Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
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Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Étonnant non ?...
Un ouvrage très enquêté sur le patron de LVMH a été banni des points de vente contrôlés par le milliardaire breton. Un service rendu à l’empereur du luxe, qui voulait le moins de publicité possible autour de l’ouvrage de l’historienne Audrey Millet : c’est raté.
Publié le 18/06/2026 à 17h55
Touche pas à mon pote ! Entre milliardaires très droitiers, on se serre les coudes. Et Vincent Bolloré n’a rien à refuser à Bernard Arnault. Il se trouve que le patron de LVMH était fort marri de la sortie d’un livre-enquête très étayé consacré à sa petite personne : Bernard Arnault, son univers impitoyable, un pavé de 393 pages signé de l’historienne et spécialiste de la mode Audrey Millet paru la semaine dernière chez La Tribu. Et dont Libération a fait une large recension de ce récit balzacien qui retrace la destinée de l’empereur du luxe, enfant sage de la bourgeoisie roubaisienne devenu «oligarque parmi les oligarques».
Mais, comme l’a révélé Blast, le bouquin est aujourd’hui étrangement introuvable dans tous les points de vente de la chaîne Relay qui appartient à Vincent Bolloré. Selon nos informations, il est également aux abonnés absents au rayon librairie du Bon Marché, le grand magasin propriété de Bernard Arnault depuis le rachat de Boussac en 1984. Contactés, ni Lagardère Travel Retail, qui coiffe les magasins Relay, ni LVMH n’ont répondu à Libération. On ne tombe pas de notre chaise en apprenant la nouvelle, tant les deux magnats ont un rapport décomplexé à la censure des sujets qui leur déplaisent dans les journaux qu’ils contrôlent. Evidemment, donc, pas une ligne sur cette biographie non autorisée dans le Parisien ou les Echos, et dans les médias de la bollosphère. Mais la manière dont le livre d’Audrey Millet a été banni des étagères dans les magasins Relay interroge une fois de plus sur la manière dont les puissants peuvent disposer à leur guise de la liberté éditoriale et de notre droit à une information pluraliste.
La sortie du bouquin contrariait le boss de LVMH au point que son entourage avait mis en amont un gros coup de pression sur l’éditeur : le message avait été passé à Arnaud Nourry, ancien président d’Hachette et fondateur des Nouveaux Editeurs (la maison mère de la Tribu), que sa publication serait considérée comme un geste hostile. L’affaire était remontée jusqu’à la famille Pinault, actionnaire à 23 % des Nouveaux Editeurs via leur holding familial Artemis. Bernard Arnault avait fait savoir à son vieil ennemi François Pinault et son fils François-Henri, le patron de Kering, qu’il s’agissait là d’un «livre de commande» destiné à lui nuire. Arnault et Pinault s’étaient violemment affrontés pour le contrôle de Gucci au tournant des années 2000, le second ayant fini par l’emporter… en dépit des nombreux coups tordus «signés Bernard», comme le raconte l’ouvrage d’Audrey Millet.
Une commande annulée aussi sec
Mais le patron de LVMH est passé à la vitesse supérieure quand il a appris que le livre qui le rendait parano sortirait bien dans toutes les bonnes librairies. Le bonheur d’un milliardaire ? C’est simple comme un coup de fil : celui passé à un ami nommé Vincent Bolloré. Plutôt fâché, quand il a appris que les acheteurs de Relay avaient eu la mauvaise idée de précommander 400 exemplaires d’un ouvrage «sous X» sans savoir ce qu’il racontait, une pratique habituelle quand on sort un coup d’édition. Panique à bord en découvrant le sujet du mystérieux livre : sa majesté Bernard en personne. Et son éditeur : Arnaud Nourry, persona non grata chez Bollo depuis que Lagardère l’a viré de Hachette Livre. Ni une ni deux, le milliardaire breton a confirmé à ses équipes que ce brûlot gauchiste n’avait rien à faire chez Relay. Et la commande a été annulée aussi sec. Présents dans les gares et les aéroports, les plus de 450 magasins Relay (3 % du marché de la distribution) ont au contraire pris l’habitude de mettre en avant les bouquins de Jordan Bardella, Eric Zemmour ou Philippe de Villiers.
«C’est la première fois en trente ans que je constate un refus de vente aussi manifeste pour des motifs politico-économiques», souligne un éditeur influent interrogé par Libération. Pour lui, «c’est un précédent dangereux à un an de la présidentielle, surtout quand on voit l’agenda du monde de l’argent rejoindre celui de l’extrême droite». Hasard ou coïncidence, on a vu récemment une brochette de patrons du CAC 40 - dont Bernard Arnault (LVMH), Cyrille Bolloré (le fils de) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies) - déjeuner chez Drouant avec Marine Le Pen.
https://www.liberation.fr/economie/vinc ... WYFYLJ64I/
Un ouvrage très enquêté sur le patron de LVMH a été banni des points de vente contrôlés par le milliardaire breton. Un service rendu à l’empereur du luxe, qui voulait le moins de publicité possible autour de l’ouvrage de l’historienne Audrey Millet : c’est raté.
Publié le 18/06/2026 à 17h55
Touche pas à mon pote ! Entre milliardaires très droitiers, on se serre les coudes. Et Vincent Bolloré n’a rien à refuser à Bernard Arnault. Il se trouve que le patron de LVMH était fort marri de la sortie d’un livre-enquête très étayé consacré à sa petite personne : Bernard Arnault, son univers impitoyable, un pavé de 393 pages signé de l’historienne et spécialiste de la mode Audrey Millet paru la semaine dernière chez La Tribu. Et dont Libération a fait une large recension de ce récit balzacien qui retrace la destinée de l’empereur du luxe, enfant sage de la bourgeoisie roubaisienne devenu «oligarque parmi les oligarques».
