parce que Les Rayons et les ombres a occupé (si j’ose dire) les esprits depuis sa sortie, évacuons d’emblée la comparaison : du film de Xavier Giannoli qui, au nom de la complexité humaine, fuyait tout regard direct porté sur l’engagement collaborationniste de Jean Luchaire, Notre Salut, présenté en compétition, est l’antithèse. Certes, le profil des deux hommes est très différent. Luchaire est un ponte de la Collaboration, Henri Marre, le héros – ou plus exactement l’antihéros – de Notre Salut en est un rouage anonyme. Mais surtout son réalisateur, Emmanuel Marre, qui s’est inspiré de la correspondance de son grand-père avec sa femme – d’où le nom de Henri Marre –, ne dissimule rien de la participation active de son personnage aux horreurs de l’Occupation, ce qui n’en fait pas pour autant, hélas, un individu hors de la communauté humaine.
Le film commence en septembre 1940 dans un salon de Vichy, où Henri Marre (Swann Arlaud) vient de s’installer seul, sans femme ni enfants, pour profiter des opportunités que le nouveau régime peut proposer. Dans ce salon semi-mondain, où l’on discute peu de politique, il apparaît gauche, « provincial ». Parlant peu, il déclare cependant sa flamme pour le maréchal Pétain. Ce qui lui vaut une remontrance de la part d’un homme plus au fait des codes en vigueur : il ne faut pas évoquer Pétain avec autant d’ardeur car, premièrement, son enthousiasme pourrait susciter des doutes sur le fait qu’il soit un agent double ; secondement, cela le rend ridicule…
Le voilà situé, et tout converge dans le jugement que le spectateur va nourrir envers lui : Henri Marre est un personnage médiocre, en mal de reconnaissance sociale. Correspondant ainsi au portrait-type du collaborateur établi notamment par les études de sociologie historique. Marre est un ingénieur sans le sou, dont on va apprendre en outre qu’il a un casier judiciaire pour une sombre affaire d’abus de bien social. Il a publié un livre, Notre salut, qui donne son titre au film, où il expose ses vues sur une nouvelle manière d’administrer le pays. Mais, publié à compte d’auteur, l’ouvrage est resté confidentiel, et Marre, durant toute la guerre, ne cessera de l’offrir (ou de le caser) pour un oui pour un non, comme tous les auteurs ratés…
Dans les couloirs étouffants de l’Hôtel du Parc, siège du gouvernement de Vichy, où grouillent quantité de quémandeurs, Marre postule à une fonction flatteuse. Il n’obtient qu’un poste de sous-chef, sur le terrain, à Limoges, dépendant du ministère du Travail. Objectif : combattre le chômage et reconstruire l’économie française. Dans le cadre de son territoire, Marre va s’y atteler en bon petit technocrate qu’il est. Avec le souci de « bien faire », les yeux rivés sur son ambition minuscule. Écartant toute autre considération allant contre son désir de carrière : notamment le fait fondamental qu’il n’y a pas de politique libre qui vaille sous la botte d’un occupant, y compris en zone sud.
D’aveuglement volontaire en soumission confortable, s’abritant derrière la fable du bouclier Pétain, empreint de l’idéologie de la régénération, c’est ainsi qu’Henri Marre s’enfonce dans l’engrenage du pire – impossible ici de ne pas faire de parallèle avec notre présent où une telle veulerie triomphe. Voici clairement ce que le cinéaste souhaite avant tout montrer : un autre type de banalité du mal, une « banalité » si mal nommée : elle s’inscrit certes dans le quotidien d’un personnage gris, mais elle relève chaque fois d’un acte singulièrement ignoble. L’un des plus terribles est dans cette scène où, pour la déportation de juifs raflés à Toulouse en août 1942, Marre a accepté de livrer aux Allemands de l’essence et des camions. Mais il constate dans le livre de comptes que son adjoint a fait des dépenses supplémentaires illicites : ce dernier lui explique qu’il n’a pu rester indifférent à la manière dont les juifs étaient entassés dans des wagons à bestiaux : il leur a fourni des sanitaires et du foin. Marre lui répond qu’il ne peut pas ne pas le sanctionner pour ce détournement comptable…
Que Notre salut soit un très grand film ne fait aucun doute. Pas uniquement parce qu’il rend avec une justesse inouïe l’esprit d’un collaborateur lambda. On entre aussi dans sa vie intime, tout aussi ravagée, à travers la correspondance dite en voix off avec sa femme, Paulette (Sandrine Blancke), que Marre tient éloignée à tous les sens du terme. Les lettres de Paulette sont d’une tenue sentimentale et morale que son mari ne connaît guère, et qu’elle conservera une fois qu’il aura daigné accepter sa présence auprès de lui.
