
L’ex-candidat Reconquête à la présidentielle a entamé cette semaine un retour sur le devant de la scène destiné à reprendre le lead sur ce bout d’extrême droite qui a vu sa compagne, Sarah Knafo, émerger lors des municipales de Paris.
Zemmour est de retour et il n’a pas changé. L’ancien candidat à la présidentielle s’était presque fait oublier, ces derniers mois, éclipsé par la campagne jaune canari de Sarah Knafo, à Paris (10,4 % des voix), sa compagne, plus jeune, moins sinistre et – sinon moins radicale – moins portée sur le dérapage raciste ou révisionniste que le polémiste. De unes du JDNews en gazouillis télévisuels sur les talents de cette énarque trentenaire, une petite musique avait fini par s’installer : et si le prochain candidat de Reconquête était une candidate ? Et le petit monde de l’extrême droite de pouffer sous cape à l’idée de voir le très phallocrate auteur du Premier sexe (Denoël, 2006), qui estime que le pouvoir «s’évapore» au contact des femmes, se faire chourrer sa place par sa bonne amie.
Mais non, il n’en est rien, semble vouloir marteler Zemmour ces dernières semaines, d’émissions de télé en matinales radio. A mi-chemin entre le prophète de malheur et le mari de vaudeville, notre homme a l’air décidé à s’imposer dans son propre camp, même s’il ne s’est pas encore déclaré : «Je ne vais pas annoncer ici ma candidature, a-t-il minaudé, jeudi 21 mai sur France Info, une candidature c’est quelque chose de solennel, j’ai vu trop de candidatures ratées, si j’étais candidat j’essaierais de la réussir.» Les bruits sur sa compagne ? «Des rumeurs colportées par des journalistes qui ne travaillent pas, qui sont manipulés par des gens…» C’est à se demander qui pourrait leur avoir planté cette idée dans le crâne…
«Il n’aime pas entendre dire qu’il se fait balader»
Peut-être cette dernière elle-même, en prédisant au lendemain des élections parisiennes : «Ma vie politique ne fait que commencer.» En annonçant, ensuite, la parution d’un livre sur la dette et la dépense publique, chez Fayard, à l’automne prochain, la saison où fleurissent les ouvrages des impétrants au scrutin suprême. Ou encore en lançant, à Strasbourg fin avril, une «grande consultation des Français» en vue de construire le projet présidentiel de Reconquête. L’initiative renvoie vers un site, leprogrammepourlafrance.fr, où Knafo, seule, étire son sourire en page d’accueil, dotée de la même typographie et de la même charte graphique que lors de sa campagne parisienne. En interne, la chose a provoqué des tensions avec le pôle chargé du programme – quelques amis de Zemmour qui s’organisent à intervalles réguliers des bouffes pour parler de fond. Ou en écoutant Laurent Wauquiez fantasmer une primaire de la droite qui irait de Gérald Darmanin à l’eurodéputée Reconquête, sans nommer le président du parti.
Il devenait urgent de donner signe de vie. «Pour moi c’est une réaction d’orgueil, je le connais, il n’aime pas entendre tout le monde dire qu’il se fait balader, diagnostique un ancien familier du couple, qui ne perçoit pas de guerre ouverte entre les deux. Je pense qu’elle se laissait le champ ouvert, elle a fait son tour de piste, elle a vu comment ça réagissait, elle s’est fait tester pour la première fois dans les sondages….» Face à la volonté raffermie de son compagnon, Knafo a gentiment obtempéré. «Je souhaite qu’Eric Zemmour soit notre candidat», a-t-elle clamé en pleine page du Journal du dimanche, le 10 mai. Il n’empêche, poursuit notre source, la séquence ne donne «pas vraiment l’impression d’un agenda très bien géré».
https://www.liberation.fr/politique/ele ... XPU2MNOXU/