Mais, comme l’a révélé Blast, le bouquin est aujourd’hui étrangement introuvable dans tous les points de vente de la chaîne Relay qui appartient à Vincent Bolloré. Selon nos informations, il est également aux abonnés absents au rayon librairie du Bon Marché, le grand magasin propriété de Bernard Arnault depuis le rachat de Boussac en 1984. Contactés, ni Lagardère Travel Retail, qui coiffe les magasins Relay, ni LVMH n’ont répondu à Libération. On ne tombe pas de notre chaise en apprenant la nouvelle, tant les deux magnats ont un rapport décomplexé à la censure des sujets qui leur déplaisent dans les journaux qu’ils contrôlent. Evidemment, donc, pas une ligne sur cette biographie non autorisée dans le Parisien ou les Echos, et dans les médias de la bollosphère. Mais la manière dont le livre d’Audrey Millet a été banni des étagères dans les magasins Relay interroge une fois de plus sur la manière dont les puissants peuvent disposer à leur guise de la liberté éditoriale et de notre droit à une information pluraliste.
La sortie du bouquin contrariait le boss de LVMH au point que son entourage avait mis en amont un gros coup de pression sur l’éditeur : le message avait été passé à Arnaud Nourry, ancien président d’Hachette et fondateur des Nouveaux Editeurs (la maison mère de la Tribu), que sa publication serait considérée comme un geste hostile. L’affaire était remontée jusqu’à la famille Pinault, actionnaire à 23 % des Nouveaux Editeurs via leur holding familial Artemis. Bernard Arnault avait fait savoir à son vieil ennemi François Pinault et son fils François-Henri, le patron de Kering, qu’il s’agissait là d’un «livre de commande» destiné à lui nuire. Arnault et Pinault s’étaient violemment affrontés pour le contrôle de Gucci au tournant des années 2000, le second ayant fini par l’emporter… en dépit des nombreux coups tordus «signés Bernard», comme le raconte l’ouvrage d’Audrey Millet.
Une commande annulée aussi sec
Mais le patron de LVMH est passé à la vitesse supérieure quand il a appris que le livre qui le rendait parano sortirait bien dans toutes les bonnes librairies. Le bonheur d’un milliardaire ? C’est simple comme un coup de fil : celui passé à un ami nommé Vincent Bolloré. Plutôt fâché, quand il a appris que les acheteurs de Relay avaient eu la mauvaise idée de précommander 400 exemplaires d’un ouvrage «sous X» sans savoir ce qu’il racontait, une pratique habituelle quand on sort un coup d’édition. Panique à bord en découvrant le sujet du mystérieux livre : sa majesté Bernard en personne. Et son éditeur : Arnaud Nourry, persona non grata chez Bollo depuis que Lagardère l’a viré de Hachette Livre. Ni une ni deux, le milliardaire breton a confirmé à ses équipes que ce brûlot gauchiste n’avait rien à faire chez Relay. Et la commande a été annulée aussi sec. Présents dans les gares et les aéroports, les plus de 450 magasins Relay (3 % du marché de la distribution) ont au contraire pris l’habitude de mettre en avant les bouquins de Jordan Bardella, Eric Zemmour ou Philippe de Villiers.
«C’est la première fois en trente ans que je constate un refus de vente aussi manifeste pour des motifs politico-économiques», souligne un éditeur influent interrogé par Libération. Pour lui, «c’est un précédent dangereux à un an de la présidentielle, surtout quand on voit l’agenda du monde de l’argent rejoindre celui de l’extrême droite». Hasard ou coïncidence, on a vu récemment une brochette de patrons du CAC 40 - dont Bernard Arnault (LVMH), Cyrille Bolloré (le fils de) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies) - déjeuner chez Drouant avec Marine Le Pen.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
La fachosphère de Bolloré qui cire les pompes des grandes fortunes qui elles mêmes utilisent leurs réseaux pour empêcher des Ruffin fouille-merde de nettoyer leurs poubelles qui empuantissent la France qui trime.
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
On a déjà parlé du pouvoir de nuisance d'un trust conglomérat médiatique comme celui de Bolloré. On en a là une nouvelle preuve.
Modifié en dernier par Mesoke le 19 juin 2026 07:20, modifié 1 fois.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Un trust est un terme d'économie: monopole capitaliste.Mesoke a écrit : 19 juin 2026 06:43 On a déjà parlé du pouvoir de nuisance d'un trust médiatique comme celui de Bolloré. On en a là une nouvelle preuve.
Là , ce conglomérat est au service d'un projet politique d'ultra droite réactionnaire, conservateur, identitaire et religieux!
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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vivarais
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Combien Bolloré a de points de vente ?