Par ailleurs, la performance de Swann Arlaud est extraordinaire au sens où il parvient à incarner une aporie : une forme de candeur dans le cynisme, une faille en soi malgré une résolution froide. Il réussit aussi ce tour de force à maintenir son personnage de salaud ordinaire sur une ligne de crête entre trop grande empathie (le risque habituel au cinéma) et effet définitivement répulsif qui empêche d’entrer dans l’œuvre.
Enfin, Emmanuelle Marre a placé trois séquences avec des musiques temporellement décalées qui pourront surprendre. Notamment Popcorn, succès des années 1970 et 80, sur lequel dansent les invités lors d’une soirée chez le préfet de Limoges. Une chorégraphie ringarde sur un tube passé de mode, où les collabos qui se trémoussent ont tous l’air ridicule – pour reprendre l’adjectif apparaissant plus haut. Mais c’est aussi de la part du réalisateur de Rien à foutre (2022), son premier long métrage (cosigné avec Julie Lecoustre), un geste réflexif (quasi brechtien) rappelant que nous sommes en présence d’une fiction inscrite dans notre présent. Elle nous renvoie ainsi à notre position de spectateur, et à la responsabilité de citoyen qui nous incombe. Laisserons-nous faire les Henri Marre d’aujourd’hui ?
Post scriptum : selon le magazine professionnel Le Film français, le film est excellemment reçu par la critique. Cependant, la journaliste du fasciste Journal du dimanche l’a détesté : tout est bien…
https://www.politis.fr/articles/2026/05 ... mpetition/
Parce que Les Rayons et les ombres a occupé (si j’ose dire) les esprits depuis sa sortie, évacuons d’emblée la comparaison : du film de Xavier Giannoli qui, au nom de la complexité humaine, fuyait tout regard direct porté sur l’engagement collaborationniste de Jean Luchaire, Notre Salut, présenté en compétition, est l’antithèse. Certes, le profil des deux hommes est très différent. Luchaire est un ponte de la Collaboration, Henri Marre, le héros – ou plus exactement l’antihéros – de Notre Salut en est un rouage anonyme. Mais surtout son réalisateur, Emmanuel Marre, qui s’est inspiré de la correspondance de son grand-père avec sa femme – d’où le nom de Henri Marre –, ne dissimule rien de la participation active de son personnage aux horreurs de l’Occupation, ce qui n’en fait pas pour autant, hélas, un individu hors de la communauté humaine.
Le film commence en septembre 1940 dans un salon de Vichy, où Henri Marre (Swann Arlaud) vient de s’installer seul, sans femme ni enfants, pour profiter des opportunités que le nouveau régime peut proposer. Dans ce salon semi-mondain, où l’on discute peu de politique, il apparaît gauche, « provincial ». Parlant peu, il déclare cependant sa flamme pour le maréchal Pétain. Ce qui lui vaut une remontrance de la part d’un homme plus au fait des codes en vigueur : il ne faut pas évoquer Pétain avec autant d’ardeur car, premièrement, son enthousiasme pourrait susciter des doutes sur le fait qu’il soit un agent double ; secondement, cela le rend ridicule…
Le voilà situé, et tout converge dans le jugement que le spectateur va nourrir envers lui : Henri Marre est un personnage médiocre, en mal de reconnaissance sociale. Correspondant ainsi au portrait-type du collaborateur établi notamment par les études de sociologie historique. Marre est un ingénieur sans le sou, dont on va apprendre en outre qu’il a un casier judiciaire pour une sombre affaire d’abus de bien social. Il a publié un livre, Notre salut, qui donne son titre au film, où il expose ses vues sur une nouvelle manière d’administrer le pays. Mais, publié à compte d’auteur, l’ouvrage est resté confidentiel, et Marre, durant toute la guerre, ne cessera de l’offrir (ou de le caser) pour un oui pour un non, comme tous les auteurs ratés…
Dans les couloirs étouffants de l’Hôtel du Parc, siège du gouvernement de Vichy, où grouillent quantité de quémandeurs, Marre postule à une fonction flatteuse. Il n’obtient qu’un poste de sous-chef, sur le terrain, à Limoges, dépendant du ministère du Travail. Objectif : combattre le chômage et reconstruire l’économie française. Dans le cadre de son territoire, Marre va s’y atteler en bon petit technocrate qu’il est. Avec le souci de « bien faire », les yeux rivés sur son ambition minuscule. Écartant toute autre considération allant contre son désir de carrière : notamment le fait fondamental qu’il n’y a pas de politique libre qui vaille sous la botte d’un occupant, y compris en zone sud.
