« Accent arabe insupportable. » Sous une vidéo consacrée à la tour médiévale d’Agnès Sorel à Loches (Indre-et-Loire), le commentaire surgit depuis le compte Instagram d’un château vendéen. Une attaque de plus pour Amine Kassid, créateur de contenus franco-marocain passionné de patrimoine, habitué depuis près de deux ans à voir déferler insultes racistes, messages islamophobes et menaces de mort sous ses publications et par des messages privés.
Le compte du château de Grissay, qui est depuis passé en privé et a retiré sa photographie de profil sous la pression des internautes, a finalement présenté ses excuses. « J’aurais dû m’abstenir de commenter votre publication et je regrette profondément mes propos », lui écrit-il en privé. « Si même les châteaux s’y mettent… On est foutus », avait dénoncé Amine Kassid dans une vidéo.
Le créateur n’accepte les excuses du community manager du château qu’à une condition : qu’il fasse une donation financière à une association, La maison des rois, qui œuvre en faveur des enfants atteints de handicaps au Sénégal. Une démarche qu’il appelle ironiquement « l’impôt sur le racisme ».
Le 16 mai, Amine Kassid confirme que l’association a reçu de l’argent et remercie son inattendu donateur. « Il faut que la haine serve au moins à quelque chose », ironise l’influenceur, qui se fait désormais appeler par sa communauté « Rebeu des bois » : « J’ai voulu donner une leçon aux personnes qui déversent leur racisme en ligne impunément. »
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De nombreux commentaires racistes sous les publications d'Amine Kassid. © Photo illustration Armel Baudet / Mediapart avec AFP