Ceux qui parlent de précèdent inquiétant sont ceux qui voulaient empêcher la parution du livre de Bardella
Qui demandent l'interdiction de chaines médiatiques qui donnent les vrais infos
A part cette chaine qui a donné l'info de cette octogénaire assassinée sauvagement par un jeune au grau du roi
C'est un combat entre ultra riches ; cela ne nous concerne pas
Peut être se sont ils arrangés entre eux pour faire de la Com à ce livre et ensuite sont allés manger ensemble à la tour d'argent
Ils sont plus intelligents que vous la preuve ils sont ultrariches et vous acceptez d'être surtaxés pour compenser le cadeau fiscaux de ceux qu'ils ont fait élire
Je suis sure que si Bolloré disait être contre la pédophilie certains diraient être pour
Il faut arrêter de réagir à certains mots comme ici Bolloré comme ou hypnose
Ceux qui parlent de précèdent inquiétant sont ceux qui voulaient empêcher la parution du livre de Bardella
Qui demandent l'interdiction de chaines médiatiques qui donnent les vrais infos
A part cette chaine qui a donné l'info de cette octogénaire assassinée sauvagement par un jeune au grau du roi
C'est un combat entre ultra riches ; cela ne nous concerne pas
Peut être se sont ils arrangés entre eux pour faire de la Com à ce livre et ensuite sont allés manger ensemble à la tour d'argent
Ils sont plus intelligents que vous la preuve ils sont ultrariches et vous acceptez d'être surtaxés pour compenser le cadeau fiscaux de ceux qu'ils ont fait élire
Je suis sure que si Bolloré disait être contre la pédophilie certains diraient être pour
Il faut arrêter de réagir à certains mots comme ici Bolloré comme ou hypnose
Modifié en dernier par vivarais le 19 juin 2026 07:24, modifié 2 fois.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
En effet, merci pour la précision, j'ai corrigé
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Alors je ne dis pas que c'est bien, mais je pense que ceux qui, à gauche, dénoncent une supposée censure, sont mal placés pour se plaindre.
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
« C’est contre nos valeurs »… Pourquoi certaines librairies refusent de proposer le livre de Jordan Bardella
Rappelons aussi la campagne de la gauche contre le Canon français, toutes leurs tentatives d'empêcher le RN et Reconquête de tenir meeting...
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
« C’est contre nos valeurs »… Pourquoi certaines librairies refusent de proposer le livre de Jordan Bardella
Rappelons aussi la campagne de la gauche contre le Canon français, toutes leurs tentatives d'empêcher le RN et Reconquête de tenir meeting...
- Corvo
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
À ce que je sache ça n'a pas empêcher Bardella de publier son bouquin et, ça n'est en rien une critique, de s'en mettre plein les fouilles.jeandu53 a écrit : 19 juin 2026 08:56 Alors je ne dis pas que c'est bien, mais je pense que ceux qui, à gauche, dénoncent une supposée censure, sont mal placés pour se plaindre.
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
« C’est contre nos valeurs »… Pourquoi certaines librairies refusent de proposer le livre de Jordan Bardella
Rappelons aussi la campagne de la gauche contre le Canon français, toutes leurs tentatives d'empêcher le RN et Reconquête de tenir meeting...
En plus de ces points de vente Relay vous ne devriez pas pouvoir trouver le livre de l’historienne Audrey Millet chez Fayard, Grasset, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, Armand Colin…
Et je ne vois pas trop ce que vient faire sur ce fil le Canon Français.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Vous et vos amis gauchistes, vous n'avez pas les cuisses propres. Vous êtes les champions de la censure et vous venez faire la morale ..Corvo a écrit : 19 juin 2026 09:21À ce que je sache ça n'a pas empêcher Bardella de publier son bouquin et, ça n'est en rien une critique, de s'en mettre plein les fouilles.jeandu53 a écrit : 19 juin 2026 08:56 Alors je ne dis pas que c'est bien, mais je pense que ceux qui, à gauche, dénoncent une supposée censure, sont mal placés pour se plaindre.
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
« C’est contre nos valeurs »… Pourquoi certaines librairies refusent de proposer le livre de Jordan Bardella
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En plus de ces points de vente Relay vous ne devriez pas pouvoir trouver le livre de l’historienne Audrey Millet chez Fayard, Grasset, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, Armand Colin…
Et je ne vois pas trop ce que vient faire sur ce fil le Canon Français.
Franchement vous n'avez pas honte ?
Que dit un sociologue quand son épouse lui demande de changer une ampoule ?
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
"Ce n'est pas l'ampoule qu'il faut changer, mais tout le système néolibéral ! un sociologue comme moi n'a pas à changer une ampoule !"
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Et sur le sujet du fil l'usurpateur d'avatar ?...Victor a écrit : 19 juin 2026 09:28Vous et vos amis gauchistes, vous n'avez pas les cuisses propres. Vous êtes les champions de la censure et vous venez faire la morale ..Corvo a écrit : 19 juin 2026 09:21
À ce que je sache ça n'a pas empêcher Bardella de publier son bouquin et, ça n'est en rien une critique, de s'en mettre plein les fouilles.
En plus de ces points de vente Relay vous ne devriez pas pouvoir trouver le livre de l’historienne Audrey Millet chez Fayard, Grasset, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, Armand Colin…
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Franchement vous n'avez pas honte ?
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Concernant la pub pour le livre de Bardella on en a déjà largement parlé, c'est une fausse information, cette régie publicitaire ne faisant pas de pub pour des livres politiques quel que soit leur bord politique.jeandu53 a écrit : 19 juin 2026 08:56 Alors je ne dis pas que c'est bien, mais je pense que ceux qui, à gauche, dénoncent une supposée censure, sont mal placés pour se plaindre.
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
« C’est contre nos valeurs »… Pourquoi certaines librairies refusent de proposer le livre de Jordan Bardella
Rappelons aussi la campagne de la gauche contre le Canon français, toutes leurs tentatives d'empêcher le RN et Reconquête de tenir meeting...