D’aveuglement volontaire en soumission confortable, s’abritant derrière la fable du bouclier Pétain, empreint de l’idéologie de la régénération, c’est ainsi qu’Henri Marre s’enfonce dans l’engrenage du pire – impossible ici de ne pas faire de parallèle avec notre présent où une telle veulerie triomphe. Voici clairement ce que le cinéaste souhaite avant tout montrer : un autre type de banalité du mal, une « banalité » si mal nommée : elle s’inscrit certes dans le quotidien d’un personnage gris, mais elle relève chaque fois d’un acte singulièrement ignoble. L’un des plus terribles est dans cette scène où, pour la déportation de juifs raflés à Toulouse en août 1942, Marre a accepté de livrer aux Allemands de l’essence et des camions. Mais il constate dans le livre de comptes que son adjoint a fait des dépenses supplémentaires illicites : ce dernier lui explique qu’il n’a pu rester indifférent à la manière dont les juifs étaient entassés dans des wagons à bestiaux : il leur a fourni des sanitaires et du foin. Marre lui répond qu’il ne peut pas ne pas le sanctionner pour ce détournement comptable…
Que Notre salut soit un très grand film ne fait aucun doute. Pas uniquement parce qu’il rend avec une justesse inouïe l’esprit d’un collaborateur lambda. On entre aussi dans sa vie intime, tout aussi ravagée, à travers la correspondance dite en voix off avec sa femme, Paulette (Sandrine Blancke), que Marre tient éloignée à tous les sens du terme. Les lettres de Paulette sont d’une tenue sentimentale et morale que son mari ne connaît guère, et qu’elle conservera une fois qu’il aura daigné accepter sa présence auprès de lui.
Par ailleurs, la performance de Swann Arlaud est extraordinaire au sens où il parvient à incarner une aporie : une forme de candeur dans le cynisme, une faille en soi malgré une résolution froide. Il réussit aussi ce tour de force à maintenir son personnage de salaud ordinaire sur une ligne de crête entre trop grande empathie (le risque habituel au cinéma) et effet définitivement répulsif qui empêche d’entrer dans l’œuvre.
Enfin, Emmanuelle Marre a placé trois séquences avec des musiques temporellement décalées qui pourront surprendre. Notamment Popcorn, succès des années 1970 et 80, sur lequel dansent les invités lors d’une soirée chez le préfet de Limoges. Une chorégraphie ringarde sur un tube passé de mode, où les collabos qui se trémoussent ont tous l’air ridicule – pour reprendre l’adjectif apparaissant plus haut. Mais c’est aussi de la part du réalisateur de Rien à foutre (2022), son premier long métrage (cosigné avec Julie Lecoustre), un geste réflexif (quasi brechtien) rappelant que nous sommes en présence d’une fiction inscrite dans notre présent. Elle nous renvoie ainsi à notre position de spectateur, et à la responsabilité de citoyen qui nous incombe. Laisserons-nous faire les Henri Marre d’aujourd’hui ?
Post scriptum : selon le magazine professionnel Le Film français, le film est excellemment reçu par la critique. Cependant, la journaliste du fasciste Journal du dimanche l’a détesté : tout est bien…
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Re: « Notre Salut »...
C'est vrai que l'on est obligé de faire un parallèle avec notre époque où les gauchistes et les journaux comme libé collaborent ouvertement avec l'Islam et facilitent grandement la colonisation de notre pays par ses ennemis de l'intérieur.
Que dit un sociologue quand son épouse lui demande de changer une ampoule ?
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
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Re: « Notre Salut »...