Quant aux librairies on parle là de librairies indépendantes qui font leur choix éditorial dans leur coin. Tu comprends la différence avec une chaine de centaines librairies ayant pignon sur rue dans tout le pays et dans le monde ?
Accessoirement tu comprends la différence entre vendre un torchon politique de propagande et une enquête journalistique factuelle ?
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Oui, on en a déjà parlé, et à l'époque, il avait été fait mention de pub faite, quelques années auparavant, en faveur de livres de Royal et de Valls.Mesoke a écrit : 19 juin 2026 09:44Concernant la pub pour le livre de Bardella on en a déjà largement parlé, c'est une fausse information, cette régie publicitaire ne faisant pas de pub pour des livres politiques quel que soit leur bord politique.jeandu53 a écrit : 19 juin 2026 08:56 Alors je ne dis pas que c'est bien, mais je pense que ceux qui, à gauche, dénoncent une supposée censure, sont mal placés pour se plaindre.
Refus de campagne publicitaire pour le livre de Jordan Bardella, Fayard attaque Médiatransports en justice
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Rappelons aussi la campagne de la gauche contre le Canon français, toutes leurs tentatives d'empêcher le RN et Reconquête de tenir meeting...
Je comprends la différence, mais je pense que chaque vendeur a le droit de vendre ce qu'il faut, et que cette liberté n'est pas à géométrie variable. C'est-à -dire qu'on ne peut pas retirer cette liberté à tel ou tel vendeur au motif qu'il fait partie d'un réseau et n'est pas indépendant.Quant aux librairies on parle là de librairies indépendantes qui font leur choix éditorial dans leur coin. Tu comprends la différence avec une chaine de centaines librairies ayant pignon sur rue dans tout le pays et dans le monde ?
Cette différence est assez subjective. "Torchon de propagande" au sujet du livre de Bardella : c'est votre avis, qui peut se discuter. "Enquête journalistique factuelle" au sujet du livre d'Audrey Millet : c'est votre avis, qui peut se discuter (je suis allé voir sur Google qui est cette dame, et mon impression est qu'elle ressemble davantage à une militante politique qu'à une journaliste sérieuse et indépendante).Accessoirement tu comprends la différence entre vendre un torchon politique de propagande et une enquête journalistique factuelle ?
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Vous le voulez ? Il est à la Fnac en livre ou en téléchargement.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Victor a écrit : 19 juin 2026 09:28Vous et vos amis gauchistes, vous n'avez pas les cuisses propres. Vous êtes les champions de la censure et vous venez faire la morale ..Corvo a écrit : 19 juin 2026 09:21
À ce que je sache ça n'a pas empêcher Bardella de publier son bouquin et, ça n'est en rien une critique, de s'en mettre plein les fouilles.
En plus de ces points de vente Relay vous ne devriez pas pouvoir trouver le livre de l’historienne Audrey Millet chez Fayard, Grasset, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, Armand Colin…
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Franchement vous n'avez pas honte ?
Quelle gauche française contemporaine qui aurait eu soit les manettes d'un gouvernement, le ministère de l'intérieur, soit celles de la finance aurait un cul aussi dégueulasse en terme de censure que la droite depuis...disons le milieu du XIXè s.?
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
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Re: Bolloré censure un livre gênant pour Bernard Arnault dans ses Relay un précédent inquiétant pour notre démocratie
Enquêter sur Bernard Arnault, un exercice sous pression
Au 22 avenue Montaigne, à Paris, la pause café a des airs de repas de famille. Il y a les sujets qu’on peut aborder — la pluie, le beau temps, les vacances avec les enfants —, et ceux qu’il vaut mieux éviter, sous peine d’ouvrir la boîte de Pandore. Tout en haut de cette liste : Bernard Arnault. Au siège de LVMH, en plein cœur du Triangle d’or, mieux vaut ne pas prendre le risque de froisser le grand patron. Une image revient sans cesse dans les écrits qui évoquent le lieu : celle du Roi Soleil et de sa cour.
Cette cour, Mathieu Robert a tenté de l’approcher, à partir de l’été 2024, alors qu’il préparait une enquête pour « Cash Investigation », diffusée en décembre 2025. Il y découvre alors le monde feutré du géant du luxe et l’aura écrasante de son patron, l’homme le plus riche de l’Hexagone. « Bernard Arnault paraît être au-dessus de tout pour les gens qui le côtoient. Pour les salariés, les anciens salariés, les collaborateurs, pour les amis même, et encore plus pour les ennemis. »
Prévenu par ses équipes de la préparation d’une enquête diffusée en prime time sur France 2, Bernard Arnault y voit une véritable « déclaration de guerre », selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné. Le journaliste va alors se confronter à un mur de silence. « D’habitude, même quand une entreprise ne nous accorde pas d’interview, on peut avoir des échanges, confirmer ou infirmer des informations. Sur cette enquête, LVMH nous a complètement fermé les portes pendant plus de neuf mois. C’était une première pour moi. »
Pression maximale
Pendant un an et demi d’enquête, Mathieu Robert et les équipes de « Cash Investigation » amassent les heures de rushes, les documents, les témoignages… Le tout scrupuleusement suivi par l’avocate de la société de production Premières Lignes, présente dès les prémices de l’enquête, et du service juridique de France TV. Une fois le documentaire diffusé, l’équipe s’est rapprochée de Reporters sans frontières pour détecter une éventuelle présence de logiciels espions sur les téléphones des journalistes (aucune trace n’a été trouvée). Reste une sensation : pour s’attaquer à l’un des hommes les plus riches du monde, mieux vaut avoir les reins solides et se préparer à toutes les éventualités.
Il faut dire que Bernard Arnault n’a pas laissé que des bons souvenirs aux équipes de France Télévisions. Au printemps 2014, alors que France 2 prépare un numéro de « Complément d’enquête » sur le grand patron, le journaliste Tristan Waleckx se rend en Roumanie pour recueillir des témoignages dans un atelier d’une filiale de LVMH. Le rédacteur en chef de l’époque, Benoît Duquesne, reçoit alors un mail du vice-président du groupe, Nicolas Bazire, qui accuse Tristan Waleckx de soudoyer des témoins pour s’introduire sur place, ce que le journaliste conteste. LVMH porte plainte pour « chantage » et « tentative d’extorsion de fonds » et cherche, par tous les moyens, à récolter des informations compromettantes sur le rédacteur en chef. L’enquête se conclura par un non-lieu. L’épisode restera toutefois gravé dans l’esprit de Benoît Duquesne, décédé en juillet 2014, comme le rapportait Tristan Waleckx à Secrets d’info en 2022. Bernard Arnault, qui avait alors accepté d’ouvrir les portes de son entreprise et de témoigner face caméra, a fini par s’en mordre les doigts. Depuis, ses apparitions dans les médias se sont réduites à peau de chagrin.
Légende
Chez LVMH, comme chez les autres géants du luxe, la communication est précieuse. Elle façonne l’élément le plus important pour le groupe : l’image. « Quand vous êtes LVMH, vous vendez une légende, détaille Mathieu Robert. Les médias qui sortent du récit officiel et qui essaient de raconter une autre histoire déplaisent à Bernard Arnault. »
Au sommet de la hiérarchie, Bernard Arnault lit tout, voit tout et tente de garantir le respect de sa légende élaborée avec soin dès la création de l’empire LVMH, dans les années 1980. « Ce n’est pas un groupe habitué au journalisme d’enquête, précise Khedidja Zerouali, journaliste pour Mediapart et qui travaille sur le groupe depuis maintenant cinq ans. La plupart des médias avec lesquels ils traitent n’ont pas les moyens d’enquêter, donc quand on parle de sujets qui leur déplaisent, c’est perçu comme un crime de lèse-majesté. »
Or, comme le rapportait La Lettre le 3 avril 2026, plusieurs enquêtes à paraître, en kiosque ou en librairie, craquellent le vernis de la communication de LVMH et mettent sous pression le directeur des relations extérieures, Jean-Charles Tréhan [contacté, ce dernier n’a pas répondu à nos questions. NDLR]. Parmi elles, le livre de l’historienne Audrey Millet, Bernard Arnault, son univers impitoyable, publié le 10 juin aux éditions La Tribu, qui retrace, sous forme de biographie enquêtée, le parcours du visage le plus puissant du capitalisme français.
Cages de Faraday
Spécialiste de l’industrie de la mode et du textile, Audrey Millet tombe des nues lorsqu’elle apprend, en décembre 2024, l’élection du milliardaire à l’Académie des sciences morales et politiques. « À ce moment-là , j’essaie de savoir s'il a écrit des travaux scientifiques et je me mets à chercher une biographie du personnage, détaille l’historienne. C’est là que je me rends compte que ça fait plus de 20 ans qu’aucun livre n’est paru sur Bernard Arnault. Quand il y a un tel trou sur une étagère de bibliothèque, c'est souvent un indicateur de censure. » Sans attendre, Audrey Millet se lance dans un projet d’un an et demi qui la mènera des archives de Sciences Po aux Archives nationales du monde du travail, à Roubaix. C’est ainsi qu’elle met la main sur des documents jamais dévoilés et qu’elle révèle dans son livre le surprenant dossier militaire de Polytechnique du jeune Bernard, où ses supérieurs le qualifient d’« inapte à se voir confier un poste de responsabilités ».
Mais Audrey Millet plonge surtout dans un monde dont elle ne soupçonne pas les pratiques. « Quand je me lance, je ne me pose pas la question de la sécurité, je suis historienne et plutôt trouillarde, s’amuse-t-elle. Ce sont mes éditeurs qui me disent qu’il faut un canal sécurisé pour les échanges. » La quadragénaire prend alors le conseil très au sérieux et se procure des cages de Faraday, sortes de grandes pochettes métalliques anti-ondes pour éviter les fuites de données. Téléphone, ordinateur et disque dur y seront enfermés pendant toute la durée de l’enquête. Le secret finira par tomber lors du traditionnel contradictoire, une cinquantaine de questions envoyées au groupe, qui se terminera par un échange tendu. « Vous recevez un email d’avocat très offensif, outré que vous puissiez publier un livre sur Bernard Arnault. »
Selon les informations du Canard enchaîné, Antoine Arnault, fils aîné du patriarche, aurait lui-même contacté (en vain) la famille Pinault, actionnaire du groupe Les Nouveaux Éditeurs, pour limiter l’impact médiatique du livre.