Je trouve votre réponse particulièrement stupide.Victor a écrit : 21 mai 2026 14:01 C'est vrai que l'on est obligé de faire un parallèle avec notre époque où les gauchistes et les journaux comme libé collaborent ouvertement avec l'Islam et facilitent grandement la colonisation de notre pays par ses ennemis de l'intérieur.
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papibilou
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Re: « Notre Salut »...
Il semble que l'on dise du bien de ce film qui ne devrait sortir dans les salles qu'en septembre prochain. Mais pourquoi utiliser le terme de fasciste pour qualifier le JDD?
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Re: « Notre Salut »...
parce que le JDD est la feuille de chou boloréénne (comme c-news) du RN /FN ,on y peut rien si papy et sa suite aimaient bien les "boches"papibilou a écrit : 21 mai 2026 18:51 Il semble que l'on dise du bien de ce film qui ne devrait sortir dans les salles qu'en septembre prochain. Mais pourquoi utiliser le terme de fasciste pour qualifier le JDD?
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Re: « Notre Salut »...
Ben, t'as un autre terme qui irait mieux?papibilou a écrit : 21 mai 2026 18:51 Il semble que l'on dise du bien de ce film qui ne devrait sortir dans les salles qu'en septembre prochain. Mais pourquoi utiliser le terme de fasciste pour qualifier le JDD?
N'hésite pas!
Trop facile à la fachosphère de refuser qu'on qualifie leur idéologie de " fascisme", au motif qu'il n'y aurait qu' un fascisme - l'historique - celui de l'Italie mussolinienne!
U. ECO donne une définition sur la base de critères moins restrictifs qui permet de voir qu'un fascisme moderne s'est développé autour des obédiences d'extrême droite européennes et donc de France.
Je vous laisse lire l'article.
https://www.gauchemip.org/spip.php?article43666
Personnellement, la " fachosphère" me convient mieux; terme plus moderne, moins de connotations historiques. Englobe aussi bien les idéologies d'extrême droite, les politiques et les médias ainsi que leurs propriétaires.
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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Re: « Notre Salut »...
Parce qu'il "facho" au JDD.papibilou a écrit : 21 mai 2026 18:51 Il semble que l'on dise du bien de ce film qui ne devrait sortir dans les salles qu'en septembre prochain. Mais pourquoi utiliser le terme de fasciste pour qualifier le JDD?
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Re: « Notre Salut »...
C'est parce qu'il se sent visé...Corvo a écrit : 21 mai 2026 16:37Je trouve votre réponse particulièrement stupide.Victor a écrit : 21 mai 2026 14:01 C'est vrai que l'on est obligé de faire un parallèle avec notre époque où les gauchistes et les journaux comme libé collaborent ouvertement avec l'Islam et facilitent grandement la colonisation de notre pays par ses ennemis de l'intérieur.
«Il n'y a rien de plus terrible qu'un pouvoir illimité dans les mains d'un être borné.» Vassyl Symonenko (1935-1963)
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Re: « Notre Salut »...
J'ai déjà expliqué plusieurs fois sur ce forum que la gauchosphère va s'activer de plus en plus à l'approche des élections.Corvo a écrit : 21 mai 2026 16:37Je trouve votre réponse particulièrement stupide.Victor a écrit : 21 mai 2026 14:01 C'est vrai que l'on est obligé de faire un parallèle avec notre époque où les gauchistes et les journaux comme libé collaborent ouvertement avec l'Islam et facilitent grandement la colonisation de notre pays par ses ennemis de l'intérieur.
Cet article en est un énième exemple. Et bien entendu ce film.
Vous pensez vraiment que ce film sur la collaboration va faire changer le vote des français ??
Vraiment ??
Que dit un sociologue quand son épouse lui demande de changer une ampoule ?
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
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Re: « Notre Salut »...
Non. Eco donne une approche qui correspond à sa connaissance historique, lui qui a vécu le fascisme de Mussolini et justement ça ne colle pas vraiment avec notre droite radicale.UBUROI a écrit : 21 mai 2026 19:28Ben, t'as un autre terme qui irait mieux?papibilou a écrit : 21 mai 2026 18:51 Il semble que l'on dise du bien de ce film qui ne devrait sortir dans les salles qu'en septembre prochain. Mais pourquoi utiliser le terme de fasciste pour qualifier le JDD?
N'hésite pas!
Trop facile à la fachosphère de refuser qu'on qualifie leur idéologie de " fascisme", au motif qu'il n'y aurait qu' un fascisme - l'historique - celui de l'Italie mussolinienne!
U. ECO donne une définition sur la base de critères moins restrictifs qui permet de voir qu'un fascisme moderne s'est développé autour des obédiences d'extrême droite européennes et donc de France.
Je vous laisse lire l'article.
https://www.gauchemip.org/spip.php?article43666
Personnellement, la " fachosphère" me convient mieux; terme plus moderne, moins de connotations historiques. Englobe aussi bien les idéologies d'extrême droite, les politiques et les médias ainsi que leurs propriétaires.
Mais le fascisme se caractérise d'abord dans l'esprit général qui emploient ce terme comme
- un régime totalitaire. C'est à dire ayant la volonté de dominer toute la vie sociale et privée. La droite radicale ne signifie pas régime totalitaire: Meloni dirige-t-elle un état totalitaire ? Bolloré ou le RN ont ils dirigé notre pays ? Non. Prônent-ils un état totalitaire ? Non.
- un refus de la pluralité médiatique et de l'opposition politique. Est-ce ce que prône le JDD ou ce qu'est devenue l'Italie ? Non !
Alors utiliser le terme fasciste pour le JDD correspond à la volonté de celui qui l'emploie de dévaloriser un adversaire, pas de proposer une analyse objective.
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Re: « Notre Salut »...
Je n'ai pas vu ce film, donc je n'en dirai rien.
Toutefois, le commentaire qui en est fait me fait penser à un autre film : "Lacombe Lucien", de Louis Malle. Dans ce film, le jeune Lucien Lacombe tente d'abord de s'engager dans la Résistance, mais on le refuse. Plus tard, les circonstances de la vie l'amènent à collaborer avec la police allemande, tout en étant amoureux de la fille d'un tailleur juif. A la fin du film, on apprend qu'il est arrêté puis exécuté pour haute trahison. Le jeune Lucien Lacombe apparaît plutôt sympathique, mais sans grande conscience politique, se laissant un peu guider par les événements. Le film fut critiqué à sa sortie, on reprocha à Louis Malle de rendre un peu trop sympathique ce collabo, voire de légitimer ses méfaits.
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Re: « Notre Salut »...
Tout à fait. Mais bon à quoi sont bons nos petits gauchistes ?papibilou a écrit : 22 mai 2026 15:43Non. Eco donne une approche qui correspond à sa connaissance historique, lui qui a vécu le fascisme de Mussolini et justement ça ne colle pas vraiment avec notre droite radicale.UBUROI a écrit : 21 mai 2026 19:28
Ben, t'as un autre terme qui irait mieux?
N'hésite pas!
Trop facile à la fachosphère de refuser qu'on qualifie leur idéologie de " fascisme", au motif qu'il n'y aurait qu' un fascisme - l'historique - celui de l'Italie mussolinienne!
U. ECO donne une définition sur la base de critères moins restrictifs qui permet de voir qu'un fascisme moderne s'est développé autour des obédiences d'extrême droite européennes et donc de France.
Je vous laisse lire l'article.
https://www.gauchemip.org/spip.php?article43666
Personnellement, la " fachosphère" me convient mieux; terme plus moderne, moins de connotations historiques. Englobe aussi bien les idéologies d'extrême droite, les politiques et les médias ainsi que leurs propriétaires.
Mais le fascisme se caractérise d'abord dans l'esprit général qui emploient ce terme comme
- un régime totalitaire. C'est à dire ayant la volonté de dominer toute la vie sociale et privée. La droite radicale ne signifie pas régime totalitaire: Meloni dirige-t-elle un état totalitaire ? Bolloré ou le RN ont ils dirigé notre pays ? Non. Prônent-ils un état totalitaire ? Non.
- un refus de la pluralité médiatique et de l'opposition politique. Est-ce ce que prône le JDD ou ce qu'est devenue l'Italie ? Non !
Alors utiliser le terme fasciste pour le JDD correspond à la volonté de celui qui l'emploie de dévaloriser un adversaire, pas de proposer une analyse objective.
A part traiter de fachos ceux qui ne sont pas de leur bord ???