« L’affaire Squarcini a créé, ou en tout cas amplifié, un climat de peur »
Un interventionnisme zélé qui ne date pas d’hier chez les Arnault et qui a connu son apogée il y a une dizaine d’années, au travers de l’affaire Squarcini. Ancien chef de la direction centrale du Renseignement intérieur, Bernard Squarcini avait choisi, dès son éviction en 2013, de mettre ses réseaux au service de LVMH. À cette époque, Bernard Arnault est préoccupé par François Ruffin, alors journaliste, dont il craint qu’il perturbe l’assemblée générale du groupe. Celui qui deviendra député en 2017 prépare déjà son documentaire Merci Patron !. Pour le compte de LVMH, Bernard Squarcini lance alors une large opération contre Ruffin. Au programme : une infiltration du journal Fakir et une surveillance poussée de son président pendant près de trois ans. Condamné en première instance à quatre ans de prison dont deux fermes, Bernard Squarcini a fait appel. Près de dix ans après son départ, ses méthodes hantent toujours les couloirs du 22 avenue Montaigne.
« L’affaire Squarcini a créé, ou en tout cas amplifié, un climat de peur, analyse Mathieu Robert. Elle a fait germer l’idée que quand on parle de LVMH, on pourrait se faire espionner, d'une façon ou d'une autre. » Une chape de plomb qui frappe tous les journalistes qui enquêtent sur Bernard Arnault et son groupe. « Beaucoup de salariés veulent qu’on se rencontre le plus loin possible de leur lieu de travail ou ancien lieu de travail, continue Khedidja Zerouali. Certains refusent catégoriquement d’être enregistrés de peur que leur voix soit reconnue. L’angoisse est très présente. »
Des précautions à prendre
Les journalistes redoublent alors de précautions pour protéger leurs sources. « Je finis par utiliser des méthodes plus proches de celles que j’utilise pour un sujet sur le renseignement que pour la presse, sourit Emmanuel Paquette, journaliste à L’Informé, notamment en charge du secteur des médias. J’évite au maximum tout échange de mails et de SMS, j’utilise des messageries cryptées… Je reviens au bon vieux système du crayon, du papier et de la rencontre en face-à -face. »
Comme le raconte Audrey Millet dans son ouvrage, Bernard Arnault fait partie, dans les années 1980, des premiers en France à faire appel à des cabinets de renseignements privés. En 1989, lors du rachat houleux par Bernard Arnault du groupe LVMH, alors détenu par Henry Racamier, les mouchards fleurissent dans les appartements et les bureaux des deux parties.
Plus de 35 ans plus tard, le média spécialisé Intelligence Online a dévoilé, en décembre 2025, l’existence d’un mystérieux brief d’enquête proposé à plusieurs cabinets privés pour investiguer sur la journaliste de La Lettre Sophie Lecluse [Intelligence Online et La Lettre font partie du groupe Indigo] et ses articles ciblant LVMH.
Liste noire
Bernard Arnault possède un autre levier, plus efficace encore que le renseignement pour faire pression sur les journalistes récalcitrants : la publicité. Le propriétaire du groupe de médias Les Échos-Le Parisien est en effet l’un des premiers annonceurs de la presse écrite. Libération en avait fait les frais en 2012 : après la publication de sa Une polémique intitulée « Casse-toi riche con », LVMH avait retiré ses campagnes de publicité du journal papier. Manque à gagner pour Libé : 700 000 euros. Une situation qu’aurait pu revivre France Télévisions il y a quelques mois, avant la diffusion du numéro de « Cash Investigation ». Toujours selon les informations du Canard enchaîné, LVMH aurait menacé la régie publicitaire du groupe public de retirer les encarts de ses marques… avant de se rétracter.
Ces dernières années, un écosystème de médias indépendants a intensifié son traitement critique du monde du luxe et de l’empire LVMH. La Lettre, L’Informé, Glitz ou encore Miss Tweed tentent d’éclaircir ce milieu opaque, le tout sans publicité. Une indépendance qui agace en haut lieu. Bernard Arnault a lui-même interdit à ses salariés, le 19 janvier 2024, de parler à sept médias indépendants nommément cités (les médias évoqués plus haut auxquels il faut ajouter Puck (US), Mediapart et Le Canard enchaîné). « La liste noire a du sens, quand on ne peut ni posséder un journal ni l’asphyxier financièrement, on peut toujours dissuader ses troupes d’y parler, cela compense l’impuissance », analyse Audrey Millet dans son livre Bernard Arnault, son univers impitoyable.
L’impact de cette liste sur les enquêtes semble limité, selon Khedidja Zerouali : « Il y a les salariés que ça inquiète et qui évitent de témoigner, et ceux que ces méthodes motivent à prendre la parole. En tout cas, ce mail n’a empêché aucune publication. »
https://larevuedesmedias.ina.fr/enquete ... urnalistes
Au 22 avenue Montaigne, à Paris, la pause café a des airs de repas de famille. Il y a les sujets qu’on peut aborder — la pluie, le beau temps, les vacances avec les enfants —, et ceux qu’il vaut mieux éviter, sous peine d’ouvrir la boîte de Pandore. Tout en haut de cette liste : Bernard Arnault. Au siège de LVMH, en plein cœur du Triangle d’or, mieux vaut ne pas prendre le risque de froisser le grand patron. Une image revient sans cesse dans les écrits qui évoquent le lieu : celle du Roi Soleil et de sa cour.
Cette cour, Mathieu Robert a tenté de l’approcher, à partir de l’été 2024, alors qu’il préparait une enquête pour « Cash Investigation », diffusée en décembre 2025. Il y découvre alors le monde feutré du géant du luxe et l’aura écrasante de son patron, l’homme le plus riche de l’Hexagone. « Bernard Arnault paraît être au-dessus de tout pour les gens qui le côtoient. Pour les salariés, les anciens salariés, les collaborateurs, pour les amis même, et encore plus pour les ennemis. »
Prévenu par ses équipes de la préparation d’une enquête diffusée en prime time sur France 2, Bernard Arnault y voit une véritable « déclaration de guerre », selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné. Le journaliste va alors se confronter à un mur de silence. « D’habitude, même quand une entreprise ne nous accorde pas d’interview, on peut avoir des échanges, confirmer ou infirmer des informations. Sur cette enquête, LVMH nous a complètement fermé les portes pendant plus de neuf mois. C’était une première pour moi. »
Pression maximale
Pendant un an et demi d’enquête, Mathieu Robert et les équipes de « Cash Investigation » amassent les heures de rushes, les documents, les témoignages… Le tout scrupuleusement suivi par l’avocate de la société de production Premières Lignes, présente dès les prémices de l’enquête, et du service juridique de France TV. Une fois le documentaire diffusé, l’équipe s’est rapprochée de Reporters sans frontières pour détecter une éventuelle présence de logiciels espions sur les téléphones des journalistes (aucune trace n’a été trouvée). Reste une sensation : pour s’attaquer à l’un des hommes les plus riches du monde, mieux vaut avoir les reins solides et se préparer à toutes les éventualités.
Il faut dire que Bernard Arnault n’a pas laissé que des bons souvenirs aux équipes de France Télévisions. Au printemps 2014, alors que France 2 prépare un numéro de « Complément d’enquête » sur le grand patron, le journaliste Tristan Waleckx se rend en Roumanie pour recueillir des témoignages dans un atelier d’une filiale de LVMH. Le rédacteur en chef de l’époque, Benoît Duquesne, reçoit alors un mail du vice-président du groupe, Nicolas Bazire, qui accuse Tristan Waleckx de soudoyer des témoins pour s’introduire sur place, ce que le journaliste conteste. LVMH porte plainte pour « chantage » et « tentative d’extorsion de fonds » et cherche, par tous les moyens, à récolter des informations compromettantes sur le rédacteur en chef. L’enquête se conclura par un non-lieu. L’épisode restera toutefois gravé dans l’esprit de Benoît Duquesne, décédé en juillet 2014, comme le rapportait Tristan Waleckx à Secrets d’info en 2022. Bernard Arnault, qui avait alors accepté d’ouvrir les portes de son entreprise et de témoigner face caméra, a fini par s’en mordre les doigts. Depuis, ses apparitions dans les médias se sont réduites à peau de chagrin.
Légende
Chez LVMH, comme chez les autres géants du luxe, la communication est précieuse. Elle façonne l’élément le plus important pour le groupe : l’image. « Quand vous êtes LVMH, vous vendez une légende, détaille Mathieu Robert. Les médias qui sortent du récit officiel et qui essaient de raconter une autre histoire déplaisent à Bernard Arnault. »
Au sommet de la hiérarchie, Bernard Arnault lit tout, voit tout et tente de garantir le respect de sa légende élaborée avec soin dès la création de l’empire LVMH, dans les années 1980. « Ce n’est pas un groupe habitué au journalisme d’enquête, précise Khedidja Zerouali, journaliste pour Mediapart et qui travaille sur le groupe depuis maintenant cinq ans. La plupart des médias avec lesquels ils traitent n’ont pas les moyens d’enquêter, donc quand on parle de sujets qui leur déplaisent, c’est perçu comme un crime de lèse-majesté. »
Or, comme le rapportait La Lettre le 3 avril 2026, plusieurs enquêtes à paraître, en kiosque ou en librairie, craquellent le vernis de la communication de LVMH et mettent sous pression le directeur des relations extérieures, Jean-Charles Tréhan [contacté, ce dernier n’a pas répondu à nos questions. NDLR]. Parmi elles, le livre de l’historienne Audrey Millet, Bernard Arnault, son univers impitoyable, publié le 10 juin aux éditions La Tribu, qui retrace, sous forme de biographie enquêtée, le parcours du visage le plus puissant du capitalisme français.
Cages de Faraday
Spécialiste de l’industrie de la mode et du textile, Audrey Millet tombe des nues lorsqu’elle apprend, en décembre 2024, l’élection du milliardaire à l’Académie des sciences morales et politiques. « À ce moment-là , j’essaie de savoir s'il a écrit des travaux scientifiques et je me mets à chercher une biographie du personnage, détaille l’historienne. C’est là que je me rends compte que ça fait plus de 20 ans qu’aucun livre n’est paru sur Bernard Arnault. Quand il y a un tel trou sur une étagère de bibliothèque, c'est souvent un indicateur de censure. » Sans attendre, Audrey Millet se lance dans un projet d’un an et demi qui la mènera des archives de Sciences Po aux Archives nationales du monde du travail, à Roubaix. C’est ainsi qu’elle met la main sur des documents jamais dévoilés et qu’elle révèle dans son livre le surprenant dossier militaire de Polytechnique du jeune Bernard, où ses supérieurs le qualifient d’« inapte à se voir confier un poste de responsabilités ».