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Re: « Notre Salut »...
peut être pas systématiquement ,mais ils auront été sensibilisés sur l'état d'esprit de nos candidats truands ,,, d'ailleurs il serait judicieux de ressortir des films sur cette faune :au bon beurre ,Dupont lajoie ; A mort l'arbitre ......... + des reportages sur la saga Lepen et des groupuscules de l'EDVictor a écrit : 22 mai 2026 14:37J'ai déjà expliqué plusieurs fois sur ce forum que la gauchosphère va s'activer de plus en plus à l'approche des élections.
Cet article en est un énième exemple. Et bien entendu ce film.
Vous pensez vraiment que ce film sur la collaboration va faire changer le vote des français ??
Vraiment ??
histoire de bien montrer ce qui se cache derrière le ravalement de Marine
pas la peine de nous prouver une équivalence chez les autres partis ,,, on connaît la musique
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Re: « Notre Salut »...
Et tout cela pour dire quoi ??Corvo a écrit : 21 mai 2026 12:41 Le portrait inouï d’un collaborateur ordinaire
Parce que Les Rayons et les ombres a occupé (si j’ose dire) les esprits depuis sa sortie, évacuons d’emblée la comparaison : du film de Xavier Giannoli qui, au nom de la complexité humaine, fuyait tout regard direct porté sur l’engagement collaborationniste de Jean Luchaire, Notre Salut, présenté en compétition, est l’antithèse. Certes, le profil des deux hommes est très différent. Luchaire est un ponte de la Collaboration, Henri Marre, le héros – ou plus exactement l’antihéros – de Notre Salut en est un rouage anonyme. Mais surtout son réalisateur, Emmanuel Marre, qui s’est inspiré de la correspondance de son grand-père avec sa femme – d’où le nom de Henri Marre –, ne dissimule rien de la participation active de son personnage aux horreurs de l’Occupation, ce qui n’en fait pas pour autant, hélas, un individu hors de la communauté humaine.
Le film commence en septembre 1940 dans un salon de Vichy, où Henri Marre (Swann Arlaud) vient de s’installer seul, sans femme ni enfants, pour profiter des opportunités que le nouveau régime peut proposer. Dans ce salon semi-mondain, où l’on discute peu de politique, il apparaît gauche, « provincial ». Parlant peu, il déclare cependant sa flamme pour le maréchal Pétain. Ce qui lui vaut une remontrance de la part d’un homme plus au fait des codes en vigueur : il ne faut pas évoquer Pétain avec autant d’ardeur car, premièrement, son enthousiasme pourrait susciter des doutes sur le fait qu’il soit un agent double ; secondement, cela le rend ridicule…
Le voilà situé, et tout converge dans le jugement que le spectateur va nourrir envers lui : Henri Marre est un personnage médiocre, en mal de reconnaissance sociale. Correspondant ainsi au portrait-type du collaborateur établi notamment par les études de sociologie historique. Marre est un ingénieur sans le sou, dont on va apprendre en outre qu’il a un casier judiciaire pour une sombre affaire d’abus de bien social. Il a publié un livre, Notre salut, qui donne son titre au film, où il expose ses vues sur une nouvelle manière d’administrer le pays. Mais, publié à compte d’auteur, l’ouvrage est resté confidentiel, et Marre, durant toute la guerre, ne cessera de l’offrir (ou de le caser) pour un oui pour un non, comme tous les auteurs ratés…
Dans les couloirs étouffants de l’Hôtel du Parc, siège du gouvernement de Vichy, où grouillent quantité de quémandeurs, Marre postule à une fonction flatteuse. Il n’obtient qu’un poste de sous-chef, sur le terrain, à Limoges, dépendant du ministère du Travail. Objectif : combattre le chômage et reconstruire l’économie française. Dans le cadre de son territoire, Marre va s’y atteler en bon petit technocrate qu’il est. Avec le souci de « bien faire », les yeux rivés sur son ambition minuscule. Écartant toute autre considération allant contre son désir de carrière : notamment le fait fondamental qu’il n’y a pas de politique libre qui vaille sous la botte d’un occupant, y compris en zone sud.