Mais Audrey Millet plonge surtout dans un monde dont elle ne soupçonne pas les pratiques. « Quand je me lance, je ne me pose pas la question de la sécurité, je suis historienne et plutôt trouillarde, s’amuse-t-elle. Ce sont mes éditeurs qui me disent qu’il faut un canal sécurisé pour les échanges. » La quadragénaire prend alors le conseil très au sérieux et se procure des cages de Faraday, sortes de grandes pochettes métalliques anti-ondes pour éviter les fuites de données. Téléphone, ordinateur et disque dur y seront enfermés pendant toute la durée de l’enquête. Le secret finira par tomber lors du traditionnel contradictoire, une cinquantaine de questions envoyées au groupe, qui se terminera par un échange tendu. « Vous recevez un email d’avocat très offensif, outré que vous puissiez publier un livre sur Bernard Arnault. »
Selon les informations du Canard enchaîné, Antoine Arnault, fils aîné du patriarche, aurait lui-même contacté (en vain) la famille Pinault, actionnaire du groupe Les Nouveaux Éditeurs, pour limiter l’impact médiatique du livre.
« L’affaire Squarcini a créé, ou en tout cas amplifié, un climat de peur »
Un interventionnisme zélé qui ne date pas d’hier chez les Arnault et qui a connu son apogée il y a une dizaine d’années, au travers de l’affaire Squarcini. Ancien chef de la direction centrale du Renseignement intérieur, Bernard Squarcini avait choisi, dès son éviction en 2013, de mettre ses réseaux au service de LVMH. À cette époque, Bernard Arnault est préoccupé par François Ruffin, alors journaliste, dont il craint qu’il perturbe l’assemblée générale du groupe. Celui qui deviendra député en 2017 prépare déjà son documentaire Merci Patron !. Pour le compte de LVMH, Bernard Squarcini lance alors une large opération contre Ruffin. Au programme : une infiltration du journal Fakir et une surveillance poussée de son président pendant près de trois ans. Condamné en première instance à quatre ans de prison dont deux fermes, Bernard Squarcini a fait appel. Près de dix ans après son départ, ses méthodes hantent toujours les couloirs du 22 avenue Montaigne.
« L’affaire Squarcini a créé, ou en tout cas amplifié, un climat de peur, analyse Mathieu Robert. Elle a fait germer l’idée que quand on parle de LVMH, on pourrait se faire espionner, d'une façon ou d'une autre. » Une chape de plomb qui frappe tous les journalistes qui enquêtent sur Bernard Arnault et son groupe. « Beaucoup de salariés veulent qu’on se rencontre le plus loin possible de leur lieu de travail ou ancien lieu de travail, continue Khedidja Zerouali. Certains refusent catégoriquement d’être enregistrés de peur que leur voix soit reconnue. L’angoisse est très présente. »
Des précautions à prendre
Les journalistes redoublent alors de précautions pour protéger leurs sources. « Je finis par utiliser des méthodes plus proches de celles que j’utilise pour un sujet sur le renseignement que pour la presse, sourit Emmanuel Paquette, journaliste à L’Informé, notamment en charge du secteur des médias. J’évite au maximum tout échange de mails et de SMS, j’utilise des messageries cryptées… Je reviens au bon vieux système du crayon, du papier et de la rencontre en face-à -face. »
Comme le raconte Audrey Millet dans son ouvrage, Bernard Arnault fait partie, dans les années 1980, des premiers en France à faire appel à des cabinets de renseignements privés. En 1989, lors du rachat houleux par Bernard Arnault du groupe LVMH, alors détenu par Henry Racamier, les mouchards fleurissent dans les appartements et les bureaux des deux parties.
Plus de 35 ans plus tard, le média spécialisé Intelligence Online a dévoilé, en décembre 2025, l’existence d’un mystérieux brief d’enquête proposé à plusieurs cabinets privés pour investiguer sur la journaliste de La Lettre Sophie Lecluse [Intelligence Online et La Lettre font partie du groupe Indigo] et ses articles ciblant LVMH.
Liste noire
Bernard Arnault possède un autre levier, plus efficace encore que le renseignement pour faire pression sur les journalistes récalcitrants : la publicité. Le propriétaire du groupe de médias Les Échos-Le Parisien est en effet l’un des premiers annonceurs de la presse écrite. Libération en avait fait les frais en 2012 : après la publication de sa Une polémique intitulée « Casse-toi riche con », LVMH avait retiré ses campagnes de publicité du journal papier. Manque à gagner pour Libé : 700 000 euros. Une situation qu’aurait pu revivre France Télévisions il y a quelques mois, avant la diffusion du numéro de « Cash Investigation ». Toujours selon les informations du Canard enchaîné, LVMH aurait menacé la régie publicitaire du groupe public de retirer les encarts de ses marques… avant de se rétracter.
Ces dernières années, un écosystème de médias indépendants a intensifié son traitement critique du monde du luxe et de l’empire LVMH. La Lettre, L’Informé, Glitz ou encore Miss Tweed tentent d’éclaircir ce milieu opaque, le tout sans publicité. Une indépendance qui agace en haut lieu. Bernard Arnault a lui-même interdit à ses salariés, le 19 janvier 2024, de parler à sept médias indépendants nommément cités (les médias évoqués plus haut auxquels il faut ajouter Puck (US), Mediapart et Le Canard enchaîné). « La liste noire a du sens, quand on ne peut ni posséder un journal ni l’asphyxier financièrement, on peut toujours dissuader ses troupes d’y parler, cela compense l’impuissance », analyse Audrey Millet dans son livre Bernard Arnault, son univers impitoyable.
L’impact de cette liste sur les enquêtes semble limité, selon Khedidja Zerouali : « Il y a les salariés que ça inquiète et qui évitent de témoigner, et ceux que ces méthodes motivent à prendre la parole. En tout cas, ce mail n’a empêché aucune publication. »
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