D’aveuglement volontaire en soumission confortable, s’abritant derrière la fable du bouclier Pétain, empreint de l’idéologie de la régénération, c’est ainsi qu’Henri Marre s’enfonce dans l’engrenage du pire – impossible ici de ne pas faire de parallèle avec notre présent où une telle veulerie triomphe. Voici clairement ce que le cinéaste souhaite avant tout montrer : un autre type de banalité du mal, une « banalité » si mal nommée : elle s’inscrit certes dans le quotidien d’un personnage gris, mais elle relève chaque fois d’un acte singulièrement ignoble. L’un des plus terribles est dans cette scène où, pour la déportation de juifs raflés à Toulouse en août 1942, Marre a accepté de livrer aux Allemands de l’essence et des camions. Mais il constate dans le livre de comptes que son adjoint a fait des dépenses supplémentaires illicites : ce dernier lui explique qu’il n’a pu rester indifférent à la manière dont les juifs étaient entassés dans des wagons à bestiaux : il leur a fourni des sanitaires et du foin. Marre lui répond qu’il ne peut pas ne pas le sanctionner pour ce détournement comptable…
Que Notre salut soit un très grand film ne fait aucun doute. Pas uniquement parce qu’il rend avec une justesse inouïe l’esprit d’un collaborateur lambda. On entre aussi dans sa vie intime, tout aussi ravagée, à travers la correspondance dite en voix off avec sa femme, Paulette (Sandrine Blancke), que Marre tient éloignée à tous les sens du terme. Les lettres de Paulette sont d’une tenue sentimentale et morale que son mari ne connaît guère, et qu’elle conservera une fois qu’il aura daigné accepter sa présence auprès de lui.
Par ailleurs, la performance de Swann Arlaud est extraordinaire au sens où il parvient à incarner une aporie : une forme de candeur dans le cynisme, une faille en soi malgré une résolution froide. Il réussit aussi ce tour de force à maintenir son personnage de salaud ordinaire sur une ligne de crête entre trop grande empathie (le risque habituel au cinéma) et effet définitivement répulsif qui empêche d’entrer dans l’œuvre.
Enfin, Emmanuelle Marre a placé trois séquences avec des musiques temporellement décalées qui pourront surprendre. Notamment Popcorn, succès des années 1970 et 80, sur lequel dansent les invités lors d’une soirée chez le préfet de Limoges. Une chorégraphie ringarde sur un tube passé de mode, où les collabos qui se trémoussent ont tous l’air ridicule – pour reprendre l’adjectif apparaissant plus haut. Mais c’est aussi de la part du réalisateur de Rien à foutre (2022), son premier long métrage (cosigné avec Julie Lecoustre), un geste réflexif (quasi brechtien) rappelant que nous sommes en présence d’une fiction inscrite dans notre présent. Elle nous renvoie ainsi à notre position de spectateur, et à la responsabilité de citoyen qui nous incombe. Laisserons-nous faire les Henri Marre d’aujourd’hui ?
Post scriptum : selon le magazine professionnel Le Film français, le film est excellemment reçu par la critique. Cependant, la journaliste du fasciste Journal du dimanche l’a détesté : tout est bien…
https://www.politis.fr/articles/2026/05 ... mpetition/
Que certains collaborent activement ou passivement à une nouvelle france voulue par LFI
N'est ce pas ce que vous prétendez ;sans une invasion venue de l'extérieure aujourd'hui ; il n'y aurait pas de salut pour la france
Vous pondez des sujets sans tenir compte que chaque médaille a son revers
Pour le RN que vous ciblez , il ne peut pas y avoir de collaboration vu qu'au élément extérieur ne rentre en ligne de compte
Ce serait même le contraire vu que l'on prétend qu'ils sont uniquement des français de souche comme ceux qui festoient avec Canon
nous sommes en présence d’une fiction inscrite dans notre présent.
Cette fiction est bien réelle aujourd'hui avec la description de la nouvelle france voulue par LFI s'ils gouvernent
On a un échantillon avec une municipalité acquise par LFI en seine saint Denis
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Re: « Notre Salut »...
Si vous connaissiez la raison pour laquelle j'ai publier ce fil...Victor a écrit : 22 mai 2026 14:37J'ai déjà expliqué plusieurs fois sur ce forum que la gauchosphère va s'activer de plus en plus à l'approche des élections.
Cet article en est un énième exemple. Et bien entendu ce film.
Vous pensez vraiment que ce film sur la collaboration va faire changer le vote des français ??
Vraiment ??
Puis arrêtez votre parano à propos de la présidentielle à force vous frôlez le ridicule.